‹ De l'hystérectomie vaginale [electronic resource]Chapitre 13 sur 23 · Î2IO · texte numérisé non relu

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abondantes, les règles douloureuses et très peu abondantes. L'état général reste bon, mais le nervosisme s'aceentue .

En mai 1891, sur le conseil de M. Terrier, la malade entre dans l'établissement hydrolhérapique de M. Zeller, deux douches par jour, massage à la fin. Au cours de ce traitement, les douleurs deviennent plus vives que jamais, la malade reste presque constamment au lit ; elle n'a plus de sommeil, même avec la morphine, plus d'appétit.

C'est dans ces conditions qu'elle vient consulter M. Segond.

Examen. — Utérus très gros : 9 centim., douloureux ; ovaires volumineux, très adhérents. La malade demande une opération qui lui permette de reprendre la vie normale. «

Hjystérectomie vaginale, le lundi 2g juin iSgs. — Morcellement en 3 étapes. Utérus très gros (160 gr.), très saignant. Ablation totale des annexes. Trompes très congestionnées, ovaires triplés de volume, remplis de kystes très adhérents.

Hémorrhagie assez abondante d'une artère utéro-ovarienne, qui est rapidement pincée.

10 pinces. Durée : 3o minutes.

Suites opératoires. —'Nulles jusqu'au 3' jom\ Le 3' jour (après l'ablation des pinces) congestion pulmonaire double, dyspnée, face cyanosée. Température 38°, pouls 140, aucun symptôme péritonéal. Injection de sérum, acétate d'ammoniaque, ventouses, etc. Détente le 5* jour et convalescence sans autre incident. La malade se lève le 21' jour et part le 3o" jour.

Revue la dernière ibis en mars 1894. Etats général et local parfaits. Reste nerveuse et moi'phinomane. Guérison complète.

Observation 48 (Guitton)

Petit kyste de l'ovaire droit. — Ovaire gauche scléro-kystique. — Salpingite interstitielle double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée S..., Emilie, Agée de 4o ans, entrée le 26 juillet 1891, à la Maison municipale de Santé, service; de M. le D"" Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, très abondamment. Mariée à 35 ans, a commencé à souffrir du ventre mv mois après, mais sans avoir jamais présenté d'écoulement d'aucune sorte. Ni grossesses, ni fausses couches.

Depuis son mariage, ses règles sont devenues très douloureuses ; elles durent trois jours et s'accompagnent de vomissements opiniâtres ; la malade est tellement mal à l'aise à ce moment qu'elle est obUgée de garder le lit. Elle n'a jamais eu de fièvre, l'appétit est conservé.

Examen. — Ou seul à droite, au-dessus du pubis, une tumeur dure, résistante, insensible à la pression et f^rosse comme une mandarine.

Utérus rejeté à gauche, le col dirigé en arrière ; cet utérus est volumineux, très dur, pas très mobile.

A droite, on sent une tumeur du volume d'une orange, peu mobile, douloureuse, rénitente. A gauche, les annexes ont le volume d'une mandarine, elles forment une masse très dure, très douloureuse et très adhérente.

Diagnostic. — Salpingite kystique à droite, parenchymateuse à gauche.

Hijstérectomie vaginale, le 3i juin i8gi. — Morcelleiiient en 4 étapes. L'utérus une l'ois enlevé, on trouve à droite une tumeur kystique grosse comme une mandarine : tumeur qui se crève pendant l'opération et qui ne laisse échapper que du liquide clair. La poche est enlevée ensuite presque complètement ; on voit alors qu'elle était constituée par l'ovaire. La trompe est peu altérée.

On essaie de saisir l'ovaire gauche qui présente de la dégénérescence scléro-kystique, mais il se décliire au fur et à mesure sous la pince ; on parvient cependant à l'enlever ainsi que la trompe très épaissie.

L'utérus pèse 170 grammes. Six pinces à demeure.

L'opération a duré trente-cinq minutes.

Suites opératoires. — Au('une réaction de la température ni du pouls. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. La malade urine seule et va à la selle (par lavement).

Les tampons sont retirés le quatrième jour.

La malade se lève le vingtième jour et quitte l'hôpital, complètement guérie, le 27 juillet 1891.

Revue en février 1893. Etats local et général parfaits. Guérison absolue.

Observation 49 (Guitton)

Ovaires scléro-kystiques. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée D..., Eugénie, âgée de 24 ans, entrée le i3 mai 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans. Trois ou quatre métrorrhagies par mois, abondantes et douloureuses.

Mariée à 18 ans, a eu deux enfants. Le premier, en 1887, à l'âge de 19 ans, accouchement lait par une sage-femme. Au quinzième jom-, hémorrhagie assez forte. La malade dut garder le lit pendant trois mois et ne fut rétablie qu'au bout de six mois ; elle souffrait de points de côté, toussait beaucoup et expectorait des crachats blanc jaune.

Le deuxième accouchement, fait également par une sage-femme, a eu

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lieu en 1888. La malade a gardé le lil pendant un mois et. demi, a perdu pendant i mois, a nourri cet enfant six mois.

Depuis celte couche la malade soufire toujours du ventre. Elle a des pertes abondantes. Depuis cxualre mois pertes jaune blanc abondantes. Sans avoir un aspect cachectique, cette femme est maigre.

L'auscultation dénote des craquements au sommet gauche.

Examen. — Col volumineux, ramolli superflciellement. Dans le culde-sac droit, tumeur paraissant solide et indépendante de l'utérus, du volume d'un œuf, séparée de l'utérus par un sillon profond.

A gauche, au niveau de la partie postérieure de l'échancrure sciatique, tuméfaction douloureuse qui forme un noyau très-adhérent à la paroi du bassin.

Diagnostic. — Salpingite double, probablement kystique.

Hy stéréotomie vaginale, le i*^ juillet. — Morcellement en 2 étapes. L'ovaire gauche est enlevé avec la calotte utérine, il est gros, kystique, présentant en son centre un noyau hémorrhagique d'un centimètre de diamètre et adhérent à l'épiploon. L'ovaire droit est scléreux.

Les trompes ont le volume du pouce et offrent les lésions de la salpingite parenchymateuse hypertrophique.

4 pinces. Durée : 20 minutes.

Suites opératoires. — Excellentes, pas de réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4° jour.

La malade se lève le 24 Juillet et part pour le Vésinet, complètement guérie, le i5 août.

D'après des renseignements fournis par M. Delagenière, du Mans (avril 1893), cette malade se plaindrait encore de douleurs pelviennes.

Observation 5o (Personnelle) (i)

Pyosalpinx droit. — Salpingite parenchymateuse gauche. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée F.., Diane, âgée de 21 ans, entrée le 27 mai 1891, Hôpital Laënnec, service de M. le docteur Gérard Marchant et opérée par M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, assez réguMèrement depuis. Première grossesse à 20 ans, accouchement normal, à terme, d'un enfant bien portant qui n'a eu ni ophthalmie, ni éruption cutanée.

(1) Rédigée d'après les notes remises par M . le D' Gérard Marchant.

Accouchée par une sage-femme. S'est levée la troisième semaine. Pas de pertes rouges. Lochies normales. Retour des règles deux mois après les couches ; trois mois après l'accouchement, début des phénomènes douloureux dans l'abdomen, ménorrhagies. Il y a sept semaines, phénomènes douloureux plus intenses. AUtement, douleurs assez vives dans le côté droit pendant la marche et la station.

Pas de vomissements. Constipation habituelle. Pas de fièvre.

Examen du 2 g mai. — Toucher douloureux. Col abaissé petit conique. Utérus fixé. Gul-de-sac latéral droit empâté, induré. Cul-de-sac gauche un peu plus profond mais donnant la même sensation.

Cul-de-sac postérieur. Le doigt est arrêté par une masse qui fixe l'utérus en arrière.

Toucher rectal : à droite on sent une masse absolument dure, allant du sacrum à l'utérus et gênant le passage du doigt de ce côté-là : à gauche, on peut faire le tour du globe utérin qui est régulier de forme et de consistance, mou par places. De ce même côté on sent à la face interne du rectum une petite sailUe fluctuante, douloureuse, qui paraît être l'orifice d'évacuation de la poche purulente.

Diagnostic. — Salpingite suppurée, très-adhérente au rectum à droite, parenchymateuse à gauche.

Hjstérectomie vaginale, le 3 juillet i8gi. — Morcellement en trois étapes. A gauche, trompe parenchymateuse, ovaire kystique. A droite, poche volumineuse tendue, adhérente, qui se vide au moment où on veut l'abaisser. Ecoulement de deux cuillerées de pus vert épais.

Après cela ablation de la poche, qui est granuleuse à sa face interne. On sent la paroi rectale antérieure un peu épaissie au point du contact avec la poche purulente.

Ablation totale des annexes.

Quatre pinces. Durée : trente-cinq minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces et des tampons au bout de quarant(vhuit heures.

Convalescence sans incident. La malade se lève le vingtième jour et sort guérie au bout d'un mois.

Observation 51 (Personnelle)

Pjrosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée LI. . ., âgée de 3o ans, entrée le 5 juillet 1891, à la Clinique Baudelocque, service du Professeur Pinard,

Antécédents. - Réglée à i5 ans, d'une façqn réguhère, durant deux

ou trois jours. A toujours joui d'une excellente santé jusqu'à son accouchement.

Le 7 janvier 1891 a été accouchée d'un culant à terme, bien constitué, par une sage-femme ayant un panaris (deux femmes accouchées par la môme personne, dans la même semaine, sont mortes avec des accidents sep tiques).

Huit jours après la malade souffrait dans le côté gauche; le médecin du quartier lit mettre des vésicatoires et appliquer de l'onguent gris.

Le 19 févriei', le Docteur Potocki, constatant une tumeur fluctuante au-dessus de l'aine gauche, l'incisa et ainsi évacua une notable quantité de pus.

Pendant un mois encore, la malade a beaucoup souffert. Le 28 mai, le Docteur Potocki agrandit l'incision et plaça un drain. Lavages.

Examen. — La malade a toujours conservé un bon appétit et a, d'ailleurs, un bon aspect, malgré ce long séjour au Ut.

Au niveau de l'incision on sent une énorme tuméfaction qui rcmpUt tout le côté gauche; les annexes gauches sont évidemment perdues.

Les annexes droites sont malades ; M. Segond n'affirme pas qu'elles soient suppurées, mais ce qu'il affirme, c'est qu'un laparotomisle les enlèverait.

Le Docteur Monod, présent à l'opération, convient d'ailleurs qu'en raison des adliérences, la laparotomie serait impossible.

Rystérectomie vaginale le 8 juillet 189 1 (Position de Péan). — On fait d'abord un lavage de la poche par l'incision abdommale.

MorceUement rendu très difficile par l'amincissement considérable de la lèvre antérieure du col. Étapes irrégulières. Ablation incomplète des annexes. Ouverture de la poche purulente gauche, ablation des annexes droites, très adhérentes. La trompe contient une cuillerée à café de pus, l'ovaire plusieurs petits abcès miliaires.

On place un drain qui passe de l'orifice sus-inguinal dans le vagin.

Six pinces. Durée : une heure vingt minutes.

Suites opératoires. - Les pinces ne sont enlevées qu'au bout de soixante heures (oubU); aussi, le soir du troisième jour, la malade a 4o*. En même temps que les pinces, on enlève les tampons, et des lavages toutes les trois heures sont faits par le drain.

La température tombe le lendemain à 38° et redevient tout à fait normale le septième jour.

Le drain est supprimé le dix-septième jour, la malade se lève le

vingt-et-unième jour.

Son état s'améliore de jour en joor ; le 27 août eUe quitte l'hôpital, conservant un petit trajet fistuleux inguino-vaginal qui donne un peu

de pus. ,

Revue le 2 octobre 1891, complètemenl cicatrisée. Etats local el

général parfaits. En mars 189^, guérison al)solue.

Observation Sa (Guitton) Pjosalpinx double. — Opération de Péan. — Mort.

La nommée L..., âgée de 27 ans, entrée le 7 juillet 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 17 ans, régulièrement. Mariée à 19 ans. Jamais de grossesse ni de fausses couches. Souffre depuis cinq ans, époque où elle a commencé à avoir, surtout après des fatigues de marches prolongées, des douleurs violentes dans les reins et le bas-ventre. En même temps la malade eut des raétrorrhagies qui furent abondantes surtout il y a trois ans ; hémorrhagies en caillots n'ayant cédé qu'à une application de glace sur le ventre pendant 3 jours.

Depuis lors elles ont toujours continué mais moins abondantes ; dans l'espace d'un mois, la malade ne restait que dix jours sans perdre ; les douleurs avaient également diminué d'intensité, lorsqu'au mois de mai elles reprirent avec une nouvelle violence, ainsi que les hémorrhagies.

Fièvre le soir depuis quelque temps. La malade est très-affaiblie.

Examen. — L'utérus est en rétroversion et peu mobile.

A droite, on aperçoit une tumeur du volume d'une tête de fœtus qui remonte à trois travers de doigt au-dessus du pubis. Elle est très-douloureuse, peu mobile et nettement fluctuante.

A gauche, on sent une deuxième tumeur un peu moins volumineuse que celle de droite, très-adhérente, très-douloureuse, mais plus rénitente.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie le ai Juillet i8gi. — Morcellement en 2 étapes. A droite, on crève une poche, formée par l'ovaire et la trompe, qui laisse écouler deux grands verres de pus.

A gauche, la poche, presque exclusivement formée par l'ovaire, contient une quantité de pus fétide presque aussi considérable.

Ces poches sont enlevées en totalité.

Durée de l'opération : quarante-cinq minutes. Cinq pinces à demeure.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température. Mais la malade est très-afl'aibhe, elle ne vomit pas.

Les pinces sont enlevées au bout de quarante-huit heures. La malade rend des gaz et va à la selle (par lavement).

Elle succombe le quatrième jour, sans vomissements, sans ballonnement du ventre, avec un pouls à i4o.

L'autopsie n'a pu être faite.

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Observation 53 (Personnelle)

Pyosalpinx fistuleiix dans le vagin et périsalpingite suppurée gauche. Hématosalpinx droit. — Opération de Péan. — Guérison.

M™« Rob..., âgée de 36 ans, entre chez les Sœurs Auguslines de la rue de la Santé, le i8 juillet 1891.

Antécédents. — Réglée à 12 ans, régulièrement, mais très abondamment.

Mariée à 21 ans, a une bartholinite suppurée quelques mois après et une deuxième à 27 ans. N'a jamais été enceinte.

A commencé à souffrir dans le ventre à 3o ans. Soignée par les cautérisations en 1890 pour des pertes blanches abondantes.

Depuis cette époque aggravation des symptômes douloureux. Au mois de mai 1891, les docteurs Ledru, Planchard et Vigenaud constatent la présence d'une collection bombant dans le cul-de-sac postérieur ; on pratique l'incision vaginale. Cette poche reste flstuleuse, les douleurs persistent et en présence de la bilatérahté très nette des lésions (pyosalpinx double), les mêmes médecins conseillent l'ablation des annexes.

Hystérectomie vaginale, le 2^ juillet iSgr . — Ouverture d'un abcès 1 périsalpingien à gauche, ablation complète des annexes, la trompe droite a le volume des deux poings et contient du sang noirâtre, la trompe gauche a le volume du poing et contient du pus.

Au fond de l'utérus petit flbrôme du volume d'une mandarine.

Huit pinces. Durée : cinquante minutes.

Suites opératoires. — Température normale. Pouls à 120 jusqu'à l'ablation des pinces qui a lieu en même temps que celle des tampons, au bout de quarante-huit heures.

Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le vingtième •jour et part au bout de vingt-cinq jours.

Elle conserve un léger écoulement vaginal jusqu'au 6 novembre 1891.

Revue depuis à plusieurs reprises dont la dernière en mai's 1894. Etat local parfait, état général excellent. En somme, guérison absolue. A deux reprises, depuis que l'état général est redevenu excellent, bouffées menstruelles qui ont nécessité l'application de sangsues.

Observation 54 (Wassilieff).

Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée L..., Horlense, âgée de 26 ans, entrée le 27 juillet 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. - Bien réglée d'ordinaire et n'ayant jamais été malade jusqu'à il y a quatre mois ; elle ressentit au moment de ses règles, à cette époque, de violentes douleurs dans le ventre avec vomissements et frissons.

Elle garda le repos pendant quinze jours, les douleurs se calmèrent et elle reprit sa vie habituelle quoique souffrant encore.

Il y a quinze jours (premier jour de juillet), elle lut reprise de violentes douleurs, surtout du côté droit, avec vomissements et frissons et c'est dans cet état qu'elle vint à la Maison municipale de Santé.

Examen. — On constate que la malade est pâle, que ses traits sont tirés, le faciès est terreux, grippé.

Le ventre est peu volumineux, quoique un peu ballonné ; on perçoit surtout de la tuméfaction du côté droit. Le palper est très douloureux, mais permet de sentir une masse rénitente à di-oite, du volume d'une grosse orange, et à gauche, on perçoit une masse du volume du poing, très douloureuse. Au toucher, utérus haut situé, très peu mobile, douloureux. Culs de sac effacés et douloureux. Jamais de pus dans le rectum. Température atteint 38° à 38°4 le soir.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le g août i8qi. — Utérus non abaissable, morcellement assez difficile ; à la deuxième étape, ouverture d'un foyer postérieur et d'un foyer latéral droit. Lavages au sublimé. Dès lors, l'utérus s'abaisse très facilement et le morcellement se termine à la troisième étape, par l'ouverture d'une poche purulente gauche. Les annexes du côté droit furent complètement enlevées ; celles du côté gauche ne vinrent qu'en partie.

Durée de l'opération : 45 minutes. Sept pinces à demeure.

Suites opératoires. — La température s'abaissa lentement pour devenir normale le sixième jour. Aucune réaction du pouls.

Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. La malade urine seule et va à la selle.

Les tampons sont retirés le quatrième jour. La convalescence fut lente, la malade ayant de temps en temps des frissons et des sueurs nocturnes. Ces phénomènes ne disparurent que le 6 septembre et dès lors, la guérison marcha rapidement. L'appétit revint et avec lui les forces. Les douleurs avaient complètement disparu et la malade sortit guérie le i6 septembre.

Revue en mars 1894. Etats général et local parfaits.

Observation 55 (Wassilieff) Hystérectomie complémentaire. — Pyosalpinx gauche. — Guérison.

La nommée C..., Marguerite, entrée le 22 août 1891, à la Maison municipale de santé, service de M. le Docteur Segond.

Antécédents. — Traitée l'année dernière (1890) par M. Segond pour une endomélrite avec salpingo-ovarite droite.

La malade a subi un curettagc, et, le i" Mai 1890, la laparotomie avec ablation des annexes droites suppurées.

Depuis ces opérations, elle s'est trouvée soulagée pendant six mois, quoiqu'elle ressentît toujours des douleurs dans le ventre.

Au mois de juillet 1891, les douleurs deviennent très-fortes, l'appétit et les forces diminuent ; les règles sont douloureuses et suivies d'un léger écoulement blanc.

La malade, à cette époque, subit un curettage incomplet, chez elle, et sans anesthésie. Son état, loin de s'améliorer, empira ; c'est alors qu'elle se décida à consulter M. Segond pour la deuxième fois.

Examen. — Le ventre est douloureux au palper, à droite aussi bien qu'à gauche. De ce côté, on sent une tuméfaction du volume d'un œuf de poule, dure, immobile. A droite, douleurs seulement.

Au toucher. — Utérus dévié à droite et en antéversion, peu mobile, les mouvements imprimés à l'organe sont douloureux.

Dans le cul-de-sac postérieur, on sent une tuméfaction qui fait corps avec la tumeur que l'on sent à gauche de l'utérus, dans le cul-de-sac latéral gauche. Le cul-de-sac latéral droit est légèrement empâté et assez douloureux au toucher.

La malade a des envies de vomir et de fortes douleurs après l'exploration.

Diagnostic. — Pyosalpinx.

Hjstéreclomie vaginale, le 26 août i8gi. —L'ouverture du cul-de-sac postérieur, ouvre en même temps une première collection puru lente petite et située à droite.

