OBSERVATION IX
(Due à l’obligeance de M. le Professeur ROQUE) vai
M... Jean, 44 ans, manœuvre.
Asthme cardiaque avec gros cœur, sans lésions valvulaires, aorte élargie, foie cardiaque, poumon cardiaque.
Mort à la suite de nombreux infarctus, siégeant surtout sur le poumon gauche. Trois semaines avant la mort, processus preumonique à droile avec herpès de la joue, Wassermann positif.
Autopsie : cœur de 800 gr. sans lésions valvulaires ni myocardiques, reins cardiaques, viscères cardiaques.
Antécédents nuls. Bonne santé habituelle.
Nie la syphilis. Œnilisme : plus de deux litres de vin par jour, pas d’alcool,
Re il nie à GRIS du Professeur | Fs pnée. Il déclare n’être malade que depuis un mois : il a chaque nuit une crise de dyspnée qui dure deux à trois heures environ, L'état général est peu atteint et lon constate les signes suivants :
1° Un gros cœur avec pointe dans le VI° espace, avec galop surtout net après la marche.
2° Une tension de 140/90.
3° Des râles fins aux deux bases pulmonaires.
4° Des urines assez abondantes : 2000 gr. avec albuminurie,
5°Absence d’œdème des jambes.
6°Dosage de l’urée sanguine : 0 gr. 37 0/00.
Le 10 octobre 1922, le pouls est à 76, la tension de 130/85, le galop a disparu, mais il est apparu un petit souffle systolique de la pointe qui disparaît dans la position debout. Urines : disque moyen d’albumine.
Le 9 novembre 1922, crises de dyspnée à type asthmatiforme, cœur très gros avec pointe dans le VI* espace, déviée en dehors. Léger disque d’albumine dans les urines. Tension à 165/115.
Le 3 novembre 1922, Radioscopie : très gros cœur avec pointe globuleuse et léger débord des cavités droites, Aorte large. Grisailles légères de la base droite.
Le 10 novembre 1922, dosage de l’urée du sang : 0 g 30 0/00, pas de bacilles de Koch dans les crachats, mais présence de fibres élastiques.
Le 15 novembre 1922, Radioscopie : gros cœur, sinus droit comblé en partie. Au niveau de la base droite : ombre ovalaire homogène ne touchant pas le diaphragme.
Wassermann positif dans le sang.
Le 23 novembre 1922, herpès, température entre 38° et 39", violent point de côté à gauche. Crachats hémoptoïques. Petit foyer de râles fins dans l’aisselle gauche.
Le 27 novembre 1922, la température est entre 38° et 39° depuis huit jours, foyer de râles fins sous le mamelon droit avec souffle pneumonique.
Le 30 novembre 1922, la température est redevenue normale et le malade a été très peu affecté par sa pneumonie. Néosalvarsan 0 gr. 15.
Le 11 décembre 1922, néosalvarsan 0 gr. 30.
Le 15 décembre 1922, crises asthmatiformes avec point de côté gauche depuis deux jours. Quelques crachats hémoptoiques.
Le 18 décembre 1922, somnolence de plus en plus marquée avec Cheyne-Stokes léger. Quelques crachats hémoptoïques. Pas de bacilles dans les crachats. Saignée de 380 gr. Urée du sang : 0 gr. 51 0/00.
Le 21 décembre 1922, décès.
AUTOPSIE (pratiquée par M. le Professeur Paviot) :
Cœur : 800 gr., myocarde sain. Aucune lésion valvulaire. Au niveau d’une sigmoïde, on trouve une petite végétation légèrement en saillie, Au-dessus du plancher sigmoïdien sur l’aorte, on trouve, au niveau d’un orifice coronaire, une plaque non calcifiée l’obturant plus ou moins (athérome ou syphilis ?). Pas de caillot intracardiaque.
Aorte : nombreuses plaques non calcifiées dont beaucoup siègent à la périphérie d’un orifice d’intercostale.
Reins : 180 et 200 gr., gros, du type cardiaque, Pas de sclérose corticale appréciable. La décortication se fait bien.
Poumon gauche : induration très marquée de la base, avec infarctus typique. A la coupe, dans toute l’étendue du poumon, multiples petits infarctus. Dans l’ensemble, tout le parenchyme est œdémateux.
Poumon droit: mêmes lésions d’œdème, mais absence d’infarctus, alors qu’on avait perçu de ce côté les signes physiques de pneumonie.
Foie : 2400 gr., cardiaque, muscade,
Rate : 280 gr., grosse, ferme, du type cardiaque.
EXAMEN HISTOLOGIQUE
Aorte : Gros dépôt athéromateux dans l’endartère. Tunique moyenne intacte. Il ne s’agit certainement pas d’aortite syphilitique, mais d’athérome simple.
Cœur : œdème interstitiel avec un certain degré de dilatation veineuse des capillaires. On trouve çà et là de très discrètes et très rares petites étoiles de sclérose, surtout dans la
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région des piliers ; les fibres musculaires sont volumineuses, mais elles ne présentent pas d’altérations soit du noyau, soit du sarcoplasma.
Rein : on constate seulement sous la capsule quelques très petits îlots de sclérose peu nombreux, très espacés et restant très superficiels. Par ailleurs le tissu rénal est absolument normal, On note seulement un certain degré de dilatation des capillaires, Cà et là quelques artérioles présentent un peu de périartérite et ceci au voisinage seulement des petits îlots de sclérose signalés ci-dessus, Pas d’endartérite appréciable.
Foie : cardiaque typique sans sclérose, sans lésions inflammatoires.
Poumon gauche : grosses travées de sclérose intestitielle, étouffant plus ou moins les alvéoles, assez riches en vaisseaux et notamment en capillaires dilatés et présentant des artérioles atteintes d’endo-périartérite. Dans ces zones de sclérose, les alvéoles qui persistent, contiennent en général du sang avec quelques éléments cellulaires. En dehors de ces zones de scérose, il existe de larges nappes où les alvéoles sont distendus par du sang, réalisant l’aspect classique de linfarctus. A leur périphérie, outre le sang, les alvéoles contiennent un assez grand nombre de cellules.
Nous avons reproduit cette observation, parce qu’elle contient la plupart des manifestations du poumon cardiaque. Ce gros cœur de 800 gr. est inexpliqué, la tensior est normale, un jour elle est de 165/115 ; il s’agit, sans doute, d’une hypertension diastolique transitoire par faiblesse cardiaque, mais il n’y a ni rétention azotée, ni œdèmes. De plus, le rein est un rein cardiaque typique. Il ne s’agit donc pas de néphrite chronique. Le cœur est un cœur primitif, comme dans les observations précédentes.