‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 73 sur 74 · XVIII- siècle · texte numérisé non relu

XVIII- siècle

/Dans les quarante -sept

XÎX- siècle 14 . . 1817 . , . 3 ... 20! P«-T|^J^* «r^^ ^^

^ ce siècle, il n y en a

que trois de peste.

On ne peut rien induire de Texamen des résultats généraux du xvi*^ siècle, puisque les données manquent sur toute la première moitié de ce siècle , et que j'ai été réduit à la supposer dans des conditions identiques à celles de la seconde, ce qui peut très^bien ne pas être exact.

* En moyenne ; comme il n'y a aucune invasion de peste qui ail duré moins de trois ans, et qu*il s'en trouve qui ont duré dix ou onze ans, la moyenne que j'adopte ne peut êlre taxée d'exagération.

* Je suppose toutes choses égales entre les deux moitiés de co siècle, et juge de la partie inconnue, par celle qui est connue.

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2ftO MEMOIRE

Quant aux siècles suivants, il résulte de Texamen des années de peste et des années sans peste , qu il y a amélioration à mesiu*e qu'on se rapproche de notre époque. En effet, le xvii* siècle a eu soixante et une années sans épidémie , le xvni* en a eu soixante et dix-neuf, et le xix*, dont la première moitié est presque écoulée, ne compte encore que trois années de peste.

Si, nous appuyant sur Texpérience du passé, nous cherchons dans l'avenir Fépoque probable d'une prochaine invasion, nous sommes amené à penser que celle-ci ne peut être fort éloignée, puisque voici déjà vingt-neuf ans d'écoulés sans que le fléau ait paru, et que la plus longue période pendant laquelle il n'ait pas régné a été jusqu'ici de trente-deux ans. Il est vrai que, par suite de l'amélioration signalée plus haut, il est possible que les intervalles tendent à devenir plus considérables. On doit ajouter aussi, comme circonstance propre à rassurer, que la présence des Français en Afrique a déjà modifié sensiblement les anciennes conditions locales, conditions, on le sait, qui, lorsqu'elles n'entretenaient pas des foyers permanents de peste , favorisaient du moins l'invasion et le développement de cette maladie. L'influence très-grande exercée aujourd'hui par les états européens dans les pays reconnus comme foyers de peste , tels que la Turquie , l'Egypte , la régence de Tunis; la tendance des souverains musulmans à adopter nos idées, sont encore d'autres motifs d'espérer que cette cruelle épidémie ne fera que décroître, puisque la malpropreté et l'incurie fondée sur un fata-

lisme aveugle ne lui viendront plus en aide comme dans le passé.

En général, les pestes qui ont désolé l'Algérie sont venues de l'Est, et Tunis a été le point de départ. De ce centre d'infection , le fléau , rayonnant à l'Est, à l'Ouest et au Sud, est allé attaquer Tripoli, Alger, Oran, et a gagné jusque dans l'intérieur de ces états. On prétend qu'au Sud il ne dépasse jamais une certaine zone, et qu'il s'arrête à la limite Nord du désert. Nous avons vu que le Zab, le Belâd-el-Djerid, et en général toute la contrée intermédiaire entre le Tell et le S'ah'ra, ne sont pas à l'abri de ses ravages. Peut-être, si nous possédions des renseignements sur le grand désert, nous trouverions qu'il est aussi visité par la peste ; car les extrêmes chaleurs, qui font ordinairement disparaître cette maladie, n'y sont pas tellement constantes qu'il ne règne parfois dans ces régions de ces températiu'es modérées, favorables, dit-on, au développement du fléau.

Il y a dans la marche de la peste certaines irrégularités qui ne sont qu'apparentes, et d'autres que l'on ne peut expliquer. En général, après avoir gagné lentement dans l'Ouest jusqu'au rivage atlantique, elle revient sur ses pas vers le point de départ; de là les recrudescences qui signalent sa dernière période. Les intermittences s'expliquent par les variations de la température toutes les fois que celle-ci nous est connue. D'où l'on peut conclure que l'influence de la chaleur et du froid sur le fléau est vraie en général. Mais on ne conçoit pas pour-

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