Le morcellement s'effectue en 3 étapes ; après l'ablation du fond de l'utérus, qui adhère à l'épiploon, on ouvre une seconde collection purulente assez volumineuse et siégeant à gauche. La seconde poche formée par l'ovaire et la trompe kystiques est enlevée en totalité.

7 pinces hémostatiques. Durée de l'opération : 35 minutes.

Suites opératoires. — Simples, température ne montant pas au-dessus de 37°2. Pouls précipité à 120 et quelques vomissements dans les deux premiers jours. L'ablation des pinces se fait sans accident, au bout de 48 heures. La malade urine seule et va à la selle (lavement). Les tampons sont enlevés le 4° io\n\

Très-légères douleurs dans les reins pendant les huit premiers jours. Laguérison s'effectua sans incident. La malade commença à se lever le 16 Septembre et sortit guérie le 27 Septembre.

Revue en Mars 1894, complètement guérie.

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Observation S6 (Personnelle)

Salpingite parenchjmateuse double. - Rélrojlexion adhérente. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Dorm.. . Viclorine, âgée de Sg ans, entre à la GUnique Baudelocque, service de M. le Professeur Pinard, le i6 jmn 1891.

Antécédents. - Réglée à i3 ans, normalement. Quatre grossesses normales, la dernière le 16 novembre 1890.

La malade n'a été alitée à la suite de ses couches que six semâmes, après sa 4'"' couche, le 16 novembre 1890, souffrant de douleurs dans le bas-ventre, sans vomissements et avec quelques légers frissons. Au bout de six semaines elle se trouve bien jusqu'au mois de janvier 1891, époque àlaquelle elle perd en blanc abondamment, éprouve des douleurs dans le ventre, devient faible et est obligée de garder le Ut. Depuis cette époque elle ne se lève que quelques heures pendant la journée et a dû renoncer à s'occuper de ses affaires ordinaires.

Néanmoins elle continue à être bien réglée en général, pendant 5 ou 6 jours chaque mois. Cepend^mt, depuis le 16 novembre 1890, la durée de ses règles se prolonge pendant 8 jours et abondamment. • Elle entre à la Clinique Baudelocque le 16 juin 1891.

Examen. — L'utérus est en rétroflexion adhérente. A gauche les annexes forment une masse du volume du poing, très douloureuse et très adhérente, à droite le volume est un peu moindre, mais la sensibilité est plus vive encore.

Le soir : léger mouvement fébrile (38',38",2).

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Du 16 juin 1891 au 9 septembre 1891, la malade est soignée à la clinique par le repos, les injections chaudes, les révulsifs, sans grande améUoration. On décide une intervention.

Le 9 septembre 1891, la malade est endormie et examinée sous chloroforme par le professeur Treub, de Leyden, qui pose l'indication suivante :

Ablation certaine des annexes gauches, très probable des annexes droites et hystéropexie.

Hjstérectomie vaginale, le g septembre i8gi. — M. Segond, en présence des doutes soulevés par M. le Professeur Treub, commence l'hystérectomie par l'incision du cul-de-sac postérieur. Les annexes droites sont reconnues malades.

Morcellement en 2 étapes. — Ablation complète des annexes très adhérentes . L'ovaire droit sclérosé est coiffé par la trompe dure, bosselée, du volume de l'index.

L'ovaire gauche est scléro-kystique, la trompe gauche a le volume de deux doigts, elle est parenchymateuse, mais ne contient pas de pus.

6 pinces. Durée : 20 minutes.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température. Pouls à 120 jusqu'à l'ablation des pinces au bout de ^8 heures. Les tampons sont enlevés le 3"" jour.

La malade se plaint de phénomènes de cystite subaiguë et a un écoulement fétide jusqu'au 24 septembre (lô"" jour), où elle expulse spontanément une éponge oubliée au fond du vagin.

L'écoulement vaginal se tarit et cesse au bout de quatre semaines, La malade part pour le Vésinet le i5 octobre, complètement guérie.

Observation 57 (Wassiliefï")

Pyosalpinx à gauche.

Salpingite parenchymateuse à droite. — Petit fibrome de la corne utérine droite. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Marie J. . . , âgée de 24 ans, entre à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond, le 4 septembre 1891.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, toujours régulièrement. A 20 ans blennorrhagie, souffre dans le ventre depuis cette époque. Les douleurs, d'abord localisées à gauche, sont devenues bilatérales depuis près de 18 mois. Les règles sont profuses et durent de 6 à 8 jours, elles sont l'occasion d'une recrudescence de douleurs. Dans l'intervalle il existe une abondante leucorrhée. La malade a été soiguée d'une façon régulière depuis 2 ans par les injections, les tampons vaginaux, les révulsions sur l'abdomen et cela sans la moindre amélioration.

Elle n'a jamais été enceinte.

Examen. — Utérus de volume normal en antéversion, peu mobile, à gauche les annexes ont le volume du poing, sont très adhérentes et paraissent fluctuantes. A droite elles forment une tumeur bilobée comme deux mandarines accolées l'une à l'autre. Elles sont très dures mais peu douloureuses.

Diagnostic. — Salpingite kystique (probablement purulente) à gauche. Salpingite parenchymateuse à droite.

Hystérectomie vaginale, le i'''' septembre. — Morcellement en deux étapes. L'utérus enlevé, on crève avec le doigt la poche gauche qui contient un demi-verre de pus. Les annexes gauches sont complètement enlevées. Les annexes droites, extrêmement adhérentes, sont enlevées par lambeaux (lésions de la salpingite parenchymateuse hyperlrophique). L'un des lobes de la tumeur droite était formé par un petit fibrome de la corne utérine.

6 pinces. Durée : 3o minutes.

Suites opératoires. — Aucune réacliou du pouls ni delà température. AblaUon des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4' jour.

Aucun incident à noter, la malade se lève le 2o« jour et part complètement guérie le 8 octobre.

Revue en mai 1898 en excellent état local et général. Légères bouffées vicariantes tous les mois.

Observation 58 (Wassilieff)

Perforation de l'utérus au cours d'un curettage. — Opération de Péan.

Guérison.

La nommée P..., Sophie, âgée de 82 ans, entrée le 10 septembre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le Docteur Segond.

Antécédents. — Ordinairement bien réglée depuis l'âge de seize ans, pas d'enfant ni de fausse-couche.

Il y a environ un an elle a commencé à avoir des pertes blanches dans l'intervalle des règles, avec pesanteur dans le bas-ventre. A subi des traitements médicaux multiples, sans résultat. Son état s'aggravant, elle s'adressa à un médecin qui la traita par l'électrolyse, mais sans aucun résultat. Les règles devinrent plus abondantes et douloureuses; les pertes blanches augmentèrent, l'appétit et les forces diminuèrent. C'est alors qu'elle entra à la Maison municipale de Santé.

Examen. — Au palper, le ventre est souple, légèrement douloiireux à la pression sur la ligne médiane, mais non sur les côtés. On ne sent aucune tuméfaction.

Au toucher, l'utérus est en antéversion, un peu volumineux, mobile et un peu douloureux. Les culs-de-sac sont libres, souples et indolores.

Au spéculum, col plutôt petit, orifice également petit. L'hystéromètre ne pénètre pas à plus de i centimètre. Un stylet même ne peut franchir l'orifice interne, on ne met pas de tige de laminaire.

Curettage le 17 septembre, l'utérus étant abaissé, on commence la dilatation avec les bougies graduées. Puis on introduit la curette.

Le curettage est pratiqué complètement, y compris la cautérisation à la glycérine créosotée et c'est seulement en lavant la cavité utérine qu'on s'aperçoit que l'injection ne revient pas. Séante tenante, on pratique l'hystérectomie vaginale sans moi'cellement.

On place deux pinces à gauche, trois, dont une courbe, à di'oite; pansement ordinaire.

Durée de l'opération : onze minutes.

L'utérus enlevé présente, au niveau de son fond, juste dans le prolongement de l'axe du col, un orifice qui, dans l'intérieur de l'organe,

correspond à une cavité creusée dans l'épaisseui' de la paroi, en sorte que la cavité périlonéale n'était séparée de la cavité utérine que par une couche extrômement mince. 11 résulte de l'examen de la pièce que la peri'oration n'a été produite, ni par la dilatation, ni par la curette, mais qu'elle existait avant l'intervention et qu'on doit l'attribuer au traitement électroly tique antérieur, les ovaires sont sclérokysliques.

Suites opératoires. — La malade, un peu abattue, alla bien pendant quarante-huit heures. Le 19 septembre, ablî^tion des pinces à onze heures et demie du matin.

A une heure et demie, écoulement sanguin assez abondant par la vulve ; la malade se trouve mal à l'aise. A deux heures, pâleur de la face, petitesse du pouls, sueurs froides, lipothymie. L'écoulement sanguin est très abondant. La malade est placée dans la position obstétricale et tamponnée à la gaze iodoformée. Champagne, glace à l'intérieur, glace sur le ventre, immobiUté absolue ; deux injcclions d'éther, deux d'ergotine et, dans l'après-midi, cinq injections de sérum de chacune dix grammes.

L'hémorrhagie paraît être arrêtée, le pouls reste petit et précipité. Douleurs assez violentes dans le ventre, surtout à droite, où l'on sent U9U tuméfaction considérable dans la fosse iliaque.

Peu à peu, dans les jours qui suivent, l'état de la malade s'améliore; cependant, les douleurs persistent dans le côté droit et prennent une acuité très grande le jour. Par le toucher vaginal, on ouvre une collection de sang noirâtre : la malade est immédiatement soulagée et depuis, son état alla chaque jour en s'améliorant. Elle sortit complètement guérie le 23 octobre 1891.

Revue en mars 1894. États général et local parfaits. Quelques légères bouffées. Guérison complète.

Observation 69 (i)

Grossesse extra-utérine de deux mois et demi. — Opération de Péan.

Guérison.

Mademoiselle Leb..., âgée de 34 ans.

Antécédents. — N'a jamais été malade étant jeune; son père et sa mère sont bien portants. Bien réglée depuis l'âge de i5 ans et demi, elle a eu un premier accouchement régulier à 22 ans et un second également normall'année suivante.

En 1882, alors qu'elle était réguUèrement réglée depuis sa dernière grossesse, elle remarque un retard de six semaines environ et le sang reparaît, elle perd même un caillot et n'est pas obUgée de garder le ht.

(1; Cette observation est due à l'obligeance du D'^ Launois.

Une quinzaine de jours après cet accident, elle est prise de fièvre, de douleurs abdominales, de vomissements abondants ; elle a une péritonite très grave qui l'oblige à garder l'immobilité absolue au lilpendant trente-cinq jours.

Depuis cette poussée péritonéale les règles s'étaient rapprochées et étaient devenues plus abondantes ; il restait aussi une constipation tassez opiniâtre.

Au mois de mai 1890, je suis appelé à donner mes soins à M"e Leb.., qui présente des symptômes d'occlusion intestinale ; il existe un ballonnement considérable de l'abdomen, des contractions continues des anses intestinales, des nausées, du hoquet et une émission de gaz très abondante par la bouche. Je pratique à cette époque le toucher et reconnais une rétroversion de l'utérus et au-dessus une masse peu volumineuse que je crois être un corps fibreux pédiculé. L'obstruction intestinale n'est pas complète et à l'aide d'ime médication de quelques jom-s je puis obtenir l'évacuation du gros intestin. Il reste cependant pendant deux semaines un météorisme considérable et des troubles nerveux divers avec insomnie.

A la fin de Juin 1890, survient une métrorrhagie assez abondante qui vient confu-mer mon diagnostic de corps fibreux, le col étant normal.

Depuis cette époque je suis appelé à plusieurs reprises à voir M"^ Leb..., qui présente des symptômes multiples de neurasthénie et qui, en particulier, se plaint d'une constipation opiniâtre, toujours plus grande au moment des époques.

Cette constipation s'accentue brusquement au moment des règles ; dans les premiers jours du mois de juillet et, le 16, je suis appelé à Chatou auprès de la malade dont l'état est assez grave. Le ventre est ballonné, il existe du hoquet, des vomissements qui, d'abord alimentaires, deviennent rapidement fécaloïdes.

Gomme l'année précédente le toucher me permet de reconnaître que la cause de l'obstruction intestinale, celte ibis plus complète, est tout à fait inférieure et porte sur l'ampoule rectale. Par le toucher on reconnaît en effet à trois centimètres et demi environ de l'anus une masse dure qui n'est autre que l'utérus et au-dessus de celle-ci une seconde tumeur que je considère comme le corps fibreux augmenté de volume. Malgré l'usage des lavements donnés avec une sonde en gomme de gros caUbre que l'on fait glisser en arrière de la tumeur, il est impossible d'obtenir l'évacuation des matières soUdes et liquides contenues dans l'S iliaque ; l'obstruction n'est cependant pas absolue, car il y a émission de quelques gaz par l'anus.

L'état devenant plus grave et les vomissements fécaloïdes incessants, je prie mon maître et ami M. Segond de me donner des conseils, et le 24 juillet, après plusieurs tentatives infructueuses de lavements à l'aide de la sonde molle, M"^ Leb... est chloroformée, et la main, introduite dans l'ampoule rectale, permet de reporter en avant la tumeur et de

diminuer dans une large mesure la compression portant sur l'ampoule rectale. Cette iiilervenlion ne lut tout d'abord suivie que de l'émission de quelques gaz et de quelques matières glaireuses et ce n'est que quatre hem'cs après que commença l'évacuation du conduit intestinal. Le soir, l'état s'était considérablement amélioré, les phénomènes graves avaient en grande partie disparu et une nouvelle intervention devenait inutile pour le moment, une abondante émission de matières solides et liquides avait eu lieu.

La convalescence fut rapide et dans la seconde quinzaine du mois d'août, la malade put reprendre une grande partie de ses occupations. Il restait toujours une constipation assez opiniâtre et une compression assez marquée de l'ampoule rectale, compression produite par l'utérus renversé et la tumeur située au-dessus de lui. Au moment des règles la gêne de l'évacuation était plus grande. Aussi fut-il décidé qu'une intervention plus raflicale, dont les indications avaient été posées au moment de la crise aiguë du mois de Juillet, serait tentée lorsque la malade aurait repris ses forces.

Hystérectomie vaginale, le 2j novembre i8gi . — Morcellement en deux étapes. Ouverture d'une poche remplie de caillots. Ablation d'un fœtus de deux mois et demi environ (i) et du placenta. La poche cloisonnée de tous côtés ne communique pas avec le péritoine, elle est tamponnée à la gaze iodoformée.

Six pinces. Durée : trois quarts d'heure.

Suites opératoires. — La convalescence a été rapide. Depuis, la santé générale est excellente. La malade peut marcher sans douleur et sans latigue ; il persiste encore un peu de paresse du rectum, mais celle-ci est légère et cède à l'usage d'un lavement ou d'une prise de rhubarbe.

Revue en avril 1894. Etats général et local parfaits.

Observation 60 (Personnelle)

Périmétro-sabpingite suppurée. — Pyosalpinx double. — Opération de Péan incomplète. — Guérison.

Marguerite Pit..., âgée de 87 ans, entre à la Maternité Baudelocque, service du professeur Pinard, le 4 septembre 1891 .

(i) L'examen du fœtus, trouvé dans la poche, ne permet pas de déterminer d'une façon précise son âge ; il présente en effet des dimensions d'un fœtus de deux à trois mois, mais l'examen plus détaillé permet de reconnaître un développement plus avancé de certaines portions, en particulier de la face et des organes génitaux. 11 est probable qu'il y a une anomalie de développement en rapport avec la grossesse extra-utérine (Laùnois).

Antécédents. — Réglée à i3 ans, d'une façon normale. Une seule grossesse en 18^3, sans inculenl. DéhuL brusque des accidenls il y a trois mois (lévrier) entre deux époques menstruelles par de violentes douleurs dans le bas-ventre, presque syncopales, avec frisson, ballonnement. Cet état dure trois semaines, puis tout s'amende. A la (in de juin, nouvelle poussée. Depuis cette époque la malade est couchée. Les douleurs bilatérales sont surtout vives à droite. La malade a de la lièvre, des vomissements fréquents. Inappétence absolue.

Examen. — Utérus fixé au fond du vagin par deux collections droite et gauche nettement fluctuantes.

Diagnostic. — Périmétro-salpingite. Pyosalpinx double.

Hj'stérectomie vaginale, le 23 septembre i8gi. — Morcellement très laborieux, étapes iiTégulières. Ouvertm-e par les écarteurs de quatre collections purulentes fétides : une dans le cul-de-sac de Douglas ; une énorme dans la trompe droite, une moins grosse dans les annexes gauches ; une au-dessus de la corne utérine gauche.

Impossibilité d'enlever le fond de l'utérus. Opération extrapéritonéale.

Durée : une hem-e trois quarts. Quatre pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température. Pouls entre 120 et 140 jusqu'au quatrième jour.

Ablation des pinces et destam})ons au bout de quarante-huit heures.

La malade se lève le vingt-unième jour. L'écoulement purulent persiste encore au moment où elle quitte Baudelocque à la fin d'octobre.

Revue en février 1892. Etats local et général parfaits. La malade n'a pas eu ses règles. Vient de subir (3 mai 1894) une laparotomie pour hématosalpinx droit. Guérison incomplète.

Observation 61 (Wassilieff) Pyosâlpinx tuberculeux double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée B Eugénie, Agée de 28 ans, entre le i3 septembre

1891, à la Maison nmnicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à l'âge de 16 ans et régulièrement, n'ayant jamais eu ni enfants ni fausses couches, la malade a commencé à souffrir dans le ventre il y a environ quinze mois. Les douleurs, d'abord sourdes, donnant plutôt la sensation de pesanteur, augmentèrent peu à peu et devinrent intenses surtout à droite et depuis six mois. Vers cette époque, la mcjistruation devint irrégulière et dans l'intervalle des règles il y eut quelques pertes blanches. Depuis quatre mois la malade a le soir des frissons et des sueurs nocturnes. Elle ne tousse pas, mais

Baudroii. — la.

a un peu maigri el perdu ses Ibrces. Il y a six semaines la malade a rendu un peu de pus par l'anus.

Examen. — Au palper on ne trouve que très-peu de tuméfaction, plutôt de la douleur de chaque côté de la ligne médiane ; mais en combinant au palper le toucher vaginal on constate ce qui suit :

L'utérus est en anléversion et mobile, ces mouvements provoquent de la douleur. Les culs-de-sac sont très-légèrement effacés et douloureux et l'on sent, de chaque côté de l'utérus, deux cordons transversaux du volume du petit doigt.

Diagnostic. — Annexite bilatérale, probablement suppurée.

Hystérectomie vaginale le 2/^. septembre i8gi. — Opération facile, utérus très abaissable (six cenlim.) Morcellement en trois étapes. Les deux annexes sont très-facilement attirées et énucléées, car il n'y a pas d'adhérences. Il s'est écoulé très-peu de pus. Les trompes ont le volume du pouce, elles sont remplies de pus caséeux dans lequel l'examen bactériologique a démontré la présence du bacille de Koch.

Durée de l'opération : Vingt minutes. Cinq pinces à demeure.

Suites opératoires. — ïrès-simples pendant les cinq ou six premiers jours. Ablation des pinces sans incident le deuxième jour. Il passe des matières fécales dans le vagin.

Le huitième jour, la température monte à 3902, la malade tousse beaucoup, est oppressée et a dans la nuit des suem-s très-abondantes.

L'examen microscopique lait penser à de la tuberculose aiguë ou générahsée. La température reste élevée pendant huit jours, on entendait dans la poitrine , des deux côtés , des râles ronflants et humides dans toute la hauteur du poumon. Le dix-huitième jour les phénomènes s'amendent, les sueurs disparaissent, l'appétit revient ainsi que les forces ; la température demeure au-dessous de et la malade sort guérie le 22 octobre 189 1 , la fistule rectale s'était spontanément oblitérée. Revue en février 1894. Guérison absolue*.

OusEUVATiON 62 (Personnelle)

Rétroversion adhérente. — Salpingo-ovarite parenchymatense double. Opération de Péan. — Guérison.

