‹ De l'hystérectomie vaginale [electronic resource]Chapitre 12 sur 23 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

OosKnvATiON I (Personnelle)

Pyosalpinx gauche. — Salpingite parenckymateme et ovaire poly kystique à droite. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Jo..., Agée de 24 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 7 avril 1890, chambre 12^'-.

Cette malade, dont les antécédents héréditaires el personnels sont excellents, a été réglée à i4 ans et demi d'une façon toujours régulière et normale. Mariée à 20 ans, elle fait à 23 ans une fausse couche de six semaines, suivie d'une pelvipéritonile qui nécessile un séjour de 2 mois au lit.

Complètement rétablie, elle devient enceinte au mois de septembre 1889 et contracte la blennorrhagie au sixième mois de sa grossesse. L'accouchement à terme fut des plus pénibles : le travail dura i5 heures. L'enfant eut une ophthalmie jDurulente et perdit l'œil gauche.

Depuis cet accouchement la malade garde le lit. Pendant un mois, elle eut des symptômes graves depelvipéritonitc (douleurs abdominales aiguës, météorisme, vomissements porracés, température atteignant 4o* le soir). Vers le milieu' de juillet, elle rendit par le rectum un grand verre de pus et fut soulagée pendant quelques jours.

Une nouvellê poussée la décide à entrer à la Maison municipale de Santé.

Examen local (soas chloroforme). — L'utérus en subinvolution est antéversé et peu mobile. Les annexes gauches sont confondues en une tumeur dure, Ugneuse par places, très-adhérente, ayant le volume d'une mandarine. A droite , l'ovaire augmenté de volume est très-adhérent et la trompe dilatée forme un cordon bosselé du volume du petit doigt.

Etat général satisfaisant. Malade un peu amaigrie, très nerveuse. Appétit presque nul. Constipation opiniâtre.

Mystérectomie vaginale le g août 18 go. — Morcellement de l'utérus en trois étapes. — Décortication complète des annexes.

La trompe et l'ovaire gaudlic forment une poche qui contient environ un demi-verre de pus. L'ovaire droit très-adhérenl est l>ourré de

Nota. — Ces 200 observations sont inédiles. Un .grand nombre me sont personnelles. Les autres ont été recueillies par noes collègues et amis Tbicrcelin, Guilton, WassilielT, Le Moniet, Malherbe et Cazin et par mon ami Le Masson, e.xti rne des Hôpitaux, .fe leur adresse à tous mes remerciements.

kystes el la trompe présente les lésions ordinaires de la salpingite parenehyniateuse.

Neuf pinces. Durée de rop -ralion 35 minutes.

Suites opératoires. — Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. A partir de ce moment, la malade urine seule. Une selle abondante est provoquée par lavement, après l'ablation des pinces.

La température oscille autour de 38° le soir et 3^*4 le matin, jusqu'au 7' jour, où elle devient normale.

Le pouls atteint 120° le soir du 1", 2' et 5' jours.

Le tampon vaginal est enlevé le 4' joup et l'on fait des injections du sublimé à 1/4000.

La malade se lève le 21' jour (3i août).

Le 3 septembre, elle se plaint d'une légère douleur dans la fosse iliaque gauche. Le toucher vaginal fait reconnaître au niveau de la cicatrice et un peu à gauche un point fluctuant qui s'abcède le soir même, laissant couler deux cuillerées de pus. Dès lors la guérison est complète et la malade sort de l'hôpital le 8 septembre.

Revue très souvent. États général et local merveilleux. Appétence génitale plutôt exagérée. La guérison reste absolue jusqu'au mois de décembre 1893 où, sous l'influence d'une vaginite aiguë à gonocoques, la malade a présenté au niveau de l'angle droit de la cicatrice vaginale une tumeur mobile, lisse, fluctuante, douloureuse, du volume d'un œuf de poule. Cette tumeur a été incisée et tamponnée deux fois sans succès. Son contenu était un liquide séreux très clair. Le lundi 19 mars 1894, M. Segond en lait l'ablation par voie vaginale. La muqueuse vaginale étant incisée au niveau de la cicatrice est facilement séparée du kyste. Au cours du décollement, le kyste à contenu séreux s'est crevé. La poche a été excisée en totalité. Le péritoine a été ouvert. Actuellement en convalescence.

Observation 2 (Personnelle) Abcès pelviens. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Éléonore Lor..., âgée de 39 ans, entre à la Maison niunicipale de Santé, le 7 août 1890, chambre 9.

Cette malade, dont les antécédents héréditaires et personne's sont excellents, a été réglée à i5 ans d'une façon .normale. Mariée à 19 ans elle fait un accouchement normal à 20 ans 1/2 et une fausse couche de 4 mois à 26 ans.

Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis i3 ans, la malade éprouve dans le bas-ventre des douleurs sourdes qui s'exaspèrent a chaque période meustrueUe. .Cet état a persisté avec des phases d'anieho-

ration jusqu'au mois d'octobre 1889. A ce inoinent les règles se suspendirent pendant deux mois. Elle eut l'influcnza en novembre et à la suite une poussée de pelvipéritonite (fièvre vive, météorisme, vomissements porracés, etc). Au 4* jour de cette pelvipéritonite elle rendit par le vagin une quantité considérable de sang noirâtre, trèsfétide. Au bout de six semaines elle entrait en convalescence et dès lors les règles revinrent régulières.

A la fin de mai 1890, nouvelle poussée et évacuation par le vagin d'un verre de pus. Depuis lors les douleurs abdominales ont augmenté au point de nécessiter l'usage quotidien delà morphine.

Examen local. — Le doigt introduit dans le vagin tombe sur un col utérin petit, conique, qui semble se continuer sans ligne de démarcation avec une masse qui remplit les culs-de-sacs vaginaux. L'hystéromètre montre que l'utérus est couché à la partie inférieure gauche de la tumeur. Le double palper fait constater deux tumeurs fluctuantes, ayant chacune le volume d'une tête de fœtus et dont Tensemble avec le col utérin figure assez bien un cœur de carte à jouer. Toute la masse est absolument immobile dans le pelvis.

Etat général mauvais. Amaigrissement considérable. Anorexie. Constipation. Fièvre tous les soirs, 38. °2 à 38°. 5. Poumons et cœur sains.

Rien dans les urines.

Diagnostic. — Abcès pelviens.

Hystérectomie vaginale le a3 août 18 go. — L'utérus tout-à-fait inabaissable est morcelé par étapes et enlevé en totalité , sauf le sommet trop adhérent aux anses intestinales. Chemin faisant les écarteurs ouvrent les deux poches qui laissent écouler chacune un grand verre de pus fétide.

Huit pinces à demeure, trois sur chaque ligament, deux sur le moignon utérin.

L'opération faite sans ouverture du péritoine a duré 5o minutes.

Suites opératoires. — Les pinces sont retirées après 48 heures. Les tampons le 4'"° jour. Après l'ablation des pinces, la malade urine seule et a une selle abondante avec un lavement.

La température normale les trois premiers jours s'élève à 38°2 les 4'> 5", 6% 7' et 8% puis retombe à 37°. Le soir du i5' jour elle monte à 39" 6. La malade est agitée, sa langue est sèche, elle se plaint d'une vive douleur dans la fosse ihaque gauche. Le toucher fait reconnaître une tumeur chaude et fluctuante du volume d'un œuf de poule qui s'abcède spontanément au bout de deux jours, laissant écouler un demi-verre de pus.

Dès lors la guérison survient sans incident et le 3o Septembre la malade quitte l'hôpital complètement guérie.

Revue très souvent. Etal local merveilleux. Etal général parfait. Se plainl seulement de trop engraisser. (Revue la dernière fois le 10 avril 189/4).

Observation 3 (Personnelle)

Hématosalpinx droit. — Salpingite suppurée et ovaire sclérokystiqae à droite. — Opération de Péan. — Guérison.

Mai'ie Jam..,, âgée de 29 ans, entre à la Maison nmnicipale de Santé, le i5 août 1890, chambre 3'''^

Réglée à 12 ans d'une façon régulière, la malade n'a jamais eu ni grossesse normale ni fausse couche.

Au mois de janvier 1890, les règles furent extrêmement douloureuses. Les mois suivants elles redeviennent normales, mais au mois de juin elles s'accompagnèrent de souffrances tellement vives que l.i malade dut. s'aliter. Un médecin diagnostique une colique hépatique et envoie la malade à la Maison municipale, dans un service de médecine, d'où elle passe en chirurgie le i5 anùL.

Depuis le mois de juin les règles sont survenues normalement, il n'y a pas eu de métrorrhagies. La malade, dont l'état général est excellent, se plaint d'une douleur vive dans la région des annexes droites, douleur qui résiste au repos.

Examen local. — L'utérus antélléchi mesure 8 centimètres 1/2. Le col est attiré en arrière par des brides qui remphssenl le cul-de-sac de Douglas. Le cul-de-sac latéral droit est effacé par une tumeur du volume d'une grosse orange, absolument immobile et séparée de l'utérus par un sillon .très-net. Cette tumeur est peu douloureuse ; elle est d'une consistance dure, presque ligneuse. Les annexes gauches sont nettement augmentées de volume.

Etat général très bon, pas de fièvre.

Les lésions des annexes gauches ayant été reconnues sous chloroforme, on conclut à l'hysléreetomic vaginale. Diagnofttie. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale le ^3 aotU 1 8go . — Uniérus est enlevé par morcellement en trois étapes; on tombe à droite sur une poche tellement adhérente, qu'après l'avoir évacuée des caillots sanguins qu'elle renferme, on est contraint de la laisser en place.

. L'ovaire gauche très-adhérent et bourré de Itystes est enlevé ainsi que la trompe dilatée connue l'index et remplie de pus.

Huit pinces à demem-e.

L'opération a duré 35 minutes.

Suites opératoires. — Jus(iii'îi l'ablalion des ])inees qui eut lieu a{)rès 48 heures, la nuxlade lut très agitée et eut des vomissenienls incoercibles. Le 3' jour, selle abondante (lavement) ; la malade urine seule.

Les tampons sont enlevés le 5° jour.

La température s'élève à 38° le soir jusqu'au 7° jour. Le pouls, à 120 les deux premiers jours, lombe au-dessous de loo, les pinces, enlevées.

La guérison fut re lardée par une large eschare au sacrum qui fut constituée le 5" jour.

La malade se lève au bout de quatre semaines et quitte Thopital guérie le 28 octobre.

Dernières nouvelles en Janvier i8g4- — Etats local et général parfaits. Pas de bouHées. Se plaint de trop engraisser.

Observation 4 (Thiercelin) Ovaires scléro-kystiques. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Viv..., âgée de 36 ans, entre le i5 Septembre 1890, à la Maison municipale de Santé , chambre 3.

Réglée à 16 ans, d'une façon régulière, elle se marie à 26 ans el, à 27 ans, accouche d'un garçon qui vit et est très bien portant. Cette couche très pénible nécessite l'application du forceps. Depuis celle époque la malade a des douleurs constantes dans le basventre, les reins, les cuisses, la marche est impossible. Au moment des règles elles s'exaspèrent et ne peuvent être calmées que par des piqûres de morphine. Dans l'intervalle des règles à peu près normales en quantité il existe des pertes blanches abondantes.

11 y a 4 ans la malade eut des métrorrhagies profuses. M. Segond , consulté , diagnostique un corps libreux sous-muqueux dont il fit l'extirpation. Les pertes cessèrent, mais les douleurs et la leucorrhée continuèrent.

ir y a 10 mois , nouvelles métrorrhagies : la malade consulte un autre cliirurgien qui pratique une périnéorraphie et une amputation du col. Le soulagement fut très léger. Les douleurs apparurent intolérables, constantes, avec exacerbatiou au moment des règles. Celles-ci revenaient tous les quinze jours. Depuis six mois la malade garde le lit.

Examen local. — L'utérus donne la sensation d'une bille dure très mobile, il mesure 7 centimètres. Les trompes sont saines mais les ovaires, douloureux, sont triplés de volume.

L'exploration de l'ulcrus et des annexes provoque des douleurs presque syncopales.

Klal général mauvais, la malade est très amaigrie, très nerveuse, réclanuml cà chaque instant des piqûres de morphine auxquelles elle est habituée. L'appétit est nul , la constipation opiniâtre ; dès qu'elle prend un peu de nourriture , elle éprouve des pesanteurs au creux épigastrique. Le soir la température atteint presque toujours 38°2 à 38*4.

Le cœur et les poumons sont sains. 11 n'y a rien dans les urines.

Diagnostic. — Dégénérescence kystique des deux ovaires.

Hystérectomie vaginale le i3 septembre. — Morcellement de l'utérus en trois étapes. Ablation des annexes. Les trompes sont fortement congestionnées et les ovaires, du volume d'une grosse noix, sont remplis de kystes.

Durée de l'opération : 3o minutes. Neuf pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles. Les pinces sont enlevées après 48 heures et les tampons le 4™° jour. Après l'ablation des pinces la malade urine seule et va à la selle.

La température n'a jamais dépassé 37°^ ni le pouls 92.

La malade se lève le 18' jour et quitte l'hôpital le 29* jour après son opération. Elle ne souffre plus, est très gaie, mange avec appétit. Elle se passe de morphine. En un mot , elle est méconnaissable.

Revue la dernière fois en avril 1894. Toujours nerveuse. Etat local parfait. Axicun trouble supplémentaire. En somme, guérison totale et parfaite.

Observation 5 (ThierceUn)

Rétrojlexion de l'utérus. — Salpingo-ovarite double. Opération de Péan. — Guérison.

Madame Ghevill..., âgée de 35 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 10 octobre 1890, chambre n° 7.

Réglée à 16 ans, d'une façon normale, elle se marie à 26 ans et accouche à 28 ans, d'une petite fille bien portante. L'accouchement fut laborieux et la malade raconte que deux heures après la déhvrance elle ressentit dans le bas-ventre une douleur violente, presqae syncopale. Depuis lors, cette douleur très atténuée persiste. Quatre mois après l'accouchement , elle" voit un médecin qui met un pessaire et pratique une série de cautérisations. Elle garde ce pessaire trois mois et n'est poiht soulagée.

Les règles sont restées régulières, mais très aboiidaulcs el très douloureuses, au point que la malade garde le lit. Dans leur intervalle les douleurs sont moins fortes, mais la leucorrhée est très abondante.

Au mois de juillet 1890, elle reçoit un coup dans la région de l'ovaire gauche ; le soir elle a une métrorrhagie abondante et est transportée à la Maternité Baudelocque, où pendant un mois elle fut traitée par le repos et les injections chaudes.

Examen local. — L'utérus est en rétrodexion irréductible. Les annexes forment de chaque côté une petite masse du volume d'un œuf de poule, très douloureuse au toucher et peu mobile. Par le toucher rectal on sent un petit lîbrôme de la paroi postérieure de l'utérus.

Etat général bon. Les digestions sont pénibles; la constipation très opiniâtre.

Diagnostic. — Rétroflexion adhérente, salpingo-ovarite double probablement parenchymateuse.

Hjstérectomie vaginale le 16 octobre. — Morcellement de l'utérus en trois étapes, ablation totale des annexes. Les trompes ont des parois épaisses, lardacées et entourent comme d'un croissant les ovaires kystiques.

Petite déchirure de la vessie produite avec l'écarteur : elle est suturée séance tenante avec trois fils rie catgut.

Durée : 45 minutes. Neuf pinces à demeure.

Suites opératoires. — La température reste normale. Le pouls est à 120 les trois premiers jours, à i3o le 4' jour, puis redevient normal. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures ; les tampons le 4° jour. Un lavement, donné le 3° jour, provoque une selle abondante.

La fistule est fermée le So' jour. En voulant constater si cette occlusion est complète, on découvre au tond du vagin un tampon oublié, de gaze iodo formée.

La malade se lève le 25° jour.

La guérison est retardée par une congestion pulmonaire qui oblige la malade à s'aliter du 26 au 3o novembre. Elle part tout-à-l'ait guérie le 5 décembre.

Revue au bout de 18 mois. Etats général et local parfaits.

Observation 6 (Personnelle) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Léontine Mor..., âgée de 24 ans, entre à la Clinique Baudelocque, salle Levret, N» 82, le 24 septembre 1890.

Cette malade , dont les antécédents héréditaires et personnels sont bons, a été réglée à 16 ans d'une façon toujours normale

et régulière. Mariée à 20 ans, elle a un accouchement normal à 22 ans.

C'est seulenieiil au mois de mai dernier que la malade commença à éprouver des douleurs dans le bas-venlre, avec irradiation vers les cuisses, les reins. Ces douleurs occupaient tout l'hypogasire et la région des annexes sans prédominance d'aucun côté. Les règles ne vinrent pas : el il se confirma bientôt qu'elle était enceinle. Le 29 Juillet elle fit une fausse couche à la suite de laquelle elle eut une métrorrhagie ([ui dura huit jours. A partir de ce nxomcnt les douleurs prirent un caractère spécial d'acuité, la lièvre apparut, sans qu'il y ait eu cependant de vive réaction péritonéale. Les règles devinrent irrégulières et dans leur intervalle il existait une leucorrhée très abondante. Peu à peu l'appétit disparut, l'amaigrissement fit de rapides progrès et la malade, tout à fait impotente, n'a pas quitté le lit depuis sa fausse couche.

