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SYymptomatologie
L'hygroma à grains riziformes de la bourse séreuse sous-deltoïdieune débute en général, lentement et insidieusement, sous forme d’une douleur légère accompagnée de gêne dans les mouvements d'abduction et d’élévation du bras où intervient la contracüon du deltoïde. Cette douleur passagère d’abord devient continue et peu à peu acquiert un caractère d'aeuité plus vive, surtout après un travail prolongé.
A ce signe succède le gonflement du moignoñ de l'épaule. Les malades ne s’en aperçoivent que par hasard ; très souvent à la suite d’un effort ou lorsque voulant soulever un fardeau ils constatent soit de l'impotence du membre soit une douleur vive. Sion examine à ce moment cette région on y constate une déformalion évidente, accusée principalement à la région antéro-externe. Le pli pectoro-deltoïdien est effacé, le deltoïde est soulevé, en un mot l’ensemble de l'épaule atteinte de cette affection a un volume plus considérable dans sa totalité que celle du côté opposé. Ce gonflement suit en général une marche progressive et n'acquiert pas, comme dans le cas de M. Delorme, un volume considérable en quelques jours : ordinairement la tumeur met 10 à 12 mois
De
environ pour-arriver à la grosseur d’une mandarine ou d’une forte orange.
La peau ne présente aucune modification dans son asp°ct extérieur ; elle a sa coloration normale, elle ne parait pas amincie ou épaissie ; parfois quelques veinules un peu plus dilalées que du côté opposé se dessinent au niveau du gonffement. |
Par le palper on constate que la peau est mobile sur la tumeur ; celle-ci est le plus souvent lisse, dans: le cas de M. Sydney Jônes cependantelle était lobulée, bien circonscrite, du volume d’une mandarine en moyenne.
A l'état de repos des muscles de l'épaule on y perçoit une fluctuation nette ; de plus on est frappé très souvent par une sensation particulière de crépitation qui est surtout évidente lorsqu'on imprime à l’épaule des mouvements de cireumduction, cette crépitation donne l'impression de celle produite par des grains riziformes, elle n'existe pas au niveau de l'articulation mais simplement dans la région de la bourse séreuse sous-deltoïdienne ainsi qu'une main appliquée sur l'épaule, dans l’aisselle, ou sur la partie moyenne du deltoïde, peut le constater pendant les mouvements imprimés au bras et à l'épaule. |
Si l’on vient à faire contracter le deltoïde on Île voitse dessinerau-dessus de la tumeur, ce qui prouve qu'elle lui est sous-jacente. Dans ces conditions elle n’est plus fluctuante mais est au contraire dure, ten-
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due et l’on ne peut plus percevoir, soit fluctuation, soit crépitation.
La tumeur n’est. pas réductible et ne communi-
que pas avec l'articulation scapulo-humérale car malgré une pression lente, continue et progressive .elle ne diminue pas de volume d’une façon appréciable.
La palpation permet encore de reconnaître dans certains cas l'existence de points osseux, douloureux à la pression, qui peuvent faire croire à l'existence d’un point d'ostéite sous-jacent à la tumeur ellemême.
D'abord tous les mouvements du bras sont simplement gênés et un peu plus pénibles que du côté sain, mais dans certains cas subitement à la suite d’un effort, d’un travail prolongé, le plus souvent progressivement, ils deviennent soit à peu près, soit totalement impossibles ; de plus ils sont douloureux, surtout le mouvement d’abduction un peu forcée.
Les mouvements passifs s’obtiennent dans la majorité des cas presque tous également, mais sont un peu plus limités, en grande partie du fait de la douleur qu'accuse le malade lorsqu'on dépasse une certaine limite.
Lorsqu'on recherche ces mouvements tant actifs que passifs, il fautavoir soin d'examiner le malade nu jusqu'à la ceinture et vu de dos car dans certains cas si le bras est écarté du tronc à une certaine distance,par exemple formant avec la paroi thoracique un angle
de 60, ce n’est plus par l’action du deltoïde seul que le bras s'élève jusqu’à Phorizontale ; le mouvement au lieu de se produire dans l'articulation scapulohumérale jusqu'à 90° est remplacé par un mouvement de bascule de l'omoplate qui peut induire en erreur en faisant croire que le malade peut amener, avec peine il est vrai, d'une façon normale, le bras dans cette position horizontale.
L’abduction et l'élévation sont les mouvements les plus compromis.
Parfois on constate une légère atrophie du deltoïde ainsi que cela existait chez le malade de l’observation de M. Campenon. Dans les régions voisines on ne conslate rien d’anormal, le bras à sa partie inférieure, l’avant-bras, la main ne présentent rien de particulier à noter.