Madame Pe..., âgée de 26 ans, est opérée le i" octobre 1891 chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, d'une façon réguhère, elle souffre dans le ventre depuis quatre ans avec paroxysme au moment des règles, irradiations vers les lombes et les cuisses. Les règles sont

devenues très-abondantes el reviennent tous les vingt jours. Pertes l)lanelies dans les inlervalles.

Examen. — Utérus gros, en rétroversion adhérente. Les annexes Ibrnienl des deux côtés une tumeur du volume d'une orange très-dure et très-adhérente.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double. L'indication opératoire serait pour un laparotomiste, ablation bilatérale des annexes el hystéropexie.

Hjstérectomie vaginale, le i^'' octobre i8gi. — Morcellement en 3 étapes. Adhérences considérables dans le cul-de-sac de Douglas. Ablation complète des annexes.

La trompe droite a les parois de l'épaisseur du pouce, elle est recourbée en cor de chasse sur l'ovaire kystique, elle adhère fortement à l'épiploon qu'on détache sous les yeux.

Les annexes gauches présentent les mêmes lésions. La trompe adhère à une anse d'intestin grêle et en est séparée sous les yeux avec l'ongle.

Durée : quarante-cinq minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température ni du pouls. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures et des tampons le quatrième jour.

Aucun incident pendant la convalescence. La malade se lève le vingtième jour et rentre chez elle, au bout de 20 jours, complètement guérie. Revue en avril 1892. Etat parfait.

Observation 63 (Personnelle)

Ovaires scléro-kjstiques. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Guérison.

Mademoiselle L..., âgée de 29 ans, est opérée le 6 octobre 1891, chez les Sœurs Augustines.

Antécédents. — Née U-ès délicate, fréquents maux de gorge, n'a fait aucune maladie avant celle qui l'a amenée à Paris. Mère morte de la poitrine.

Les douleurs de ventre ont commencé en 1886, alors qu'elle était dans sa famille aux environs de Reims, elle s'y est fatiguée énormément et pour la première el la seule fois, les règles ont paru deux lois dans le môme mois.

Peu après, elle est revenue à Vichy pour assister à la mort de son grand-père; à la suite de ce décès, fatigues excessives en soignant sa grand'mère.

A partir de cette époque, les douleurs n'ont fait qu'augmenter Mademoiselle L... a dû sinon garder le lit, au moins garder un repos

prolongée, la marche étant devenue extrômement pénible. Elle vient alors à Paris et voit M. le docteur Terrier, qui conseille l'ablation des annexes par laparotomie.

M. Segond propose l'hystérectomie vaginale qui est acceptée.

Hystérectomie vaginale le 6 octobre i8gi. — Morcellement en deux étapes, aljlation complète des annexes. Les ovaires sont polykystiques et les trompes présentent des lésions avancées de salpingite interstitielle. Elles sont très adhérentes aux pai'ois pelviennes.

Durée.: vingt-cinq minutes. Quatre pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le quatrième jour. Convalescence sans incident.

La malade se lève le dix-huitième jour et part guérie au bout de vingt-cinq jours. *

Revue plusieurs fois. En septembre 1892, fixation du rein droit. Actuellement, avril 1894, états local et général parfaits. Souffre de quelques douleurs lombau*es.

Ovaires scléro-kystiques. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Gaérison.

La nommée Wuilb..., Irma, âgée de 35 ans, entre à la CHnique Baudelocque, le i^"" octobre 1891, service du professeur Pinard.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, d'une façon normale. Elle a une fausse couche de 6 mois, à 24 ans. C'est depuis cette époque qu'elle tsouffre dans le bas-ventre, ses règles sont irréguUères et dans l'intervalle elle a des pertes blanches abondantes. Une rétroversion réductible, diagnostiquée depuis 8 ans, a été successivement soignée par des pessaires variés, par l'électricité, par l'opération d'Alexander faite par le docteur Schwartz en 1888.

Son état s'aggravant de jour en jour, elle entre à Baudelocque.

Examen. — Utérus retombé en rétroversion. Brides dans le cul-de sac de Douglas. De chaque côté de l'utérus les annexes forment deux masses dures, bosselées, irréguhères, du volume d'une mandarine.

État général bon. Femme très bizarre, ayant eu à plusieurs reprises des accès de démence.

Diagnostic. — Rétroversion adhérente. Salpingite parenchymateuse double.

L'intervention par voie sus-pubienne serait: ablation bilatérale, hystéropexic.

Hjstérectomie vaginale le 7 octobre iSqi. — Morcelleiuenl en

2 étapes. Ablation complùle des annexes. Les trompes de la dimension du pouce ont des parois lardacées. Les ovaires, très adhérents, sont kystiques.

Durée : 25 minutes. 3 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température.

Ablation des pinces au bout de 48 heures et des tampons le 5^ jour.

La malade se lève le 21° jour et part au Vésinet, complètement guérie, au bout de six semaines.

Crise d'aliénation pour laquelle elle est internée à Sainte -Anne en septembre 1892. Actuellement (avril 1894), état mental bon. Guérison locale complète.

Observation 65 (Wassilieft")

Salpingite pare richy materne double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée T..., Marie, âgée de 4i ans, entre le 29 septembre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans, a eu deux enfants mais pas de fausse couche. Depuis environ deux ans, à la suite d'un arrêt de règles, elle commença à souffrir dans le ventre. A cette époque, il y eut une poussée aiguë avec frissons, fièvre, vomissements. Puis les phénomènes s'amendèrent et il ne resta plus que des douleurs sourdes mais continues dans le bassin. La marche prolongée, ainsi que la station debout, sont pénibles au bout de peu de temps.

E.xamen. — A son entrée, on constate, par le palper, une induration vague occupant le bassin et douloureuse à la pression.

Au toucher, on sent dans le cul-de-sac postérieur une masse volumineuse, dure, qui n'est autre que le corps de l'utérus rétrofléchi et irréductible ; la masse est en effet immobile, accolée au rectum, et par le palper hypogastrique combiné on ne sent pas le lond de l'utérus. Les culs-de-sac latéraux sont efi'acés et occupés par un empâtement douloureux au toucher.

11 n'y a ni métrorrhagies, ni pertes blanches. La malade demande à être soulagée de ses insupportables douleurs.

Hystérectomie vaginale le 10 octobre i8gi. — Le décollement des adhérences postérieures rectales est assez pénible. En avant, le décollement est beaucoup plus facile. Morcellement en trois étapes. Annexes perdues dans une masse de fausses membranes. On arrive à les décoller à droite entièrement, à gauche partiellement. Elles présentent les lésions de la salpingite parenchymaleuse hypertrophique.

Durée : 25 minutes. Quatre pinces.

Suites opératoires. — Extraordinairement simples. La température s'est maintenue à Ablation des pinces le 2' jour, des tampons le 3' jour, la malade urinait seule, allait à la selle et rendait des gaz.

Elle se rétablil irès rapidement et sortit complètement guérie au bout d'un mois.

En mars 1894, guérison complète.

Observation 66 (Personndle) Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan.— Guérison.

La nommée Marie Jor..., âgée de 22 ans, entre le 10 octobre 1891, à l'hôpital Laënnec, service de M. le docteur Nicaise.

Antécédents. — Cette jeune femme, réglée à i3 ans, normalement, souffre depuis trois ans, à la suite d'une fausse couche, de douleurs périulérines, de leucorrhée abondante, déjà traitées par deux curettages (1889-1890).

Les indications opératoires étaient les suivantes : Salpingo-ovarite parenchymateuse double avec foyer de pelvi-péritonite extrêmement adhérent au rectum. Ces adhérences, d'après MM. Nicaise et Gérard Marchant, étaient telles que par la laparotomie on eut certainement déchiré le rectum. Aussi, M. Nicaise prie M. Segond de venir pratiquer une hystérectomie vaginale à cette malade.

Hystérectomie vaginale le 16 octobre i8gi. — Morcellement en deux étapes. Adliérences considérables dans le cul-de-sac de Douglas. Ablation complète des annexes perdues dans les adhérences. Les deux trompes ont le volume du poing; leur paroi est lardacée, les ovaires sont scléro-ky s tiques.

Durée : 3o minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Légère hémorrhagie dans la journée du premier joar. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le 4° jour.

Aucun incident. La malade sort complètement guérie au bout de 3 semaines.

Observation 67 (Wassilielf) Abcès pelviens fistuleu^. — Opération de Péan. — Mort le 5" jour.

La nommée H. .., Marie, âgée de 3o ans, entre, le 3o octobre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bien réglée depuis l'âge de i3 ans, a eu trois enfants, pas de fausse couche.

Depuis trois ans, environ un an après son dernier enCant, a commencé à soullrir dans le ventre. En môme temps apparurent des pertes blanches dans l'inlervalle des règles, qui étaient douloureuses.

Il y quinze mois, la malade eut dans le ventre de grandes douleurs et rendit du pus en allant à la selle ; à la suite de cette éva<;uation elle se trouve- très-soulagéc momentanément; quelques mois après, les douleurs réapparurent aussi vives qu'auparavant et, dit la malade, s'accompagnèrent de lièvre. Bientôt se lorraa un abcès dans la fosse iliaque droite, abcès qui fut incisé en Algérie et qui, depuis, restafisluleux.

A cette époque, il y eut de la fièvre, des frissons et des vomissements. L'état aigu se calma, mais les douleurs persistèrent ainsi que la fistule de l'aine.

Examen. — A son entrée on constate que le ventre n'est pas ballonné. On sent une induration occupant la fosse iliaque gauche. La tuméfaction volumineuse, immobile, est douloureuse au palper.

Au toucher, utérus situé très-haut, immobile, entouré de tous côtés par une masse dure qui n'est autre que la tuméfaction sentie par l'abdomen. Les culs-de-sac sont effacés et douloureux à la pression.

La fistule inguinale siège un peu en dehors du milieu de l'arcade crurale, elle laisse écouler un peu de sérosité purulente.

Diagnostic. — Abcès pelvien.

Hystérectomie vaginale le ly octobre i8gi. — Utérus très-haut situé et non abaissable. Une première étape de morcellement s'effectue assez facilement, on s'aperçoit que le tissu utérin se déchire et, en effet, la pince lâche. En essayant de repincer la lèvre supérieure on arrache la pince inlerieure, et le r.ioignon utérin qu'on n'avait pas pu abaisser, reste au fond du vagin. Le moignon ne peut être repincé que très difficilement. On le saisit enfin et l'on ouvre successivement une poche purulente à' droite et en arrière, une seconde poche à droite et en avant. L'opération se termine à la troisième étape, en ouvrant encore deux poches situées à gauche. On enlevé complètement les annexes gauches et une partie seulement des annexes droites. Puis par la fistule inguinale on fait pénétrer un drain, qui vient sortir par le vagin.

Durée de l'opération : 45 minutes. Sept pinces.

Suites opératoires. — Tout alla bien pendant 48 heures ; les pinces furent enlevées sans autre chose qu'un suintement sanguinolent. Mais dans la soirée du deuxième jour, la malade n'avait pas encore rendu de gaz ni été à la selle.

Le troisième jour, au matin, lavement sans effet, température normale 37° 2, légères douleurs dans le ventre, qui est ballonné, envies de vomir. Vers 3 heures, pas encore de gaz, ni de selle, vomissements plus

fréquents, bilieux, ventre ballonne, ])ouls petit, précipité. Sonde rectale sans cffel. A 5 heures, vomissemenls incessants. Plusieurs lavements électriques , un badigeonnage au collodion restent sans effet. La température s'abaisse, la peau se couvre de sueurs froides, le pouls devient presque insensible. Mort le 21 octobre 1891, à six heures du matin.

Observation 68 (Wassilieff) Salpingite parenchymateusç double. — Opération de Péan. — Gnérison.

La nommée M , Irma, âgée de 34 ans, entre le 20 octobre 1891, à

la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 17 ans, normalement' jusqu'en i887. A partir de cette époque, douleurs plus ou moins vives au début, quelques jours avant les époques menstruelles, cessant avec l'apparition des règles.

En 1888, à ces douleurs prémenstruelles s'ajoutèrent des pertes blanches, également prémenstruelles. Les règles, qui, autrefois, duraient 5 ou 6 jours, ne parurent plus que pendant 2, 3, 4 jours au plus. A la fin de 1888, les douleurs augmentent et durent après les époques menstruelles ; règles très abondantes , pertes blanches intercalaires, continues, mais faibles. Pesanteur dans le ventre pendant la marche, constipation habituelle. Il existait à cette époque une douleur continue, sourde, exaspérée par la pression, du côté gauche.

La malade subit, au commencement de 1889, un curettage qui amena une amélioration passagère. Les douleurs diminuèrent dans l'intervalle des règles, mais se manifestèrent toujours un peu avant l'époque.

Vers le mois de juillet 1889, il y eut une poussée aiguë dans le côté gauche du bas-ventre, avec perles blanc roussâtre assez abondantes, en môme temps il se produisit des phénomènes douloureux du côté droit.

Traitement par le repos et les injections chaudes de sublimé. Amélioration très notable, mais menstruation irrégulière durant peu.

Au commencement de 1891, nouvelle poussée aiguë, plus accusée que la première. 11 y eut des douleurs de chaque côlé, des frissons, de la fièvre, des vomissements, des envies fréquentes et douloureuses d'uriner.

Quinze jours après le début des accidents, il s'écoula par le vagin une certaine quantité de pus et la malade fut immédiatement soulagée. L'écoulement vaginal persista assez abondant pendant un mois environ puis diminua et se réduisit à de très faibles pertes blanches.

Depuis , les douleurs persistent et subissent une exaspération menstruelle ,

Examen. - Douleur au palper <lans les deux fosses iliaques, où l'on sent un empâtenienl de chaque côLé de l'utérus.

Col dévié à droite, cul-de-sac antérieur libre, cul-de-sac postérieur légèrement <liminué de profondeur, on y sent une masse douloureuse innnobilc, un peu à gauche de la ligne médiane, appartenant aux annexes gauches. A droite, cul-de-sac légèrement saillant, douloureux, annexes droites douloureuses, augmentées de volume. Cul-de-sac gauche très saillant, douloureux ; on sent une masse du volume du doigt, se continuant avec la masse du cul-de-sac postérieur. Corps de l'utérus dévié à gauche et en avant, peu mobile.

Diagnostic. — Salpingite bilatérale suppurée et ouverte dans le vagin.

Hystérectomie vaginale le 24 octobre 18 91.— Trois étapes de morcellement: à la première, ouverture d'une collection purulente petite dans le cul-de-sac postérieur. Ablation d'une partie des annexes gauches, très adhérentes et de la totalité des annexes droites, volumineuses, adhérentes, mais non suppurées.

Durée de l'opération : 45 minutes. 6 pinces à demeure.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. La malade urine seule et va à la selle (par lavement).

Les tampons sont retirés le 4""' jour.

La malade se lève le 20"" jour et part complètement guérie le 19 novembre.

En février 1894, guérison absolue.

Observation 69 (Wassilieff)

Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée L...., Francine, âgée de Sg ans, entre le 28 octobre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bien réglée depuis l'âge de i5 ans, a eu deux enfants, pas de fausse couche. A commencé à souffrir du bas-ventre, il y a4 ans environ. 11 y eut alors de la pesanteur dans le bassin, des douleurs sur la ligne médiane, de la constipation opiniâtre et des pertes blanches intercalaires peu abondantes et irrégulières.

Les règles étaient normales jusqu'au commencement de cette année. A partir du mois de février, les douleurs deviennent plus conlinuelles et plus intenses, surtout aux époques menstruelles, l'écoulement périodique fut plus abondant qu'autrefois et .«e produisit toutes les trois semaines. Depuis deux mois, la menstruation, quoique régulière, est très abondante et s'accompagne de douleurs assez vives pour nécessiter le repos. Dans les derniers mois, il y a eu des frissons et des nausées, avec sensation de poids sur le rectum.

Examen. — Col normal irès légèrement enlr'cHiveri ; culs-cle-sac latéraux douloureux remplis par deux masses dures très adhérentes. Dans le cul-de-sac postérieur, masse volumineuse, dure, avec une saillie surajoutée à gauche et se conlinuant avec le col utérin. Le fond de l'organe ne peut être senli à l'hypDgastre, mais seulement par le rectum.

Le palper est un peu douloureux de chaque côté delà ligne médiane.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite parcnchymateuse double.

HjRtévectomie mginale,le 4 novembre i Se;/.— Adhérences très Tories dans le cul-de-sac postérieur. Morcellement en deux étapes. Fibrome du volume d'une grosse noisette à la corne gauche. Annexes adhérentes, ablation partielle. Elles présentent des lésions de salpingite hyperlrophique parenchymateuss. Les ovaires sont bourrés de kystes.

Durée de l'opération : 25 minutes. 5 pinces dont deux courbes.

Suites opératoires. — Des plus simples, comme à l'ordinaire. La malade sortie 7 décembre, ne souffrant plus du tout.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 70 (Wassilieff) Piiosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée D..., Angèle, âgée de 40 ans, entre le i4 novembre 189 1, à la Maison nmnicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 16 ans, pendant six mois, puis interruption jusqu'à l'ftge de 18 ans. A eu deux enfants et une fausse couche il y a cinq ans. Soulfre depuis six ans et demi, mais surtout depuis quatre ans. Douleurs prénienstruelles d'abord, avec pertes blanches, puis douleurs continues, avec frissons et nausées aux époques. Depuis un an, les douleurs, localisâmes d'abord au côté gauche du bas-ventre, se manifestent égaknnent à droite, intermittentes au début, actuellement continuelles et exaspérées par les règles.

Pesanteur dans le bas-ventre et gêne considérable pendant la marche. Celte femme, autrefois bien portante et encore grasse, a perdu peu à peu l'appétit et les forces depuis trois mois. Depuis cette époque également elle a des frissons le soir, la miction est fréquente, douloureuse. Constipation opiniâtre. Selles parfois douloureuses.

Examen. — Col normal. L'utérus est immobiUsé en rétroversion. Les culs-de-sac latéraux sont remplis par deux tumeurs, dures, bosselées, très douloureuses, ayant le volume d'une très grosse orange.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale, le 21 novembre 189 1. — Utérus très-peu

abaissable pendant la prctnièro étape du morcellement. Ouverture d une première poche purulenle à droite, d'une deuxième poche purulente petite à gauche. Annexes droites perdues dans une masse d adhérences.

Durée de l'opération : vingt mhmtes. Trois pinces.

Suites opératoires. - Nulles. Aucune réaction de la température ni du pouls. Les pinces sont retirées au bout de quarante-huit heures. La malade urine seule et va à la selle. Les tampons sont retirés le quatrième jour.

La malade se lève le quinzième jour et quitte l'hôpital complètement guérie au bout de vingt-cinq jours.

Revue en février 1894. Etats local et général parfaits.

Observation 71 (Personnelle)

Hystérectoinie complémentaire chez une malade laparotomisée pour ' une double lésion des annexes et à laquelle on avait laissé l'ovaire droit devenu suppuré et très adhérent. — Guérison.

M""» Dr..., t\gée de 34 ans, réglée à i4 ans, s'est mariée à 19 ans, est devenue immédiatement enceinte et a fait une fausse couche de 3 mois. En i878, elle fait une deuxième fausse couche de 3 mois. Le professeur Richet la traite en 1880 pour une endométrite (cautérisations du coi, tampons). En i883, troisième fausse couche de 3 mois, puis poussées successives de salpingite jusqu'en 1888, où le D' Terrillon fait une laparotomie, enlève la totalité des annexes gauches et la trompe droite, mais laisse l'ovaire droit très adhérent. La malade fut soulagée pendant 2 ans, puis recommença à souffrir violemment dans le côté droit.

Au mois de janvier 1891, elle a rendu spontanément une assez grande quantité de pus par le vagin. Une aiiiélioration de trois mois a suivi cette évacuation ; puis les douleurs ont reparu très violentes au niveau de l'ovaire droit dont le volume a celui d'une mandarine et qui est extrêmement douloureux.