Examen local. — Utérus en subinvolution, antétléchi, peu mobile = 9 centimètres. Les annexes gauches prolabées dans le cul-desac de Douglas forment une tumeur du volume d'une mandarine, elles sont tout à fait immobiles, dures, bosselées, très douloureuses au toucher.

Les annexes droites ont le volume d'un œuf de poule , elles sont un peu moins douloureuses, mais également très adhérentes aux parois pelviennes.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale le i5 octobre 18 go. — Morcellement de l'utérus par étapes. Les difficultés d'abaissement rendent les manœuvres du morcellement laborieuses.

Les annexes gauches forment une poche suppurée (pyosalpinx et abcès niiliaires de l'ovaire) qui est évacuée et décortiquée totalement. Les annexes droites ne peuvent être enlevées, on les crève avec le doigt et il s'en écoule un verre à Bordeaux de pus fétide.

L'opération a duré 4» minutes. 4 pinces à demeure.

Suites opératoires. — Les pinces sont enlevées après 48 heures, les tampons le 4' jom*. Selle par lavement après l'ablation des pinces ; miction spontanée dès le 3' jour.

La température reste à 38°5 et le pouls à 120 pendant les trois premiers jours, puis l'un et l'autre tombent à la normale.

La malade se lève le 21* jour et quitte l'hôpital, complètement guérie, le 9 Novembre 1891. Non revue.

Observation 7 (Personnelle)

Pjosalpinx double. — Périmétro-salpingite suppurée. Opération de Péan. — Guérison.

Madame Vig..., âgée de 3o ans, entre chez les Sœurs Augustines, de la rue de la Santé, le i5 octobre 1890.

Cette malade, dont les antécédents sont bons, a été réglée à i4 ans, d'une façon toujours normale. Mariée à 20 ans, elle accouche à terme à 23 ans d'un enfant bien portant. Depuis cette couche elle souffre dans le bas-ventre, surtout au moment des règles. Celles-ci sont toujours réguUères mais fort abondantes, et, dans leur intervalle, il existe une leucorrhée qui, insensiblement, est devenue considérable.

En juillet 1889, la malade consulte M. Segond qui diagnostique une ovaro-salpingite double et pratique le curettage utérin. Cette intervention amène une dispai'ition presque totale des pertes blanches et une assez notable diminution des douleurs. Celles-ci cependant persistent et au mois d'août la malade part pour Salies de Béarn. Sous l'influence du traitement thermal elle fait une poussée de pelvipéritonite suraiguë, ballonnement du ventre, vomissements porracés, pouls à 120, température oscillant autour de 39°. Localement une collection liquide se forme rapidement et vient bomber dans le culde-sac de Douglas. Le docteur Lejars, de Sahes, pratique- une ponction le 5 octobre et retire un demi-litre de sérosité louche. Les phénomènes aigus étant un peu apaisés, la malade est ramenée de Sahes de Béarn dans une gouttière de Bonnet et conduite directement chez les Sœurs Augustines le 12 octobre.

Hystérectomie vaginale le ij octobre 18 go. — Sous chloroforme on constate l'enclavement complet de l'utérus au miUeu de masses fluctuantes qui bombent dans les culs-de-sac latéraux et postérieur et remontent à deux travers de doigt au-dessus du pubis.

Le morcellement par étapes est des plus laborieux. Chemin faisant les écarteurs ouvrent deux grands kystes séreux et trois abcès fétides. Une fois l'utérus enlevé on constate que le péritoine n'a pas été ouvert et que la brèche vaginale conduit dans une cavité fermée de toutes parts et pouvant admettre les deux poings.

Quaire pinces à demeure. L'opération a duré i heure 10.

Suites opératoires. — Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, et les tampons le 4° jour, après que la malade eût pris im lavement qui provoqua une selle peu abondante.

La température se maintient à 3805 le soir et le pouls à 120 jusqu'au 6" jour.

BaudroD. — 11.

— iGa —

Les vomissements persistèrent pendant 7 jours. Et ce ne fut qu'à partir du 8° jour que la malade, soutenue jusque-là avec du Champagne et des grogs, commença à s'alimenter.

Dès lors la convalescence marcha rapidement et au bout de quinze jours la malade était méconnaissable. Le ai" jour elle se levait et au bout d'un mois, quittait la Maison de santé, ne soufl'rant plus et toutà-fait transformée.

Revue souvent, la dernière fois en avril 1894, toujorn-s nerveuse, impressionnable, se plaint de sensation de brûlure, d'ailleurs trèssupportable, dans le pelvis, au moment des règles. Etat général excellent.

Observation 8 (Personnelle)

Rétrqflexion adhérente. — Ovaires scléro-kystiques. Opération de Péan. — Guérison.

Madame Morv,.., âgée de % ans, entre chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé, le i5 octobre 1890.

Réglée à i3 ans, assez régulièrement, cette malade n'a jamais eu d'entants.

En 1884 elle fut soignée par le professem* Vulpian pour des troubles dyspeptiques et nerveux. La consultation de Vulpian portait le diagnostic : Nervosisme et anémie.

Les troubles utérins remontent à la fin de 1888 , sans cause appréciable, les règles ont augmenté d'abondance et de fréquence. Elles revenaient tous les vingt jours et s'accompagnaient de douleurs dont l'intensité était parfois exti'ême. Entre deux périodes menstruelles la malade avait à peine cinq jours à ne point souffrir. Le lit ne procurait aucun soulagement. Depuis le mois de janvier 1890 les promenades sont devenues pénibles.

Au mois de mai, métrorrhagie abondante qui a duré 8 jours, suivie d'une période douloureuse très aiguë. Au mois de juillet deuxième métrorrhagie moins abondante et suivie de douleurs moins vives.

L'état général s'est, dès lors, aggravé. Les digestions sont devenues très pénibles, la défécation très douloureuse « comme si quelque chose pesait sur le rectum. » La malade est très anémiée, très amaigrie.

Elle voit successivement cinq chirm-giens qui, tous, conseillent l'ablation des annexes.

M. Scgond, consvdté, diagnostique, outre un déplacement du rein droit, une salpingo-ovarite double et une rétroflexion irréductible et propose l'ablation totale.

Hystérectomie vaginale le 21 octobre 1890. — L'utérus est enlevé par morcellement en quatre étapes. Les annexes sont enlevées en

lotalilé Les lésions analogues des deux côtés sont les suivantes : trompe de la jj-rosseur du petit doigt à parois épaisses, dures, le pavillon est obUtéré. Les ovaires sont bourrés de kys es, à droite il existe un petit kyte séreux du volume d'une très grosse noix. Durée de l'opération : Zjo minutes. Huit pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles. Le pouls et la température sont restés normaux.

Les pinces sont retirées après 48 heures et la malade a une selle abondante provoquée par un lavement. Les tampons sont enlevés le 4' jour. Dès lors la malade m^ine seule.

Elle se lève le 20" jour et rentre chez elle le 25° jour, ne souffrant plus.

Revue plusieurs ibis, la dernière Ibis en avril 1894. Etats général et local parfaits.

Observation 9 (Personnelle) Abcès pelvien fistuleax dans le rectum. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame R..., âgée de 35 ans, est opérée à Nantes, le 12 septembre 1890, dans le service du docteur Poisson.

Cette malade, réglée à i3 ans et demi, d'une façon réguUère et normale, s'est mariée à 28 ans. Immédiatement après son mariage elle commença à avoir des pertes blanches très al^ondantes et à souffrir en urinant. Il est donc vraisemblable qu'elle contracta une blennorrhagie. Bientôt apparurent des douleurs abdominales continuelles, la marche devint pénible, de jour en jom' la malade s'affaiblissait.

Au mois de juillet 1890, elle eut par le rectum une abondante évacuation de pus. Le docteur Poisson, de Nantes, constata dans le cul-de-sac droit une tumeur fluctuante, douloureuse, du volume d'une tête de fœtus, remontant à deux travers de doigt au-dessus de l'ai-cade de Fallope. A gauche, les annexes formaient une tumeur dure du volume d'une grosse orange.

Il propose une opération qui est refusée. Mais la fièvre vive, 39" tous les soirs, l'évacuation incessante de pus par le rectum, l'amaigrissement rapide, déterminèrent bientôt la malade à accepter une intervention qui fut pratiquée à Nantes, le 12 septembre 1890, pai- M. le docteur Segond.

Hystérectoinie vaginale. — L'utérus, absolument enclavé au milieu de collections purulentes, est morcelé laborieusement par étapes. Au cours de l'opération, les écarteurs crèvent successivement deux poches latérales contenant environ chacune un grand verre de pus très fétide. Une troisième poche identique se vide au moment de l'extraction du

l'ond de ruiérus. On conslalc que l'opi'ralion est complète el que le péritoine n'est pas ouvert.

Six pinces à <lenieiu'e. Durée de l'opération : 45 minutes.

Suites opératoires. — Le soir de l'opération, la malade avait des sueurs froides, le lacies grippé, des tendances aux syncopes, le pouls tilifornie.

Le lendemain la température et le pouls tombaient à la normale.

hes pinces lurent enlevées après 48 heures. En retirant les tampons le 4° jour on s'aperçut que la malade perdait des matières parle vagin.

Cette fistule persista i5 mois et se ferma spontanément. Un mois après l'opération, la malade était méconnaissable et actuellement sa santé est florissante et elle n'éprouve i)lus la moindre douleur. Revue mars 1894. Guérison merveilleuse.

Observation 10 (Personnelle) Pjosalpinx double. — Opération de Péaii. — Guérison.

Madame Méa..., âgée de 3o ans, entre à la clinique Baudelocque, salle Levret, lit N" 93, le i5 octobre 1890.

Cette malade, dont les antécédents héréditaires sont excellents, a été réglée à i3 ans, d'une façon toujours réguUère et normale. Mariée à 21 ans elle devint immédiatement enceinte et accoucha à 22 ans, à terme et sans incident.

Six semaines après son accouchement elle commence à éprouver des doulem-s dans le bas-ventre, avec irradiations vers les reins et les cuisses.

Le retour de couches se fit à la huitième semaine et dès lors la menstruation redevint régulière. La malade se fit immédiatement soigner et comme elle avait des pertes blanches assez abondantes, on lui fit de nombreuses cautérisations au nitrate d'argent.

11 y a i4 mois, à la suite d'une cautérisation, elle eut une poussée aiguë, douleurs très vives dans la région des annexes, surtout à gauche, anorexie, fièvre. Après un séjour au Ht d'une semaine environ, les phénomènes aigus disparurent.

Les douleurs, surtout vives à gauche, persistèrent, s'exaspérant à la moindre fatigue mais se calmant au moment des règles. Jamais de métrorrhagies. Leucorrhée abondante.

Au mois de mars 1890, nouvelle poussée aiguë, et au bout de trois iours douleurs violentes dans la tbsse iliaque, l'évacuation par l'anus d'un verre Bordeaux de pus amène une détente. Depuis cette époque elle rendit fréquemment du pus dans les selles et pour la dernière fois le 7 octobre.

Elal général salisl'aisanl, pourtant amaigrissement assez notable ; la malade est très nerveuse. 11 y a trois ans elle a eu des attaques d'hystérie.

Examen local. — Utérus gros = 8 centim. 1/2, en antéversion, peu mobile.

Les annexes gauches Ibrment une tumeur du volume d'une grosse orange accolée au rectum, très dure, très douloureuse ; à droite, les annexes ont le volume d'un œuf de poule, elles sont dures, bosselées.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale le 22 octobre i8go. — L'utérus est enlevé en 4 étapes. I^es annexes gauches très adhérentes sont décollées avec dilficultés. L'ovaire et la trompe confondus forment une poche épaisse qui contient des fongosités. La trompe droite renferme un verre à Bordeaux de pus épais, non fétide. Les annexes des deux côtés sont enlevées complètement.

Douze pinces à demem*e. L'opération a duré 3/4 d'heure.

Suites opératoires. — Aucune élévation thermique. Pouls ne dépasse pas 100, les deux premiers jours.

Les pinces sont enlevées après 48 heures. Selle abondante après le lavement. Les tampons sont laissés jusqu'au 4* jour.

La malade se lève le 20« jour. Elle quitte l'hôpital le 28' jour, ne souffrant plus.

Revue en février 1894. — Guérison absolue.

Observation ii (Personnelle)

Salpingite catarrhale. — Dégénérescence scléro- kystique des deux ovaires. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Par..., âgée de 35 ans, entre à la Clinique Baudelocque le 26 octobre 1890, salle Levret, n" 83.

Réglée à 16 ans, d'une façon régulière, cette malade a eu à 19 ans une fièvre typhoïde grave.

Mariée à 20 ans, elle devient immédiatement enceinte et accouche à terme. Deux mois après cet accouchement, à la suite d'une grande fatigue, elle ressent de vives douleurs abdominales qui l'obligent à garder le lit durant plusieurs jours.

Pendant deux ans ces douleurs se manifestèrent de temps à autre, surtout vives entre deux époques et plus accentuées du côté gauche.

Au mois d'avril 1889, nouvelle crise aiguë qui obhgea la malade à garder le lit durant quinze jours. Elle eut, dit-elle, de la fièvre. A partir de ce moment les règles deviennent douloureuses et irré-

gulières. Les douleurs gagnent le côté droit et vers la fin d'août elles revotent un tel cdraclère d'intensité, surtout au moment de.s règles, que la malade prend le lit qu'elle ne quitte plus jusqu'au moment de son entrée à Baudeloeque.

La malade, pendant l'évolution de sa maladie, n'a jamais eu ni métrorrliagie, ni leucorrhée.

Examen local. — Utérus = 8 centim. 1/2, en rétroversion mobile. Des deux côtés les trompes donnent la sensation d'un cordon dur de la grosseur du petit doigt. Les ovaires, prolabés dans le cul-de-sac de Douglas, sont durs, doublés de volume et extrêmement douloureux.

Etat général bon. Malade très nerveuse, dyspeptique depuis de longues années.

Diagnostic. — Salpingite catarrhale. Ovaires scléro-kystiques.

Hystérectomie vaginale le ag octobre i8go. — L'utérus est morcelé en trois étapes, une des pinces à demeure dérape et donne lieu à une légère hémorrhagie, rapidement arrêtée. L'ablation des annexes est totale. Celles du côté gauche sont très adhérentes. Les deux trompes présentent des lésions classiques de la salpingite catarrhale, leurs pavillons sont oblitérés. Les ovaires sont remplis de kystes.

Douze pinces à demeure. L'opération a duré ^5 minutes.

Suites opératoires. — Nulles. Le pouls n'a jamais dépassé 100 et la température est restée à 37°, sauf le 6* jour, où elle monte à Sg" pour redevenir normale dès le lendemain.

Les pinces sont enlevées au bout de 48 hem'es et les tampons le 4' jour.

La malade urine seule le 4' jour et a une sel'e abondante provoquée par un lavement, le soir du troisième jour.

Elle se lève le 20° jour et quitte l'hôpilal le 25° jour, ne souffrant plus Elle a été depuis fréquemment revue et sa guérison se maintient complète.

Revue en avril 1894 pour la dernière fois. Etat local parfait. Bouffées menstruelles légères.

Toujours nerveuse mais sans crises.

En résumé, état général superbe, activité reprise. Guérison complète.

Observation 12 (Personnelle)

Pelvipéritonite ancienne. — Pjosalpinx double énorme. Opération de Péan. — Mort le 3' jour.

M'"^ Fat , âgée de 39 ans, entre chez les Sœurs de la rue de la

Santé, le 28 octobre 1890.

Cette malade a été réglée à i4 ans d'une façon toujours régulière ; mariée à 25 ans, elle a eu cinq enfants, dont le dernier au mois de mars 1890. C'est cà la suite de cet accouchement qu'elle a fait une suppuration pelvienne grave. Au mois de mai, M. Ribemont- Dessaignes a incisé au dessus de l'arcade gauche de Fallope, une énorme collection purulente. Soulagée momentanément par l'évacuation de cette poche, elle fut, vers le milieu de juillet, reprise de nouveaux phénomènes fébriles et douloureux. M. Segond, appelé à voir la malade le 27 octobre, constate :

L'utérus absolument enclavé est refoulé si haut que le doigt peut à peine arriver sur le col. A droite, il existe une collection purulente qui bombe dans le cul-de-sac latéral et postérieur et remonte à deux travers de doigt au dessus de l'arcade de Fallope. Le volume en est égal à une tête de fœtus. A gauche, on sent un volumineux empâtement au sein duquel se perd le fistule résultant de l'incision antérieurement pratiquée par M. Ribemont.

Diagnostic. — Pyosalpinx doxible. Périmétro-salpingite suppurée.

État général. — Malade très affaiblie, n'ayant plus d'appétit, et malgré cela, ayant conservé un embonpoint énorme.

