‹ De L'Hypertrophie Primitive Du CœurChapitre 28 sur 61 · LÉ R UE · texte numérisé non relu

LÉ R UE

si l’on veut permettre aux toni-cardiaques une action efficace, elle augmente le travail du cœur et hâte la fin du malade.

Nous n'’insisterons pas sur ses signes physiques : Le souffle et l’égophonie la feront distinguer du simple hydrothorax. Sa latence, sa localisation diaphragmatique, l'utilité de sa recherche radioscopique et des ponctions exploratrices systématiques sont bien connues. Aux périodes terminales d’ailleurs, un élément stasique important pourra se surajouter, lui donnant des caractères mixtes d’épanchement de stase et d’épanchement inflammatoire.

G) Troubles encéphaliques et respiration de Cheyne-Stokes.

Nous tenons à insister sur cette question : nous avons vu, dans l'observation VIII, apparaître, puis disparaître une respiration de Cheyne-Stokes typique. Cette complication est assez fréquente dans l’hypertrophie cardiaque primitive.

Nous ferons remarquer, à ce sujet, que les premières observations de Cheyne et de Stokes, qui ont servi à définir le phénomène qui porte leur nom, intéressaient des cardiaques. Ce n’est que plus tard, sous l'impulsion de Potain, que l’on considéra cette arythmie respiratoire comme une manifestation urémique. Mais l'existence de la respiration de Cheyne- Stokes est indiscutable chez des cardiaques purs, sans lésions rénales. Dans sa thèse, inspirée par Merklen, Rabé la considère simplement comme une

des manifestations du cerveau cardiaque, entité clinique surtout mise en évidence par Huchard et caractérisée par l’apathie intellectuelle, la somnolence et

même le délire, que lon observe parfois dans

lasystolie.

Comme la plupart des autres manifestations organiques, dites cardiaques (rein cardiaque, foie cardiaque, etc.), les symptômes du cerveau cardiaque et en particulier la respiration de Cheyne-Stokes sont susceptibles de diminuer ou même de disparaître, avec la fin de la poussée asystolique qui les conditionne.

Aussi devons-nous signaler, en conformité avec les

idées de Rabé, que le Cheyne-Stokes des cardiaques n’est pas forcément d’un pronostic grave immédiat. On a vu souvent le Cheyne-Stokes, comme le délire ou la somnolence, disparaître avec le retour de la force contractile du myocarde et le malade présenter encore une survie prolongée.

Si nous insistons sur la présence fréquente de la respiration de Cheyne-Stokes chez les cardiaques, c’est pour montrer que cette manifestation ne devra pas être interprétée comme un symptôme d’urémie chez des malades dont nous nous sommes efforcés, d’autre part, de démontrer l'intégrité fonctionnelle du rein, en dehors des troubles dits du rein cardiaque.

En résumé, l’hypertrophie cardiaque primitive se complique de toutes les manifestations du poumon cardiaque, mais nous signalerons qu’elle peut évoluer dans: certains cas avec une intégrité anatomique remarquable de l'appareil pleuro-pulmonaire.

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