A cause des douleurs qui obligent la malade à rester presque constamment couchée, il y avait indication, soit d'enlever l'ovaire droit par une deuxième laparotomie, soit de pratiquer l'hystérectomie.

Hystérectomie vaginale, le 23 novembre 1891. — Morcellement en deux étapes. La décorlicadon complète des annexes droites est impossible, tant elles sont adhérentes, on les résèque en partie. La poche, du volume du poing, formée aux dépens de l'ovaire, est remplie de pus fétide.

Durée : trois quarts d'heure. Quatre pinces.

Suites opératoires. — Température normale, sauf 38' le soir du deuxième et du troisième jours. Pouls à 120 le premier et le deuxième jours.

Ablation des pinces au bout de /;8 heures, des Uimi)ons le quatrième jour.

Aucun incident de convalescence.

La malade se lève au bout de 20 jours et part complètement guérie le trentième jour.

Revue en mai i8c)4. Élat nerveux très amélioré. État local partait. Guérison absolue.

Observation 72 (Wassilieff)

Hj-stérectomie complémentaire pour fistule purulente après laparotomie.

Guérison.

La nommée F..., Eugénie, âgée de 3i ans, entrée le 22 novembre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, a eu un enfant, il y a huit ans. Depuis cette époque, a soullert du côté droit du ventre, à chaque époque mensiruelle d'abord, puis d'une façon continue. 11 y a deux ans, les douleurs apparurent également à gauche. Perles blanches dans l'intervalle des règles. Pesanteur continuelle dans le bas-ventre; de temps en temps, douleurs en urinant.

Il y a dix-huit mois, les phénomènes devinrent très intenses, douleurs violentes, miction très fréquente et douloureuse, frissons, nausées. La malade entra à l'hôpital Saint-Louis, où M. Tuffier fll, par laparotomie, l'ablation des annexes droites, dit la malade.

Environ quinze jours après la laparotomie, il se forma, à l'extrémité inférieure de la cicatrice, un petit abcès qui resta fistuleux. La fistule fut dilatée, curée, cautérisée sans succès. La malade quitta Saint-Louis avec sa fistule.

Depuis six mois, douleurs dans le bas-ventre, à droite et à gauche, mictions fréquentes et douloureuses, perte de l'appétit et des forces, suppuration assez abondante par la listule. Pas de règles depuis trois mois.

Examen. — Fistule profonde de cinq centimètres se dirigeant en bas, en arrière et à gauche.

Palpation douloureuse à gauche et à droite, où l'on sent un empâtement ditTus. Au toucher, cul-de-sac antérieur un peu douloureux, cul-de-sac gauche, peu saillant, également douloureux, culs-de-sac droit et postérieur remphs par une masse arrondie, très douloureuse, qu'on n'arrive pas à limiter parle palper à sa partie supérieure. Utérus dévié à droite, immobile.

Diagnostic. — Suppuration pelvienne probable.

Hystérectomie vaginale, le 23 novembre i8c)i.— Morcellement facile, ouverture d'une petite poche purulente à gauche. Annexes absentes

de ce côlc Annexes droiles assez adhérenles, avec flilalation considérable de la ironipe, d'ailleurs IViable. Ablalion complèlc. liuiL pinces. Durée : 40 minutes.

Suites opératoires. - Simples, mais les douleurs de la miction surtout, dit la malade, persistent.

La malade a subi depuis trois laparotomies pour adhérences. Actuellemenl, septembre iSgS, elle va très bien.

Observation 78 (Wassilieff) Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée B..., Marguerite, âgée de 3o ans, entre le 21 octobre 1891, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à seize ans et demi, ayant eu deux enfants. Souffre depuis trois ans dans le bas-ventre, à chaque époque menstruelle. Depuis un an environ, les règles s'accompagnent de violentes douleurs, de nausées, de vomissements même et de frissons ; elles ont cessé pendant deux mois et actuellement sont revenues avec les symptômes de pelvipéritonile.

A son entrée le ventre est ballonné, extrêmement douloureux, le faciès est grippé, il y a des vomissements, des frissons, le pouls est petit, très-rapide, la température élevée (Sg-S). Le toucher vaginal est très douloureux. Léger écoulement sanguinolent.

Injections chaudes, piqûre de morphine, sérum artiliciel. La malade a été antérieurement traitée parles pointes de feu et les vésicatoires.

On attend que la période aiguë soit passée.

Examen. — Trois semaines après l'enlrée. Palpation possible, mais douloureuse, empâtement diffus au-dessus du pubis, paroi abdominale infiltrée.

Au toucher, utérus très-haut, immobile, culs-de-sacs latéraux effacés et douloureux. Cul-de-sac postérieur très-douloureux et empâté.

Diagnostic. — Salpingite double probablement suppurée.

Hjstérectomie vaginale, le 5 décembre x 8 px.— Morcellement régulier en trois étapes, pas de poches purulentes, adhérences solides en ai'rière. Annexes mastiquées dans le bassin, ablation incomplète. Les lambeaux de trompes enlevés sont hypertrophiés. La paroi tubaire a le volume du petit doigt.

Durée de l'opération : 3o minutes. Six pinces dont deux courbes.

Suites opératoires. — Ablation des pinces le 7 décembre. Ilémorrhagie après la dernière pince. Syncope. Tamponnement iodoformé. Injection 'd'éther, deux injections d'ergotine, glace intus et extra, Champagne, quatre-vingts grammes de sérum dans la journée. Le pouls est petit, très-fréquent (i4o) ; la malade est très pâle ; température, 36°5.

Le soir riiéinorrhagic ne s'est pas reproduite, la température est de 3^*, le pouls est toujours Iréqueiil.

La gaze reste en place huit jours. On l'enlève au bout de ce temps et dès lors la guérison s'elleclue rapidement ; la malade sort, en eftel, le 3i déceiubre 1891, 20 jours après l'opération.

A été saignée en janvier 1893 pour des bouil'ées gênantes. Actuelienient (mars 1894), guérison absolue.

Observation [74 (Personnelle)

Pjosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

Marie Moutt..., âgée de 36 ans, sage-femme, entre à la Clinique Baudelocque, service du professeur Pinard, le 10 décembre 1891.

Antécédents. — Réglée à i3 ans 1/2 d'une façon normale, elle a eu trois grossesses régulières dont la dernière il y a quinze ans.

11 y a douze ans, elle a souffert d'une pelvi-péritonite (ballonnements, douleurs, lièvre), pendant quatre mois.

Seconde pelvi-péi'itonite il y a cinq ans, qui l'a forcée à garder le lit pendant six semaines.

Troisième pelvi-péritonite il y a deux ans, la malade est alitée pendant quatre mois.

Quatrième pelvi-péritonite il y a huit mois, la malade est aUtée pendant trois mois.

Depuis lors, elle souffre toujours à gauche, surtout quand elle marche ou quand elle est fatiguée. Pendant ses règles elle souffre non seulement du côté gauche, mais encore du côté droit.

Depuis dix ans jusqu'à il y a dix-huit mois, M. Pinard lui a enlevé quatre petits polypes sur la lèvre postérieure du col utérin.

Après les poussées aiguës de pelvi-péritonite, M. Pinard a constaté plusieurs fois l'évacuation d'une collection purulente dans le rectum, le vagin et la vessie.

Examen. — Utérus en rétroversion adhérente. A droite, les annexes ont le volume d'une mandarine et sont très douloureuses ; à gauche, elles ont le volume d'un œuf de poule. Elles semblent kystiques des deux côtés.

Diagnostic. — Rétroversion adhérente. Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale, le 16 décembre i8gi. — Morcellement en trois étapes. Les deux trompes, du volume du pouce, rempUes de pus, entourent les ovaires kystiques. Elles sont enlevées en totalité.

Durée : trente minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Aucune rcaclion. Ablalion des pinces au bout de quarante-huil heures, des tampons le quatrième jour.

La malade se lève le vingtième jour et quitte Baudelocque complètement guérie au bout de six semaines.

Revue en mars 1894. Etats général et local parfaits. Se plaint de temps à autre des crises de cystalgie. Toujours nerveuse, niais guérison complète.

Observation T6 (Wassilieff) Salpingite parenchymateuse double.— Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Quin. . ., Cécile, âgée de 26 ans, entrée le 29 décembre 1891 à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bien réglée jusqu'à l'âge de 22 ans, mais présentant de temps à autre des douleurs abdominales aux époques menstruelles.

11 y a 4 ans, à la suite de son accouchemont, a souffert violemment dans le bas-ventre et a eu des frissons et quelques envies de vomir.

Au bout de six semaines les phénomènes aigus s'étaient calmés, mais la malade continua à souffrir sourdement de chaque côté du basventre. Au moment des règles et quelques jours avant les douleurs devenaient très vives, il y avait des pertes blanches, des frissons, rarement des nausées ou des vomissements. Les douleurs étaient surtout prononcées à gauche, quoique existant des deux côtés. Pertes blanches dans l'intervalle dei règles.

Il y a un an a subi le curettage avec amélioration passagère. Peu à peu les douleurs se reproduisirent et devinrent aussi intenses qu'auparavant.

Examen. — Le ventre, non ballonné, est sensible à la pression au niveau des fosses iliaques, surtout à gauche ; on ne sent pas de tuméfaction.

Le col est normal, légèrement dévié à gauche, un peu haut situé.

L'utérus, un peu plus gros qu'à l'état normal, est peu mobile, les mouvements provoquent de la douleur. Cul-de-sac latéral droit effacé, contenant une tuméfaction douloureuse. Cul-de-sac gauche également effacé et très douloureux. On y sent une masse du volume du doigt, immobile, douloureuse et se continuant avec une autre masse située dans le cul-de-sac postérieur.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double.

Hj'stérectomie vaginale, le y janvier i8g2. — Trois étapes de morcellement assez faciles; adhérences solides dans le cul-de-sac postérieur. Annexes perdu{;s au milieu d'adhérences qu'on parvient néanmoins à détacher. Ovaires petits sclérosés.

Trompes du volume du pouce à parois très épaissies. Ablation totale. Durée de l'opéralion : 3o minutes. 5 pinces, 4 droites et une courbe.

Suites opératoires. — Sans réaction, sans accidents. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures. Les tampons le 4' jour. La malade va à la selle et urine seule.

Elle sort le 25 janvier 1892, 18 jours après son opération, conservant néanmoins encore un léger écoulemenl qui est lari complètement le •j février iSgS.

En novembre 1893, guérison absolue.

Observation 76 (Personnelle)

Salpingite pareiichj^mateuse double. — Ovaires scléro-kj'stiques. Opération de Péan. — Guérison.

M"" Lam. . . ., âgée de 35 ans, entre le 8 janvier 1892, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à quatorze ans, toujours régulièrement, a eu deux enfants à vingt-deux ans et demi et à vingt-quatre ans. A vingtcinq ans, elle contracte la syphilis, pour laquelle elle suit un traitement rigoureux. A vingt-huit ans, fausse couche de sept mois ; à vingt-neuf ans, deuxième fausse couche de trois mois.

Elle soulTre dans le ventre depuis ce dernier avortemenl. Les douleurs sont bilatérales, très violentes au moment des règles. La leucorrhée est abondante et fréquemment la malade a des mélrorrhagies. Depuis six ans, elle est condamnée à s'aliter fréquemment, à éviter la moindre fatigue. En somme, elle est dans une impotence presque totale. Elle est devenue nerveuse, dyspeptique.

A plusieurs reprises, elle a été traitée médicalement : tampons glycérinés, injections, révulsifs.

Examen. — Utérus gros, neuf centim. ; en rétroversion adhérente. Des deux côtés, tumeur annexielle du volume d'une mandarine, adhérente, dure, très douloureuse.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double.

Hystérectomie vaginale, le 16 janvier i8g2. — Morcellement en ti'ois étapes. Ablation complète des annexes très adhérentes. Les deux trompes tortueuses ont le volume du pouce et entourent comme un croissant les ovaires bourrés de kystes et triplés de volume.

Durée : cinquante minutes. Huit pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures : des tampons le quatrième jour.

Aucun incident. La nisiladc se lève le vingtième jour et part le i5 tcvrier, guérie.

Revue la dernière l'ois en novembre 189*3. Etat local parfait, quelques lunillecs ad moment des règles. Toujours nerveuse. Enchantée de son état.

Observation 77 (Wassilielî)

Périmétro-salngite i i — Pyosalpinx double. — Opération

de Péan. — Guérison.

Morte de tuberculose pulmonaire au bout de sept mois.

La nommée B..., âgée de 29 ans, entre le 11 janvier 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bien réglée jusqu'à 22 ans et généralement bien portante, sauf, dil-elle, des bronchites tous les Wvers ; cette malade, habitant la campagne, accoucha il y a deux ans. Elle conserva depuis des pertes blanches assez abondantes et des douleurs sourdes dans le basventre. Les règles devinrent irrégulières et peu à peu les douleurs devinrent si intenses qu'elle vint à Paris pour se faire opérer.

Examen. — Cette femme maigre, d'aspect plus vieux que son âge, souffrant continuellement depuis six mois et présentant des craquements au sommet du poumon gauche, soulfre à la palpation de chaque côté de la ligne médiane, au point que l'exploration est assez difficile. Au toucher, col déchiré à gauche, petit : cul-de-sac postérieur et latéral gauche, très-douloureux et rempli par une tuméfaction volumineuse peu nettement délimitable ; cul-de-sac droit et un peu en avant du col, effacé, douloureux, contenant également une tuméfaction diffuse. Utérus très-haut, immobile ; son fond n'est pas très-nettement sensible à deux travers de doigt au-dessus du pubis.

Frissons le soir, nausées, perte de l'appétit et des forces. Température vespérale toujours élevée (entre 38° et 39°6). Douleurs violentes.

Sous le chloroforme, masse du volume du poing, en avant et à droite de l'utérus, tuméfaction diffuse à gauche.

Hystérectomie vaginale, le 18 janvier i8g2. — Utérus non abaissable, adhérences postérieures étendues.

A la deuxième étape de morcellement, ouverture d'une .grande collection purulenie, en arrière et à gauche. Grand lavage au sublimé A la troisième étape, ouverture d'une deuxième collection purulente, en avant et k droite ; après ablation du fond de l'utérus, ouverture d'une troisième poche à droite. Ablation des annexes, sans qu'on puisse reconnaître les ovaires. L'intestin ne fut pas aperçu.

(L'examen bactériologique a montré qu'il s'agissait de tuberculose).

Durée de l'opération : quarante-cinq nunutes.

Baudi-oii. — IG.

Sept pinces dont quatre à gauche et trois à droite, deux courbes.

Suites opératoires. — Les jours suivants, douleurs assez intenses, avec vomissements, surtout le Iroisième jour après l'ablation des pinces. Tempéralure c'evée (39°5). Les injections sont Irès-douloureuses et provoquent des nausées. Huit jours après l'opération on s'aperçoit que des matières liquides (la malade ayant été légèrement purgée) passent j^ar le vagin. Lavages fréquents au sublimé. La malade ne paraît pas se relever l^eaucoup ; les douleurs persistent ainsi que la fièvre ; la malade tousse beaucoup et a de la peine à respirer : rAles des deux côtés de la poitrine, sueurs nocturnes, pas d'appétit, amaigrissement plus prononcé qu'au moment de l'entrée ; des eschares commencent à se Ibrmer au niveau du sacrum.

Morte de tuberculose pulmonaire au mois d'avril 1892. La fistule stercorale n'était pas fermée.

Observation 78 (Wassifieff) Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée B. . ., âgée de 89 ans, entre le 12 janvier 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Entrée une première fois en juillet dernier pour des douleurs pelviennes et des pertes blanches. Cette malade a subi, à cette époque, un curettage qui procura ime amélioration d'environ trois mois. Puis les douleurs réapparurent, non-seulement d(i côté droit, mais aussi du côté gauche. Ces douleurs, précédant les règles de huit jours, étaient et sont encore très violentes ; elles s'accompagnent d'un écoulement rougeâtre assez abondant, immédiatement avant les règles, et de pertes blanches dans l'intervalle. Nausées, frissons aux époques menstruelles. Pesanteur dans le bas-ventre, constipation opiniâtre, ballonnement habituel du ventre, perte de l'appétit et des forces.

Depuis un mois, douleurs intermittentes dans les reins, pertes plus abondantes, douleurs violentes de chaque côté de l'hypogastre.

Examen. — Utérus en antéversion, col dévié à gauche, peu volumineux. Culs-de-sac latéi-aux elTacés, douloureux et par lesquels on sent une tuméfaction de chaque côté de l'utérus, tuméfaction du volume du doigt à gauche, plus volumineuse à droite et se continuant de ce côté avec une tumeur située dans le cul-de-sac postérieur. Utérus assez mobile, mais les mouvements provoqués sont douloureux.

Hystérectomie mgina'e, le 121 janvier 1892. — Morcellement facile en trois étapes. Annexes adhérentes, surtout à droite, mais éimcléables.

Ablation tottUe. Les trompes présentent les lésions typiques de la salpingite hyperlrophique parenchymateuse. Les ovaires sont bourrés de petits kystes.

Durée de l'opération : 35 minutes. Six pinces, dont deux courbes.

Suites opératoires. — Très simples, sans aucune réaction. Le neuvième jour, tout allait bien ; l'appétit éltiit revenu.

Revue en juillet iSgS. États général et local parfaits. Légère induration de la cicatrice vaginale, à droite. Guérison complète.

Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. Guérison opératoire. — Morte de diphthérie.

La nommée L..., âgée de Sa ans, entre le 26 janvier 1892 à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Cette malade vient du service de M. le docteur Lécorché, où elle était entrée pour des douleurs abdominales et des pertes blanches. Elle souffre depuis trois ans dans le bas-ventre principalement à droite. En 1891 elle a été curettée dans le service de, M. Pozzi.

La marche est devenue très pénible. Constipation opiniâtre. Perte de l'appétit et des forces. Amaigrissement assez marqué. Règles douloureuses.

Examen. — Le palper hypogastrique est douloureux de chaque côté du bas-ventre ; au toxicher, utérus avigmenté de volume, mobile : culsde-sacs latéraux effacés, douloureux ; on y sent une masse du volume du poing, un peu plus petite à gauche, immobile : dans le cul-de-sac postéi'ieur empâtement diffus, mais pas de tumeur nettement déhmitable.

Frissons le soir, très Iréqucnuiient, mais surtout douleurs intenses.

Hystérectomie vaginale, le 3o janvier 1892. — Utérus assez facilement abaissable. Morcellement en trois étapes. Annexes droites volumineuses, très adhérentes, ablation partielle. Annexes gauches énucléables, ablation totale.

Sept pinces dont deux courbes. Durée de l'opération : quai'ante minutes.

La trompe droite a le volume du pouce. Ses parois sont épaissies, lardacées, elle contient dans sa cavité d'abondantes fongosités, mais pas de liquide. La trompe gauche présente les mômes lésions, mais à un moindre degré.

Suites opératoires. — Elles l'urcnt des plus sinij)lcs. Aucune réaction de la lenipéralure ni du i)ouls. Les pinces sont enlevées au bout de quarante huit heures. Les tampons le quatrième jour. La malade va à la selle et urine seule.

Le dixième jour, elle se plaint de mal de gorge. On constate des fausses membranes sur l'amygdale droite. Rapidement ces fausses njeudjranes gagnent le voile du palais, les ganglions s'engorgent. El en trois jours la malade meurt de diphthérie hypertoxique.

Observation 8o (i)

Double pyosalpinx inopérable par laparotomie en i88S, actuellement fistuleux dans la vessie et le rectum. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée B..., âgée de 42 ans, entre à l'hôpital Gochin le 26 janvier 1892, service de M. le docteur Schwartz.

Antécédents. — A été opérée au mois d'août 1888 pour double salpingite. On fit la laparotomie, mais il lut impossible d'enlever quoique ce soit : fusion de la trompe et de l'ovaire droit avec des anses intestinales et l'épiploon.

On referma le ventre après avoir déchiré des adhérences à la paroi et au bassin. La malade fut soulagée pendant deux ans et demi ; depuis six mois elle est reprise d'accidents douloureux. Un abcès s'ouvre dans l'intestin et la vessie. Elle rend des gaz par la vessie, même des matières quand elle a la diarrhée. Cystite purulente intense.