Hystérectomie vaginale le 3o novembre 18 go. — Le morcellement de l'utérus est des plus laborieux, l'extrémité des écarteurs atteignant à peine le col. L'utérus est enfin enlevé. La collection droite contient un liquide séro-fibrineux ; au moment où le fond de l'utérus est dégagé, on ouvre une poche qui contient un grand verre de pus fétide. La tumeur gauche est effondrée avec les doigts, elle contient également un verre de pus très fétide. Un drain est passé de l'incision sus-inguinale flstuleuse dans le vagin. Dix pinces sont laissées à demeure; elles sont si profondément placées, que les anneaux affleurent la vulve. L'opération a duré une heure un quart. Elle a été complètement extra-péritonéale.

Suites opératoires.— La malade est difficile à réveiller, dans l'aprèsmidi, elle accuse un véritable bien-être, mais le pouls est petit ; la température est de 37'8. Elle commence seulement à uriner par la sonde à demeuré, le soir sur les six heures. La nuit est bonne. Le lendemain matin, la température est à 37°8, mais le pouls reste filiforme, A deux heures de l'après-miffi, la malade a une syncope qui dure 10 minutes. Le pouls devient incomptablc, elle perd connaissance de nouveau et meurt à six heures du soir.

Observation i3 (Personnelle)

Pyosalpinx double avec collections purulentes pelviennes très volumineuses. — Opération de Péan. — Mort le j 5^ jour.

M""* Heur , âgée de 34 ans, entre le 2 novembre 1890 à la clinique Baudelocque, salle Levret, lit n° 86.

Antécédents. — Réglée à i3 ans d'une façon toujours régulière et normale, cette malade se marie à 21 ans. Elle devient. enceinte à 24 ans et accouche à terme sans complication. Une deuxième grossesse survient il y a 3 ans. C'est à la suite de celte grossesse (l'accouchement eut lieu à terme), qu'elle commença à souffrir dans le ventre. Sans poussée aiguë, mais insidieusement, les douleurs se locaUsèrent dans la région des annexes avec prédominance du côté gauche. La menstruation devient douloureuse et régulière, et dans l'intervalle apparut une leucorrhée assez abondante.il y a 18 mois,une fausse couche de deux mois environ aggrava la situation. Une poussée de pelvi-péritonite aiguë consécutive obUgea la malade à garder le lit près de deux mois. Quand elle se releva, les douleurs étaient telles que la moindre fatigue, le moindre travail devinrent rapidement impossibles. A chaque instant, la malade était contrainte de reprendre le ht. A la fin du mois d'octobre 1890, à l'occasion d'une fatigue un peu plus grande (la malade avait lavé son parquet), survint une nouvelle poussée aiguë pour laquelle la malade entra à la chnique Baudelocque.

A son entrée , on constate que l'utérus est complètement enclavé au miheu de collections purulentes, qui bombent dans les culs-de-sac latéraux et postérieur et remontent presque jusqu'à l'ombiUc.

Bien que la malade ait conservé un notable embonpoint, l'état général est grave, elle a la langue sèche, le pouls rapide, une température élevée (39° à 40° tous les soirs) et un peu de subdelirium. Depuis quelques jours, il existe, malgré une constipation très forte, une rectite glaireuse très abondante, qui fait penser à une tendance d'un des abcès pelviens à s'ouvrir dans le rectum.

Diagnostic. — Pyosalpinx double ; pelvi-péritonite suppurée.

Hystérectomie vaginale le j novembre 1890.— Lsx malade ayant un embonpoint considérable, le morcellement est des plus laborieux. C'est à peine si les écarteurs ordinaires de Péan dépassent la portion cervicale de l'utérus. Au cours de l'opération, deux collections purulentes contenant chacune un demi-litre de pus fétide sont crevées à droite de l'utérus : à gauche, on ouvre une collection séro-hématique. Il est impossible d'enlever le fond de l'utérus qui est fixé au milieu des masses friables. L'opération dure une heure et demie. Quatre pinces à demeure.

Suites opératoires. - Dès le soir, la température tombait à 3^' et la malade éprouvait un bien-être très manifeste. Les pinces lurent enlevées au bout de 48 heures, et l'on s'aperçut alors qu'il passait une certaine quantité de matières fécales par le vagin. Tout cependant alla bien jusqu'au 5« jour. A ce moment, la température se releva brusquement à 39°, l'état général devint mauvais, la sécrétion vaginale prit un caractère fétide, et le i5* jour, la malade succombait dans le délire avec tous les signes d'une double broncho-pneumonie infectieuse.

L'autopsie démontra que l'intervention avait été incomplète. Il n'y avait pas de péritonite, mais au-dessus de la calotte utérine qu'il avait été impossible d'extirper, il existait deux collections purulentes à contenu très fétide. La perforation rectale, très petite, était située très bas dans le vagin. Les deux poumons présentaient les signes classiques d'une broncho-pneumonie infectieuse.

Observation i4 (Thiercelin)

Pjosalpinx tuberculeux double. — Tuberculose utérine. Opération de Péan. — Mort le 3' jour.

Madame Capp..., âgée de 22 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 3 novembre 1890, chambre 9.

Antécédents. — La mère de cette malade est morte tuberculeuse. Le père, vivant, est bien portant. Depuis l'âge de 8 ans, la malade tousse presque sans cesse.

Réglée à 17 ans, elle se marie à 20 ans, elle accouche 9. terme il y a 4 mois. Un mois environ après l'accouchement, elle commence à souffrir dans le ventre. Les règles deviennent très abondantes, et s'accompagnent de douleurs très vives, surtout du côté gauche, avec irradiations vers les reins et les cuisses. Ces douleurs sont telles que la malade est obUgée de s'aUter. Dans l'intervalle des règles, il existe une leucorrhée abondante. Chaque soir la températm'e s'élève à SS'S : Sueurs nocturnes très abondantes, amaigrissement notable ; anorexie. Depuis le début des accidents, la toux s'est exagérée. Pourtant à l'auscultation on ne trouve que quelques râles disséminés des deux côtés de la poitrine, et un peu d'obscurité de la respiration et de submatité au sommet gauche. Expectoration nuUe. Jamais d'hémoptysie. Cœur sain. Urines normales.

Examen local. — Utérus = 8 centimètres 1/2 en rétroflexion adhérente. Le col entrouvert laisse écouler un liquide purulent très abondant. A gauche, les annexes forment une masse dure, bosselée, irrégulière, du volume d'une mandarine, tout à fait accolée aux parois pelviennes. A droite, elles donnent la sensation d'une tumeur du volume d'un œuf de poule, très dure et très douloureuse.

Diagnostic. — Pyosalpinx double, peut-être tuberculeux.

Hystérectomie vaginale le i5 novembre i8go. — Morcellement de l'utérus en trois étapes, sans incident, décortication laborieuse des annexes gauches qui sont enlevées en totalité : les annexes droites sont enlevées incomplètement.

Les ovaires sont transformés en masses caséeuses qui s'efi'ritent sous le doigt : la trompe gauche est remplie de matière caséeuse. Au fond de l'utérus, près de la corne utérine, on trouve un tubercule de la grosseur d'une noisette.

L'opération a duré 35 minutes. Huit pinces à demeure.

Suites opératoires. — Le soir la température est à 3j'2 ; le pouls à 120 ; les douleurs sont très vives. Le lendemain matin, la température est de 37° ; mais le pouls est à 160 et le soir la température s'élève à 38*6 et le pouls devient incomptable. La malade est prise d'une douleur suraiguë dans la fosse iliaque gauche, douleur que la morphine parvient à peine à calmer. Rapidement le ventre se ballonne, les extrémités se refroidissent, les vomissements deviennent incoercibles, muqueux d'abord, puis porracés, et la malade meurt le 4® jour en pleine connaissance.

Observation i5 (Tliiercelin)

Utérus infantile. — Ovaires scléro-hystiques. — Salpingite catarrhale double. — Opération de Péan. — Guérison.

Mme Par , âgée de 29 ans, entre à la Maison municipale de

Santé le 10 novembre 1890, chambre 12.

Antécédents. — Cette malade a été réglée à 11 ans, mais d'une façon tout à fait irrégulière jusqu'à l'âge de 14 ans. A cette époque , elle eut une métrorrhagie très abondante, après laquelle les règles furent normales pendant 6 mois. De nouveau les époques redevinrent irrégulières revenant tous les quinze jours, tantôt très abondantes, véritables ménorrhagies, tantôt marquées par quelques gouttes de sang.

Mariée à 23 ans, la malade n'a jamais eu d'enfants, à 25 ans, apparaissent des douleurs au niveau des annexes gauches et bientôt à la région des annexes droites. Les règles, devenues régulières, exaspèrent les douleurs, si bien que, pendant toute leur durée, et même huit jours avant leur apparition, la malade est obligée de se coucher. Dans l'intervalle des règles, la moindi*e fatigue provoque une aggravation de douleurs. La leucorrhée est assez abondante. La malade a été soignée pendant trois ans par tous les révulsifs connus, sans le moindre soulagement.

Examen local. — L'utérus est extrêmement petit, très dur, il mesure 5 cent. 1/2. Les ovaires sont gros comme des petits œufs de poule, si

bien que l'utérus el les ovaires semblent une série de trois organes de volume égal. Eu raison de l'arrêt de développement de l'utérus et de sa disproportion avec les ovaires, M. Segond propose la castration utéro-oviu-ienne.

Hystérectomie vaginale le 22 décembre. — L'utérus est morcelé en 2 étapes. Les annexes viennent d'eUes-mômes à la vulve et sont enlevées.

L'opération a duré vingt minutes. Huit pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles. Température normale. Pas de modification du pouls. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. La malade urine seule, et va à la selle après un lavement.

Elle se lève le i8« jour et quitte l'hôpital le 20^ jour.

Elle a été revue à plusieurs reprises, la guérison est complète.

Revue la dernière fois en Janvier 1894 ; états général et local parfaits.

Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Col..., âgée de 29 ans, entre le 25 novembre 1880 à la Clinique Baudelocque, salle Levret, n" 90.

Antécédents. — Cette malade, dont les antécédents sont parfaits, est réglée à i4 ans, d'une façon régulière. Elle se marie à 19 ans et a quatre grossesses normales à 20, 21, 23 et 24 ans. Elle souffre du bas-ventre depuis son premier aj3couchement, c'est-à-dire depuis six ans, surtout dans le côté gauche. A la moindre fatigue les douleiu-s s'exagéraient ; le repos prolongé les faisait presque complètement disparaitré.

Il y a quatre ans, à la suite du dernier accouchement, une poussée de pelvi-péritonite aiguë obligea la malade à s'aliter pendant quinze jours. Depuis lors les douleurs sont continuelles, les règles sont devenues très abondantes et très douloureuses, et dans leur intervalle il existe une leucorrhée abondante. L'état génénal s'est altéré ; la malade a maigri, la moindre fatigue est devenue pénible.

Il y a trois ans, nouvelle poussée aiguë sui'tout violente à gauche ; soignée à l'Hôtel-Dieu par le repos et les injections chaudes. A sa sortie de l'hôpital, elle voit un médecin, qui lui conseille un pessaire, qui la soulage pendant quelque temps, mais augmente les pertes blanches. C'est de ce moment que la malade souffre du côté droit. Il y a trois mois et demi, troisième poussée aiguë qui dure un mois. Après deux mois de mieux-être, poussée nouvelle qui détermine la malade à entrer à l'hôpital.

Examen local. ■— L'utérus en situation normale, mais un peu dévié à droite, est complètement immobile. 11 mesure 8 centimètres 1/2. Les sécrétions du col sont purulentes. A gauche, on perçoit une tumeur du volume d'une très grosse orange, très douloureuse, immobile, fluctuante. A droite les annexes ont un volume moité moins considérable. Elles sont très douloureuses, très adhérentes, dures. Fièvre tous les soirs, 38°5 en moyenne ; S^ ' le malin. La malade est amaigrie, les yeux sont excavés, le nez effîlé, le lacies Caligué. Elle dort mal, a des sueurs nocturnes abondantes et des souftrances qui nécessitent une piqûre de morphine. L'inappétence est complète, les digestions difficiles, la constipation opiniâtre, les vomissements bilieux fréquents.

Les poumons et le cœur sont sains; les urines normales.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 6 décembre 18 go. — L utérus est morcelé par étapes assez laborieusement. La poche gauche est crevée au cours de l'opération , elle contient mi verre de pus. Une fois l'utérus enlevé, cette poche est décortiquée en totalité ; elle est formée par la trompe à laquelle adhère l'ovaire bourré de petits abcès miliaires. Les annexes gauches sont décortiquées, la trompe dilatée contient une cuillerée de pus, l'ovaire est rempli de petits kystes. Huit pinces à demeure. Durée de l'opération : 40 minutes.

Suites opératoires. — Dès le soir la températui-e tombe à 37* et s'y maintient. Le pouls n'a jamais dépassé 90. Les pinces sont retirées après 48 heures. Les tampons le 4' joui\ La malade urine seule une fois les pinces enlevées et a une selle abondante provoquée |par un lavement le 3^ jour. Elle se lève le 20' jour et part guérie le 25' jour.

Revue six semaines après l'opération, elle est méconnaissable tant elle a repris d'embonpoint. Elle ne souffre plus.

Observation 17 (ThierceUn)

Suppuration pelvienne antérieurement traitée par laparotomie et ablation bilatérale des annexes. — Récidive. — Abcès pelvien. Opération de Péan. — Guérison.

Madame Pet..., âgée de 34 ans, entre le 3 décembre 1890 à la Maison municipale de Santé, chambre 3.

Antécédents.— B^églée à 11 ans, cette malade a toujours souffert au moment de ses règles. EUe se marie à 16 ans et à 17 ans, commence à éprouver dans le bas-ventre, surtout à gauche, des douleurs très vives avec irradiations vers les reins et les cuisses. Elle n'a jamais été enceinte. En 1881 (elle avait 25 ans) elle a une pleurésie gauche

Irailée par 7 ponctions. La dernière ramène un liquide purulent. On pratique alors l'empyème et la réseclion d'une partie de la 5° côte. La guérison est complète en quelques mois.

Les douleurs hypogaslriques deviennent conlinuelles et bilatérales. Les règles sont profuses, et dans l'intervalle la leucorrhée est abondante. Le soir il existe fréquemment de la fièvre. Au commencement de 1889, survient une poussée de périmétro-salpingite pour laquelle la malade consulte M. Doléris. La poussée aiguë apaisée, M. Doléris pratique la laparotomie et enlève (i).

A gauche une tumeur massive faite de l'ovaire et de la trompe confondue en une masse du volume d'un gros œuf de dinde adhérente à l'S iliaque, à l'intestin grêle et au grand épiploon par des adhérences les unes anciennes et résistantes, les autres récentes et demi-molles. Le pavillon de la trompe est distendu par un caillot soUde.

A droite, une tumeur moindre formée par la trompe et l'ovaire prolabés et unis par de solides adhérences, qui les fixent en arrière de l'utérus et à l'épiploon. Pendant 7 mois, la guérison parut complète. Puis les douleurs reparurent et il y a 3 mois la malade rendit par le rectum une assez grande quantité de pus. 11 persiste depuis cette époque une fistule purulente rectale.

Examen. — L'utérus est tout à fait enclavé dans le bassin. Le cul-desac postérieur et le cul-de-sac latéral gauche sont remplis par une volumineuse tumeur rénitente, très douloureuse.

Diagnostic. — Abcès pelvien fistuleux.

Hystérectomie vaginale, le 6 décembre 18 go. — L'utérus est morcelé par étapes. Puis la tumeur est crevée ; elle ne contient pas de pus, mais d'abondantes fongosités qui sont enlevées avec le doigt. Le péritoine n'est pas ouvert ; de tous côtés, la séreuse est fermée par de fausses membranes, qui saignent abondamment en nappe. Aussi fait-on un tamponnement avec des lanières de gaze iodoformée, imbibée d'eau de PagUari. Sept pinces sont laissées à demeure . L'opération a duré 40 minutes.

Suites opératoires. — Aucune élévation thermique ; pas de réaction du pouls. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures et les tampons seulement le 5" jour. Selle abondante après lavement, le 3° jour. La malade urine seule, une fois les tampons enlevés. Elle se lève le 20" jour et quitte l'hôpital le 26° jour. Elle ne soufl're plus et ne perd plus de pus par le rectum.

Revue six mois plus tard, souft'rait encore. Plus de fièvre, ni d'évacuation purulente. Aux douleurs persistantes, s'ajoutent les douleurs d'une volumineuse éventration.

En 1892 (juillet), la guérison paraît complète.

(1) Nous devons ces détails à M. Doléris.

Juin 1893, poussée aiguë, fièvre vive, formation d'une nouvelle collection dans la Ibsse iliaque droite, qui s'ouvre dans le rectum.-

Laparotomie en juillet pour guérir l'cventralion. Rien dans la tosse iliaque, à peine quelques adhérences intestinales légères. Actuellement (Avril 1894) se plaint de douleurs vagues au niveau de la cicatrice abdominale.

Observation 18 (Thiercelin)

Ovaires scléro- kystiques. — Rétrqflexion adhérente. — Kyste séreux de la face postérieure de la vessie. — Opération de Péan.

Guérison.

jyjme Job ^ âgée de 3o ans, entre le 6 décembre 1890 à la

Maison municipale de Santé.

