‹ De L'Hypertrophie Primitive Du CœurChapitre 46 sur 61 · OBSERVATION A · texte numérisé non relu

OBSERVATION A

(Service de M. le Professeur PAvior) Gros cœur, indépendant de toute lésion orificielle.

Homme de 56 ans. Entre à l’hôpital le 20 juillet 1911. Le sujet signale à 32 ans une affection pulmonaire avec hémotysie traitée par des sangsues et des vésicatoires. Six ans auparavant : période de torpeur, de troubles psychiques dus à un changement dans la situation du malade.

Le sujet ne tousse pas, ne crache pas, mais accuse une dyspnée d’effort remontant à deux mois avant son entrée.

Un mois avant l’entrée, contusion de l’épaule droite due à une chute contre un arbre ; l’essoufflement s’accentue.

A l'entrée : Malade de grande résistance ; œdème prétibial ; urines rares avec un peu d’albumine. Cœur rapide ; expectoration séreuse. Sous l'influence d’un drastique et de la digitale, le malade est rapidement amélioré, l'albumine disparaît en un jour. La digitale est supprimée, la diurèse s’arrête. On redonne de la digitale, le malade va mieux, descend l'escalier, se promène dans la cour. Cependant, le cœur devient arythmique ; l’auscultation est négative, L'état du malade est assez bon pour qu’il puisse sortir le 4 sepiembre.

Nouvelle entrée le 14 octobre : Malade pâle ; cœur arytnmique. Expectoration abondante ; zone d’obscurité à la base droite avec râles fins. On redonne de la digitale et de Ja théobromine. Le malade présente une orthopnée absolue, des œdèmes jusqu'aux lombes, des urines peu abondantes ; il s’introduit une nuit la pointe d’une épingle anglaise à travers un espace intercostal, dans la région cardiaque. On note consécutivement de petits frottements dans la région précor-

diale. Le malade meurt.

AUTOPSIE

Cœur très volumineux : 840 grammes. Dans le péricarde, épanchement sanguin léger et voile fibrineux enveloppant le cœur ; pas d’exsudats, pas de tendance aux adhérences. A l’ouverture du cœur : aucune lésion orificielle ; les sigmoïdes aortiques et pulmonaires sont parfaitement transparentes, souples ; la mitrale ne présente aucune lésion. A noter une petite tâche d’athérome dans la région mitro-aortique.

Le muscle cardiaque est très beau, ne présente pas trace de myocardite interstitielle ; aucune étoile scléreuse,

Ce gros cœur n’est donc pas un cœur de myocardite banale. On n’y trouve aucune lésion ; d’où vient l’hypertrophie ?

L’un des reins, de poids : 225 grammes, est intact. L’autre rein pèse 235 grammes, ne présente pas de néphrite, mais une dépression cicatricielle, indice d’un infarctus ancien, à côté un autre infarctus, mais infarctus récent. On peut faire remonter l’infarctus ancien à l’époque où le malade avait présenté des urines rares, rouges, le second infarctus se serait. produit plus récemment. Les reins sont parfaitement sains, sauf ces deux infarctus ; ce ne sont pas des infarctus emboliques, mais de petits foyers de néphrite parcellaire. L’aorte ne présente que de l’athérome,

Au poumon, lésions du sommet du poumon gauche. Le sujet a présenté à 32 ans une affection pulmonaire grave ; à lJ’autopsie, on trouve un peu au-dessous du sommet un gros tubercule caséeux, encapsulé, entouré d’une coque fibro-anthracosique ; le sujet a donc été un tuberculeux. A la surface du poumon, au-dessus du tubercule : zone où le parenchyme est rouge, un peu emphysémateux ; à la base, un peu d’engouement.

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