OBSERVATION IV
Névralgie intercostale traitée par des injections sous-cutanées d'hyoscy amine.
B..., Ursule, 49 ans, blanchisseuse, entre le 27 avril 1869 à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Marie, n° 19 bis.
Cette malade, réglée à 14 ans, n’a jamais eu de troubles dans la menstruation : elle a accouché d’un enfant mort de convulsions à 6 mois. Elle est depuis longtemps sujette à des migraines, survenant à des époques indéterminées et s’accompagnant de vomissements. Quinze jours avant son entrée à l’hôpital, elle a été prise de douleurs parlant du rachis et occupant le côté gauche de la poitrine, au niveau du cinquième et du sixième espaces intercostaux. La douleur est contusive, sourde, présente des exacerbations qui se produisent surtout le soir et empêchent la malade de dormir. Par la pression, on détermine une douleur très-vive en dehors des apophyses épineuses et au niveau de la partie moyenne
des deux espaces intercostaux. Un examen attentif ne fait découvrir aucune lésion des organes thoraciques.
Le 29 avril, les douleurs conservant la même intensité, on fait sur le côté externe du thorax une injection sous-cutanée avec une solution au centième contenant 2 milligrammes et demi d’hyoscyamine. La malade a eu une soif vive, des envies de vomir, des étourdissements ; elle avait de la peine à fixer les objets , et voyait défiler devant ses yeux les sujets les plus divers. Une heure après l’injection, elle s’est endormie, et après un sommeil calmé, qui avait duré cinq heures, elle s’est éveillée avec une légère céphalalgie.
Le 30, au matin, la douleur thoracique était moins forte que la veille. Le soir, on fait une nouvelle injection sous-cutanée avec 5 milligrammes d’hyoscyamine. La malade a présenté les mêmes symptômes que la veille, avec quelques hallucinations. Le sommeil est survenu après deux heures d’agitation et a été trèscalme.
Le l,r mai, les douleurs sont presque nulles pendant toute la journée. Une injection de 6 milligrammes d’alcaloïde est suivie de huit heures de repos le plus calme. Le lendemain la malade se trouvait entièrement soulagée, et elle sort le 11 mai sans avoir ressenti de douleur pendant le reste de son séjour à l’hôpital.