Antécédents. — Réglée à i3 ans 1/2 d'une façon normale, elle commence à souffrir dans le bas-ventre, vers 18 ans. Elle travaillait alors à la machine plus de quinze heiu-es par jour. Les règles très abondantes étaient fort douloureuses et dans l'intervaUe la malade perdait beaucoup en blanc. Elle se marie à 24 ans 1/2 et accouche au bout d'un an à terme sans incident. Pendant sa grossesse, elle eut fréquemment des pertes de sang, et après l'accouchement des métrorrhagies pendant quatorze mois. Depuis lors les règles sont demeurées très abondantes et très douloureuses ; dans l'intervalle, la leucorrhée est considérable et la malade éprouve dans le bas-ventre des douleurs violentes irradiées vers les reins et les cuisses qui l'empêchent de travailler et la forcent souvent à prendre le lit.

L'état général est assez bon. Les digestions sont pénibles. Les poumons et le cœur sont sains ; les m-ines normales.

Examen local. — L'utérus est en rétroflexion adhérente. Les ovaires très gros sont prolabés dans le cul-de-sac de Douglas et adhérents ; les trompes donnent la sensation de cordons durs, douloureux surtout à droite et du volume du petit doigt. On perçoit en avant de l'utérus, dans le cul-de-sac vésico-utérin, une tumeur du volume d'une noix, très mobile, qui est diagnostiquée : fibrome pédiculé de la paroi antérieure de l'utérus.

Diagnostic. — Ovaires scléro-kystiques. Rétroflexion adhérente.

Hystérectomie vaginale, le i3 décembre 18 go. — Une fois le cul-desac antérieur ouvert, on tombe sur la petite tumeur qui manifestement est développée dans la paroi postériem-e de la vessie. Pendant qu'on la dissèque, elle se crève et laisse écouler un verre à liqueur de liquide citrin (i).

(1) Ce cas curieux de kyste de la paroi vésicale postérieure a été communiqué au 5» Congrès de chirurgie. (Congrès français de chirurgie, 1891. 5* session, p. 2o).

L'utérus est enlevé par étapes, puis les annexes en totalité.

Les Ironipes ont leurs parois épaissies et leur pavillon oblitéré; elles ne contiennent pas de liquide. Les ovaires très gros sont bourrés de kystes. 6 pinces à demeure. Durée de l'opération : 40 minutes.

Suites opératoires. — Le soir la température est à 37° 6, le pouls à 84.

Le a-"» jour : Malin, t. = 38* 4 P = 116.

Soir, t. = 38° 6 P = i28.

Vomissements abondants verdâtres, douleurs vives dans le basventre. Pas de ballonnement.

Le 3°>« jour : Matin, t. = 39° 6 P = i4o.

Soir, t. = 39' 8 P= 180.

Vomissements fréquents porracés. Pas de ballonnement du ventre. Ablation des pinces sans incident. Le faciès est bon. Un lavement provoque une émission de gaz assez abondante, mais pas de matières. Injection de 20 gr. de sérum ai*tiflciel.

Le 4' jour, atténuation des symptômes.

Matin, t. = 38° 2 P = 120.

Soir, t. = 38° 4 P = 120.

Les vomissements sont moins fréquents. Sérum 20 grammes.

Le 5""^ jour, selles abondantes. La température et le pouls redeviennent normaux. Sérum 20 grammes.

Le 7">« jour, la malade est complètement hors de danger. Cette poussée grave de péritonite est restée très localisée. Elle peut s'expliquer par une infection due aux manœuvres im peu longues nécessitées par la dissection du kyste vésical. La malade se levait le 20' jour, et quittait l'hôpital le 6 Janvier 1891 en parfait état. Elle a été revue en août 1892. Etats général et local parfaits.

Observation 19 (Personnelle)

Périmétro-salpingite suppurée. — Abcès pelviens. Opération de Péan. - Mort le 3' jour.

Madame Bern..., âgée de 29 ans, entre le 22 novembre i8qo à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Schwarlz. '

Antécédents.- Réglée à i3 ans d'une façon normale, n'ayant jamais souflert du ventre, elle fait le 7 novembre 1890 une fausse couche de six semâmes, probablement provoquée. Trois jours après, elle est prise de lèvre, de douleurs abdominales violentes, de vomissements. Son état s aggravant, elle est apportée le 22 novembre dans le service du i-»"^ bchw^artz.

È'tat local. — Le col, de dimensions cl de consistance normales, est immobile. Le cul-de-sac latéral droit est douloureux et empâté. Le culde-sac latéral gauche est rempli par une mas.so volumineuse et dure qui se continue en arrière et déprime le cul-de-sac postérieur. Le toucher rectal permet d'apprécier l'inégale consistance de cette tumeur qui, molle par places, est très dure en certains points. Le palper bimanuel donne peu de renseignements, car il est rendu presque impossible par la sensibilité très vive de tout l'abdomen. L'état général est grave. Faciès g^-ippé, nez effilé, vomissements bilieux, pouls rapide, température à grandes oscillations s'élevant tous les soirs à 39% Sg" 5.

Le D' Schwartz prescrit des pointes de feu sur tout le ventre et des cataplasmes vaginaux.

Le 12 décembre, un examen sous chloroforme permet de constater que la tumeur gauche est nettement fluctuante, tandis que celle de droite est très dure. Une ponction pratiquée dans la tumeur gauche retù'e quelques gouttes de pus fétide.

Diagnostic. — Pyosalpinx double et périmétro-salpingite.

Hystérectomie vaginale, le i5 décembre 1 89 o.— L'utérus est enlevé en totalité par étapes. Au cours du morcellement trois poches sont successivement ouvertes, deux purulentes dans les trompes droite et gauche qui renferment un pus très fétide, une séreuse péri-utérine. Le doigt s'assure que toutes les poches ont été évacuées et que la cavité péritonéale n'est pas ouverte.

Suites opératoires. — Le soir, la température tombe à 3f 4, mais la malade est très affaiblie. Le pouls est à 120, bien frappé, quoique faible. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, mais l'affaiblissement, malgré les injections sous-cutanées de sérum et de caféine, s'accroît d'heure en heure et la malade meurt le 4« jour, sans aucune réaction péritonéale, ayant rendu des gaz par l'anus, ne vomissant pas, et le ventre souple.

L'autopsie n'a pu être faite.

Observation 20 (Personnelle)

Collection purulente rétro-utérine volumineuse. Fibromes utérins multiples formant une masse du poids de 5ao gr. Opération de Péan. — Guérison ( l).

Mme B. . . , âgée de 5o ans, entre à l'hôpital de Chantenay, à Nantes, le 10 septembre 1890.

(i) Cette observation est rédigée d'après les notes très complètes du Docteur Bertia, de Nantes, médecin de la malade.

Antécédents. — Celle leinine, do coiislitulion lyniphutique, a été réglée à i4 ans 1/2 d'une façon régulière et a eu sa ménopause en 1886. Elle n'a jamais élé enceinte. C'est en 1880 qu'elle commence à éprouver des douleurs vagues s'irradiant dans tout le ventre et augmentant aux époques menstruelles.

Le 24 juillet 1890, elle est prise en pleine santé d'une douleur abdominale atroce et bientôt s'installent tous les signes d'une pelvi-péritonite aiguë. Celte poussée dure près de 20 jours et se termine par une évacuation abondante de pus par le rectum. Une grande amélioration s'en suivit, la malade put se lever et reprendre ses occupations. Mais des crises douloureuses apparaissaient tous les 25 jours en moyenne, duraient 2 ou 3 jom-s et se calmaient après l'évacuation d'une certaine quantité de pus par le rectum. Aussi l'état général s'aggrava rapidement et le Docteur Poisson, consulté, diagnostiqua : un utérus fibreux remontant jusqu'à l'ombilic, et en arrière de lui une collection purulente du volume d'une tète de lœtus. Il conseille une intervention et la malade est transportée à l'hôpital de Chantenay.

Hjslérectomie vaginale le 18 décembre i8go, par le D"" Segond. — Le décollement du col conduit rapidement sur la tumeur purulente qui est ponctionnée avec un bistouri. 11 s'en échappe au moins un litre de pus extrêmement fétide. Après un lavage soigneux au sublimé on commence le morcellement. Celui-ci est très laborieux, l'utérus étant farci de petits flbrômes dont le plus gros a le volume d'une orange. Neuf fibrômes sont ainsi successivement morcelés. Leur poids total, y compris celui de la coque utérine, est de 520 grammes. L'opération dure trois heures. Treize pinces sont laissées à demeure.

Suites opératoires. — Nulles. La température n'a jamais dépassé 37° 8 est le pouls 90. Le 18" jour la malade peut être ramenée en voiture à son domicile. Sa guérison est complète au bout d'un mois. Elle a repris ses occupations. Depuis, cette guérison ne s'est jamais démentie. La malade n'a plus ressenti la moindre souffrance et des nouvelles récentes confirment la persistance de cet état. Revue en mai 1894, merveilleux état.

Observation 21 (Thiercelin)

Salpingite parenchymateuse double. — Ovaires scléro-kystiques.

La nommée Cr. . ., Louise, âgée de 21 ans, entre à la Maison muninicipale de Santé, le 27 décembre 1890, chambre 12.

Antécédents. — Réglée à 16 ans d'une façon normale, elle aurait eu depuis trois ans des pertes blanches légères, dans l'intervalle des règles, mais jamais la moindre douleur. Il y a 18 mois, les règles

Baudron. — 12.

devinrcul douloureuses. Les douleurs, très vives 2 à 3 jours avant l'apparition du t^ang, se cahnaieul ordinairement vers le milieu de la période menstruelle. Celle-ci durait de 6 à 8 jours et était fort abondante. Les douleurs étaient également vives des deux côtés et s'irradiaient vers les reins et les cuisses.

La malade n'a jamais été enceinte.

Au mois de juillet 1890, elle contracte une blennorrhagie à la suite de laquelle elle eut dans l'intervalle des règles une leucori'liée purulente très abondante. Les douleurs s'exagérèrent et à plusieurs reprises la malade dut s'aliter Fréquemment, dès cette époque, elle eut de la fièvre le soir. Elle entre alors à la maison Dubois, où l'on constate sous le chloroforme une endométrite purulente et une double salpingoovarite. On tente le curettage utérin, qui est pratiqué le 3i août. Pendant un mois, elle fut très soulagée ; les pertes diminuèrent d'une façon notable et les douleurs s'amendèrent. Mais la malade n'avait pas quitté l'hôpital depuis quinze jours, qu'elle était reprise de douleurs violentes des deux côtés, de fièvre le soir ; elle reprit le lit et pendant deux mois fut soignée par les révulsifs (vésicatoires répétés, pointes de feu, etc. . .) et les injections vaginales très chaudes. Mais les douleurs persistant et l'état général s'aggravant de jour en jour, elle revient à la Maison municipale de Santé.

Examen. — Le col utérin entrouvert est le siège d'une sécrétion muco-purulente assez considérable. Le corps utérin est en antéversion et immobile. A di'oite, les annexes forment une masse du volume du poing, qui paraît fluctuante et est extrêmement douloureuse. A gauche, les annexes ont un volume aussi considérable, mais sont plus dures, plus bosselées.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double. Hypertropliique à droite, suppurée à gauche.

L'état général est assez précaire ; la malade est très amaigrie, les yeux sont excavés, le faciès tiré, l'inappétence est absolue et l'insomnie presque totale. Tous les soirs, la température s'élève à près de 38°5. Poumons et cœur sains.

Hjstérectomie vaginale, le 28 décembre 1890. — L'utérus, qui semblait absolument figé dans le petit bassin, s'abaisse assez facilement sous le chloroforme. Il est morcelé en 3 étapes. Les annexes droites sont alors décollées des adhérences multiples, au miUeu desquelles elles sont perdues. La trompe a le volume du pouce, ele est contournée, bosselée. Les parois ont un demi-centimètre d'épaisseur et la cavité contient à peine quelques gouttes de liquide séro-purulent. A gauche, il existe de la périsalpingite séreuse, la trompe présente les mêmes lésions que la trompe di-oite, elle est un peu moins volumineuse. Les ovaires très adhérents sont enlevés complètement, par fragments ; ils sont bourrés de kystes. L'opération a duré une heure. Quatorze pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles au point de vue de l'opéralion puis(iue après l'ublation des pinces, au boni de 4^ heures, la malade eut une selle abondante (par lavement), urina seule, et ne présenta jamais la moindre réaction péritonéale. Mais le 2° jour, elle fit une congestion pulmonaire double qui, pendant 5 jours, donna les plus vives inquiétudes. La détervescence se fit le 5 janvier et dès lors la convalescence marcha sans incident. La malade se levait le 24* jour et quittait l'h ypital le i^'' février 1891. Elle n'avait plus la moindi-e douleur et ses forces revenaient rapidement.

Elle a depuis été revue plusieurs fois, dont la dernière en mars 1894. La guérison est absolue.

Observation 22 (Persomielle) Pjosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame Bart..., âgée de 4o ans, entre le 2 janvier 1891, chez les Sœurs Augustines, de la rue de la Santé.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, d'une façon régulière et normale, cette malade se marie à 21 ans. Elle accouche à terme, à 23 ans, d'un enfant bien portant. Une deuxième grossesse à 3o ans se termine également par un accouchement normal. C'est environ un mois après cet accouchement que la malade commença à éprouver quelques douleurs dans le bas-ventre. D'abord vagues, intermittentes, plus accusées au moment des règles, eUes devinrent bientôt continuelles et prédominantes du côté gauche. Les règles étaient plus abondantes, durant de 6 à 8 jours, et dans l'intervalle il existait une leucorrhée assez intense. La malade consulta de nombreux médecins qui la traitèrent par les révulsifs et les cautérisations du col. A plusieurs reprises elle fut améUorée, surtout au début du traitement. Mais depuis 18 mois environ bien qu'elle se soumet comme par le passé avec autant de docilité au traitement médical, ses douleurs n'ont fait que s'accroître et depuis quelques mois elles sont devenues intolérables,surtout à gauche. La malade est alors acbessée au Gautier pour être électrisée. Un courant supérieur, a 10 milhampères ayant provoqué à gauche une réaction douloureuse violente, M. Gautier conclue à la présence du pus dans la trompe gauche et conseille une intervention chirurgicale.

L'examen démontre que l'utérus est en antéfiexion, il est petit et mesure 6 centimètres 3/4.

A droite, les annexes forment une masse du volume d'une mandarine. On sent nettement la trompe qui présente de nombreux renQements et est très douloureuse.

A gauche, la trompe kystique, fluctuante, fait saillie dans le cul-de^ sac latéral et dans le cul-de-sac postérieur ; elle a le volume du poing-

Diagnostic. — Pyosalpinx double,

Hjstérectoinie vaginale le 5 janvier i8qi. — L'utérus est morcelé en 4 étapes. A gauche, il existe de la périsulpingite séreuse, qui en avait imposé pour une salpingite kystique. La trompe a le volume du pouce, ses parois lardacées ont un centimètre d'épaisseur, elle contient une cuillerée de pus. L'ovaire est peu altéré. A gauche, la trompe kystique contient environ 5o grammes de pus. L'ovaire très gros renferme trois kystes du volume d'une noisette, deux séreux, un sérohématique. Neul pinces à demeure, dont quatre petites longuettes sur la tranche vaginale postérieure, qui saigne beaucoup.

Durée de l'opération : 55 minutes.

Suites opératoires . — Nulles au point de vue de la température et du pouls qui restent normaux.

Les pinces sont enlevées après 48 heures. Lavement et selle abondante. Le 6' jour, on constate que les urines passent en petite quantité par le vagin. On remet la sonde à demeure.

La fistule a dû être refermée par une opération complémentaire. Le i5 mai'S. La malade part complètement guérie.

Suites éloignées. — Etats local et général parfaits.

Revue il y a 2 mois, se plaint de bouffées cataméniales accompagnées de sensation de strangulation spasmodique.

Observation aS (Personnelle) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Estelle Thév...., âgée de 22 ans, entre le 28 octobre 1890 à la Maternité Baudelocque, salle Levret, n" 83.

Réglée à 14 ans d'une façon réguUère et normale, cette malade se marie à 19 ans.

Devenue immédiatement enceinte, elle fait une fausse couche de six mois. Au bout de quinze mois, elle a une couche normale. L'enfant, né bien portant, meurt à trois mois, de méningite.

Au mois d'août dernier, elle a la rougeole, et c'est au déclin de cette fièvre éruptive, qu'elle commence à éprouver des douleurs dans le bas-ventre. Ces douleurs bilatérales, irradiées dans les cuisses et les reins, étaient surtout vives dans l'intervaUe des règles. Elles se calmaient presque totalement une fois la menstruation instaUée. Les pertes blanches, blanc- jaunâtre, étaient fort abondantes.

Elle entre à la Maternité Baudelocque, le 28 octobre 1890. L'utérus est en antéversion et peu mobile. Les annexes du côté gauche forment une tumeur dure, bosselée, très adhérente et très dou-

loureuse, du volume d'une mandarine. A droite, elles olfrentles mêmes caractères, mais sont un peu moins volumineuses.