Examen. — On constate une éventration de la cicatrice, qui ne s'est produite que dans les derniers mois.

Utérus fixé dans le bassin ; impossible de l'al^aisser.

Tumeiu-s dans les culs-de-sac à droite et à gauche surtout, douloureuses.

Etat général mauvais : vomissements, amaigrissement. Etat cachectique.

Hjstérectomie vaginale, le 2 février 1892. - Morcellement. CoUections ouvertes avec des coups de ciseaux, pus infect. 8 pinces. Durée : 2 heures.

Suites opératoires. - Choc traumatique. Temp., 34''5. Glace sur le ventre le soir. Caféine, éther, Champagne.

Pas de température les jours suivants. Perte de moins en moins de matières par la vessie. Lavages boriques. Plus de gaz. Etat général se remonte.

(1) Celle observation a été rédigée par M. le docteur Schwarlz, dans le service duquel la malade fut hyslérectomisée par M. le docteur Segond.

Le 17 février. Hors de cause el iie souH're plus. La fistule vésicale est fermée.

Elle quille l'hôpital le 20 mars 1892, ne souffrant plus, perdant encore quelques gouttes de pus par le vagin.

Couiplètement cicatrisée en mai 1892. Etat parlait.

Observation 81 (Personnelle)

Salpingite double. — Curettage. — Hématocèle suppurée conséculive. Opération de Péan. — Guérison.

La nonmiée D.. ., âgée de 26 ans, entre le 4 février 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Héréditaires et personnels, excellents. A été réglée à 16 ans d'une façon régulière et normale.

A 17 ans 1/2 elle fait une fausse couche de 7 mois suivie d'une pelvipéritonite qui la tient 4 mois au lit. Elle guérit complètement et pendant 3 ans la guérison persiste.

A l'âge de 21 ans, nouvelle poussée aiguë qui dure 2 mois ; depuis lors, la malade souffre constamment dans la région des annexes, sm'tout à droite. Les douleurs, ordinairement sourdes et supportables, s'exaspèrent au moment des règles el chaque fois que la malade fait un excès de coït, elle est obUgée de s'aliter quinze jours ou trois semaines.

Les règles cependant restent- réguUères et normales. Jamais de métrorrhagie, seulement une leucorrhée surtout intense au déclin des règles.

La malade entre à Dubois le 4 février 1892.

Examen. — Utérus en antéversion = 8 centim. 1/2. Col sain. Ecoulement muco-purulent abondant.

A gauche : trompe dure, du volume du petit doigt, peu douloureuse ; ovaire adhérent aux parois pelviennes.

A droite : salpingo-ovarite du volume d'un œuf de poule, dure, bosselée, très adhérente.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite parenchymateusc (ancien pyosalpinx) à droite. Salpingite catarrhale gauche.

Curettage de l'utérus le 6 février. Fongosités abondantes.

Suites opératoires. — La malade se lève le 2' jour de son curettage. Le soir la température atteint 38° 8, le venlre est douloureux, ballonné. Quelques vomissements muqueux. Le pansement intra-utérin est enlevé el l'on installe des injections antiseptiques et de la glace sur l'abdomen.

Les culs-dc-sac sont douloureux, l'ulérus esl iiiunobilisc'; innis on ne perçoit point de tumeur autre que celles relevées par l'examen anUV rieur. Une rémission se produit le jour et dure jusqu'au lo'. Malgré les défenses les plus expresses, la malade se lève : presque aussitôt elle esl prise d'une douleur jd)dominale violente presque syncopale, avec vomissements abondants ; la température s'élève à 38°. Repos absolu, glace, morpliine.

Le i4* jour, un examen peut faire reconnaîti-e une énorme tumeur fluctuante qui remplit le cul-de-sac de Douglas et remonte à quatre travers de doigt au-dessus du pubis, accolant l'utérus contre la symphyse.

Diagnostic. — Hématocèle suppurée.

Le lendemain, 21 février, la malade est anesthésiée et l'on pratique l'incision large du cul-de-sac postérieur. Il s'écoule deux litres environ de sang noirâtre mélangé de pus.

M. Segond fait alors l'examen des annexes et, reconnaissant qu'ils sont malades des deux côtés, pratique l'hyslérectomie vaginale.

L'ivystérectomie vaginale est faite en trois étapes.

Le cul-de-sac antérieur ouvei't donne accès dans deux poches contenant chacune un verre de pus épais.

Les annexes sont laissées en place, la cavité péritonéale n'est pas ouverte. Durée : 35 minutes. Six pinces, trois de chaque côté.

Suites opératoires. — Nulles. La malade ne souffre pas de ses pinces qui sont enlevées, comme d'habitude, après 48 heures.

Depuis ce jour la température retombe à 37° et s'y maintient .

La malade quitte l'hôpital le 19 mars; il persiste un peu d'écoulement vaginal dû au sphacèle de la trompe et de l'ovaire gauche qui, prolabés* entre les lèvres de l'incision vaginale, se sont mortiliés.

Revue en mars 1894. Etats général et local merveilleux.

Observation 82 (Personnelle) Pjosalpin.x double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée L..., âgée de 3o ans, entre le 24 février 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Héréditaires: bons. Personnels: bonne santé habituelle. Fièvre typiioïde dans l'enfance (8 ans 1/2). La malade, depuis lors, est presque totalement sourde.

Réglée à i4 ans, toujours normalement. Une grossesse terminée normalement le i" août 1882.

Le i5 août i883 la malade l'ail une chuie dans un escalier, qui détermine mie nuHrorrhagie assez abondante. Aprôs quinze jours de repos la guérison est complète.

C'est vers les premiers jours de mars i885 que la malade éprouva les premiers symptômes douloureux du côté de l'utérus ; une leucorrhée abondante survint bientôt. Elle n'a cessé dès lors d'être soignée sous l'étiquette : Mélrite chronique. Il semble cependant qu'à plusieurs reprises, depuis 1889, il se soit fait des poussées aiguës vers les annexes, en particulier celles de droite, des traces de vésicatoires, de pointes de feu en sont les témoins.

Quoiqu'il en soit, il y a 5 mois, la malade vit apparaître un écoulement abondant de couleur rosée, d'odeur fade, presque fétide. Bientôt s'ajoutèrent des métrorrhagies survenant presque tous les quinze jours et d'une abondance extrême.

Le 8 février dernier, elle est prise de douleurs expulsives (comme pour accoucher, dit-elle) très violentes. Le 10, les douleurs semblent se calmer mais la fièvre apparaît, puis des vomissements, du météorisnie, une constipation presque opiniâtre. Tous ces phénomènes s'aggravent et la malade, sur les "conseils de son médecin, le docteur Fauquez, entre à Dubois le 24 février.

Examen. — Entre les lèvres du col dilaté on sent un polype de la 'grosseur d'un œuf de poule faisant saillie dans le vagin. 11 est sphacélé.

En arrière de l'utérus antéversé on sent une tumeur réniten te faisant saiUie dans le cul-de-sac postérieur et dans la fosse iliaque droite, à deux travers de doigt au-dessus du pubis. A gauche, on limite diflicilement une tumeur du volume du poing.

Le 27 mars, M. Segond pratique l'ablation du polype et draine la cavité utérine après l'avoir lavée avec plusieurs litres de sublimé au 2/1000'.

Cette intervention n'ayant amené aucune détente (Température vespérale, 39°. Pouls, 120 Vomissements, météorisnie), M. Segond intervient de nouveau.

Hy stéréotomie vaginale le5 mars iSq2. — La malade, étant endormie, on constate la présence de deux tumeurs fluctuantes séparées de l'utérus : l'une à droite, du volume d'une tête d'adulte, remontant à quatre travers de doigt du pubis, l'autre à gauche, de la grosseur du poing.

Le diagnostic posé est pyosalpinx double.

M. Segond se dirige d'abord sur la tumeur droite qui bombe dans le cul-de>sac postérieur. Il l'eil'ondre, et il s'en écoule un flot de pus fétide.

L'utérus est morcelé en trois étapes. Au cours du morcellement une deuxième poche suppurée est elTondrée, ainsi que plusieurs kystes séreux. Le pyosal| inx gauche est crevé au moment de l'al^lalion du fond de l'utérus.

Six pinces : Quatre à droite, dont une courbe; deux à gauche.

Durée de l'opéiMlion : 3o ininules.

On constate que le péritoine n'a pas été ouvert et que l'utérus a été énucléé du milieu de poches purulentes qui, toutes, sont ouvertes.

Suites^ opératoires. — Dès le soii«, la t(;iupérature tombait à 'M^'H. Le lendemain et les six premiers jours, elle atteignit 38% puis retomba à 37°, où elle s'est maintenue.

Les pinces, enlevées après quai-ante-huit heures, ont été fort bien supportées.

Rien à noter jusqu'au seizième jour.

Le soir du seizième jour, la malade se plaignit d'un sentiment de pesantem- dans la fosse iliaque droite. Le toucher, prudemment pratiqué, fit découvrir un empâtement, comme un petit abcès : on prescrit quatre grandes injections à 45° par jour.

Le lendemain apparaît un phénomène curieux. Deux heures environ après avoir mangé, la malade était prise de crises violentes dans la région cœcale. Au moment des douleurs, on sentait très nettement se dilater sous la main une anse intestinale qui, subitement, s'affaissait. Le paroxysme de la doulem- correspondant à la période de dilatation, rabaissement subit, au contraire, causait un bien-être notable. Pendant huit jours, ces crises reparurent régulièrement deux à trois heures après les repas. L'expUcation suivante peut en être donnée : Il existait dans la fosse iliaque droite un magma supra-vaginal, au miheu duquel un point du tube digestif était rétréci par des adhérences. Le passage du bol alimentaire au niveau de ce point rétréci, son arrêt momentané avant de le franchir rendent peut-être compte de la douleur et de la sensation de dilatation qu'on observait.

Les crises douloureuses étaient atténuées par l'ingestion de cinq à dix gouttes de laudanum une heure après les repas. Sous l'influence d'injections et de bains sulfureux quotidiens, ces phénomènes disparurent. Le 29 mars, la malade évacua par le A agin un demi-verre de pus.

L'écoulement vaginal diminua peu à peu, et le 9 avril la malade quittait Dubois, ne souffrant plus, perdant à peine. Le toucher, d'ailleurs, démontra l'assouplissement presque complet de toute la région pelvienne.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 83 (résumée) (Personnelle)

Périrriétro-salpingite. — Abcès pelvien autrefois ouvert dans le rectum. Opération de Péan. — Guérison.

Femme de Sa ans, opérée le 8 mars 1892 par M. le docteur Segond, dans le service de M, le docteur Monod, à Saint-Antoine.

Utérus absolument enclavé au milieu de poches purulentes multiples. Femme très cachectique.

Hjstérectornie mg-ina/e, le 8 mars iSgs. — Morcellement par étapes et évidement sur le fond de l'utérus. Ouverture de trois collections, dont deux latérales purulentes et une sur le ibnd de l'utérus, séreuse.

Durée : une heure un quart. Six pinces. Suites opératoires parfaites.

Guérison sans fistule.

Observation 84 (Personnelle)

Dégénérescence scléro-kystique des deux ovaires. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée D , âgée de 32 ans, entrée le 6 mars 1892, à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Cette malade, dont les antécédents héréditaires sont excellents, a été réglée à 12 ans toujours régulièrement, mais pas une seule fois sans éprouver de violentes douleurs, au point qu'à certaines crises elle dut s'aliter. Dans l'intervalle des règles aucune douleur.

Elle se marie à l'âge de 23 ans et accouche d'un enfant vivant à terme, au bout de neuf mois. Trois ans plus tard (il y a sept ans) elle fait une fausse couche de six semaines.

Depuis cette fausse couche, elle se plaint de douleurs constantes, toujours exaspérées au moment des i:ègles et plus vives du côté des annexes gauches.

Il y a trois ans, M. Bouilly lui fait une périnéorrhaphie pour une déchirure datant de son premier accouchement.

A peine guérie, elle contracte vraisemblablement une blenuorrhagie (pertes verdâtres abondantes, cystite). Elle s'adresse alors à M. Péan qui lui met un pessaire et lui fait près de six mois des pansements glycérinés hebdomadaires.

Son état ne s'améliorantpas, elle entre à Dubois il y a dix-huit mois (septembre 1890) et subit un curettage. Un deuxième curettage est pratiqué par mon collègue Thiercehn, qui met en outre des pointes de feu sur le col.

Aucune de ces interventions n'a soulagé la malade. Les douleurs persistent, seule la leucorrhée a un peu diminué

Elle entre de nouveau le 6 mars 1892 à la Maison Dubois.

Examen. — Utérus en antéversion = huit cenlim. et demi. Col dur, cicatriciel.

A gauche : ovaire doublé de volume très-adliérenl, très-douloureux, trompe flexueuse de la grosseur du petit doigt, i'acile à séparer de l'ovaire par la double palpation.

A droite : petite masse ovoïde conune un petit œuf de poule, accolée à l'utérus, Ibrmée par l'ovaire et la trompe. Moins douloureuse qu'à gauche.

Diagnostic. — Dégénérescence scléro-kystique des deux ovaires. Salpingite catarrliale double.

Hjstérectomie vaginale, le lo mars iSga. — Deux étapes. Ablation complète des annexes gauches, incomplète des annexes droites dont un petit fragment de l'ovaire reste adhérent.

L'ovaire gauche contient un kyste hématique du volume d'une noix et plusieurs petits kystes de la grosseur d'un pois. La trompe, épaissie, a le volume du petit doigt, son pavillon est oblitéré.

L'ovaire droit est bourré de petits kystes; la trompe rouge, épaissie, est oblitérée.

Durée de l'opération : trente minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Nulles, pas d'élévation fébrile. Ablation des pinces après quarante-huit heures.

La malade se lève le dix-septième jour et part complètement guérie le vingt-unième jour.

Revue en juillet i89'3 pour la dernière fois. BoulTées menstruelles qui ont nécessité deux saignées : mars iSg3, juillet iSy'i. En mars 1894, guérison complète.

Observation 8îj (Personnelle)

Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan.

Guérison.

La nommée L. . ., âgée de 3i ans, entre le 7 mars 1892, à la Maison municipale de santé, service de M. le Docteur Segond.

Antécédents. — Cette malade, dont les antécédents héréditaires sont excellents et la santé habituelle parfaite, a été réglée à 12 ans et demi d'une façon toujours régulière et normale.

Mariée à 20 ans, elle fait une fausse couche de six mois et demi à 21 ans, puis a quatre accouchements à terme : à 23, 24 1/2, 26 1/2 et 29 ans .

La fausse couche tardant à se faire et la dilatation étant complète, une sage-femme appelée fit la rupture de la poche des eaux avec une épingle à cheveux. C'est de cette époque que datent les premières

douleurs de la malade. Ces douleurs, unitiuenienl localisées vers les annexes gatu^hes, s'.iccusaienl (pielques jours avant les iy\cs. Leu- *corrhée légère. Menslrualion régidière : pas de métrorrhagie.

Après le troisième accouchement (il y a quatre ans et demi), aggravation de tous les symptômes, surtout du phénomène douleur. Apparition de trouliles dyspeptiques; digestions pénibles, constipation, ilalulence. En même temps, le caractère de la malade devint nerveux. L'état local se complique d'un malaise général indéfmissable.

11 y a deux ans, le dernier accouchement se complique d'un état puerpéral (Frissons, fièvre, phlébite de Igi jambe gauche), qui oblige la malade à garder le lit près de deux mois.

Au mois de mai 1891, poussée douloureuse aiguë dans les annexes droites : la malade reste couchée quatre mois.

Au mois de janvier 1892, à la suite de l'induenza, la malade ressentit des douleurs violentes dans la région des annexes droites.

Elle vient à Paris et consulte MM. Tillaux et Pozzi, qui diagnostiquent une salpingo-ovarite double kystique prédominante à gauche et proposent la laparotomie.

La malade entre à Dubois le 7 mars 1892.

Examen. — Utérus antéversé = 8 centim. et demi. Col gros, sain. A gauche, tumeur rénitente du volume du poing nettement séparée de l'utérus ; à droite, tumeur dure du volume d'un œuf, très adhérente, plus douloureuse à la pression que celle de gauche.

Même diagnostic que MM. Tillaux et Pozzi.

État général excellent.

Hjstêrectomie vaginale, le 1 1 mars i8q2. — Le diagnostic est conlirmé sous chloroforme. L'utérus est morcelé en trois étapes. Ablation complète des annexes gauches. La trompe est épaissie et a le volume du petit doigt, elle contient une demi-cuillerée à café de sérosité louche. L'ovaire a le volume d'un œuf de dinde. Il contient un kyste séreux gros comme une noix et est bourré de petits kystes à contenu séreux.

Ablation incomplète des annexes droites. L'ovaire est bourré de petits kystes. Le segment interne de la trompe épaissie est seul enlevé.

Incidents opératoires. — Dès l'ouverture des culs-de-sac, l'intestin fait hernie et est maintenu à grand'peine par des éponges. Une pince courbe placée sur le pédicule des annexes droites, ayant saisi une éponge, dérape au moment où l'éponge est retirée. Elle est replacée facilement.

Durée de l'opération : 35 minutes. Dix pinces : Six à droite, dont une courbe; quatre à gauche, dont une courbe.

Suites opératoires. — Température se maintient à S^", excepté le soir du deuxième jour, le matin du troisième, le matin du quatrième, où elle atteint 38*.

A noter des voinisseiiients incoercibles qui ne cessent que le soir du quatrième jour, à la suite d'une piqûre de morphine au creux épigastrique.

Les pinces sont enlevées au bout de quarante-huit heures. La glace le septième jour.

La malade se lève le dix-huitième jour et quitte l'iiôpital, complètement guérie, le 5 avril 1892.

Revue en mars 1894. États général et local parfaits. Guérison absolue.

Observation 86 (Personnelle)

Fihrôme sous-muqueux du fond de l'utériis. Aniiexite suppurée bilatérale. — Pelvi-péritonite. — Opération

de Péan. — Guérison.

La nommée S , âgée de 32 ans, entre le 18 avril 1892, à la

Maison nmnicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents héréditaires. — Père mort tuberculeux, mère l)ien portante.

Antécédents personnels. — Dans l'enfance, rougeole suivie d'otite qui a laissé une »surdité surtout accusée à l'oreille gauche.

Réglée à 14 ans, toujours normalement, mariée à 22 ans. Pas d'enfants ni fausse couche. Jamais de douleurs dans le bas-ventre ni de leucorrhée.

Au mois de mars 1891, la malade fut prise de ménorrhagies abondantes. Les règles, jusque-là normales comme quantité et comme durée, deviennent extrêmement profuses et durent de huit à douze jours. A partir du mois de juillet des métrorrhagies apparurent dans l'intervalle des époquè.i et les pertes de sang devinrent bientôt incessantes. C'est dans ces conditions que la malade vit M. Doléris qui, au mois de janvier 1892, pratiqua le curettage de l'utérus et l'amputation du col (Schroeder). Il fit également plusieurs séances d'électrisation. Cette médication échoua. Les métrorrhagies persistèrent et vers le commencement de mars, elles se compliquèrent de douleurs assez vives dans la région des annexes avec prédominance du côté gauche. La malade dit avoir eu à ce moment du ténesmc rectal et vésical, des vomissements, de la fièvre. Les symptômes aigus s'apaisèrent sous l'influence d'un traitement médical ; mais les métrorrhagies continuant, la malade entre à Dubois le 18 avril 1892.

Examen. — A son entrée, malade pale, anémiée, anorexie complète; état saburral. Constipation.

Poumons. — Aux deux soinincls, submalilé sous-claviculail'e plus accusée à droite. Inspiration rude et saccadée. Expiration prolongée.

Cœur. — Léger bruit de galop.

Urines. — Traces d'albumine. Pas d'œdème des membres inférieurs.

