‹ De L'Hypertrophie Primitive Du CœurChapitre 36 sur 61 · V.. Jean-Baptiste, 60 ans, tisseur · texte numérisé non relu

V.. Jean-Baptiste, 60 ans, tisseur

Sclérose pulmonaire diffuse. Symphyse pleurale gauche totale. Gros cœur gauche et droit. Asystolie. Mort rapide par œdème pulmonaire.

Autopsie : cœur de 590 gr. avec hypertrophie totale. Reins el viscères cardiaques.

Antécédents héréditaires et collatéraux nuls.

Adénites cervicales chroniques dans l’enfance. Fièvre typhoïde à 35 ans. Ni pleurésie, ni rhumatisme. Ethylisme. Célibataire. Nie la syphilis.

A partir de l’âge de 52 ans, toux surtout hivernale, n’ayant jamais fait interrompre le travail.

En janvier 1922, à 59 ans, maladie de trois semaines avec température à 38° et crachats hémoptoïques pendant deux jours. Apparition consécutive d’un léger œdème transitoire des jambes.

Le 15 décembre 1922, on l’amène dans le service du Docteur Bouchut, alors qu’il était au lit, chez lui, depuis cinq semaines, pour de la toux et de la dyspnée. L’œdème actuel des jambes ne date que de huit jours environ. On constate les signes suivants : ac

1° Le thorax est bombé, le cou court, le malade est obèse, assis sur son lit en .orthopnée.

2° Au poumon gauche : submatité dans toute la hauteur en arrière avec matité à la base. Respiration emphysémateuse très obscure avec nombreux râles inspiratoires à bulles assez grosses surtout à la base, Mêmes râles dans lPaisselle. En avant : nombreux râles et quelques frottements. Ponction exploratrice de la base négative. En somme: signes de sclérose pulmonaire diffuse ancienne avec symphyse pleurale totale.

3° Au poumon droit : nombreux râles à la base, signes de sclérose pulmonaire diffuse.

4° Un gros cœur avec pointe dans le VI* espace, un peu déviée en dehors. Tachycardie régulière à 108. Ebauche de galop et éclat clangoreux du deuxième bruit.

5° Dans les urines: disque moyen d’albumine, pas de sucre. :

6° Une tension de 150/110.

7° Un gros foie débordant de trois travers de doigt, sans rate appréciable.

8° Un gros œdème des membres inférieurs et du tronc.

Le 16 décembre 1922, on entend un souffle systolique de la pointe, assez variable.

Le 18 décembre 1922, la diurèse est de 1500, la tension de 140/90, mais le malade fait dans la nuit une crise d'œdème pulmonaire aigu avec cyanose intense, malgré LX gouttes de digitaline, données les jours précédents. Une saignée et 0 gr. 50 de caféine n’arrivent pas à empêcher la mort.

AUTOPSIE

Poumon gauche: sclérose anthracosique discrète et diffuse, sans foyer tuberculeux ancien ni récent, symphyse pleurale totale ancienne avec épaississement modéré des feuillets pleuraux. L’œdème est très marqué.

Poumon droit : mêmes lésions avec œdème moins marqué. Nombreuses adhérences lâches. ,

Cœur : 590 gr., hypertrophie totale avec dilatation. L’orifice tricuspidien est très large. Il n’y a ni lésions valvulaires, ni infarctus, ni caillots adhérents,

Aorte : un peu athéromateuse, pas de plaques gélatiniformes.

Reins : 200 gr. chacun, un peu gros, cyaniques, sans signes de néphrite avec seulement en surface quelques cicatrices d’infarctus anciens.

Foie : 1825 gr., cardiaque, sans cirrhose, ni périhépatite.

Rate : 120 gr., grosse, ferme ,cyanique avec un peu de périsplénite.

Tube digestif normal.

Rien aux surrénales, ni au corps thyroïde.

EXAMEN HISTOLOGIQUE

Ventricules droit et gauche : aspect normal avec œdème interstitiel.

Reins : normaux.

OBSERVATION XV (Personnelle)

(Service du Docteur BoucHUT) R.. Jean-Baptiste, 64 ans, orfèvre.

Sclérose pulmonaire et emphysème. Hypertrophie cardiaque et asystolie.

Autopsie : cœur de 460 gr. avec hypertrophie totale. Reins et viscères cardiaques.

Antécédents héréditaires et collatéraux nuls.

Bonne santé habituelle. Marié, femme bien portante ayant eu trois enfants mort-nés, trois enfants morts en bas âge et deux enfants, actuellement vivants,

Pas d’éthylisme. Nie la syphilis.

Depuis l’âge de 58 ans, toux hivernale.