Diagnostic. - Endométrite ; salpingite double, probablement suppurée.

L'état général est bon ; légère ascension fébrile tous les soirs.

Pendant deux mois et demi, cette malade fut soumise au traitement médical. Repos absolu au lit, injections vaginales à 45" répétées trois fois par jour. Le 2 décembre, poussée aiguë douloureuse et fébrile, dont le siège est dans les annexes droites, qui augmentent de volume. Le 20 décembre, M. Pinard constate que les annexes droites sont un peu diminuées. La fièvre cependant persiste. Le traitement est continué pendant trois semaines, et, devant la persistance des lésions, on décide une intervention radicale.

Hj-stérecto mie vaginale, le 14 janvier 1891. — L'utérus est morcelé en trois étapes. Les annexes des deux côtés, très adhérentes, sont décortiquées en totalité. Elles présentent, à droite comme à gauche, des lésions identiques. Les trompes sont atteintes de salpingite hypertrophique parenchymateuse. Elles ont le volume de l'index, et leurs parois lardacées limitent une cavité qui contient une cuillerée de pus. Les ovaires sont bourrés de petits kystes.

Dix pinces à demeure.

L'opération a duré une heure.

Suites opératoires. — Dès le soir, la température tombait à 37° et s'y maintenait. Le pouls n'a jamais dépassé 90. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. Les tampons, le 4" jour. Selle, après lavement, aussitôt les pinces enlevées.

La malade se lève le 20° jour.

Elle part, complètement guérie, le 10 février.

Pendant 9 mois, la guérison a été radicale. Elle a recommencé à souffrir en novembre 1891 ; crises pelviennes à irradiations lombaires. Elle revient à Baudelocque à la fin de février 1898. M. Segond constate un empâtement dans la fosse iliaque droite, très douloureux à la pression.

Laparotomie, le 8 mars i8g3. — Ablation d'une petite poche à contenu séreux, formée aux dépens des restes du ligament large droit. Guérison complète qui se maintient en juin 1893.

Observation 24 (Personnelle)

Grossesse extra-utérine. — Pelvi-périionite. — Opération de Péan.

Mort le 3^ jour.

M">« M. . . , âgée de 26 ans.

Cette malade était soignée par M. Champetier de Ribes et par le Professeur Pinard,qui avaient diagnostiqué une grossesse tubaire droite.

Le 20 décembre 1890, elle lut prise de fièvre violente, de vomissements, de douleurs vives dans le bas-ventre ; en môme temps, le ventre se ballonna. MM. Champetier de Ribes et Pinard constatèrent alors une pelvi-péritonite grave, et posèrent les indications d'une intervention par le vagin.

Hjstérectomie vaginale le 2g décembre 18 go. — Morcellement par trois étapes. Ouverture d'une poche purulente dans le cul de sac postérieur; d'une deuxième poche à gauche. Le pus est extrêmement fétide. A di-oite, évacuation d'une poche, qui contient des caillots en voie de désorganisation.

Lavage soigneux des poches ouvertes.

Opération extra-péritonéale, durée : 3o minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Chute de la température, le soir même à 3;°. Pouls : 90.

Même état le 2' jour. Ablation des pinces après 48 heures. Le soir 38°. Le pouls devient petit, filiforme ; la malade se refroidit progressivement malgré les injections de caféine, d'éther, et de sérum artificiel.

Elle meurt le i" janvier, à 9 heures du matin, sans vomissements, sans réaction péritonéale.

Observation 26 (Guitton) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M™' Pierr..., âgée de 3o ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 18 février 1891, chambre 24.

Cette malade aurait eu, à l'âge de 12 ans, une vaginite assez intense. Elle fut réglée à i5 ans 1/2 d'une façon normale et régulière. Dans l intervalle des règles, il persista une leucorrhée légère.

Elle se marie à 19 ans, devient immédiatement enceinte, et fait une fausse couche de six mois et demi, occasionnée par une chute, le 21 octobre 1884. Au bout de 9 jours elle se lève, et reprend ses occupations. Les règles réapparurent régulièrement, mais un peu doulou-

reuses. Puis ces douleurs s'accentuèrent, se montrant dans l'intervalle des époques. A plusieurs reprises, elles prirent un tel caractère de violence, que la malade dut s'aliter. La marche devint bientôt impossible, el la malade Irjiîna ainsi jusqu'au mois d'octobre 1890, avec des altei-nalives de mieux-ôtre et d'aggravation. A partu- du mois d'octobre, les douleurs devinrent intolérables; il existait du ténesmc rectal et vésical, des accès fréquents de fièvre vespérale : les règles, très abondantes, duraient de 8 à 10 jours.

Elle entre à la Maison nmnicipale de Santé, le t8 février 1891.

Examen. — L'utérus en antéversion, est tout à fait immobile. Les moindres ntouvements qu'on lui imprime sont très douloureux. Les annexes gauches forment une tumeur du volume du poing, très douloureuse, fluctuante par places, bombant dans le cul-de-sac latéral, et faisant au-dessus de l'arcade de Fallope une sailUe très appréciable.

Les annexes droites ont le volume d'une mandarine, elles sont bosselées, très douloureuses.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 28 février i8gi. — Au début de l'opération, syncope respiratoire, qui nécessite la respiration ai'tificielle. L'utérus est morcelé en quatre étapes. Au cours du morcellement, l'écarteur crève une poche, qui contient un demi-verre de pus. Les annexes droites sont enlevées en totalité : La trompe contient une cuillerée de pus, et l'ovaire présente de petits abcès miliaires. Les annexes gauches ne peuvent être enlevées. M. Segond crève le pyosalpinx, qui contient un verre à Bordeaux de pus épais, fétide.

L'opération a duré une heure. Huit pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles. La température tombe le soir à 3']'2 et s'y maintient les jours suivants. Le pouls reste à 90°. Les pinces sont enlevées après 48 heures.

La malade va à la selle le 3"^ jour, après un lavement. Elle urine seule, une fois les pinces enlevées.

A noter seulement une escharre de la paroi abdominale, due à la glace. Cette escharre est cicatrisée le 20""^ jour, quand la malade se lève.

Elle quitte l'hôpital, guérie, le 29 mars.

Revue depuis, plusieurs fois, en très bonne santé (septembre 1892). États général et local pari ait s.

Observation 26 (Guitton)

Hjdrosalpinx double. — Rétroversion adhérente. — Opération de Péan.

Guérison.

Madame Rét. . ., Marie, âgée de 38 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le i5 février 1891, chambre n° 3.

Celle malade a élé réglée à i3 ans, d'une façon toujours régulière el normale. Mariée à 22 ans, elle n'a jamais été cnceinle. A l'âge de 28 ans, les règles ont commencé à devenir douloureuses, sui-tout au début de leur installation. Peu à peu, elles sont devenues moins abondantes, et depuis 5 à 6 ans, au lieu de durer 4 à 5 jours comme autrefois, elles duraient à peine deux jours. Elles sont précédées et suivies, depuis au moins deux ans, d'une leucorrhée assez abondante.

La malade est très nerveuse ; elle a une énorme dilatation de l'estomac, qui lui occasionne des troubles dyspeptiques assez sérieux. Elle est très constipée et reste quelquetois quinze jours sans aller à la selle.

Les douleurs menstruelles s'aggravant, et la leucorrhée devenant très abondante, la malade voit le docteur Walther, qui lui fait un curettage, le 24 novembre 1890, à l'hôpital St-Antoine. Après un séjour de quatorze jours au lit, la malade quitte l'hôpital et pendant deux mois est très améliorée.

Le 3 janvier 1891, elle a une métrorrhagie qui dure deux jours. Les douleurs reparaissent alors, non plus seulement au moment des règles, mais continuelles, siégeant dans le bas-ventre, surtout du côté droit.

Elle entre à la Maison municipale, le 27 janvier 1891.

Examen. — Le col est volumineux, entr'ouvert ; le corps de l'utérus est en rétroversion adhérente. Le cul-de-sac latéral droit est rempU par une tumeur fluctuante, douloureuse au toucher, du volume d'une petite mandarine.

A gauche, les annexes ont le volume du pouce, et sont très douloureuses.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double ; kystique à gauche. L'intervention par voie sus-pubienne serait : Ablation bilatérale et hystéropexie.

Hystérectomie vaginale le 3 mars i8gi. — L'utérus s'abaisse légèrement, et le morcellement est pratiqué sans incident, en trois étapes.

La trompe droite apparaît, ayant la forme d'une poche à paroi lisse, du volume d'une mandarine. Cette poche est crevée ; elle contient un liquide séreux : on l'enlève avec l'ovaire qui lui adhère et est polykyslique. Une pince placée sur le pédicule assure l'hémostase. L'ovaire gauche, très friable, se déchire entre les mors de la pince ; la trompe a le volume d'une noix ; elle est également remplie de liquide séreux. On l'enlève facilement avec l'ovaire.

L'hémostase est assurée par i4 pinces à demeure.

Durée de l opération : 25 minutes.

Suites opératoires. — Nulles. La lempéralure, sauf une élévation de 38" le soir du 3® jour, n'a jamais dépassé 37°. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. La malade urine seule. Lavement et selle abondante, le soir du

3* jour. Les tampons sont laissés jusqu'au 5' jour. La malade se lève au aie jour.

Elle quille l'hôpital le 3i mars 1891, ne souffrant plus. Non revue.

Observation 27 (Personnelle) Hydrosalpinx double. — Opération de Pêan. — Guérison.

La nommée Lacr..., Louise, âgée de 22 ans, couturière, entre à la Maternité Baudelocque, salle Levret, Ut n" 85, le 22 octobre 1890.

Ses antécédents héréditaires et personnels sont très bons. Elle a été réglée à 12 ans, régulièrement. Une seule grossesse à 21 ans, sans aucun incident. Elle nourrit son enfant du 12 septembre 1889 au i5 Janvier 1890. Ses règles revinrent au commencement de février 1890, accompagnées de vives douleurs dans le bas-ventre, à droite et à gauche. Depuis lors> les règles sont revenues tous les quinze jours, durent en moyenne 8 à 10 jours, et sont très abondantes.

Examen, à son entrée. — L'utérus, en subinvolution est antéfléchi mais mobile. A droite et à gauche, les annexes ont le volume d'une mandarine ; elles sont très adhérentes aux culs- de-sac et très douloureuses. La température vespérale ne dépasse pas 37°5.

La malade est une petite femme brune, extrêmement nerveuse, sujette à l'insomnie, aux migraines. Elle a fréquemment des palpitations, mais n'a au cœur aucune lésion organique. Ses poumons sont sains. L'appétit est diminué, les digestions difliciles, la constipation opiniâtre.

ÎPendant trois semaines on la traite par le repos et les injections vaginales chaudes. Son état restant le même, elle est soumise à l'irrigation continue (environ 3oo lities d'eau naphtolée chaude, par jour).

Ce traitement n'amène point de soulagement, la leucorrhée devient plus abondante, les douleurs hypogaslriques plus vives ; la température vespérale varie de 38° à 39°. La malade ne dort plus et a des crises violentes de céphalalgie.

Les symptômes locaux n'ont point changé. Aussi, après trois mois de traitement, on décide d'intervenir.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double, probablement suppurée.

Hjstérectomie vaginale, le ^ mars i8gi. — L'utérus abaissable est morcelé en trois étapes.

Les annexes des deux côtés sont ensuite décortiquées ; elles sont très adhérentes, surtout à droite, et présentent les mêmes lésions des deux côtés. Les trompes kystiques, et du volume d'une mandarine, sont remplies d'un liquide séreux, un peu louche. Les ovaires, volumineux, sont bourrés de kystes, dont quelques-uns hématiques.

Douze pinces à demeure, L'opération a duré 4o minutes.

Suites opératoires. — La température, qui était de 30)» la veille de l'opération, tombe le soir môme à 3"^° 8, et à parlir du troisième jour, à 3^' 2. A noter une élévation vespérale à 38" 4> du septième au dixième jour. Le pouls oscille entre loo et 120, les quatre prenaiers jours, puis tombe à la normale.

La malade vomit beaucoup les trois premiers jours.

Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, les tampons le troisième jour. La malade urine seule et a une selle provoquée par un lavement, après l'ablation des pinces.

Sa guérison s'achève sans incident. Elle part au Vésinet le 18 avril, complètement guérie.

Elle a été revue le i^'' septembre 1892, en parfaite santé.

Au mois de janvier 1893, je la revois, se plaignant d'avoir de temps en temps des bouffées de chaleur et des accès de toux. Cette toux, que rien de pulmonaire n'explique, cède au bromure de potassium et aux douches.

Les bouffées de chaleur persistant, M. Segond fait à la malade une saignée le 25 avril 1893.

Revue le 12 mars 1894. Etat général excellent. Engraisse. Etat local excellent. Enchantée de son état.

Observation 28 (Guitton)

Hématosalpinx gauche et fibrome du ligament large droit chez une malade préalablement laparotomisée pour un hématosalpinx droit. — Opération de Péan. — Guérison.

M'"' Cout , âgée de 35 ans, entre à la Maison municipale de

Santé, le 12 février 1891, chambre n° 6.

Cette malade souffre dans le ventre, depuis l'âge de i3 ans, époque où elle a été réglée. Les douleurs étaient surtout violentes au moment des règles. Mariée à 19 ans, elle n'a jamais été enceinte.

Depuis 1879, les douleurs sont devenues plus violentes, surtout à droite. Elle consulte successivement MM. Dujardin-Baumetz, Siredey, etc., qui diagnostiquent une atrésie du col, et traitent la malade par les cautérisations, la dilatation et les débridements du col. Malgré cela, les douleurs ont continué, et depuis six mois, après les règles, la malade perd un liquide sanguinolent.

L'état général s'est ressenti de ces troubles locaux ; la malade a maigri, s'est affaibUe, a perdu l'appétit et a fréquemment des crises nerveuses.

Elle entre à la Maison municipale de Santé, le 24 mars 1890, dans le service de M. le Docteur Schwartz, qui diagnostique : Kyste du ligament large droit, ou salpingite kystique ; annexes gauches saines.

Il pratique la laparoloinie le 6 avril 1890, et décortique avec didicul tés une hénialosalpinx, (]ui se rompt dans le venlre, et nécessite le lavage du péritoine. Les annexes gauches, très adhérentes à l'utérus, ne peuvent être enlevées. Le ventre est refermé sans drainage, et pendant un mois, la malade semble guérie.

Mais au moment des règles, un mois après l'opération, la malade éprouve des douleurs très vives dans le côté droit. Le toucher combiné, fait constater une tumeur lisse, rénitente, qu'on suppose être un hématome post-opératoire, développé dans le ligament large.

Rapidement l'état général s'améUore, mais l'état local ne s'amende pas. Les règles demeurent très douloureuses, et la malade est dans l'impossibilité de se livrer à la moindre occupation.

C'est alors que, sur les conseils de M. le Docteur Schwartz, elle entre, le 12 février 1891, dans le service de M. le Docteur Segond.

Examen. — Le cul-de-sac latéral droit est déprimé par une tumeur dure, immobile, non douloureuse, ayant le volume d'une très grosse orange, et rejetant l'utérus du côté gauche. A gauche les annexes forment une masse du volume d'une mandarine, très adhérente à l'utérus et aux parois pelviennes, très douloureuse au toucher.

Diagnostic. — Fibrôme du hgament large droit (?) Salpingoovarite gauche.

Hy stéréotomie vaginale le 8 mars i8gi. — M. Segond attaque immédiatement la tumeur droite. C'est un fibrome qui est morcelé sans incident. L'utérus est ensuite morcelé en trois étapes. Les annexes gauches ne peuvent être décortiquées ; on les crève, et de la trompe kystique s'écoule environ un verre à Bordeaux de sang noirâtre.

Huit pinces à demeure.

Durée de l'opération : 4o minutes.

Suites opératoires. — La température n'a jamais dépassé 3'^"6. Le pouls a oscillé les trois premiers jours entre 100 et 120.

Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, les tampons le quatrième jour. La malade est sondée jusqu'au sixième jour. Elle a une selle abondante après l'ablation des pinces (lavement).

Elle quitte l'hôpital le 6 avril, complètement guérie. En avril 1894 guérison absolue.

Observation 29 (Guitton) Ovaires sclérokystiques. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Dav. . ., Henriette, âgée de 25 ans, entre le 2 mars 1891 à la Maison nmnicipale de Santé, chambre n» 18.

Cette malade, dont les antécédents héréditaires et personnels sont excellents, a été réglée à i3 ans d'une façon normale et régulière. Elle se

marie à i5 ans, el, à 19 ans, accouclie à terme. La délivrance l'ut incomplète, et au bout de deux jours, la malade rendit spontanément des lambeaux de membrane. Elle se lève le cinquième jour.

Elle redevint enceinte à 21 ans; la grossesse l'ut pénible : au 4® mois, des douleurs extrêmement violentes firent craindre une fausse couche. Un accouchement à terme et sans incidents termina cette deuxième grossesse. La malade voulut encore se lever au cinquième jour, mais des douleurs vives dans le bas-ventre l'obligèrent à reprendre le lit- Le 10' jour elle se lève de nouveau, et bien que les douleurs persistent, reprend ses occupations.

