‹ De L'Hypertrophie Primitive Du CœurChapitre 12 sur 61 · RU, PRESS · texte numérisé non relu

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Cette constatation est très importante, car certains auteurs, comme Ambard, distinguent nettement, dans le rein : 3

Un rein sécrétoire,

Un rein vasculaire.

chacun de ces reins pouvant être lésé d’un façon indépendante. I pourrait y avoir ainsi des néphrites vasculaires, caractérisées seulement par des lésions dés artères rénales et des glomérules. Cette conception est considérée comme théorique par la plupart des anatomo-pathologistes, qui n’arrivent pas à constater une pareille indépendance lésionnelle. Il importe cependant de toujours examiner les artères et les glomérules en dehors des territoires d’infarctus anciens, pour bien contrôler leur intégrité dans le rein car-

diaque.

Le rein cardiaque nous apparaît donc comme constituant une entité suffisamment définie au point de vue clinique, anatomique et histopathologique. Le diagnostic en pourra être fait, pourvu que l’on puisse suivre le malade suffisamment longtemps et, en tous cas, il pourra être confirmé, après l’autopsie, par l'étude macroscopique et microscopique. Souvent, tous ces examens seront nécessaires pour pouvoir affirmer son existence d’une façon certaine.

Mais nous ne nous dissimulerons pas qu’il existe des

cas-limite, où la sclérose insulaire cardiaque arrive à

avoir une telle étendue qu'il est difficile de dire, sous

le microscope, si l’on est en présence d’un rein cardiaque ou d’un rein -de néphrite chronique. Il y a tous les intermédiaires entre le rein cardiaque à petits infarctus microscopiques et le rein à infarctus cicatrisés multiples et confluents ; mais, même dans ces cas extrêmes, on ne rencontre pas le petit rein atrophique du maf de Bright, et les grosses irrégularités de surface viendront, encore là, traduire l'existence d'in farctus anciens : le rein du mal de Bright présente des granulations de surface régulière et, en général, pas de sillons ou de cicatrices semblables.

De plus, même dans ces cas, le syndrome clinique du rein cardiaque pourra être constaté d’une façon nette et se distinguer du mal de Bright (voir l’Observation X).

Ces faits ne sont d’ailleurs pas la règle et le diagnostic de rein cardiaque pourra le plus souvent être solidement établi sur des arguments cliniques, anatomiques et histologiques.

En terminant cette étude du rein cardiaque, il faut signaler la présence possible de kystes plus ou moins nombreux, qui, pour nous, ne constituent en aucune façon, un signe de néphrite chronique. Quelle que soit la théorie que l’on adopte pour expliquer leur formation, ces kystes, lorsqu'ils sont de petit volume et peu

nombreux, constituent un accident banal, que l’on

observe sur de nombreux reins sains, surtout chez les vieillards. Un examen histologique minutieux de reins,

présentant des kystes superficiels, a montré à nos maïitres et à nous-même que ces kystes ne s’accompagnaient pas, en général, de sclérose rénale et qu’en eux-mêmes on ne pouvait pas les considérer comme un signe ni comme un témoin d'une sclérose sousjacente.

En présence de reins à kystes superficiels, il faudra recourir à un examen histologique pour avoir une idée de l’état du parenchyme rénal et ne pas tirer de conclusions immédiates de ces lésions minimes si

banales. Nous signalerons cependant que la présence

de nombreux kystes peut être en relation avec une syphilis et MM. Paviot et Favre ont signalé cette pathogénie possible (Société de Biologie de Lyon, séance du 11 juin 1923).

Troubles transitoires engendrés par l’oligurie, albuminurie passagère, le tout en rapport avec la faiblesse du cœur; rein congestif ou à ilots scléreux toujours sous-capsulaires et toujours limités, à topographie artérielle; aspect macroscopique spécial avec dépressions irrégulières, tels sont les signes et les lésions ca-

ractéristiques du rein cardiaque.

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