Examen. - Utérus très-gros remonte à trois travers de doigt au-dessus du pubis. Col complètement eftacé, se continue presque sans la ligne de démarcation avec les culs-de-sacs vaginaux. Ceux-ci sont complètement t'ilacés ; ils sont remplis par des masses dures irréguliôres nullement iïuctuantes. La palpation abdomino-vaginale permet de reconnaître de chaque côté de l'utérus deux tumeurs annexielles ; celle de gauche a le volume d'une tête de lœtus ; elle se prolonge dans leçul-de-sac de Douglas, dédoublant la cloison recto-vaginale, de sorte que cette tumeur présente ' une forme assez réguUèrement ovoïde à petite extrémité inférieure.

A droite, la tumeur a le volume d'une orange.

Hjstérométrie z= huit cent, et demi dans l'axe de l'utérus. Neuf cent, et demi si l'on incline le cathéter vers la corne droite. Il est donc probable qu'il existe au niveau de la corne gauche un librôme sousmuqueux qui est la causé des métrorrhagies.

Au spéculum, le col largement entr'ouvert est sain. (Le 21 avril, ponction exploratrice de la tumeur postérieure).

Hystérectomie vaginale, le a3 avril 1892. — Le col, extrêmement réduit par l'opération de Schroeder, est assez difficilement saisi avec les pinces ordinaires. L'incision circulaiî'e destinée à le libérer des inserlions vaginales est faite presque au ras de l'orifice externe. M. Segond commence l'hyslérectomie par l'ouverture du cul-de-sac postérieur : Immédiatement s'écoulent environ deux grands verres de pus épais très-fétide. Par la brèche qu'il vient de créer dans le cul-de-sac de Douglas, M. Segond explore les annexes et constate que des deux côtés elles sont malades. Il poursuit alors l'hystérectomie par étapes ; mais le corps utérin étant très-volumineux, il en pratique l'évidement conoïde médian. Au cours de cette manœuvre, deux autres poches purulentes dont chacune contient environ un verr.e à Bordeaux de pus épais et fétide sont successivement ouvertes. L'ablation du tond de l'utérus amoindri par l'évidement se continue sans incident. L'opération terminée, il reste en place neuf pinces dont :

Trois sur le ligament large droit, quatre sur le ligament laige gauche, deux sur des débris d'annexé.

Le péritoine n'a pas été ouvert. Les annexes ne sont point enlevées. On constate au niveau de la corne utérine gauche un fîbrôme sousmuqueux du volume d'un abricot.

Durée de l'opération : quarante minutes.

Suites opératoires. — Normales jusqu'au huitième jour.

Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, des tampons aprùs soixante-onze heures.

Le huitième jour, la malade se plaint de douleurs au niveau du rein gauche. Le rein, douloureux à la pression, est augmenté de volume avec ballotement. Les urines abondantes (2 litres et quart en vingi-quatre heures) sont pfllcs, troubles et contiennent 2 grammes 2.5 d'albumine par litre. La langue est sèche ; la température oscille autour de 39" et atteint même 4^° le dixième et le douzième jours. Nausées, vomissements, œdème des membres intérieurs. On institue le traitement suivant : Régime lacté absolu, ventouses sur la région loudjaire, thé au rhum, sulfate de quinine. Le rein droit devient un peu douloureux le douzième jour. Le dix-septième jour la température redevient normale ; l'émission d'urine en vingt-quatre heures n'est plus que de quinze cents grammes et le taux de l'albumine tombe à i gramme 70 par litre.

Le 3i mai (trente-neuf jours après l'opération), il n'existe plus traces d'albumine dans les urines.

La malade part guérie le 25 juin.

Nouvelles au bout d'un an (avril 189'i) : va très-bien.

Observation 87 (résumée) (Personnelle) '

Pjosalpiiix double. — Cancer au début du corps de l'utérus. Opération de Péan. — Guérison.

Femme de 42 ans, opérée le 29 avril 1892, à l'hôpital Laënnec, service de M. le docteur Gérard-Marchant, par M. le docteur Segond. Diagnostic posé. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le ag avril 1892. — Deux étapes de morcellement, puis évidement du fond de l'organe ramolh par un cancer au début.

Ouverture 'de deux énormes collections de pus extrêmement fétide.

Durée : 3/4 d'heure. 6 pinces.

Suites opératoires nulles.

La malade part guérie le 25">«jour.

OusEuvATioN 88 (Personnelle)

Hématosalpinx droit. — Salpiiigo-omrite pavenchymateiise gauche. Opération de Péan. — Guérison.

jVlme Fab..., âgée de 34 ans, opérée le 2 mai 1892, chez les Sœurs Auguslines.

Cette malade était soignée depuis o ans par MM. Rendu et Charcot, pour des phénomènes hystériques à point de départ ovarien. Le professeur Charcot avait posé le diagnostic de tabès au début. Au mois de janvier 1892, à la suile d'une crise ovarienne violente, le professeur Pinard et le docteur Dumontpallier fment appelés en consultation et diagnostiquèrent une salpingite kystique double et conclurent à l'ablation bilatérale.

Hjstérectomie vaginale, le 2 mai iSga. — Morcellement en trois étapes. Ouverture d'une collection séreuse du cul-de-sac de Douglas. Ablation totale de la trompe droite, de l'ovaire droit, qui a le volume d'une mandarine et contient un très gros kyste hématique. Ablation incomplète des annexes gauches dont l'ovaire est polykystique et la trompe du volume du pouce, chstenduc par du liquide séi'eux.

Durée : trente-cinq minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Nvdles. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures; des tampons le cinquième jour. Aucun incident de convalescence. La malade se lève le vingt-troisième jour.

Revue très souvent. En septembre 1893 : état local parfait. Persistance des phénomènes hystériques. En mai 1894, signes confirmés de tabès. Guérison locale persiste.

Observation 89 (Personnelle)

Rétroversion adhérente. — Salpingite parenehjmateuse double.

Gabrielle B..., âgée de 25 ans, entre le 12 mai 1892, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à quinze ans, toujours très bien. Leucorrhée depuis l'âge de 18 ans : blennorrhagie probable. Fausse couche de deux mois et demi à vingt et un ans.

C'est seulement dix-huit mois plus tard que la malade commença à souIVrir quelques jours avant les règles et le premier jour des règles.

Il y a trois ans, poussée de salpingo-ovarile qui l'oblige à s'aliter six semaines. Depuis cette époque, de mars à mai 1892, nouvelle poussée aiguë.

Il y a un mois, nouvelle poussée surtout à droite, tandis qu'auparavant les douleurs prédominaient à gauche.

Menstruations toujours régulières, mais douloureuses. Jamais de métrorrhagiés.

Examen. — Utérus abaissé, en rétroversion adhérente. A gauche, les annexes ont le volume d'une mandarine, adhérentes et douloureuses. A droite, elles forment une masse du volume d'un œuf, extrêmement douloureuses.

Chez cette malade, l'indication opératoire déjà posée par un chirurgien serait : Ablation bilatérale, hystéropexie.

Hjstérectoinie vaginale, le 16 mai / S Morcellement et évideincnt sur le fond. Epanchement séreux dans le cul-de-sac de Douglas au milieu des adhérences qui fixent l'utérus.

Ablation complète des annexes gauches. L'ovaire est bourré de kystes dont deux du volume d'une petite noix : la trompe offre les lésions de la salpingite hypertrophique.

Ablation incomplète des annexes droites. Mêmes lésions.

Durée : quarante minutes. Cinq pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Pas de réaction du pouls, ni de la température.

Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures : des tampons le quatrième jour.

Elle se lève le vingtième jour et quitte l'hôpital le 20 juin 1892.

Revue pour la dernière fois en mai 1894. Etats local et général parfaits. Aucune douleur, quelques bouffées menstruelles. Appétence génitale en rien modifiée. Guérison absolue.

OBSH;itvATiON 90 (Personnelle)

Utérus fibromateux. — Pj'osalpinx double. Opération de Péan. — Guérison.

M'"'' Lart. . . , âgée de 45 ans, entre à la Maison municipale de Santé, chambre 26, le 10 mai 1892, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 10 ans 1/2, toujours normalement. Cinq enfants (16 ans 1/2, 18, 20, 22 et 24 ans).

Aucun trouble général jusqu'à il y a 3 mois, où elle commence à éprouver des douleurs dans le bas-ventre, surtout vives à droite. Les règles restent réguhères. Jamais de métrorrhagiés ni de fièvre. Ces douleurs étaient continuelles et s'exagéraient par la fatigue.

Examen. Le col sain paraît se continuer avec une masse dure du

volume d'une tôle de fœtus remplissant le cul-de-sac postérieur et le cul-de-sac latéral droit. Cette tumeur remonte à trois travers de doigt au-dessus du pubis. Elle est immobile, lisse et régulière en tous ses points. A gauche on sent une deuxième tumeur, qui se détache de la première par un pédicule large, peu mobile et très dure.

L'utérus mesure 12 centim.

Diagnostic. — Fibromes utérins.

Hjsiérectomie vaginale, le 28 mai i8g2. — La tumeur droite est un énorme pyosalpinx à pus non tétide, celle de gauche une collection purulente tubaire.

L'utérus, bourré de petits fibromes, du volume d'une noisette à une noix, est enlevé par morcellement et évidement, il pèse 83o gr . Les annexes droites sont enlevées en totalité et la poche gauche est réséquée en grande partie.

Durée : minutes. 7 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 3"»^ jour.

Aucun incident de convalescence. Elle se lève le 21°" jour et sort guérie le 3o juin.

Revue en parfait état local et général le i3 juillet 1893.

Observation 91 (Personnelle)

Hystérectomie complémentaire. — Malade laparotomisée pour salpingo-ovarite gauche le 28 octobre i89i, à Baudelocque, par M. Segond. — Opération de Péan. — Gaérison.

M"" Daud. . ., âgée de 32 ans, est entrée à la clinique Baudelocque, le 20 octobre 1891, service du professem* Pinard, où M. le docteur Segond lui pratique, le 28 octobre, l'ablation des annexes gauches par laparotomie et détruit quelques adhérences, qui englobent les annexes droites.

La malade fut améliorée pendant deux à trois mois. Elle fut alors traitée par les panscnicnts intra-utérins et vaginaux, le repos, les injections et les révulsifs (pohites de feu, vésicatoii-es) jusqu'au mois de juin 1892, sans amélioralion . L'intensité des souffrances la décide à une nouvelle intervention.

Examen. — L'utérus gros égale 9 centimètres 1/2. A gauche, souplesse parfaite du moignon tubaire ; à droite, tumeur fluctuante du volume d'une orange, très douloureuse .

Baudroa. — 17.

Diagnostic. — Salpingite kystique droite.

Hystérectomie vaginale, le 3 Juin iSys. — Moi-ccliciiit'iil en trois élapes. deux pelils (ii)rôines de la paroi anlcrieure. La trompe est alleinle de salpingite catarrhaJe. La tumeur est exclusivement formée par l'ovaire rempli de kystes dont plusieurs atteignent le volume d'une noix ; aA'ee le fond de l'utérus on amène le fll de soie placé sur le pédicule des annexes droites lors de la laparotomie, 11 n'est ni altéré ni modifié.

Durée: trente minutes. Six pinces.

Suites opératoires . — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, des tampons, le quatrième jour.

Aucun incident de convalescence.

Elle se lève le vingtième jour et part le- vingt-cinquième jour. Revvie en mai 1894. Etats général et local parfaits. Guérison absolue.

Observation 92 (Personnelle)

Pyosalpinx gauche. — Salpingite porenchymateuse droite. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Fay . . . , âgée de 24 ans, entre le 6 juin 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i4 ans 1/2, toujours normalement et sans douleur.

Il y a 6 -ans, fausse couche de 5 mois, enfant mort. La malade se lève au 9""' jom*, se fatigue et commence à souffrir dans le ventre, mais d'une façon intermittente, par crises.

Il y a 3 ans, les douleurs devinrent plus fréquentes, mais elles étaient encore peu vives. A cette époque, pertes verdâtres ; pas de douleurs à la miction. Règles peu abondantes, pâles, irrégulières ; jamais de métrorrhagie.

Il y a un. an, cautérisation jusqu'au mois de mars dernier. Poussées fébriles fréquentes.

La malade a maigri de 20 livres depuis 3 mois. Appétit disparu.

Céphalalgies fréquentes .

Examen. — Utérus petit, enclavé. A gauche, tumeui- comme une grosse orange, absohmient immobile, dure, très douloureuse. Adroite, tumeur annexielle du volume d'un œuf, très adhérente.

Diagnostic — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 9 Juin 1892. — Morciîllement et évidement sur le fond.

Ouverture d'une pelile colleclion purulente dans le cul-de-sac postérieur et d'une autre beaucoup plus considérable à gauche. La poche tubaire gauche ne peut être enlevée. A droite, ablation presque totale des annexes. Ovaire "bourré de kystes ; trompe du volume du pouce, bosselée, parenchyniateusc. . . ,

Le toucher lait reconnaître en arrière de la vessie une petite induration probablement formée par l'épiploon enflammé.

Durée : 3o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls et de la température. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures ; les tampons le 4°" jour.

La malade se lève le i8"" jour et quitte l'hôpital le 4 juillet.

Revue plusieurs Ibis : à la fin de juillet 1892, cicatrice vaginale très assoupUe, léger suintement vaginal. Plus de douleurs.

En novembre 1892, perte rosée par le vagin, qui dure 2 jours. D'ailleurs aucune trace d'abcès, souplesse absolue de tout le pelvis.

Enfin en avril 1894, état local parfait, aucune douleur, aucun trouble. La malade fait de la bicyclette et du patin. Appétence génitale très conservée, se plaint seulement de ne pas engraisser, bien qu'elle ait regagné 20 hvres depuis son opération. Rein droit légèrement abaissé. Guérison complète.

Hématosalpinx droit. — Kyste hématiqiie de l'ovaire gauche.^ Opération de Péan. — Guérison.

M"" Rouil. . ., âgée de 44 ans, entre le 10 juin i892 à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Père asthmatique, mort de congestion pulmonaire. Mère morte d'un cancer utérin.

Réglée à 17 ans, d'abord pendant un an régulièrement;' interruption de six mois, puis la menstruation devient régulière après une nouvelle interruption d'un an.

Mariée à 22 ans ; premier enfant à 23 ans, deuxième enfant à 26 ans, troisième enfant à 29 ans. Couches normales, pas.de complications.

11 y a sept ans, inétrorrhagie légère; un médecin examine la malade et trouve un fibrome; à plusieurs reprises, coliques utérines.

Pendant six ans, disi)arition de tous les symptômes.

Il y a un an, réapparition des pertes de sang qui n'ont pas cessé, excepté en septembre et octobre. Métrorrhagies pures et écoulement sanguinolent, sans odeur.

Pas de douleurs, appùlit assez bon. La malade dit môme qu'elle a cugraissé. Rien dans les urines. ■

Au cœur, souille léger au premier temps à la base.

Examen — Utérus: Col mou et gros enlr'ouvert. Corps très gros remonte à Irois travers de doigt au-dessus du pubis ; l'hystéronièlre donne 12 centimètres.

Annexes. — A droite, tumeur du volume d'une tête de fœtus accolée à l'utérus ; à gauche, tumeur plus petite du volume du poing.

Diagnostic. — Sarcome de l'utérus ? Hématosalpinx double.

Hystérectomie vaginale de 20 juin i8g2. — Ablation de l'utérus par évidement en dix-huit morceaux. Aspect de tissu sarcomateux. Ablation complète des annexes droites. L'ovaire est transformé en un kyste hénialique contenant environ deux verres de liquide. Ablation complète des annexes gauches; hématosalpinx du volume d'une orange. L'utérus pèse 76 grammes.

Durée : quarante minutes; huit pinces.

Suites opératoires. - Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température, sauf 38° le soir des troisième et quatrième jours.

Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, des tampons le quatrième jour.

Pas d'incident. La malade se lève le vingtième jour et part guérie au bout d'un mois.

L'examen microscopique a montré qu'il s'agissait seulement d'une métrite parenchymateuse.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 94 (Personnelle)

Abcès pelvien plusieurs fois ouvert dans le rectum. Périmétro-salpingite suppurée aiguë. — Opération de Péan. Mort, le jour même, de syncope.

M'"^ Cour..., âgée de Sa ans, entre, le lundi 27 juin 1892, à la Maison mmiicipalc de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 12 ans, ses règles ,se sont arrêtées de i5 à 17 ans pendant une coxalgie gauche guérie par ankylose après évacuation de plusieurs abcès péri-articulaires.

A 18 ans, vaginite blennorrhagique.

A 20 ans, fausse couche de trois mois, suivie d'une pelvi-péritonite grave qui tient la malade couchée pendant deux mois. Depuis cette époque elle souffre constamment dans le bas-ventre, surtout du côté gauche. A plusieurs reprises elle a rendu des flots de pus par le rectum.

Depuis six senniincs, nouvelle poussée aiguë. La niularte est apportée à Dubois dans un étal grave : Température = 4o° lous les soirs. Pouls 120, petit: Vomissements, ballonnement du ventre, langue sèche; urmcs rares.

Le toucher montre l'utérus enclavé au milieu de collections purulentes qui remontent surtout du côté gauche presque à l'ombilic.

En présence de l'état grave de la malade, l'opération est faite le lendemain matin.

Hjstérectomie vaginale, le 28 juin J 8g3. — Morcellement des plus laborieux, l'utérUs se déchirant sous les pinces. Ouverture de trois collections énormes renfermant un pus extrêmement fétide. Ablation totale de la poche tubau-e droite.

Durée : cinquante minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — La malade se réveille bien. Dans l'après-midi, vers quatre heures, elle fait un effort pour vomir et meurt subitement.

L'autopsie n'a pu être faite.

Observation 95 (Personnelle)

Dysménorrhée membraneuse ayant nécessité deux curettages. Etat nerveux grave. — Opération de Péan. — Guérison.

Mad* Per , âgée de 26 ans, entre à la Maison municipale de

Santé, le i5 mai 1892, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, toujours très bien ; mariée à 18 ans, a commencé à souffrir à 21 ans, après une couche gémellaire à 8 mois 1/2. Pas de péritonite. Depuis, ménorrhagies durant 8 à 9 jours. Puis, depuis 1887, métrorrhagies tréquenles, dysménorrhée membraneuse.

Curettée par M. Terrillon le 17 mai 1889. Pas de soulagement.

Curettée le 12 mai 1892 à Dubois. Dilatation utérine. Pansements au naphtol camphré ; bromure de potassium, douches. Aucune amé- Horation. L'état nerveux est devenu extrême; à chaque instant la malade a des crises, perd connaissance, pleure sans motif. Les règles de juin amènent une crise plus violente que les précédentes. La malade réclame une intervention radicale.

En présence de ces troubles dysménorrhéiques graves et rebelles à tout traitement, M. Segond propose l'hystérectomie.

Hystérectomïe vaginale, le 3 o Juin 1892.— Deuy. étapes de morcellement. Ablation conjplète des annexes. Les trompes, du volume d'une

plume à écrire, sont très congestionnées ; les ovaires sont très gros, œdémateux et kystiques.

Dm'ée : 12 minutes. 4 Pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4' jour.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le 18' jour et quitte l'hôpital le 26° jour.

Revue à plusieurs reprises, dont la dernière fois en avril 1894. États général et local parfaits. A peine quelques bouflees menstruelles. La malade est enchantée de son état nouveau. Guéi'ison absolue.

Observation 96 (Personnelle)

Salpingite parenchymateuse hypertrophique double. Opération de Péan. — Gaérison.

M^'Mul. . ., âgée de 22 ans, entre à la Maison municipale de Santé, service dù docteur Segond, le 2 juillet 1892.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, toujours avec quelques douleurs. Mariée à 18 ans, elle n'a jamais eu d'enfants.

A 20 ans, elle commence à perdre en blanc très abondamment, à souffrir en urinant. Un traitement consistant en injections vaginales boriquées et quelques pansements vaginaux irrégulièrement faits amènent une diminution des perles. Mais les douleurs, d'abord prédominantes à droite puis bientôt bilatérales, restent les mêmes. Peu à peu elles s'aggravent, deviennent continuelles, exaspérées par la marche, les règles. La malade est obligée de rester fréquemment couchée. Les règles sont irrégulières, fréquentes, abondantes. Une métrorrhagie, qui dure huit jours, décide la malade à entrer à Dubois.

