‹ De l'hyoscyamine et de la daturineChapitre 10 sur 24 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Névralgie sciatique traitée par des injections sous-cutances d’hyoscyamine.

G..., Joseph- Eugène, âgé de 31 ans, homme de peine, entre le 22 avril 1869 h l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Charles, n° 15 bis.

U a eu, à l’âge de 9 ans, une paralysie faciale, et est sujet aux

migraines; son père a eu un rhumatisme articulaire aigu et est mort d’une affection cardiaque.

Trois mois avant son entrée, le malade, qui est d’une bonne santé habituelle, se fractura le péroné droit; il y a 15 ou 20 jours, il fit un effort en descendant de voiture, et depuis ce moment il se plaint de douleurs vives dans la cuisse droite ; ces douleurs longent toute la partie postérieure de la misse et se portent vers le côté externe de la jambe et du pied. La pression détermine des douleurs vives sur le point sacro-iliaque et sur les points fémoraux. La peau est insensible à la piqûre daus toute l’étendue de la douleur. Le malade passe quatre jours à l’hôpital sans éprouver aucune modification dans son état.

Le 21 avril, on lui fait une injection sous-cutanée de 2 milligrammes d’hyoscyamine, trois quarts d’heure après le repas, et nous trouvons les modifications suivantes dans la température et le pouls :

L’injection est faite à ce moment.

Deux minutes après l’injection, le malade se plaint de sécheresse à la bouche; la dilatation des pupilles commence et est complète vingt-cinq minutes après : le malade voit les objets en double ; il ne peut plus fixer les objets à la lumière ; il devient loquace; les troubles de la vue durent une heure et demie à deux heures, et sont suivis d’un sommeil pendant lequel le malade a des rêves érotiques avec poilu’ ion. Le lendemain, G. se plaint de sécheresse de la gorge, qui disparaît deux heures après son réveil.

Les douleurs n’ont pas été beaucoup modifiées.

Le 27 avril, injection

de 8 milligrammes.

84 puis.

injection.

72 puis.

L’injection a été suivie des mêmes phénomènes que la veille. Le 28 avril, au matin, les douleurs sont moins fortes, le malade peut se lever et marcher, la cuisse est moins douloureuse. La sensibilité cutanée revient à la partie supérieure de la cuisse.

Le soir, injection de k milligrammes.

80 puis.

injection.

Le malade a eu de nouveaux rêves érotiques avec pollution ; après avoir été surexcité jusqu’à dix heures du soir, il a dormi jus qu’à deux heures du matin.

Le 29 avril, la marche est plus facile que la veille, la sensibilité cutanée est revenue jusqu’au genou. Le soir, on fait une nouvelle injection de 5 milligrammes qui a causé une période d’excitation plus forte que la veille ; le malade a bien dormi, la sécheresse de la gorge a été plus persistante le lendemain matin et s’accompagnait d’une céphalalgie plus forte que les jours précédents.

La sensibilité cutanée est revenue dans tous les points où elle était abolie ; le malade marche sans aucune douleur. On le laisse au repos; le 3 mai, après avoir marché plus longtemps que les autres jours, G. ressent des douleurs vagues à la cuisse ; on lui fait une injection de 5 milligrammes, et la santé se conserve bonne.

Sorti de l’hôpital, G. y revient le 29 juin ; les douleurs avaient reparu , mais beaucoup moins fortes , dans la cuisse déjà malade, sans qu’on pût découvrir de cause.

Le 30 juin, injection de 5 milligrammes d’hyoscyamine qui a produit les phénomènes habituels, et a amené un soulagement notable.

Le 1er juillet, après une’injection de 6 milligrammes, le malade ne ressent plus aucune douleur ; il marche sans difficulté, et le 5 juillet, il sort entièrement guéri. •

Page 1