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CHAPITRE II

Diagnostic de la myocardite hypertrophique pure

Son établissement comportera les diverses phases que nous avons suivies dans notre démonstration initiale. L’hypertrophie du cœur, symptôme capital, devra être recherchée avec un soin minutieux chez tous les malades, en ne négligeant pas la radioscopie.

Après cette constatation, le diagnostic se fera par élimination des diverses causes qui sont susceptibles de produire les hypertrophies dites secondaires du cœur, c’est-à-dire des lésions endocardiques et péricardiques, de la néphrite chronique, des lésions pulmonaires chroniques. ,

1° LES LÉSIONS VALVULAIRES CARDIAQUES ne sont pas toujours faciles à éliminer. Si la constatation d’un galop ou d’une alternance permet pratiquement de conclure à leur absence, le souffle systolique d’insuffisance mitrale fonctionnelle, par dilatation du cœur,

peut créer les plus grosses difficultés et souvent ce souffle, considéré comme organique, a amené des erreurs de diagnostic. ILest particulièrement fréquent, précoce et tenace dans le gros cœur arythmique. Or, on sait que les lésions mitrales se compliquent assez souvent d’arythmie complète par fibrillation auricu-

laire.

Dès lors, comment pourrons-nous éliminer l’insuf-

fisance mitrale organique ?

a) Si l’arythmie a été constatée avant l’apparition du souffle mitral, ou si les phénomènes asystoliques du gros cœur régulier ont déjà été perçus, le diagnostic est facile; mais ce souffle est souvent d'apparition précoce et on peut le constater dès le premier examen

du malade.

b) Si le malade présente d’autres signes nets de lésions orificielles, par exemple des signes de rétrécissement mitrai, ou un souffle diastolique d’insuffisance aortique, l’endocardite sera naturellement admise, surtout si des antécédents rhumatismaux viennent en

donner la cause. =

c) Du timbre, de l'intensité souvent très forte, de

l'étendue du souffle, il sera impossible de rien tirer au point de vue du diagnostic. Mais l’absence de frémissement avec un souffle intense paraîtra toujours un peu paradoxale et fera penser à un souffle fonctionnel.

d) Si le souffle disparaît après la médication toni-

cardiaque, son caractère fonctionnel deviendra évi-

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