Examen. — Utérus en antéversion. Col en léger ectropion. A droite, la trompe forme un cordon comme le pouce, très dur, douloureux. L'ovaire est gros, adhérent, très douloureux. A gauche, les annexes sont confondues en une masse dure, du volume d'un œul, très adhérente et très douloureuse.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double. Hjstérectomie vaginale, le 9 juillet 1892. - Morcellement en deux étapes, évidement du fond. Kyste séreux rétro-utérin.

Aljlalion complète des annexes. A droite, salpingite hypertrophique parenchymateuse du volume de l'index, ovaire kystique.

A gauche, luèmes lésions de la trompe très épaissie, l'ovaire contient un énorme kyste du corps jaune.

Les annexes de ce côté sont très adhérentes. Durée: vingt-cinq minutes ; six pinces.

Suites opératoires. -mWcs. Aucune réaclion du pouls ni de la

température. , Ablation des pinces après quarante-hmt heures, des tampons le

cinquième jour.

Convalescence rapide .

Le dix-huitième jour la malade présente de l'embarras (ebrilc. Le vin"-lième jour, le diagnostic fièvre typhoïde s'impose. La malade passe alors dans le service de M. Juhel-Renoy, où elle lait une lièvre typhoïde grave. Traitée par les bains froids, elle guérit admirablement et quitte Dubois le 20 septembre. En mars 1894, guérison absolue.

Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan.

Guérison.

Mad' Mag. . . ., âgée de 20 ans, entre le 4 juillet 1892, à la Maison municipale de santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Héréditaires et personnels excellents. Réglée à 11 ans 1/2 d'une façon irrégulière et toujours avec quelques douleurs.

Syphilis en 1889. Blennorrhagie en 1890.

Au mois de juillet 1891, fausse couche de 5 mois. Immédiatement apparaissent de vives douleurs dans la région des annexes et une leucorrhée très abondante. Les règles deviennent extrêmement douloureuses, et la malade entre à l'Hôtel-Dieu au mois de septembre 1891 et y subit un curettage. Pendant 2 mois environ, la malade fut soulagée : les douleurs étaient moins vives, les pertes moins abondantes. Puis l'amélioration disparut, les douleurs devinrent plus vives, plus continuelles et les pertes purulentes extrêmement profuses.

En juin 1892, elle en^re de nouveau à l'Hôtel-Dieu et y subit un deuxième curettage, mais sans aucune amélioration.

Elle entre à la maison Dubois le 4 juillet 1892.

Examen. — Utérus gros en subinvolution, en situation normale. A droite, annexes du volume d'une mandarine, très douloureuses, très adhérentes. A gauche, tumeur du volume d'un œuf de poule tout-à-fait accolée contre la paroi pelvienne.

Tous les soirs la température s'élève à 38"2. Malade pale, amaigrie.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le g juillet, par M. Baudron. — Morcellement et évidement. Ablation complète des annexes droites très adhérentes; incomplète des annexes gauches. Les trompes sont du

volume du pouce à parois lardacées, et conliennenl des fongosités mais pas de pus. Les ovaires sont bourrés de petits kystes. . Durée : 3o minutes. G pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls. La température s'élève à 38° le soir du a' et du 3" jour.

Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures ; les tampons le 4' jour.

La malade, indocile, se lève le lo' jour. Elle part le i^' jour.

Revue à plusieurs reprises, la dernière en mai i8t)4. États général et local parfaits, pas de boull'ées menstruelles. Appétence génitale très conservée. Guérison absolue.

Observation 98 (Personnelle)

Pjosalpinx gauche. — Salpingo-ovarite droite. — Laparotomie exploratrice. — Opération de Péan immédiate. — Guérison.

La nommée Art. . . , âgée de 35 ans, entre le 23 juillet 1892, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antébédenis. — Réglée à 12 ans, toujours normalement; mariée à 20 ans 1/2. A 22 ans (en 1879) fausse couche de 6 mois sans complications. Un mois après , apparition de douleurs localisées dans l'hypochondre droit. Un médecin diagnostique un accès de cohque hépatique qui dure de 4 à 5 jours. La malade reprend sa vie habituelle, mais il persiste un point douloureux fixe un peu au-dessus de la vésicule biliaire. On constate une hypertrophie du foie, mais ce n'est qu'en i885 qu'on porte le diagnostic de kyste hydatique. Ce kyste ponctionné et lavé guérit.

En 1886, la malade commence à éprouver des troubles génitaux. La menstruation devient irrégulière, abondante; dans l'intervalle des règles, leucorrhée assez considérable. Enfin douleurs sourdes, à paroxysmes au moment des règles, surtout accusées du côté gauche.

La malade vient à Paris en 1889 ; l'on diagnostique une salpingoovarite gauche et l'on constitue un traitement consistant en injections boriquées chaudes et en applications, sur la région douloureuse, de pommades calmantes. Les phénomènes douloureux, après une atténuation passagère, reparaissent ; seule la menstruation redevient régulière.

Au mois de mai 1892, la malade constate elle-même la présence d'une tumeur faisant saillie à gauche au-dessus de l'arcade de Fallope. Elle entre à Dubois le 23 juillet 1892.

Examen. — La palpation simple permet de reconnaître une tumeur du volume d'une tête d'adulte accolée à la paroi abdoniinale très dure, de forme sphérique assez régulière ,

En combinant le loucher à la palpalion on reconnaît que cette tumeur est netlement séparée de l'utérus par un sillon, qu'elle est absolument accolée aux parois pelviennes et qu'il est impossible de lui imprimer le plus léger mouvement. Elle n'est pas douloureuse.

L'ulérus, en antéversion légère, est mobile, un peu gros : le col est sain: hystéromèlre 8 centim. 1/2. A droite les annexes paraissent saines.

État général. — Assez bon. Cœur et poumons sains. Un peu d'amaigrissement ces derniers mois. Fonctions digestives pénibles. Jamais de fièvre.

Diagnostic : Suppuration des annexes gauches ou peut-être kyste hydaticpie du bassin.

Opération le a 5 Juillet 1892. — En raison de l'unilatér alité des lésions, M. Segond pratique la laparotomie. On tombe sur une tumeur adhérente de toutes parts aux intestins et ne pouvant en aucune façon en être séparée. Après s'être assuré que les annexes droites étaient malades, M. Segond pratique séance tenante Vhystérectomie vaginale, le ventre étant refermé par six points d'argent, dont deux superficiels.

Le morcellement de l'utérus est extrêmement laborieux, l'organe ne s'abaissant point. Il est mené à bout par résections transversales et par évidement. Au cours du morcellement une petite poche purulente est ouverte par l'écarteur postérieur et laisse écouler du pus. Une fois l'utérus enlevé, on aperçoit très haut située la tumeur. Elle est crevée par le bistouri et laisse écouler deux cuillerées environ de pus mal lié sans odeur. M. Segond explore du doigt la cavité et reconnaît qu'elle est tapissée de fongosités et limitée de toutes parts par des parois épaisses presque cartilagineuses.

Les annexes droites, perdues dans les adhérences, ne sont pas enlevées .

Durée totale : i heure. 6 pinces.

Suites opératoires. — Nulles, aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des éponges le 4""* jour.

Les fils de suture de la plaie abdominale sont enlevés le S""' jour. Réunion parfaite.

La malade se lève le 24'- jour et quitte l'hôpital, complètement guérie, le 20 août.

Revue en mars 1894. État général parfait. État local excellent. La malade va tous les ans à Vichy pour des douleurs hépatiques. Guérison absolue.

Observation 99 (Personnelle)

Salpingite parenchymateuse double. — Ovaires scléro-kystiques. Opération de Péan. — Guèrison.

M"" Gonr.. , âgée de 35 ans, entre le 6 août 189U, chez les S<L'urs Auguslines de la rue de la Santé.

Antécédents. — Réglée à 14 ans normalement. A 16 ans, pendant les règles, elle fait une longue course à cheval, qtd provoque une poussée grave de pelvipéritonite. Depuis cette époque elle n'a cessé de souffrir. Malgré des soins médicaux rigoureusement donnés, un séjour annuel • aux eaux, etc..., poussées aiguës répétées à la moindre fatigue, cédant au repos. Dernière poussée il y a 7 mois, depuis laquelle la malade est alitée. Le docteur Potocki, chef de clinique de la Faculté et médecin de la malade, constatant une double et volumineuse lésion des annexes, conseille l'ablation.

Hystérectomie vaginale, le 1 1 août 1892. — Utérus peu abaissable. Morcellement et évidement très laborieux à cause de l'étroitesse considérable du vagin, ablation coiiiplète des annexes droites, la trompe est atteinte de salpingite parenchymateuse hypertrophique, l'ovaire est polykystique. Ablation incomplète des annexes gauches beaucoup plus adhérentes et présentant les mêmes lésions.

Suites opératoires. — Nulles, aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures; des tampons le 4"" jour.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le ao"" jour et part complètement guérie le i" septembre. En avril 1894, guérison absolue.

Observation 100 (Personnelle)

Ovaires scléro-kjstiques . — Métrite parenchymateuse. ^ — Troubles dysménorrliéiques. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" Coll. . . , âgée de 4o ans, est opérée le 23 août 1892.

Mariée en 1872. Premier enfant en mars 18^3. Deuxième enfant en novembre I874. Troisième enfant en mai 1877.

Premiers symptômes de métrite en 1873. Soignée en 1879 pour un catarrhe utérin et en 1880 pour une rétroiîexion de la matrice.

En 1881, grandes crises de coliques, suivies d'une fausse couche.

En 1881, scarificalions sur le col, Eaux de Saint-Sauveur. En 1882, redressemenls Iréquenls delà matrice avec une tige métallique et application de tampons pour la maintenir. En i883, même traitement.

En 1884, bains de mer, grossesse. Quatrième entant en mai i885. Cinquième entant en avril 1887. Sixième enfant en octobre 1888. Atraiblissement et amaigrissement progressifs.

En juillet 1889, curettage, puis trois semaiiies après, opération d'Alexander. Aucun soulagement.

En 1890, eaux de Salies de Béarn, puis bains de mer. Aucun soula-

gement.

En 1891, injections de sérum artificiel. Pas d'amélioration. Examen. — L'état de la malade est le suivant : Elle est presque constaiiiment couchée depuis 1888. Chaque période menstruelle est l'occasion d'une aggravation des douleurs pelviennes ; elle dure de liuit à dix jours et laisse la malade complètement abattue. Dyspnée grave. Amaigrissement considérable. Impotence presque complète.

Hrstérectomie vaginale, le 23 août- 1892. — Morcellement et évidement. L'utérus pèse 100 grammes. Ablation complète des annexes. Salpingite catarrhale double. Très gros ovaires polykys tiques. Durée : vingt minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, des tampons le cinquième jour.

La malade se lève le vingtième jour.

Revue souvent. En mars 1894, état local parfait. Plus de troubles menstruels. Persistance des phénomènes dyspeptiques et d'entéroptose. Guérison utérine complète.

Observation ioi (Personnelle)

Ovaires scléro-hystiques. — Salpingite blennorrhagique interstitielle double. — Opération de Péan. — Guérison.

M'"e Oz..., âgée de 23 ans, entre à la Maison municipale de Santé, dans le service de M. le docteur Segond, le 2 mars 1892.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, d'une façon normale, elle se marie à 18 ans et accouche à terme, à 20 ans 1/2, d'une petite fille, bien portante.

En juillet 1891, elle commence à éprouver des douleurs en urinant, des brûlures à la vulve ; en même temps elle o, des pertes verdâtres

exlrùinement abondantes. Elle voit un médecin qui conseille des injections et t'ait quelques pansements vaginaux. Au mois de mars i892 elle entre ù la Maison nmnicipale de San té, 'dans le service du docteur Segond, où on lui pratique un curettagc. Elle continue pendant trois mois d'être Irailée, deux l'ois par semaine, par des attouchements de la cavité utérine au permanganate de potasse à i/200«. Malgré ce traitement, (jui fait disparaître complètement la leucorrhée, elle continue d'éprouver dans la région des annexes des douleurs extrêmement violentes. Celles-ci ne paraissent pas augmentées de volume, mais la palpalion des ovaires détermine des crises douloureuses, très vives, presque syncopales. Au traitement de la mélrite on joint la révulsion sur la paroi abdominale, qui ne donne aucun soulagement. Les règles sont l'occasion de paroxysmes douloureux.

La malade réclame à grands cris une intervention qui lui permette de reprendre sa vie habituelle et de ne plus garder le ht d'une façon presque constante.

En présence de l'impotence à laquelle est condamnée la malade, de l'intensité des douleurs, M. Segond propose la castration totale.

Hystéreciomie vag-inaLe, le a 5 ao0.t i8g'j. — Morcellement en deux étapes. Ablation totale des annexes. Très gros ovaires kystiques œdémateux. Trompes du volume du petit doigt, très congestionnées, ne contenant pas de pus.

Durée : 20 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Nulles, aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le cinquième jour. Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le 2oe jour et part guérie au bout de un mois.

Revue en parfait état local et général en mars 1894. Guérison absolue.

Observation 102 (IjC Moniet)

Salpingite parencliymateuse double. — Abcès péri-salpingien. Opération de Péan. — Guérison.

]\jme Mey . . ., âgée de 20 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le septembre 1892, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Aucune maladie antérieure. Réglée à i3 ans, régulièrement et chaque fois pendant trois jours. Pas d'enfant, pas de fausse couche.

En janvier dernier, bjeanorrhagie ayanl duré environ trois semaines. Douleurs en urinant. Ecoulement verdaire. Traitement au Sanlal prescrit par un médecin.

C'est là le début des accidents actuels.

Depuis ce moment : Les règles sont plus abondantes. Elles durent environ lo jours, plus rapprochées, toutes les deux à trois semaines.

Elles sont précédées, accompagnées et suivies de douleurs vives dans le bas-ventre, au niveau des fosses iliaques.

Douleurs, mais moins vives dans l'intervalle des règles.

Ecoulement leucorrhéique, surtout depuis trois à quatre mois.

Examen. — Vessie souple, très douloureuse à la pression. Utérus en rétroversion , sans rétroflexion , très peu mobile. Le moindre mouvement réveille de violentes douleurs. Culs-de-sac très douloureux.

Le toucher vaginal et palper abdominal font sentir dans les culsde-sac latéraux une tuméfaction, partant de l'utérus et allant aux parois de l'excavation pelvienne. Cette tuméfaction, plus grosse à gauche qu'à droite, est résistante et douloureuse.

Cul-de-sac postérieur soulevé par le fond de l'utérus et par des exsudats inflammatoires.

Etat général très bon. Rien du côté des autre organes.

Hj-stérectomie vaginale, Le 1 5 septembre 1 8 g2. — Morcellement et évideraent. Utérus difficilement abaissable. Ablation complète des annexes. Aucune complication opératoire.

Durée : trois quarts d'heure; six pinces.

Pansement vaginal. Eponge avec fll dans un petit sac en gaze iodotormée, en avant et en arrière des pinces, au fond du vagin.

Examen des pièces. — Double salpingite avec épaississement des parois et adhérences. Ovaires scléro-kystiques. En arrière de l'ovaire: à droite et à gauche, deux collections purulentes.

Suites opératoires. — Très simples. Aucune complication. La malade se lève le quinzième jour.

Le i5 octobre, la malade sort bien portante, quelques doulem-s abdominales.

Revue à plusieurs reprises, dont la dernière fois en mai 1894. Etats général et local parfaits. Guérison absolue.

Observation io3 (i) Pjosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M."" .lo..., âgée de 28 ans, est opérée le i4 septembre 1892 cà

(1) Remise par M. le docteur Jacobs.

•2'jO

Bruxelles, à l'Inslilul gynécologique du docleur Jacobs, par M. le docteur Segond, devant les membres du Congrès.

Jeune ieninie de 28 ans, secondipare, atteinte de pyosalpingite bilatérale depuis 4 ans : accidents divers et répétés de péri et de paramétrite.

Hystérectomie mg-iiiale, le 14 septembre i8g2. — Morcellement et évidenienl. Ouverture d'une collection purulente à droite. La trompe ne peut être enlevée. Ablation presque totale des annexes gauches. La trompe contient une cuillerée de pus.

Durée : 3o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Excellentes. Les pinces sont enlevées après 48 hem-es.

La malade se lève le sixième jour, suivant la pratique du docteur Jacobs.

Le 3 décembre 1892, elle est en parfait état. Guérison absolue. Lettre en mai 1893. Guérison absolue.

Observation io4 (Personnelle)

Kystes des deux ovaires, suppuré à gauche. — Opération de Péan.

Guérison.

M°" Villan..., âgée de 36 ans, entre à la Maison mimicipale de Santé, service du docteur Segond, le 17 août 1893.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, normalement. La malade a un fils de 19 ans, jamais d'autre grossesse.

Elle a toujours eu une leucorrhée assez intense et une constipation opiniâtre.

Dans l'été de 1890, elle a commencé à éprouver une sensation de pesanteur très gênante dans la région sus-pubienne, puis des douleurs aux lombes et à la partie antéro-externe des cuisses.

11 y a six mois, ses règles, jusque-là régulières, prennent le caractère bi-mensuel.

En mai 1892, au cours d'un voyage, violente mélrorrhagie durant quinze jours. A dater de cette époque, les douleurs deviennent tout-àfait aiguës à la région du bas- ventre, principalement du côté droit, et s'irradiant vers les loinbes, la fesse et la cuisse droite, jusqu'à la région externe de la jambe droite. La malade est obligée de s'aliter. Un médecin est consulté : injections boriquées, frictions.

Du 20 au 2Q juillet, hydrorrhée considérable précédant la venue des règles.

— '2'Jl —

Depuis le mois de juin, la malade urine par intermiUences, avec de grandes dillicullés : « Elle seul, dit-elle, connue un poids qui comprime la vessie. »

La santé générale est assez bonne, jamais aucun trouble gastrique. Entrée à la maison Dubois le 17 août 1898.

Examen.- — Utérus assez gros repoussé fortement en avant par une volumineuse tumeur qui remplit le cul-de-sac postérieur et déborde au-dessus du pubis de chaque côlé de l'utérus. Il est possible de limiter par la double palpation deux collections, l'une à droite plus douloureuse, comme une iCte de fœtus, l'autre à gauche comme une énorme orange, toutes les deux fluctuantes.

La malade a, de temps en temps, de la fièvre le soir.

Diagnostic. — Kystes des deux ovaires, probablement suppuré à gauche ou pyosalpinx double.

Hj-siérectomie vaginale, le 3o août i8g2. — Incison du cul-de-sac postérieur et évacuation de la poche gauche, un verre et demi de pua. Morcellement et évidement sur le fond. Evacuation de I9. poche droite à contenu séreux. Ablation totale de cette poche. Ablation incomplète de la poche gauche.

11 s'agit d'un double kyste de l'ovaire.

Durée : cinquante minutes. Sept pinces.

Suites opératoires. — Pas de réaction du pouls. Température à 38° le soir du deuxième jour, à 38° 6 le soir du quatrième et du sixième jours.

Ablation des pinces après quarante-huit heures, des tampons le quatrième jour.

A signaler une angine herpétique du quinzième au dix-neuvième jour. La malade se lève le vingt-quatrième jour et quitte l'hôpital le 29 septembre.

Revue en avril 1894. Etats général et local parfaits. Guérison absolue.

OusERVATioN io5 (Le Moniet).

Pyosalpinx droit. — Salpingite parenchymateuse gauche.

M'"^ Jan-. . ., âgé de 28 ans, entre à la Maison municipale de Santé le 16 septembre 1892, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée d'une façon toujours régulière à i3 ans. Accouchement normal à 23 ans. Fausse couche de G mois à 26 ans, souffre dans le ventre depuis cette époque, les douleurs ont débuté du côté gauche. La malade a été traitée pendant i8 mois par la révulsion

abdominale, les trailemenls inlra-ulérins, les injections chaudes, le repos. Il y a 8 mois, douleurs à droite très vives.