Au bout de six semaines, elle a son retour de couches, et pendant deux mois, les règles se suspendent. La menstruation se rétablit alors irrégulièrement, mais est très abondante. Bientôt elle devient douloureuse, et les pertes blanches sont considérables. En octobre 1888, la malade est curettée ; elle est améliorée, et même devient enceinte, mais fait une fausse couche de trois mois et demi, au commencement de juillet 1889.

Depuis lors, les douleurs ont augmenté ; elles sont continuelles, mais revêtent au moment des règles une intensité qui oblige la malade à s'aMter. Seules les pertes ont un peu diminué.

Cet état s'aggravant malgré un traitement médical rigoureusement suivi, la malade entre à la Maison Dubois, le 2 mars 1891.

Examen. — L'utérus est en rétroversion adhérente. Le col est sain. A gauche, l'ovaire est volumineux et extrêmement douloureux. La trompe, dure, noueuse, paraît avoir le volume du pouce.

A droite l'ovaire est également volumineux et très douloureux ; la trompe ne paraît pas augmentée de volume.

Diagnostic. — Ovaires scléro-kystiques. Salpingite gauche. Hystérectomie vaginale, le 10 mars i8gi. — he cul-de-sac postérieur est incisé tout d'abord, et M. Segond amène les deux ovaires successivement au niveau de l'incision, et reconnaît qu'ils sont tous les deux rempUs de kystes. Il procède alors à l'hystérectomie.

L'utérus, abaissable, est enlevé en trois étapes par morcellement. Les annexes sont ensuite complètement enlevées ; les ovaires ont le volume d'un œuf de pigeon ; ils sont bourrés de petits kystes qui leur donnent un aspect mamelonné. La trompe droite est rouge et enflammée; la trompe gauche est augmentée de volume; ses parois sont épaissies, son pavillon oblitéré.

A noter l'irruption incessante de l'intestin dans le champ opératoire. Huit pinces à demeure. Durée de l'opération : 20 minutes. Suites opératoires. — La température n'a jamais dépassé S;' 4- Le pouls a oscillé entre 100 et 120, jusqu'à l'ablation des pinces, qm a eu lieu au bout de 48 heures.

Les tampons sont laissés quatre jours ; l'ablation en est très douloureuse].

La malade se lève le uo« jour. Elle quille l'iiopilal le 23 avril 1891,

ne souHrant plus.

Revue la dernière fois en février 1894. Etats local et général parlaits. Elle se plaint seulement d'un point névralgique situé profondément à trois travers de doigt à gauche de l'ombilic. Guérison absolue.

Observation 3o (Personnelle) Pjrosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Guich , âgée de 3o ans, entre à la Maternité

Baudelocque, salle Levret, n° 94, le 3 mars 1891.

Elle a été réglée à i5 ans, régulièrement, mais les règles ont toujours été douloureuses et abondantes, durant cinq ou six jours. Depuis une dizaine d'années, elles sont précédées d'un léger écoulement leucorrhéique.

Mariée à 26 ans, elle a eu un premier enfant au bout d'un an (1888), a fait une fausse couche de six semaines en 1889 et deux grossesses normales, au commencement et à la fin de 1890.

Depuis son mariage, ses pertes blanches ont notablement augmenté. Mais c'est surtout depuis sa fausse couche qu'elles ont pris une intensité considérable. A la même époque, apparurent dans le basventre des douleurs bilatérales, surtout vives à gauche. Depuis sa dernière couche, il y a i4 mois, elle a eu de fréquentes raétrorrhagies, dont la dernière, très abondante, le 3 mars 1891. C'est pour cette métrorrhagie qu'elle entre à l'hôpital.

Examen à son entrée. — L'utérus en antéversion est gros. Le col est déchiré et en ectropion. A gauche les annexes forment une tumeur du volume d'une mandarine, très doulom*euse, accolée à l'utérus. A droite, les annexes sont aussi volumineuses, mais elles sont moins douloureuses et moins adliérentes.

La malade, qui est une petite femme maigre, nerveuse, n'a jamais eu de fièvre.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double, probablement suppurée.

Hystérectomie vaginale le 18 mars z8gi. — L'utérus, peu abaissable, est morcelé en trois étapes. A gauche, la pince de la 2""' étape glisse au moment de la section du ligament large. L'hémorrhagie assez abondante qui en résulte est facilement arrêtée.

Les annexes gauches, très adhérentes, sont décortiquées : La trompe, du volume du pouce, ne contient pas de pus, mais des noyaux caséeux. L'ovaire est rempli de petits kystes.

Les annexes droites sont plus lacilenient enlevées : La trompe contient une cuillerée à cale de pus ; l'ovaire est kystique. Huit pinces à demeure. Durée de l'opération : 35 minutes.

Suites opératoires. — Température et pouls normaux les deux premiers jours. Les pinces sont enlevées le matin du 3""* jour au bout de 48 heures. Le soir, à 7 heures, la malade a une hémorrhagic abondante, qui s'arrête spontanément. Ou injecte pendant la nuit 20 grammes de sérum artificiel, puis, pendant trois jours, 3o grammes par jour.

Le matin du 4""° jour, la température est : 36°; le soir : 3'^%.

Le matin du 5'"° jour, la température est : 3'j°2; le soir : 3o°2.

Elle s'élève à 38''6, le matin du 6""° jour. On enlève alors les tampons, et on fait une injection phéniquée à i/ioo. Le soir la température tombe à S^j'a et s'y maintient les jours suivants, saul'une élévation à 39% sans cause, le soir du iS""' jour.

La malade se lève le 2o'n« jour et quitte l'hôpital, complètement guérie, le 16 avril 1891.

Revue en excellente santé en janvier 1894. Femme toujours nerveuse, se fatiguant beaucoup ; restée dyspeptique. Localement état pai'fait , plus de douleurs. Très heureuse de son sort. Guérison absolue.

Observation 3i (Guitton)

Pjosalpiiix gauche. — Salpingite parenchj-mateuse droite. — Périmétro-salpingite. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Madr..., âgée de 3o ans, entre le 17 mars 1891 à la . Maison municipale de Santé, chambre n° 18.

Réglée à II ans d'une façon réguUère, elle se marie à 21 ans : Elle n'a jamais été enceinte. Au mois de novembre 1890, elle s'aperçoit que son ventre était un peu plus volumineux du côté gauche que du côté droit, au niveau de la fosse iliaque, mais elle n'éprouvait aucime douleur.

Le ler février 1891, à la suite d'une marche prolongée, elle ressentit une violente douleur dans le côté gauche, et fut prise de fièvre. Un médecin appelé, constata à gauche une tumeur du volume d'une grosse orange, mobile et indolore, qui refoulait l'utérus à droite. Au spéculum, le col utérin était un peu gros, congestionné ; l'orifice entrouvert laissait écouler un liquide couleur chocolat, très fétide. L'utérus était douloureux. Il porta le diagnostic de métrite aiguë avec tumeur annexielle gauche , et prescrivit le repos au lit et des injections boriquées très chaudes.

Pendant 4 à 5 jours, la fièvre resta modérée ; quand brusquement, au milieu de la nuit, la malade fut prise de frissons et de vomissements

avec ballonnement du ventre. Le ventre était douloureux dans toute son étendue, surtout au niveau de la tumeur, qui paraissait doublée de volume, et de la grosseur d'une tête de fœtus. Au bout de huit jours les accidents aigus avaient disparu. Un clururgien diagnostiqua un kyste de l'ovaire avec torsion du pédicule.

A son entrée à la Maison Dubois, la tumeur gauche présente les signes trouvés par le médecin. A droite, les annexes forment une masse dure ti'ès doiUoureuse et très adhérente. M. Segond diagnostique un pyosalpinx gauche, et une salpingite parenchymateuse droite.

Hystérectomie vaginale, le 28 mars 1891. — L'utérus ne s'abaisse pas; il est morcelé par étapes. En plaçant une pince' de Péan sur la partie moyenne du 'igament large gauche, on crève une poche qui laisse écouler un grand verre de pus très fétide. Le morcellement est terminé en trois étapes. On voit alors apparaître à gauche une poche tubaire Complètement vidée, adhérente à l'épiploon, dont on la détache prudemment avec l'ongle. Cette poche est réséquée presque totalement.

A droite, les annexes sont confondues en une masse extrêmement adhérente au gros intestin, qu'il est impossible de décortiquer.

L'opération a duré 25 minutes. A aucun moment l'intestin n'a été aperçu. Huit pinces à demeure.

Suites opératoires. — Température et pouls normaux, sauf le soir de l'ablation des pinces, après 48 heures, où la température s'élève à 38''6. La malade urine seule après l'ablation des pinces, et a une selle abondante. Les tampons sont retirés le 4® jour.

La convalescence marcha sans incidents, quand, le soir du 29 avril, la malade a 4o°2. Elle se plaint de souffrir de la région sous-coccygienne qui est érythémateuse et sensible à la pression. Les jours suivants, il se forme un abcès qu'on incise. La guérison se complète alors sans autres complications, et la malade quitte l'hôpital, complètement guérie, le 10 mai 1891.

Revue en février 1894. Guérison absolue.

Observation 32 (Personnelle) (i)

Périmétro- salpingite suppurée. — Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Mort de shock le 2" jour.

La nommée Marie Giz , âgée de 26 ans, entre à la clinique Bau-

delocque, le 29 mars 1891, service du professeur Pinard.

(I) Celte observation a été résumée d'une façon très concise et un peu inexacte par M. Doléris. L'autre voie. — Nouvelles Arch. d'Obst. et de Gyn., 1891, n° 5, p. 23o.

Réglée à i3 ans d'une façon normale cL régulière, elle se marie à 2i ans el a une première grossesse normale à 23 ans.

A 26 ans, deuxième grossesse terminée à terme. A la smte, pelvipéritonite légère qui nécessite un repos au lit de six semaines. La malade rentre alors chez elle et reprend ses occupations, mais elle continue de souffrir dans le bas-ventre, surtout à gauche.

Il y a un mois, au moment de son retour de couches à la suite d'un lavement Iroid, elle est prise subitement d'une douleur extrêmement violente dans le ventre. La fièvre s'allume, le ventre se ballonne, les vomissements deviennent incoercibles.

La malade est alors apportée à Baudelocque dans un état extrêmement grave. M. Pinard l'examine, constate la présence d'une énorme collection purulente, bombant dans le cul-de-sac postérieur et remontant à quatre travers de doigt au-dessus du pubis. La température vespérale varie entre 39° et 4o". Le pouls est à 120, les vomissements sont porracés, le faciès est grippé. On place en permanence de la glace sur le ventre ; Champagne, Todd, etc.

Le lendemain l'état est aussi grave, mais la malade accuse en plus de violentes douleurs dans le vagin. M. Pinard pratique une ponction dans le cul-de-sac de Douglas, et retire environ un demi-litre de pus horriblement fétide. Les douleurs cessent, mais l'état général demeure aussi grave. Deux jours après, la malade est examinée par le Professeur Pinard et par M. Segond. On constate la présence d'une collection fluctuante occupant tout le pelvis et englobant l'utérus En présence des phénomènes généraux graves qui persistent, on décide l'hystérectomie vaginale.

Hy stéréotomie vaginale le i'' avril 189 1. — Morcellement extrêmement laborieux à cause de l'enclavement de l'utérus et de la friabilité extrême de son tissu. Ouverture de quatre poches purulentes à contenu extrêmement fétide. Déchirure du rectum. Durée de l'opération : i heure i5 minutes 8 pinces. La déchirure rectale n'est pas suturée : l'opération étant extrapéritonéale. Mais on tamponne avec soin la cavité purulente après l'avoir désinfectée.

Mort de shock le lendemain de l'opération.

Observation 33 (Guitton)

Ovaires scléro-kystiques. — Salpingite catarrhale double. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Pauch. . ., âgée de 39 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 12 mars 1891, chambre n" 19.

— iq3 —

Elle a été réglée à 17 ans d'une façon très irrégulière au début, et bientôt avec de violentes douleurs. Chaque époque menstruelle provoquait des vomissements incoercibles qui duraient de huit à dix jom'S. Les douleurs étaient surtout violentes à droite. Dans l'intervalle des règles, il exislait Irécuiemment des métrorrhagies.

A ig ans, les douleurs prirent un caractère aigu, la malade dut s'aliter pendant cinq mois, puis évacua spontanément par le vagin xine grande quantité de pus. Cet écoulement dura de huit à dix jours, puis survint une phlébite de la jambe droite qui obligea la malade à rester trois mois couchée.

La guérison se maintient complète jusqu'à l'âge de 28 ans, où la malade se marie. Elle a deux accouchements normaux à 29 ans et à 32 ans. Depuis sa dernière couche, elle recommence à souffrir, surtout au moment des règles, au niveau des annexes droites.

Le I" novembre 1890, après cinq semaines de retard, elle a une métrorrhagie abondante. Depuis ce moment, la malade garde le lit, tant elle souffre dans la fosse iliaque droite. Deux ou trois fois par semaine, elle a des crises paroxystiques, qui se terminent par l'évacuation, par l'utérus, d'un flot de liquide séro-purulent.

Examen à son entrée. — L'utérus en antéversion est mobile, mais douloureux. Le col est sain, entr'ouvert.

Les annexes droites sont très douloureuses et ont le volume d'une mandarine. A gauche, on perçoit nettement l'ovah'e augmenté de volume et très douloureux. La pression au niveau des annexes des deux côtés détermine des crises hystériformes.

Le 18 février, on fait sous chloroforme, un examen qui donne les mômes signes. On pratique séance tenante un curettage, suivi pendant un mois de pansements intra-utérins avec des mèches enduites de naphtol camphré.

L'état douloureux n'est point amélioré, et aux règles suivantes survient une crise très violente. La malade deniande alors une intervention plus complète. M. Segond se décide pour la castration totale en raison des phénomènes hystériformes dont les annexes des deux côtés sont le point de départ.

Hystérectomie vaginale, le 14 avril iggi. — Morcellement rapide en trois étapes. Ablation totale des annexes. A droite, la trompe est du volume de l'index; les parois sont épaissies. Elle ne contient pas de liquide. L'ovaire est très volumineux, et rempli de kystes. A gauche, la trompe est rouge, injectée; l'ovaire a le double de son volume normal et est kystique.

Durée de l'opération : 20 minutes. Six pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles au point de vue du pouls et de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. La malade est sondée pendant cinq jours.

Baudron. — 13.

— iy4 —

A noter deux légères crises nerveuses le deuxième jour de l'opération.

La malade se lève le ao* jour et quitte l'hôpilal, guérie, le 2 inars 1891. ♦

Revue en mai iSgS. Ne se plaint que d'une seule chose : de trop engraisser. A peine quelques boulfées menstruelles. Ravie de sa santé générale.

10 mars 1894. La malade écrit qu'elle marche sans la moindre fatigue ni la plus petite doiileur. La guérison, dit-elle, est radicale.

Observation 34 (i) (Personnelle)

Abcès pelviens. — Fistule recto-vaginale datant de 1 m.Gis. Opération de Péan. — Guérison opératoire. — Mort de tuberculose pulmonaire au bout de y semaines.

La nommée Chér , âgée de 3o ans, entre le 8 février 1891, à

l'hôpital Lariboisière, salle DenonvUUers, service de M. le D"" Berger.

Cette malade, dont les antécédents héréditaires sont bons, a été réglée à i5 ans, d'une façon régulière et sans douleurs.

Elle a eu trois accouchements normaux, dont le dernier en 1888.

En septembre 1889, elle eut une bronchite grave, qui dura trois mois. Au cours de cette bronchite, elle eut plusieurs métrorrhagies. Au mois de décembre, elle constata la présence, dans le bas-ventre, d'une tumeur du volume « d'une bouteille ». Cette tumeur n'occasionnait pas de douleurs, mais rapidement la malade perdit l'appétit et les forces.

Le 8 février 1891, elle entre à Lariboisière, salle Louis. Elle passe salle DenonvUliers le 3 mars, et l'on constate une énorme collection purulente, bombant dans le cul-de-sac de Douglas. Cette collection s'ouvre spontanément dans le rectum le lendemain. Mais des phénomènes d'hecticité s'étant développés à la suite de cette ouverture, M. Berger incise largement le cul-de-sac postérieur, et draine au moyen de très gros drains. Les matières fécales passent le jour même par le vagin. La situation s'aggravant d'une manière constante, et la pré sence des poches purulentes multiples étant constatée autour de l'utérus, M. Berçer conclut à la nécessité de l'hystérectomic vaginale, et prie M. Segond de venir pratiquer cette opération dans son service.

Hystérectomie vaginale, le y avril i8gi. — L'utérus, complètement fixé, est morcelé par étapes, laborieusement, mais sans incident. Au cours de l'opération, quatre poches, remplies de fus fétide, sont successivement crevées . L'opération est terminée sans qu'on ouvre le péritoine. Elle a duré4o minutes.

(i) Celle observation a été rédigée sur les notes remises à M. le D" Segond par M. le D' Berger.

Sept pinces sont laissées à demeure.

