‹ De L'HyperparotidieChapitre 8 sur 14 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

D’après l'étude de ces observations, on constate que les modifications parotidiennes reconnaissent une cause facile à mettre en évidence, et évoluent parfois avec elle : un trouble neuro-glandulaire.

L'influence des glandes génitales est manifeste. Chez les femmes, des poussées d’hyperparotidie se manifestent au moment d’une modification portant sur ces organes, pendant les règles dans un cas, au cours de deux grossesses dans un autre. Nous avons également noté plusieurs fois l'influence de la ménopause. Alors l'équilibre des glandes endocrines est modifié, chez beaucoup de femmes à cette époque on observe des troubles variés : poussées congestives, bouffées de chaleur, basedowisme, etc. Voici qu’à eux s’ajoutent ici l’hyperfonctionnement et l’hypertrophie des parotides: Dans l’observation II le gonflement est inconstant, survenant toutes les six semaines, ou tousles deux mois,

note

et ne dure que quelques jours. Dans l'observation I, il élail apparu accompagné de sialorrhée au cours de deux grossesses (ce dernier accident a été souvent signalé), avait persisté toute leur durée, et disparu après l'accouchement ; à la ménopause s’installe une hyperparotidie permanente, associée à un syndrome de Basedow. Le traitement de ce derniér par l'hémato-éthyroïdine fait disparaître tous les troubles. Ces faits montrent qu’il y a des relations entre la parolide d'une part, l'ovaire et la thyroïde de Pautre.

Nous en rapprocherons plusieurs cas d’hypertrophie chronique après castration, que nous avons observé avec notre maître Dalché. Elles sont alors survenues lentement dans les années qui ont suivi l'opération, et sans atlirer l'attention des malades par aucun symptôme fonctionnel. L'influence de la castration est-elle réelle ou y at-il simplement coïncidence? Les faits précédents sont en faveur de la première hypothèse. Puisque des dysovaries, la ménopause naturelle retentissent sur la parotide, il n'y à pas de raison pour que la ménopause chirurgicale n'agisse pas de même. On pourrait même se demander si les tuméfactions parotidiennes, passagères, survenant après les interventions de cegenre, et dans les premiers jours, sont toujours de nature infectieuse, et si certaines ne pourraient pas être considérées, comme des hyperparotidies telles que nous les entendons. De toute façon, il nous parait intéressant de signaler ces faits.

Chez l’homme nous n’avons pas rencontré personnellement de formes évolutives liées à des altérations des glandes génitales. Peyer cite des cas de ptyalisme chez

des sujets jeunes consécutifs à des troubles dus à des excès sexuels variés (1). Dans les observations que nous avons consultées et chez des malades que nous avons vus, nous avons constaté la coïncidence de lesions testiculaires avec des hypertrophies parotidiennes. Récemment, dans le service de M. le docteur Dalché, chez un sujet porteur de grosses parotides, un testicule en ectopie avait été enlevé, l’autre était atrophié.

Nous avons déjà parlé d’une femme présentant une maladie de Basedow. On connaît d’autres cas où hyperparotidie et {roubles d'origine thyroïdienne coïncident. Dans trois de ceux rapportés par Marthe Erlich, il y à eu amélioration par le traitement thyroïdien. Dans l'observation d’Abrand le sujet présente du myxœædème, dans celle de Raïillet un syndrome basedowiforme. La sialorrhée a été signalée daus ces deux affections. On voit que ce qui importe est la notion de trouble glandulaire, plus que sa qualité.

Nous avons également noté l’hypertrophie des parotides chez trois diabétiques,chez plusieurs obèses, chez un malade atteint de rigidilé parkinsonienne. L'origine endocrinienne possible de ces affections nous incite à citer ces cas.

L'influence du sympathique a aussi sa place ici. On sait les relations intimes qui lient son fonctionnement à celui des sécrétions internes. C’est pourquoi nous avons rapporté l'observation IV. Celle de Raillet est aussi des

(4) Pever — Hunsch. médic. Wochenschr. 1889.

plus intéressante à ce point de vue, et nous reviendrons plus loin sur l'interprétation qu’il donne.

Nous voyons donc des modifications parotidiennes se produire sous l'influence de troubles neuro-glandulaires chez des malades prédisposés par une débilité glandulaire (pouvant être congénitale et provenir de l’hérédité syphilitique, obs. VI),ou atteints d’un déséquilibre acquis du système vaguo-sympathique ; et nous sommes en droit de donner une réponse affirmative à la question posée par Berthon dans sa thèse de 1910 : « Y at-il une relation entre les troubles thyroïdiens et génitaux (nous dirons plus : entre les troubles du système neuroglapdulaire) et l'hypertrophie salivaire ».

Inversement on peut se demander si certaines affections de la parotide ne retentissent pas sur d'autres glandes. En particulier dans les oreillons les poussées d’orchite ou d’ovarite sont connues. Sont-elles toutes de nature infectieuse ? Ne pourrait-on pas, dans certains cas rares, de courte durée et de faible intensité, invoquer une action de la parotide sur les glandes génitales, agissant par un mécanisme analogue à celui qui produit le syndrome de l'hyperparotidie ?

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