Au début de 1920, à 64 ans, il doit s’aliter à plusieurs reprises pour des poussées bronchitiques.

Le 6 avril 1920, il entre dans le service du Docteur Bouchut, parce qu’il est malade depuis cinq jours avec de la toux et de la dyspnée. Il présente :

1° Un syndrome de bronchite chronique avec émphyssbnie, se manifestant objectivement par des signes de sclérose pleuro-pulmonaire des deux bases et une respiration emphysémateuse de suppléance aux deux sommets.

2° Une expectoration verdâtre, épaisse, presque nummulaire. ie M 3° Un état général bon avec apyrexie, On émet l’hypothèse de sclérose syphilitique du poumon avec petites dilatations bronchiques, en raison des antécédents familiaux du

malade.

4° Un gros cœur avec pointe dans le VI° espace et bruits normaux.

5° Une tension de 150/70, pas d’albuminurie.

6° Rien au système nerveux.

Le 17 anril 1920, l’état est stationnaire, l’expectoration toujours abondante surtout le matin. La tension est de 130/60.

Le 20 avril 1920, la radioscopie montre un emphysème généralisé manifeste, une immobilité presque complète du diaphragme, surtout droit avec cul-de-sac costo-diaphragmatique comblé. Aorte non dilatée, cœur normal.

Le 20 mai 1920, amélioration. Le malade tousse beaucoup moins, pas d’expectoration ou à peu près, Diminution du murmure aux bases, surtout à droite, avec quelques râles fixes à ce niveau.

Le 20 octobre 1922, le malade rentre pour une poussée bronchitique datant de dix jours environ. Depuis son dernier séjour, il y a deux ans, il a toussé, mais n’a pas eu de nouvelle poussée bronchitique de longue durée.

Il présente une dyspnée extrême, de la cyanose, des crachats nummulaires purulents abondants, sans fétidité, surtout le matin, avec une apyrexie complète, des signes de broncho-alvéolite diffuse prédominant aux bases.

Le cœur est rapide à 120, il n’y a ni arythmie, ni souffle, ni galop. La pointe est difficilement localisable, La tension est de 145/70.

Diurèse 400 gr., grosse albuminurie sans œdème, ni hépatomégalie.

Le 30 octobre 1922, amélioration par L gouttes de digitaline. Au cœur : pointe dans le VI‘ espace. Ni arythmie, ni galop, ni souffle.

Disparition de l’ailbuminurie.

Tension 170/75.

Le 31 octobre 1922, radioscopie : emphysème net. Pas de symphyse appréciable des bases. Le cœur paraît gros. Pointe dans le VI° espace un peu globuleuse et le deuxième are notamment paraît très développé. Débord net, mais modéré, des cavités droites. Pédicule artériel normal.

Le 30 novembre 1922, dyspnée. Œdème des membres inférieurs. Distension des jugulaires. Bases encombrées de râles. Tension : 160/85. Léger disque d’albumine.

Saignée: 500 gr. Apyrexie.

Le 6 décembre 1922, après une légère amélioration par LX gouttes de digitaline suivies d’adonis vernalis, le malade est de nouveau très cyanosé et très dyspnéique. Pouls à 82 régulier et bien frappé. Tension : 145/70. Diurèse : 200

grammes. Pas de gros œdèmes. Foie très gros et très douloureux. Jugulaires énormes et dilatées. Poumons encombrés de râles.

Wassermann négatif dans le sang.

Décès à 16 heures, malgré une saignée.

AUTOPSIE

Symphyse pleurale totale bilatérale ancienne.

Poumons : Sclérose anthracosique diffuse des deux lobes supérieurs et du lobe moyen droit. Pas de dilatations bronchiques, Tubereules fibro-crétacés anciens du volume d’une noisette aux deux sommets.

Cœur : 460 grammes, avec hypertrophie portant sur les deux ventricules. Aucune lésion.

Aorte : Athéromateuse, un peu élargie, sans plaques gélatiniformes.

Reins : 340 grammes les deux, cyaniques avec cicatrices d’infarctus anciens, sans lésions de néphrite.

Foie : 1320 grammes, normal, un peu cyanique.

Rate : 140 grammes, petite, sans périsplénite.

Rien aux surrénales ni au corps thyroïde.

Tube digestif normal.

EXAMEN HISTOLOGIQUE

Poumons : Sclérose assez dense, infiltrée d’anthracose, avec nappes fibro-caséeuses. Pas de cellules géantes. Pas de néoformations alvéolaires,

Cœur gauche et droit : Rien à noter, sauf quelques rares et très minimes ilots de sclérose. Fibres normales.

Rein : Cardiaque typique.

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