Suites opératoires. — La température, qui atteignait SS'S et 39% tombe à la normale le soir de l'opération et s'y maintient pendant les huit premiers jours. Aucune réaction de pouls ; aucune réaction générale.

A cause de la fistule recto- vaginale, on pratique des lavages dès le soir môme de l'opération. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures.

Pendant plusieurs jours, dit M. Berger, la malade s'améliora dans une certaine mesure ; la fièvre hectique diminua d'intensité ; la malade reprit un peu d'appétit et quelque courage. Mais les lésions pulmonaires déjà constatées firent de rapides progrès, et la malade succomba le 20 mai.

A l'autopsie, on trouva une communication admettant le pouce, entre le rectum et la cavité purulente. Celle-ci était très diminuée de volume, et limitée de toutes parts par des adhérences intestinales soUdes. Les poumons étaient farcis de tubercules à l'état de ramollissement : le poumon droit surtout présentait à son sommet de larges cavernes.

Observation 35 (Personnelle) Hydrosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Perr..., âgée de 4o ans, entre à la Clinique Baudelocque, salle Levred, lit n" 86, le 12 mars 1891.

Elle a été réglée à i3 ans, d'une façon régulière et normale.

A la suite des premiers rapports sexuels, à 16 ans, elle eut des pertes blanches abondantes (blennorrhagie ?) Ces pertes étaient surtout abondantes au moment des règles. Elle n'a jamais été enceinte.

En 1881, elle commença à souffrir dans le ventre, et rapidement, ces douleurs devinrent très vives'. Les mictions étaient douloureuses et les règles très abondantes. Elle fut traitée pendant huit ans par les injections et les tampons. Il y a deux ans, elle subit un curettage. Cette opération ne l'améliora point. Les douleurs restèrent aussi vives et les pertes aussi abondantes. Depuis quelques mois, la malade ne pouvait plus travailler, et devait rester presque constamment au lit.

Elle entre à la Clinique Baudelocque, le 12 mars 1891.

Examen. — L'uturus est en antéversion. Le col est entr'ouvert, et la muqueuse en. ectropion sur les deux lèvres,

A droite, on perçoit une tumeur du volume d'une orange, peu douloureuse, assez mobile, fluctuante.

A gauche, les annexes ont le volume d'une mandarine ; elles donnent la sensation d'une tumeur fluctuante et indolore.

La malade n'a pas maigri et n'a jamais eu dë fièvre.

Diagnostic. — Salpingite kystique double.

Hystérectomie vaginale, le 8 avril. — Morcelleruent facile en trois étapes. Les annexes sont enlevées en totalité. La trompe droite contient environ un demi-verre de liquide séreux ; la trompe gauche, une quantité un peu moindre et liquide de môme nature. Les ovaires sont sains.

Suites opératoires. — Nulles au point de vue du pouls et de la température.

Les pinces sont retirées au bout de 48 heures ; les tampons le quatrième jour. La malade a une selle après l'ablation des pinces (lavement). Elle urine seule le cinquième jour.

Elle se lève le vingtième jour et quitte l'hôpital, complètement guérie, le 8 mai iSgi.

Revue le 22 décembre 1891, en parfaite santé.

24 février 1894. Etats général et local excellents. Se plaint au moment des règles de bouffées très légères et d'un léger écoulement vaginal séreux. Quand elle se fatigue, quelques points douloureux vagues dans l'abdomen, au thorax et à la nuque. Appétence génitale conservée intacte. Guérison absolue.

Observation 36 (Guitton)

Abcès des ovaires. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Mart. . ., âgée de 87 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 20 Avril 1891, chambre no 3.

Elle a été réglée à 14 ans, mais toujours irrégulièrement. EUe se marie à 20 ans, et a deux grossesses à terme à 21 ans et à 23 ans. A la suite de cette dernière grossesse, elle reste sept ans sans avoir ses règles. Les règles sont revenues au bout de ce temps, mais très irrégu- Uères.

En revenant du Tonkin, au mois d'avril 1890, elle éprouve, au cours de la traversée, de vives douleurs au niveau de l'ovaire droit. Ces douleurs s'accompagnaaient de crises hystériques. Le médecin du bord lui fit chaque fois de la compression ovarienne, qui ne tarda pas à amener au niveau de l'ovaii-e droit une douleur continue, vive et lancinante. La malade dut s'aUter. Arrivée à Marseille, elle vit un clidrurgien qui diagnostiqua un abcès de l'ovaire droit. Quelques jours plus tard, elle rend par l'anus un flot de pus, et les douleurs s'atténuent. Cette amélioration dure à peine un mois, puis les dotdeurs reparaissent surtout marquées au moment des règles ou après une fatigue.

Elle se décide alors à entrer à l'hôpital.

Examen. — L'utérus est en rétroversion adhérente.

La palpation bimanuelle des annexes détermine des douleurs presque

syncopales. Les annexes sont très augmentées de volume, surtout à droite.

L'état général est assez mauvais. La malade est nerveuse, irritable, très amaigrie.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Les troubles dysménorrhéiques persistant, et les douleurs continuelles dont les ovaires sont le siège, font proposer à la malade l'ablation, qui est acceptée.

Hystérectomie vaginale, le ii avril i8gi. -- L'utérus est morcelé facilement en trois étapes. Les annexes sont ensuite enlevées en totalité. L'ovaire droit, du volume d'un œuf, contient du pus épais non fétide. L'ovaire gauche est rempli de petits abcès miliaires. Les trompes sont atteintes de salpingite interstitielle.

Quatre pinces à demeure. Durée de l'opération : 25 minutes.

Suites opératoires.— Aucune réaction du pouls, ni de la température. La malade vomit abondamment pendant trois jours. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. La malade va à la seUe après un lavement, et urine seule aussitôt les pinces enlevées. Les tampons sont enlevés le 4® jour.

La malade se lève au bout de 21 jours.

Elle quitte l'hôpital, ne souffrant plus, et ayant repris l'appétit et les forces, le 23 mai 1891.

Non revue.

Observation 37 (Guitton)

Ovaires scléro-kystiques. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Frér. , . , Marie, âgée de 36 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 11 avril 1891, chambre n° 10.

Elle a été réglée à 11 ans, très réguUèrement, et s'est mariée à 19 ans. Elle a fait une fausse couche de trois mois à 19 ans 1/2, et deux grossesses k terme à 21 ans et à,3o ans. Depuis son dernier accouchement, elle a une leucorrhée abondante, les règles sont irrégulières, très abondantes et douloureuses.

Gel état s'est surtout aggravé depuis un an, malgré un traitement médical suivi avec persévérance.

Elle entre à la maison Municipale de Santé, le ii avril i89i.

Examen. — Utérus très gros, mais mobile. Hystéromètre = 8 cm 5. Col gros, entr'ouvert, admettant l'index.

Les annexes sont très douloureuses, et ont le volume d'une mandarine.

Diagnostic. — Salpingo-ovarile double.

Hystérectomie vaginale, le i6 avril i8qi. — Incision du cul-de-sac postérieur el examen des annexes qui sont reconnues malades.

Morcellement facile en trois étapes. Ablation complète des annexes. Les trompes ont le volume du petit doigt, et ont des parois très épaisses. Les ovaires ont le volume d'une noix ; ils sont remplis de kystes, et très œdématiés.

Durée de l'opération : 20 minutes. Douze pinces à demeure.

Suites opératoires. — Réaction considérable du pouls, qui s'élève à i5o le soir du quatrième jour, à 140 les deuxième, troisième et cinquième jours. La température s'élève à 38"4 le soir du troisième jour et à "ig" le soir du cinquième jour. A partir du cinquième jour, le pouls et la température redeviennent normaux.

Vomissements abondants jusqu'à l'ablation des pinces, au bont de 48 heures. Selle abondante à la suite d'un lavement.

Elle urine seule le quatrième jour.

Le quatrième jour, la malade se plaint d'xme douleur au niveau du sacrum. On constate la présence d'une plaque rouge, de la dimension de la main, au niveau de la région sacrée, empiétant sur la fesse gauche. Le lendemain une escharre profonde est constituée.

Aucun autre incident ne vient entraver la convalescence. La plaie sacrée met un mois à se cicatriser.

La malade se lève le 24* jour.

Elle quitte l'hôpital le i"' juin 1891, ne souffrant plus.

Revue souvent (1891-92-93). Opérée par M. Segond, en juillet i893, d'un polype de l'urèthre. Etats local et général parfaits. Guérison absolue.

Observation 38 (Guitton) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nonmiée G. . ., Marie, âgée de 34 ans, entrée le 6 avril 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans, irrégulièrement jusqu'à 19 ans. A ans syphilis ; pas de traitement pendant i ou 2 ans. A 20 ans, angine phlegmoneuse.

A 23 ans, extinction de voix ayant duré 18 mois el qui céda à un traitement par le sirop de Glbert.

Dysenterie à 24 ans.

A 20 ans M Sée constate l'existence d'un rétrécissement du rectum, siéâantTe'centimares au-dessus de l'orifice anal et qui nécessite la

dilatation à l'aide de bougies.

Jamais de grossesse ni défausses couches.

Depuis plusieurs années déjà, les règles sont très douloureuses nendant 4 ou 5 jours avant leur début.

Depuis 3 ans, douleurs très violentes dans l'abdomen au moment

'^^VZ apparurent defe douleurs spontanées, même dans l'intervaUe des règles , exaspérées par la marche et la fatigue ; les douleurs deviennent extrêmement violentes à la suite d'une marche. Un medecm diagnostique une salpingite droite aiguë ; repos de 8 à lo jours au ht, les douleurs se suppriment ; la malade recommence alors a se fatiguer, les douleurs reparaissent et la malade doit reprendre le ht ; il y eut ainsi des périodes de malaise et d'améhoration jusqu'au milieu de mars; à ce moment, après avoir souffert pendant plusieurs jours, la malade se lève et pendant la marche elle se sent tout à coup mouillée ; elle constate alors qu'elle a perdu par le vagin une assez grande quantité de pus ; elle rentre chez elle et reste couchée avec de la fièvre jusqu'au moment de son- entrée à Dubois.

Examen. — Par le palper qui est extrêmement douloureux on sent une masse faisant sailhe au-dessus du pubis, remontant à droite à deux doigts environ au-dessus du pubis et beaucoup plus haut a gauche et en avant.

Utérus immobihsé, enclavé entre deux tumeurs fluctuantes qui remplissent les culs-de-sac.

Il eixiste des vomissements et un état fébrile assez prononcé avec des symptômes de péritonisme.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, lei8 am7 289 z.— Morcellement en 3 étapes. Au coui-s de l'opération l'écarleur placé dans le cul-de-sac postérieur crève une poche purulente laissant échapper un verre à Bordeaux de pus environ.

De même en avant esl crevée une poche contenant une plus grande quantité de pus que la poche postérieure.

Après s'être assuré qu'il n'existait plus d'autres collections, les poches ont été laissées en partie.

5 pinces de Péan.

A aucun moment l'intestin n'a été vu et l'opération s'est passée en dehors du péritoine ; elle a duré 45 minutes.

Suites opératoires. — Chute d(; la température à 37' le soii' même de l'opération et température normale les jours suivants. Pouls à iio le premier jour, à 120 le soir du troisième. Ablation des pinces au bout de 48 heures.

La malade s'aperçoit qu'elle perd des matières lécales par le vagin (i).

Deux injections vaginales par jour.

La guérison se continue ensuite très simplement, sans douleurs sans vomissements, sans fièvre ; la quantité de matières fécales passant parle vagin diminue chaque jour, cependant la malade demande une opération.

Cette opération de la fistule vagino-rectale est faite le 7 juin 1891, sans chloroforme ; l'opération dure i heure i5 minutes.

Au bout de 8 jours, ablation des fils au nombrè de 5 ; 3 seulement ont-amené une réunion de l'avivement.

La malade sort de l'hôpital le i5 juin, ne souffrant plus du tout du ventre, mais continuant à perdre ses matières par le vagin.

Revue au bout de 2 mois, la fistule est fermée spontanément.

Revue en mai 1893. Etats général et local parfaits.

Observation 39 (Personnelle).

Ovaires scléro-kystiques. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Gaut.., couturière, âgée de 35 ans, entrée le 3 mars 1891, à la CUnique Baudelocque, service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, règles non douloureuses, très abondantes, durant de 8 à 10 jours, réguUères. Deux fausses couches, l'une en 1880, l'autre en 1881, souffre dans le ventre depuis 1881.

Le 6 juin i883 a été accouchée à Bourges d'une fille par une sagefemme qui ne lui donna pas d'injection, s'est relevée au huitième jour, a nourri pendant 9 mois. Deux ou trois mois après l'accouchement les règles continuant à être réguhères, les douleurs abdominales ont augmenté, la malade eut des pertes jaunâtres, fétides.

Il y a trois ans la malade a dû cesser de travailler ; puis il lui fut impossible de faire même son ménage. Depuis son accouchement, elle sentait son utérus tout près de la vulve. Un médecin, consulté, prescrivit vin pessaire.

Après avoir été soignée par le docteur Dupuis, de St-Denis, pendant quelque temps, elle entre à Baudelocque le 3 mars 1891.

Examen. — Utérus gros, prolabé = 9 centim., en rétroversion peu adhérente.

Les annexes ont de chaque côté le volume d'une mandarine, très dures, bosselées, douloureuses et adhérentes.

(i) Il est à remarquer que cette malade avait eu un rétrécissement syphilitique du rectum qui avait nécessité la dilatation. 11 n'est donc pas étonnant que la partie de rinlestin située au-dessus du point rétréci, déjà altérée, se soit fistulisée au contact des pinces ou des tampons.

— aoi —

L'indicalion opératoire par voie sus-pubienne serait castration bilatérale, hystéropexic.

Diagnostic. — Prolapsus, salpingite parenchyniateuse double.

Hystérectomie vaginale, le 22 avril i8gi. — Morcellement en trois étapes. Les annexes sont enlevées en totalité. Les trompes ont le volume du pouce, leur paroi est dure, lardacée. Les ovaires trùs gros contiennent : le droit 2 petits ky.stcs comme une noisette, le gauche plusieurs kystes plus petits.

Six pinces. Durée ."SS minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température, les trois premiers jours. Les pinces oubliées ne sont enlevées qu'au bout de ^2 heures, ainsi que les tampons. Aussi le 4% le 5° et le 6° jours, tempéra.ture vespérale à 38°5. ' Pouls à 120, léger ballonnement du ventre. Subdélire. Cependant mictions normales et selles tous les jours. Le 7' jour, disparition des accidents.

La malade se lève le 21" jour et part au Vésinet, complètement guérie, au bout de 5 semaines.

Revue le 2 mai 1894. Guérison absolue.

Observation 4o (Guitton).

Salpingite parencivymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée R. . ., Marthe, âgée dé 3o ans, entre le 20 avril 1891, à la Maison municipale de Sauté, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 11 ans, mariée à 20 ans ; grossesse le 27 mai 1882, couches bonnes ; 2° grossesse le 6 mai 1884, couches bonnes ; 3' grossesse terminée à 8 mois en 1888. Enfant a la maladie bleue. Douleurs ayant persisté 18 h., pas de fièvre, à la suite rétroversion douloureuse ; 4° grossesse, accouchement par le siège le 28 avril 1890, la malade sort et va l'aire de très longues courses dès le 21 mai. Cette dernière grossesse avait été particulièrement douloureuse et avait été compliquée d'une hydramnios très considérable apparue au 4' mois.

(Recrudescence de blennorrhagie chronique du mari vers mai 1890).

Curcttagc le 3 juillet 1890.

Amélioration jusqu'en octobre, beaucoup de fatigues l'hiver; poussée aiguë de salpingite droite en novembre ; le côté gauche a commencé à être douloureux depuis Pâques.

Grandes attaques d'hystérie fréquentes, presque journaUères, la malade est d'ailleurs hémi-ancsthésique et a un rétrécissement considérable du champ visuel.

Examen. — Palper douloureux des deux côtés, à gauche on sent les annexes augmentées de volume. L'ovaire est extrêmement douloureux,

à droite, les annexes du volume d'un œuf de poule, sont très adli('renles. Xj'utérus est peu mobile.

Hystérectomie vag-inale, le 20 avril i8gi. — Morcellement en deux étapcîs. A gauche, l'ovaire scléro - kystique présentant à peu près le volume d'un œul' de pigeon est enlevé ainsi que la trompe dont les parois sont épaissies et le pavillon oblitéré. A droite, l'ovaire et la trompe sont adhérents dans le petit l)assin, mais peuvent cependant être extirpés sans difficultés ; la trompe est augmentée de volume ; l'ovaire, triplé de volume, est bourré de kystes.

Durée : 3o minutes, 4 pinces.

Suites opératoires. — Ablation des pinces après 4^ heures, des tampons le 4° jour.

A parlir de ce moment la guérison se lait sans accidents, cependant le 20 mai la malade a eu une grande attaque d'hystérie.

Sort le 26 mai.

Revue en novembre 1892. Va très bien.

Observation 41 d) (Personnelle).

Dég-énéregceiice scléro-kystiqae des ovaires. Salpingite interstitielle double. — Fibrome sous-péritonéal du fond de l'utérus. — Opération de Péan. — Guérison. .