En examinant le reste du corps on peut trouver d'anciennes cicatrices qui peuvent avoir une certaine utilité au point de vue de la nature ; les antécédents héréditaires ou acquis n’ont souvent aucune importance, car rarement ces malades présentent des symptômes pouvant aider le diagnostie,
En résumé : Déformation lente et progressive du moignon de l'épaule par une tumeur occupant la partie antéro-externe de Ja région, avec effacement du pli pectoro-deltoïdien ; tumeur lisse, circonserite, molle, fluctuante, présentant la crépitation liordéiforme, sans changement de couleur de la peau;
douleur spontanée rare, très fréquente lorsqu'elle est provoquée, mouvements actifs et passifs possibles, : mais limités ; indépendance de la tumeur et de l’arti-
culation scapulo-humérale, tels sont les principaux symptômes qui servent de base au diagnostic.
Richard
es 30) ©
Anatomie pathologique
Le volume de la bourse séreuse sous-deltoïdienne est toujours beaucoup plus considérable qu’à l'état normal. M. Tillaux dit que parfois elle peut contenir physiologiquement jusqu’à 30 grammes de liquide, or dans les cas pathologiques observés, elle en contenait soit 80 à 100 grammes, soit un verre, soit même jusqu’à 1500 grammes dans un cas.
Ordinairement la cavité est unique, non cloisonnée, mais cependant elle peut présenter des prolongements dans divers sens, par exemple si la bourse sous-deltoïdièénne communique avec la sousacromiale.
Le contenu de la cavité kystique est la plupart du temps un liquide clair, citrin, filant, plus où moins visqueux, même gélatineux,; parfois, il est vrai, il est trouble, roussâtre, séro-purulent, mélangé de fongosités ramollies ou contenant des grumeaux blancs jaunûtres. On y trouve en autre un certain nombre de corps hordéiformes plus ou moins gros, plus ou moins durs, de nombre variable. Leur forme
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n’est pas constante, ils sant arrondis, allongés, réniformes, aplatis, etc... ; comme coloration ils sont d'un blanc grisâtre, laiteux. Enfin dans le liquide nagent encore des flocons libres ressemblant aux flocons fibrine:x qu'on observe dans celui des pleurésies.
Les parois du kyste sont fortement épaissies, dures, leur face interne est anfractueuse, villeuse, mamelonnée, lapissée de fausses membranes; dans certains cas, elles portent par places de petites excroissances plus ou moins pédiculées. On constate en outre que de ce côté interne de la paroï est le siège d’une vascularisation très intense.
L'examen histologique de la paroi de l’hygroma sous-deltoïdien tuberculeux a été faite par M. Laveran, pour le cas de M. Delorme.
Il a vu qu'elle était constituée par du tissu fibreux ou embryonnaire avec de nombreuses granulations tuberculeuses jeunes ou plus avancées dans leur évolution, c'est-à-dire présentant au centre une masse caséeuse. Les granulations jeunes étaient tout-à-fait caractéristiques car on y remarquait les cellules géantes centrales typiques. Or, si nous rapprochons cet examen des autres observations où les lésions macroscopiques et les produits retirés des hygromas par ponction étaient identiques à ceux étudiés microscopiquement, il nous est permis de pen-
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ser que tous les hygromas sous- “hoidices à grains riziformes sont tuberculeux.
Cette hypothèse est encore plns soutenable depuis la publication de l'important mémoire de MM, Nicaise, Poalet et Vaillard qui a servi de base à la théorie nouvelle de la synovilte et des hygromas à grains riziformes. Au sujet d'un hygroma à grains riziformes de la cuisse, ils étudièrent les parois du kyste qu’ils trouvèrent infillrées de nombreux de nodules tuberculeux dans lesquels ils rencontrèrent le bacille de Koch et obtinrent des résultats positifs par inbculation.
Depuis cette époque les travaux des différents auteurs MM. Wallich, Terrillon, Jalaguier, Terrier, Lucas-Championnière, Lejars, etc... n'ont fait que confirmer, tant par des inoculations positives que par des examens histologiques la nature tuberculeuse de ces hygromas à grains riziformes.
MM. Nicaise, Poulet et Vaillard avaient examiné les grains hordéiformes et étaient arrivés à cette conelusion que si l’on n’arrivail pas à y décelerle bacille de Koch on pouvait par inoculation prouver leur essence bacillaîre
Dans aucune de nos observations ces expériences n'ont été faites, mais nous basant sur leur analogie de forme, de consistance, de volume variable, de couleur, de nombre inconstant nous croyons pouvoir
dire qu'ils sont également dans l'hygroma sous-deltoïdien de nature tuberculeuse.
De plus les fongosités qu’on y rencontre parfois ont une telle ressemblance.avec celles des synovites fongueuses que nous pensons pouvoir joindre cet argument aux précédents. pour affirmer l’origine bacillaire de ces hygromas. La
Quelquefois, mais rarement, ils évoluent chez des sujets porteurs d'anciennes traces de bacillose, dans ce cas on a moins de doute à avoir au sujet de leur nature.