‹ De L'Hypertrophie De La Rate Dans Les Maladies Du CœurChapitre 9 sur 17 · PHYSIOLOGIE PATHOGÉNIQUE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOGÉNIQUE

Les conditions anatomiques et physiologiques de la rale, son accouplement fonctionnel avec le foie, à l'état normal et à l'état pathologique, nous font comprendre qu'elle aussi peut subir le retentissement de l'affection cardiaque. Le volume relativement considérable de la veine splénique, tributaire du système Porte, la disposition lacunaire des capillaires sanguins de la rate favorisent particulièrement la congestion de cet organe.

Dans des recherches expérimentales faites en 1883 par Grigorescu, au laboratoire de Paul Bert, cet auteur dit avoir établi « que la suppression de Ja circulation congénère de l'artère splénique {artère hépatique stomachique, mésentérique), amène une augmentation de pression dans l'artère splénique, et un accroissement du volume de l'organe ; et d'un autre côté, que la suppression de la eirculation porte amène des troubles dans le dégorgement du sang de la rate, troubles qui augmentent le volume de cet organe. »

Ainsi, se trouve démontrée expérimentalement cette notion, que toute exagération de la circulation dans

l'artère splénique, ou toute gène dans la circulation vei-

neuse de la rate provoque la congestion spéciale de cet organe.

L'observation journalière nous enseigne que dans les maladies du foie donnant lieu à un excès de la pression sanguine dans la veine porte, ce que réalisent au plus haut degré les cirrhoses, la rate est augmentée de volume dans des proportions variables. De même, quand une lésion cardiaque cesse d'être compensée, la gêne circulatoire doni le foie est le siège ne peut-elle provoquer une congestion plus où moins marquée de la rate, cet organe qui, selon l'expression imagée de Beau « fait l'oflice d'un véritable cœur destiné à fournir le sang porto-splénique à travers le foie. »

Sans doute, au point de vue des conséquences mécaniques de l'asystolie, bien des raisons expliquent que la stase se maniteste plus particulièrement dans le foie. Ces raisons, Peter, dans son Traité clinique des maladies du cœur, les a remarquablement exposées. Tout d'abord Je foie est l'organe le plus rapproché du cœur droit sur le trajet de la veine cave inférieure, et le reflux dans cette veine du sang de l'oreillelte droite engorgée, le frappera le premier. Il est, de plus, comme le poumon, le siègè d'une circulation double, celle de la fonction (veine porte) et celle de la nutrition (artère hépatique). Or la circulation de la veine porte est non seulement la plus considérable, mais elle s'effectue avec une lenteur remarquable. Enfin les veines sus-hépatiques n'ont pas de valvules et sont toujours béantes, circonstances qui favorisent éminem-

ment la slase.

Pour la rate, on peut invoquer, en faveur de la déri-

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