M"» Leni. ., 35 ans, entre le 26 avril 1891, chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Antécédents. — En novembre 1888 se plaint de vives douleurs dans les deux côtés, à l'hypogastre et aux reins, plus accentuées pendant la marche, par la moindre fatigue. Aucun signe, à ce moment, de métnte, mais constatation bien nette d'un prolapsus utérin au 1" degré, réductible facilement, d'une forte antéversion de l'utérus surmonté par une tuméfaction petite comme une noix. Aucun autre signe de corps fibreux.

Règles normales, mais douloureuses. Rien dans les culs-de-sac. La malade est une névropathe sans antécédents génitaux.

Opération d'Alexander le 8 novembre 1888, par M. le Schwartz. Grand soulagement qui dure de huit à neuf mois. Puis tout recom- . mence, quoiqu'il n'y ait rien de modifié dans les conditions anato-

miques de la matrice.

On commence en 1889 à constater de la douleur à la pression dans les culs-de-sac par le palper bimanuel, mais sans qu'il soit possible de sentir les annexes augmentées de volume. Traitement par les revulsils et les anti-nerveux.

En 1890. Signes de métritc, flueurs blanches, doulem-s hypogastriques, la petite tumeur du fond de l'utérus n'augmente pas.

(I) Rédigée sur les notes de M. le docteur Schwartz.

Ciirellage et caiilérisations intra-ulérincs au chlorure de zinc à i/io'. Amélioration nouvelle qui ne dure pas.

Examen de la malade en iSQl.— ha petite tumeur du Tond de l'utérus se détache de mieux eu mieux comme un petit corps fibreux. Les annexes sont douloureuses à l'exploralion. On essaie les injections hypodermiques de sérum artificiel de Chéron.

Aucune amélioration, la malade demaade à grands cris à être débarrassée par une opération.^

Le docteur Segond voit la' malade avec le docteur Schwartz et en raison des phénomènes douloureux qui rendent toute activité impossible, propose l'hyslérectomie vaginale qui est acceptée.

Hystérectomie le 3 o avril iSgi. — Morcellement en trois étapes. Ablation complète des annexes. Les trompes sont atteintes de lésions interstitielles, les ovaires scléro-kystiques.

Six pinces. Durée : vingt-cinq minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls et de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures ; des tampons le quatrième jour.

Aucun incident de convalescence.

La malade se lève le vingtième jour et rentre chez elle le vingtcinquième jour, complètement guérie.

Revue plusieurs fois. En avril 1894 : états général et local merveilleux .

Observation 4^ (Personnelle) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée M..., Louise, âgée de 24 ans, entrée le" 5 mai i89i, à la Clinique Baudelocque, dans le service du professeur Pinard.

Antécédents. — Réglée à 12 ans, règles régulières durant deux jours, douloureuses. Perd en blanc depuis l'âge de 19 ans (premiers rapports sexuels).

Depuis le 29 avril, la malade éprouve de violentes douleurs dans l'aine gauche, s'irradiant dans le bas-ventre et jusqu'au milieu de la cuisse gauche.

Depuis cette date elle a beaucoup maigri, la marche lui est devenue impossible, elle a perdu l'appétit et a de la fièvre le soir.

Examen. — Utérus en anléversion. A gauche tumeur du volume d'une mandarine, très-douloureuse, fluctuante. A droite tumeur un peu moins volumineuse, plus dure, très douloureuse.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 1 3 mai 1891. — MorceUement en trois

étapes. Ablation complète des annexes. La trompe gauche contient un verre à Bordeaux de pus. La trompe droite environ unie cuillerée à café de liquide séro-purulent. Les ovaires sont scléro-kys tiques. » Six pinces. Durée trente-cinq minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de ' quarante-huit heures, des tampons lejquatrième jour. Convalescence sans incident, la malade se lève le dix-huitième jour et part complètement guérie le samedi i3 juin.

En avril 1894. Guérisou absolue.

Obseuvaïion 43 (Guitton) Salpingite pareiichymateiise double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée B...., Agée de 42 ans, entre le 20 mai 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 12 ans régulièrement, deux ou trois jours à chaque fois. Mariée à 18 ans. Une grossesse terminée à huit mois en 1878 sans cause appréciable, pas d'accidents consécutits ; la malade se lève trois semaines après environ ; retour de couches cinq ou six semaines après ; à ce moment début de péritonite aiguë qui la force à garder le lit un mois et deux mois de convalescence. Depuis lors les règles restèrent réguhères, non douloureuses, lorsque la malade ne se fatiguait pas et durant deux ou troi^ jours.

En i885, vers le mois de mai, légère perte de sang pendant tout le mois ; quatre cautérisations au fer rouge : la douleur augmentant, la malade change de médecin et garde le repos, ce qui amène de l'améUoration.

En 1889, nouvelle péritonite à la suite d'une injection d'eau froide à la fin des règles ; trois semaines de Ut, deux mois de convalescence.

En 1890, en novembre, à la fin des règles, nouvelle poussée de péritonite, sept mois de lit.

En janvier 1891, nouvelle poussée.

En février 1891, nouvelle poussée.

Depuis ce moment l'état s'est améhoré légèrement. Mais la malade éprouve toujours des douleurs hypogastriques qui l'obligent à garder le lit presque constamment.

Examen. — On sent à droite, à travers la paroi abdominale, une petite tumeur arrondie semblant grosse comme le poing, la palpation éveille à ce niveau des douleurs assez vives. Elle est peu mobile.

A gauche, on sent dans le petit bassin une masse dure, résistante, douloureuse également cà la pression et qui est formée par les annexes de ce côté.

Au toucher, l'ulérus est fixé, enclavé entre deux masses qui bombent dans les culs-de-sac et dont la fluctuation n'est pas bien nette.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystéreclomie vaginale, le 25 mai iS^/.— Mo réellement par étapes. Après l'ablation de l'utérus on trouve à droite une collection ovai'ienne sanguine grosse comme un œuf environ, qui est crevée au cours de l'opération et dont la poche est ensuite enlevée sans diflîculté. La trompe, du volume du pouce, très adhérente, est enlevée.

A gauche, les annexes sont perdues au milieu d'adhérences très fortes, leur décollement est très long et très délicat, cependant on en vient à bout, mais on laisse à peu près la moitié de l'ovaire gauche.

La trompe est très épaissie (type de salpingite hypertrophique parenchymateuse).

Six pinces à demeure. L'opération a duré quarante-cinq minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température ni du pouls. Pas de vomissements.

Les pinces sont retu'ées au bout de quarante-huit heures. La malade urine seule et va à la selle (par lavement). Les tampons sont enlevés le quatrième jour.

La malade se lève au bout de trois semaines et sort complètement guérie le 17 juin.

Observation 44 (Guitton).

Hystérectomie complémentaire après échec de la laparotomie.

Guérison.

La nommée S..., Marguerite, entre le 22 mai 1881, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, régulièrement, pendant huit jours, peu abondamment, jamais de leucorrhée. Mariée à 20 ans, pas de grossesses ni de fausses couches.

Dans le courant de sa première année de mariage, ses règles devinrent plus abondantes, il se produisit même une hémorrhagie en caillots qui dura quinze jours.

Au mois de février 1889 nouvelle hémon*hagie d'une durée de quinze jours et depuis lors elle commence à voir ses règles pendant toute la durée du mois. En même temps il existait, surtout au moment des règles, des douleurs violentes nécessitant fréquemment des repos de deux à huit jours.

En janvier 1890, Mickiewitz, de Saint-Pétersbourg, lui enleva les annexes par laparotomie ; trois semaines de convalescence.

— aoG —

A la suite de l'opération, elle resta six mois sans soulîrir, puis les pertes de sang reparurent abondantes et plus irréguli^res ; les douleurs devinrent bientôt très violentes, nécessitant Tréquemment plusieurs jours de repos au lit.

Examen. — Au palper et au toucher combinés on sent, en arrière et à droite, une tumeur dure, résistante, qui est le corps de l'utérus en latéro-version.

L'utérus est peu mobile, son col regarde l'axe du vagin, il est étroit et long. ^

Hjstérectomie v.aginale, le 3o mai 1891.— Morcellement en cinq étapes. Au cours de l'opération on s'açerçoit que le col a acquis une longueur considérable, que le volume du corps de l'utérus a augmenté; il est en effet gros comme une mandarine environ.

L'opération dure vingt-cinq minutes. Sept pinces à demeure.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température ni du pouls. Les pinces sont enlevées au bout de quarante-huit heures. La malade urine seule et va à la selle (lavement). Les tampons restent en

place quatre jours.

La malade se lève le vingt-et-unième jour et quitte l'hôpital, guérie,

le 24 juin.

Revue en juin 1892. États général et local parfaits.

Observation 45 (Personnelle) (i)

Périmétro-salpingite supparée. — Abcès pelvien fistuleux dans le rectum et le vagin. — Opération de Péan. — Mort au troisième jour.

La nommée Jar..., Marie, âgée de 26 ans, entre le 25 mai 1891 à l'hôpital Gochin, service de M. le Docteur Bouilly.

Antécédents. - Réglée à i4 ans, souffre dans le ventre depuis une fausse couche de trois mois faite il y a quatre ans (à 22 ans). A plusieurs reprises elle a eu des poussées de péritonite qui ont nécessité son séjour au lit pendant un temps variant de quinze jours à six semaines. Plusieurs abcès se sont ouverts dans le vagin.

Au mois d'octobre 1890, à la suite d'une poussée plus violente, elle rendit du pus par le rectum et fut momentanément soulagée. Depuis cette époque, les selles sont entièrement souillées de pus. Une dermère poussée a eu Ueu au mois d'avril 1891; à la suite, la malade entre a Gochin.

(1) Rédigée d'après les notes remises par M. le D' Bouilly.

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Examen. — Utérus enclavé au milieu de niasses nucluanles par places et remontant à mi-chemin de l'ombilic. Etat général mauvais : tous les soirs, 38°5 à Sq". Amaigrissement, perte d'appétit.

M. Bouilly, considérant la laparotomie comme impossible et trop grave en pareil cas, prie M. le Docteur Segond de venir pratiquer à cette malade l'hystérectomie vaginale.

Hj'stérectomie vaginale. Le 2 jain i8gi. — Morcellement en trois étapes, ouverture de trois énormes poches purulentes à pus extrêmement fétide. Au cours de l'opération la malade rend par l'anus une notable quantité de pus.

Opération extra-péritonéale. Six pinces. Durée : 35 minutes.

Suites opératoires. — Température et pouls normaux le premier et le second jours. Ablation des pinces et des tampons au bout de quai-ante-huit heures. Matières lecales dans le vagin. Élévation du pouls et de la température dans la journée. Mort de péritonite le troisième joui*.

Ovaires scléro- kystiques. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée D. . ., âgée de 89 ans, entre le 2 mai 1891, à la GUnique Baudelocque, service du Professeur Pinard.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, règles venant tous les 28 jours pendant 3 jours.

A eu deux filles, l'une âgée de i3 ans et l'autre de 10 ans. Le premier accouchement s'est effectué tout seul; le délivre fut extrait une demiheure après par une sage-femme. Après cet accouchement la malade est restée deux mois au lit, souffrant de douleurs abdominales. Elle alla consulter M. Tarnier qui fît des scarifications, des pointes de feu, fit appUquer des vésicatoires et conseilla le port d'un pessaire, que la malade a conservé pendaat cinq mois.

Au bout de huit mois environ les douleurs ont disparu ; elle a pu s'occuper de son intérieur, mais était toujours faible.

En iSSo, eUe se trouve de nouveau enceinte. Elle eut une grossesse très pénible. La malade accoucha néanmoins à terme d'une fille actuellement vivante. A la suite de cet accouchement, fait par une sage-femme, elle eut de fréquentes poussées fébriles.

Elle retourna chez M. Tarnier, qui la soigna jusqu'en 1888, pour une périmétrite.

En 1889, poussée de péritonite.

Elle s'adressa ensuite à un spécialiste qui la traita par l'électricité, les pomtes de feu, les pansements vaginaux, les bains, les .louches, jusqu à son entrée à l'hôpital, le 2 mai 1891.

Examen. — Le loucher esL très douloureux, à gauche on sent une niasse qui impose le diagnoslic de salpingo-ovarilc.

A droite le ventre est souple et on ne sent rien d'anormal.

La malade fut dÈs lors soumise aux réactifs locaux : vésicatoires, sangsues, etc.. On lui fit prendre aussi des injections antiseptiques.

Toute cette médication n'amenant pas de résultats appréciables, il fut décidé qu'on aurait recours à une opération.

MM. Segond et Pinard résolurent de toucher de nouveau la malade sous le chloroforme, et si le diagnostic ne se trouvait pas modifié, de procéder à une laparotomie et à l'ablation des annexes gauches.

La malade fut endormie le 24 juin 1891.

A gauchelamême masse fut sentie. Adroite, dans le point symétrique, on ne sentait rien ; mais derrière l'utérus on sentait ime masse refoulant l'utérus en avant, et qui était évidemment constituée par les

annexes droites.

Il fut donc décidé qu'il serait procédé à l'hystérectoraie vaginale.

Hystérectomie vaginale, le aS mai 1892. — Incision exploratrice du cul-du-sac postérieur qui permet de reconnaître à ce niveau les annexes droites malades.

Morcellement en 3 étapes. Ablation complète des annexes très adhérentes. Trompes du volume du pouce, hypertrophiées. Ovaires remplis de kystes.

9 pinces. Durée : 3o minutes.

Suites opératoires.— Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4' jour.

Hématémèse le 4» jour. La malade se lève le 21°" jour et pai-t au Vésinet au bout de six semaines, se plaignant de douleurs vagues dans la région hypogastrique.

• Revue en mars 1894. Etats général et local parfaits. Toujours nerveuse. Guérison absolue.

Observation 47 (Personnelle)

Ovaires scléro-kystiques. - Métrite parenchymateiise.

La nommée M . . , âgée de 4o ans , entre le 26 juin 1892, chez les Sœurs Augustines, rue de la Santé.

Antécédents personnels.- 5 enfants,le premier, il y a 17 ans, le dernier il V a 5 ans. Rien d'anormal dans la grossesse ou dans les couches, sauf une présentation défectueuse, sans accidents, d'ailleurs, pour la mère et l'enfant.

Quelques antécédents nerveux dans la laniillc. Le père est un hypochondriaque. La malade est elle-même très nerveuse, sans crise de nerts toutelois.

Début de l'afTection il y a 17 ans, à la suite de sa première couche, la malade a été vue par un médecin de Lille, qui déclara qu'il s'agissait d'une mélrite ; on ne fit rien ou à peu près.

Périodes d'améliorations et d'aggravations après les couches, jamais guérison.

En 1888 et 1889 les pertes blanches sont devenues très-abondantes et gênent considérablement la malade par l'ÙTitation qu'elles entretiennent au niveau de la vulve de la face interne des cuisses. Peu de douleurs, sauf au moment des règles. Celles-ci sont d'ailleurs régu hères, d'une abondance médiocre et de courte dm'ée .

En 1889, elle consulte M. Trélat qui constate : i" Endométrite ; 2" Utérus énorme, hystéromètre 11 centim.; 3° Rétroflexion très acciisée, mobile ; 4° Etat douloureux des annexes, particulièrement à gauche.

Le 22 juin 1889, curage utérin après dilatation à la laminaire. Le curage a amené la cessation des écoulements.

Le 22 juillet 1889. Opération d'Alexander. Un mois après cette opération la malade quitte la Maison de santé, avec un utérus sans écoulement et redressé, mais il est encore volumineux.

La malade souffre de douleurs de cystite provoquée par un cathétérisme septique, à la Maison de santé. Ces douleurs persistèrent plusieurs mois, et la conduisirent à M. Duret, à Lille. M. Duret, trouvant l'utérus encore gros, fit, en janvier 1890, des scarifications répétées du col.

Gela n'amena pas la régression de l'organe et bientôt des pertes blanches réappai'urent

Au mois de mai 1890, 3o jours à Néris, outre le traitement thermal il y a un traitement vagino-utérin de M de Ranse, tampons,» cautérisations, etc. . .

Les douleurs ressenties de temps à autre dans le bas-ventre, surtout à gauche, deviennent plus fréquentes, plus vives, la malade ne peut pas marcher longtemps ; la plus grande partie de sa vie se passe au lit.

Au retour de Néris, consultations de M. Tarnier qui conseille les moyens mécMcaux, et de M. Terrier, qui conseille d'attendre 3 mois au bout desquels il est d'avis, si l'état persiste, d'enlever les annexes par la laparotomie.

Retour à Armentières; injections, pointes de feu répétées sur le ventre.

En décembre 1890, M. Dubar, de Lille, appelé à traiter la malade, constate le volume énorme de l'utérus, rattache à celui-ci les accidents éprouvés et s'efforce d'en obtenir la régression par des soins locaux, des tampons, etc.

Tout cela n'amène aucune amélioration, la marche est impossible, les douleurs dans le bas-ventre sont fréquentes, les pertes blanches

Baudroa. — 14.

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