‹ De L'Hypertrophie Primitive Du CœurChapitre 38 sur 61 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

(Service du Docteur Boucur)

J. Joseph, 62 ans, manœuvre.

Sclérose pulmonaire ancienne d'origine syphilitique. Hypertrophie cardiaque totale. Pas d'hypertension, pas d’albuminurie. Cyanose et asphyxie terminales.

Aulopsie : sclérose pulmonaire bilatérale avec dilatations bronchiques de la base gauche. Cœur de 550 grammes, avec

proportions réciproques conservées des deux ventricules. Reins normaux.

sp

Antécédents héréditaires, collatéraux et familiaux nuls. Ethylisme modéré, Nie la syphilis.

Le malade est un tousseur chronique ancien.

En 1918, à 59 ans, bronchite ayant duré 2 mois.

À partir du 12 novembre 1921 (62 ans), dyspnée d’effort intense, toux, expectoration.

Le 12 décembre 1921, il entre dans le service du Docteur Bouchut, se plaignant surtout de dyspnée, qui s’exagère en crises nocturnes et devient intense au moindre effort. On constate les signes suivants :

1° Des signes d’emphysème et de bronchite chronique avec râles fins aux bases, surtout à droite. Aucune déformation thoracique.

2° Un cœur régulier avec pointe dans le cinquième espace, sous le mamelon. Pouls à 110. Tension : 125/90.

3° De la cyanose avec varicosités des pommettes, de la turgescence des jugulaires, pas de battements épigastriques.

4° Ni sucre, ni albumine dans les urines.

5° Un gros foie, débordant les fausses côtes de deux travers de doigt. La rate n’est pas perçue.

6° Rien au système nerveux.

Le 18 décembre 1921, un violent accès de dyspnée avec cyanose nécessite une saignée de 500 grammes et l’adminisnistration de digitale. Dès l’après-midi, une grosse amélioration se dessine et le malade peut se lever.

Le 19 décembre 1921, une même crise de dyspnée, traitée sans succès par une nouvelle saignée et une injection d’ouabaïne, emmène le malade.

AUTOPSIE

Thorax : Petit épanchement à la base droite. Quelques adhérences au lobe supérieur du même côté. Pas d’adhérences à gauche.

Poumons : Sclérose anthracosique diffuse, discrète. Quelques plaques fibroïdes de la plèvre aux deux sommets, mais aucun stigmate de tuberculose.

A la base du poumon gauche, on trouve trois ou quatre cavités en cupule ,à parois lisses, souples, qui rappellent tout à fait des dilatations bronchiques.

Cœur : 550 grammes, hypertrophie portant sur les deux ventricules en proportion à peu près égale. Ils sont l’un et l’autre dilatés, mais surtout le droit, Pas d’infarctus, pas de caillots adhérent. Persistance du trou de Botal.

Aorte : Un peu élargie, uniformément, avec de nombreuses plaques d’athérome et aussi des plaques gélatiniformes, surtout au niveau de la crosse.

Foie : 1700 grammes, ni cirrhotique, ni cardiaque.

Rate : 260 grammes, ferme avec périsplénite.

Reins : Normaux, sans néphrite, ni infarctus.

Surrénales normales.

Rien au tube digestif, rien à l’appareil urinaire.

EXAMEN HISTOLOGIQUE

Dilatation bronchique : Paroi formée d’un tissu fibro-conjonctif, assez riche en cellules, fourmillant de capillaires dilatés et contenant d’assez nombreuses néoformations alvéolaires. Cette paroi est tapissée d’un épithélium cubique dont il ne persiste que quelques fragments. :

Myocarde : Quelques rares et très discrets ilôts de sclérose (ventricule gauche et ventricule droit) minime,

Aorte : Athérome, sans aortite spécifique,

Reins : Normaux.

Pr

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