Actuellement, la malade soulïre des deux côtés continuellement avec paroxysme au moment des règles, devenues très al)i)ndanles, mais restées régulières. De leinp.s à autre, poussées fébriles le soir. Leucorrhée' assez abondante. Elat général bon. .

Examen. — Utérus gros, en situation normale. Col irrégulier. A droite tumeur fluctuante du volume d'une mandarine, très douloureuse. A gauche tumeur plus dure, très adhérente, très douloureuse, du volume d'un œuf de poule.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale, le a ^ septembre i8yu. — Morcellement et évidement. Ouverture de la trom])e droite qui contient un verre à Bordeaux de pus.

La trompe gauche a le volume du pouce (salpingite hyperlrophique parenchymateuse). '

Les ovaires sont bourrés de kystes.

Ablation complète des annexes.

Durée : 3o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. Hémorrhagie qui nécessite un tamponnement qu'on laisse en place 6 jours.

Aucun incident de convalescence.

La malade se lève le 2i'"= jour et part guérie le 26 octobre.

Observation 106 (Le Moniet).

Pyosalpinx double. — Périmétro-salpingite séreuse. Opération de Péan. — Guérison.

La nommée C..., Albertine, âgée de 3i ans, entre le 21 octobre 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, d'abord régulièrement. A 17 ans, premiers troubles de la menstruation : les règles sont plus fréquentes (souvent deux fois par mois) et plus abondantes. Excès de coït dès cet âge.

En 1880, péritonite attribuée à un refroidissement. Depuis, douleurs abdominales constantes : les pertes ont lieu régulièrement presque chaque mois.

Jamais de grossesse.

En juin 189:2, à la suite d'une longue promenade pendant une période menstruelle, nouvel accident aigu qui oblige la malade à s'aliter : violentes douleurs au bas-ventre, surtout du côté droit, avec retentissement dans la région des reins et de la cuisse droite. En môme temps fièvre (jusqu'à 40°) et vomissements. "

Depuis trois mois, métrorrhagie légère et continue avec redoublement environ deux fois par mois. (Pas de commémoratil's nets au point de vue de la blennorrhagie.)

Examen. — Utérus en rétroflexion adhérente'. A droite, on trouve une tuuieur du volume d'une grosse mandarine, dure, dans laquelle se sentent comme mastiquées les annexes dures également et épaissies. A gauche, tumeur un peu moins volumineuse, plus mobile, très douloureuse.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 2 g octobre 189^.-1° Gurettage et cautérisation de la muqueuse utérine au moyen d'une solution de chlorure de zinc au 1/10°. .

2* Hystérectomie vaginale. Au cours de l'opération, le bistouri oiivre successivement dans le cul-de-sac droit deux poches contenant un liquide séro-purulent. Le pyosalpinx est décortiqué complètement. Ablation complète des annexes gauches (petit pyosalpinx).

Durée : 35 minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température, ablation des pinces au bout de 48 hem-es, des éponges le quatrième jour.

Aucun incident. La malade se lève le vingtième jour et part complètement guérie le trentième jour.

Revue en janvier 1893. Bouifées menstruelles pour lesquelles on lait une saignée. Très bien pendant quatre mois.

3 décembre 1893. — Poussées congestives aux seins, céphalalgie ' légère. États général et local parfaits. État génital parfait. Guérison absolue.

Observation 107 (Le Moniet)

Abcès pelviens. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" Bod. . ., âgée de 4o ans, entre le 28 septembre i892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans, régulièrement, écoulement peu abondant. Durée, trois ou quatre jours ; jamais de grossesse.

Baudron. — 18,

En 1873 (à 20 ans) l'ansse conclu; de six mois. Depuis celle époque, la malade n'a jamais élé bien porlanle. Néanmoins, elle conlinuc son Irain de vie ordinaire el prend beaucoup d'exercice : liquilalion, voyages ; elle est allée plusieurs lois aux Indes anglaises, où elle a passé en tout une période de treize ans . A eu plusieurs ibis la fièvre des Indes.

En i885 (à 32 ans), les règles deviennent irrégulières; trois ou quatre ibis par mois, écoulement de nmcus épais, fétide, blanc-jaun«1lre ; les règles sonl interrompues pendant deux ou trois mois.

En 1889 (à 36 ans) métrorrhagies assez abondantes, sans inlerrupliun pendant six mois. A cette époque, la malade, de retour à Londres, fut traitée par des injections chaudes et l'élcctricilé (quatre séances). A la suite de la dernière séance : état fébrile qui a duré environ cinq semaines entières, caractérisé par ballonnement du ventre avec douleiu's vives. Les métron-hagies alors ont cessé.

État actuel. - Au commencement de septembre 1892, la malade a élé prise d'un tremblement très fort avec fièvre, vomissements et dotdeurs abdominales vives. En même temps, réapparition de métrorrhagies avec écoulement de mucus jaunâtre. Sensation de cuisson au commencement de la miction.

Examen du i"' octobre. — À la palpation, le ventre est douloureux. Par le toucher vaginal sous le clilorolbrme on sent un utérus énorme enclavé, remontant à deux travers de doigt au-dessus du pubis.

Ecoxdement extrêmement purulent et fétide.

Induration étendue dans les deux culs-de-sac. Col mou, admettant après la dilatation la pénétration du doigt qui sent une tumeur dure, déplaçant à gauche la cavité utérine et occupant le cul-de-sac droit. On avait pensé d'abord à un épithélioma du corps. L'hystéromètre entre à gauche de 8 centimètres.

Curettage. i" octobre. Drainage avec gaze iodoformée et tampon vaginal. Température, 37° les premiers jours.

Du 3 octobre au 7 octobre, légère ascension de la température dans la soirée (38°) avec rémission matinale. Comme d'ailleurs l'état général est satisfaisant, on pense d'abord à de légers accès de fièvre auxquels la malade a été sujette dans les Indes. Traitement : Purgatifs, sulfate de quinine.

Mais le 8 octobre, l'état général est moins bon, la malade soulTre davantage. A l'examen au spéculum on ne trouve rien du côté des annexes ; l'utérus est antéflexion très accenluée, on introduit à grand peine une mèche de gaze iodoformée.

Le 10, au matin. Douleurs très vives dans les régions abdominale et lombâu-e. Température, 3r,8. Vomissements biUeux. Ventre très douloureux à la pression, mais souple. Constipation.

Au toucher, on sent dans le cul-de-sac latéral droit une lumem-

fluctuante à la place de l'induration constatée le i*"" octobre. Ecoulement purulent excessivement IVlidc, miiuvais état général.

Du II au iG octobre. Continuation du mauvais état général. Faciès grippé. Douleurs abdominales vives. Vomissements bilieux assez fréquents. Constipation ne cédant qu'à des lavements répétés. Grande géne pour aller à la garde-robe, sensation de cuisson pendant toute la miction. Fièvre le soir avec rémission matinale.

Trixilement. Glace sur le ventre. Lavements. Piqûres de morpliine.

Du i6 au 22 octobre : Amélioration. Température normale. Diminution des douleurs et des vomissements.

Du 22 au 29 octobre : Recrudescence des douleurs abdominales (élancements vifs) avec vomissements glaireux. Température voisine de 40° tous les soirs avec rémission matinale. Constipation opiniâtre.

Ventre souple et peu douloureux à la pression, sauf dans la fosse iliaque droite.

Examen du 2g octobre. — Utérus enclavé remontant à 3 travers de doigt au-dessus du pubis. A droite on sent une tumeur dure ayant un volume à peu près égal à celui des 2 poings et parfaitement facile à sentii' dans la fosse iliaque droite.

A gauclie, on sent une tumeur dure, grosse comme le poing.

Hystérectomie vaginale, le 2g octobre i8g2. — a, Curettage de l'utérus, l'hystéromètre pénètre de 10 centimètres. — b, Hystérectomie. Morcellement et évidement. Il sort environ un demi-litre de pus, surtout du côté droit. Au fur et à mesure qu'il s'écoule, on sent que la tumeur siégeant auparavant dans la fosse iliaque droite s'affaisse, et après complète évacuation, il ne reste plus qu'une sorte d'empâtement dû à la coque dans laquelle le pus était collecté. Pus blanc jaunâtre, épais et extrêmement fétide.

L'hémostase étant assurée, tamponnement vaginal avec 8 éponges saupoudrées d'iodoforme.

Une sonde de de Pezzer étant mise en place, il sort de la vessie quelques gouttes d'urines fortement teintées de sang. On injecte par la sonde de l'eau boriquée dans la vessie, elle sort en grande partie par le vagin.

Mise en place d'une sonde de Sims.

Durée 40 minutes. Cinq pinces.

Suites opératoires. — Les jours suivants : pas de fièvre, la malade est assez faible, mais l'état général est satisfaisant, l'urine sort presque entièrement par la sonde ; au bout de quelques jours U en sort à peirie par le vagin.

Ablation des pinces au bout de 48 heures et des tampons le 3' jour.

Du 3 au 7 novembre : légère aggravation de l'état général : Ventre douloureux. TempératTire, 38» 6 à 38°4.

IJ^ -y—

Le 8 novembre. Amélioration qui se continue les jours suivants. L'état général devient excellent. Il ne reste plus que la fistule vésicovaginale.

Fistule vésico-vaginale. — Du 4 au ij novembre on note exactement la quantité d'urine rendue par l'urèlhre. Il n'en suinte plus cpi'une faible quantité par le vagin, mais elle reste constante à partir du 12.

Le 27, examen au spéculum : Fistule vésico-vaginale située dans la partie tout-à-fait supérieure et gauche du vagin. Permet facilement l'introduction de la pulpe de l'index.

Première opération. — Le 8 décembre : Occlusion de la fistule. Avivement rendu très difficile à cause de la profondeur. Suture avec lils d'argent de moyen calibre. Les extrémités des fils sont réunies en bouquet à l'extériem^ du vagin. Tamponnement vaginal avec gaze iodoformée.

Le septième jour : Ablation des flls par détorsion (très douloureuse), le lendemain et jours suivants suintement de Fm-ine par le vagin ; reste une fistule moins grande que la précédente mais par laquelle l'urine s'écoule toujours.

Deuxième opération. — Le 26 décembre, durée : i heure. — Avivement. Sutures avec 6 fils d'argent. Tamponnement vaginal avec gaze iodoformée. Mise en place d'une sonde de Sims.

Renouvellement du tanaponnement vaginal tous les trois jours.

Jeudi 5 janvier 1893 : Ablation des flls d'argent. Introduction dans la vessie d'une sonde en caoutchouc par laquelle on injecte 4» à 5o gr. d'eau boriquée. Pas le moindre suintement par le vagin. Toute l'eau boriquée ressort complètement par la soude. Tamponnement vagmal. Réunion parfaite.

Guérison. — La malade sort le 17 janvier 1898. Le vagin est profond de o, 06 à o, 07 centimètres et la vessie fonctionne très bien.

La malade, revue i5 jours plus tard, se dispose à partir pour l'Angleterre. Son état est excellent.

En mars 1894. État merveilleux. Guérison absolue.

Observation 108 (Le Moniet) Hémalocèle suppurée. — Opération de Péan. — Mort le 10' Jour.

La nommée L..., ûgée de 23 ans, entre à la Maison municipale Santé, le 2 novembre 1892, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. - Réglée à V2 ans. Régulièrement. Écoulement abondant. Durée, cinq jours.

Pas d'entant, pas de lausse couche.

Le 20 juillet 1892, la malade (mariée du 18) a eu ses règles aussi régulières et aussi abondanl.es que d'ordinaii-e. Le i4 août 1892, aussi.

Le 7 septembre, pendant deux jours, il s'est produit un écoulement sanguinolent insigniflant.

Le 7 octobre, pendant deux jours, réapparition de cet écoulement

insignifiant.

Le 20 octobre. Les règles sont revenues avec leur abondance ordinaire et ont duré cinq jours.

Enfin, du 5 au 7 novembre, la malade a encore perdu pendant deux jours un liquide blanchâtre strié de sang.

Le 9 octobre 1892, elle est prise brusquement de fièvre et de violentes douleurs dans le bas-ventre et les reins. Pendant les huit jours qui avaient précédé, elle avait une constipation opmiâtre et souffrait déjà dans les reins.

Elle s'est alitée à partir du 9 octobre. A la constipation du début a succédé une rliarrhée intense pendant trois jours, puis de nouveau la constipation.

Un raelœna dans la dernière semaine d'octobre.

Depuis le début de sa maladie, traitée par lavements, injections vaginales et cataplasmes sur le ventre.

Etat actuel : On sent un empâtement de la région abdominale remontant sur la ligne médiane, depuis la symphyse jusqu'à trois ou quatre travers de doigt au-dessous de l'ombihc.

Cet empâtement se prolonge à droite, dans la fosse iliaque, jusqu'à l'épine iliaque antérieure et supérieure.

A gauche, il ne se prolonge guère qu'à trois travers de doigt de la Ugne médiane. La Cosse iliaque de ce côté est libre et peu douloureuse.

Examen. — Par le toucher, on sent l'utérus refoulé contre le sacrum. Col mou, un peu entr'ouvert. Utérus fixé ou très peu mobile. Les deux culs-de-sac latéraux (surtout le droit) et le cul-de-sac antérieur sont remplis par une tumeur de consistance dure et irrégulière dont la Umite supérieure remonte à quatre travers de doigt au-dessus du pubis et qui paraît indépendante de l'utérus.

Opération (la novembre). — M. Segond, pour conserver l'utérus, ne fait d'abord que l'incision du cul-de-sac antérieur. Après débridement, il fait pénétrer son doigt entre la tumeur et la face postérieure de la vessie puis dans la tumeur elle-même. Tout d'abord, il ne sent aucun liquide, mais en appuyant fortement avec le doigt, il fait sortir environ un verre à Bordeaux d'un pus jaunâtre, peu épais et fétide. Malgré cet écoulement, M. Segond sent avec le doigt la présence d'un tissu extrêmement dur

entourant l'utérus et trouve dans l'état des annexes les indications de l'hystérectomie.

Hjstérectomie vaginale. — i» Curettage. L'iiystéromètre pénètre de sept centimètres.

20 Ilystérectonùe. L'utérus, très difficilement abaissable, est enlevé par morcellement, puis on tombe dans une poche adliéi-ente de tous côtés et qui est complètement vidée.

Les annexés (ovaires et partie externe des trompes) ne sont pas enlevées.

Hémostase parfaite. Tamponnement avec trois éponges saupoudrées d'iodoforme et placées, l'une au-dessus, les deux autres au-dessous des pinces hémostatiques.

Durée : 35 minutes. 4 pinces.

Suites opératoires . — Pas de fièvre, malgré un état général peu satisfaisant. Au bout de 48 heures (14 novembre) on retire les pinces. Les éponges sont retirées le troisième jour.

Nuit du i4 au i5 : mauvaise, grande agitation, subdélire. Pas de vomissements. Le ventre n'est ni dur, ni douloureux.

Le mercredi 16, au soir, passage des matières fécales par le a agin.

Les jours suivants, jusqu'à la nuit dvi 23 au 24, où a lieu la mort, état général toujours mauvais. La température ne dépasse jamais 38°, 2 ou 38°,45 mais le pouls est très fréquent (i3o-i4o pulsations), ondulant, à peine perceptible ; les matières fécales continuent de passer par le vagin.

Traitement suivi : alcool, Champagne. Injections de sérum, de caféine, d'éther.

A partir des deux derniers jours : apparition d'un érythème généralisé marqué surtout aux membres, au thorax et à l'abdomen. Faciès coloré. Langue sèche, rôtie ; diarrhée. . Pas de vomissements. Ventre souple non douloureux. Pas de toux ni de dyspnée. Aucune lésion pulmonaire.

Mort le 23 novembre.

Autopsie. — Le 26 novembre.

L'incision sous- ombilicale montre l'intégrité absolue des couches de la paroi abdominale. Disparition totale du plastron constaté avant l'hystérectomie.

Le petit bassin est rempli par une poche purulente, largement ouverte en bas par l'opération.

Annexes non enlevées : les ovaires et les trompes se trouvent smla limite, de la cavité purulente, englobés dans les fausses membranes, mais encore faciles à reconnaître, bien qu'en partie détruits par la suppuration.

La poche est vide; sa surface externe adhère aux organes du

petit bassin; l'interne est tonientcuse, irrégulière, avec un peu de pus concret.»

Sur la paroi antérieure de l'ampoule rectale, ecchymose au centre de hupielle une perforation admettant l'extrémité du petit doigt, livre passage aux matières par le vagin.

Pas de péritonite, sauf à la partie immédiatement contigue a la poche. Anses intestinales libres partout ailleurs.

Pas de lésion des viscères.

Périmétro-salpingite suppurée. — Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Gnérison opératoire complète. Morte de tuberculose pulmonaire au bôut de 3 mois ijs.

M""* Guitt., âgée de 26 ans, entre chez les sœurs Augustines de la rue de la Santé, le 12 novembre 1892.

Antécédents. — Réglée à i3 ans d'une façon normale, elle se marie à 20 ans. Souffre dans le ventre depuis son dernier accouchement il y a trois ans. Poussées aiguës. Ouverture à plusieurs reprises d'abcès dans le rectum.

Dernière poussée en septembre 1893, au cours de laquelle la malade fait une pleurésie. Soignée par le docteur Launois.

L'état général s'aggrave ; tous les soù-s la tenipérature s'élève à 89° et au-dessus.

Constatation d'une énorme suppuration pelvienne.

Hjstérectomie vaginale, le 14 novembre 1893. — Morcellement et évidement. Ouverture de quatre poches contenant un pus horriblement fétide. L'une des poches située au-dessus de l'utérus se vide au moment où le fond est amené à la vulve. On crève aussi une poche de périmétrite séreuse. Pas d'ablation d'annexés.

Durée : 5o minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Chute de la température et état de bien-être notable le soir même de l'opération.

Les pinces et les tampons sont enlevés au bout de 48 heures.

Du dixième au quinzième jom*, petite poussée pleurale.

La malade se lève le vingt-deuxième jour et rentre chez elle le 10 décembre, ne souffrant plus.

Son état local continue de s'améliorer de jour en jour ; mais l'état pulmonaire s'aggrave; elle a des liémoptysies répétées et, le 21 février 1893» elle meurt de tuberculose pulmonaire.

Observation iio (Le Moniot).

Hystérectomie complémentaire. — Pyosalpinx double. — Giiérison.

La nommée G. . ., Agée de 38 ans, entre le 1:2 octobre 1892, à la Maison mmiicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 18 ans, toujours régulièrement. Pas de blennorrhagie.

En 1880, accouchement nornial. De i885 à 1887, 3 Causses couches successives (de 3, 4 et 6 mois).

En 1887, à la suite de la troisième l'ausse couche, péritonite. La malade resta longtemps alitée. 3 ou 4 mois après le début, issue abondante de pus par le rectum.

En 1888, laparotoriiie pratiquée par M. Terrillon, 8 mois après la péritonite.

Depvus, douleurs subaiguës continuelles du côté gauche. Leucorrhée légère. Jamais de métrorrhagies. Menstruation réguhère.

Il y a 6 mois, à la suite d'un lavement, nouvelle issue de pus par le rectum.

Examen. — Utérus un peu immobilisé, gros, en rétroversion adhérente. Les deux culs-de-sac sont remplis par deux masses dures, bosselées, non fluctuantes.

Hystérectomie vaginale le 10 novembre 1B92. — i" Curettage et cautérisation intra-utérine avec la solution de chlorm'e de zinc au i/io'.

2° Hystérectomie. — Morcellement et évidement. Pas d'incident opératoire. Les annexes sont enlevées. Des deux côtés les trompes contiennent un verre de pus non letide. Les ovaires sont bom-rés de kystes.

Durée : 25 minutes. 8 pinces et 4 éponges sont laissées en place.

Suites opératoires. . — Aucune réaction du pouls ni de la température; 48 heures après l'opération, ablation des pinces. Pas d'hémorrhagie. Aucunes complications. ,

La malade se lève au bout de 17 jours. Elle est complètement guérie le 9 décembre 1892. Les douleurs ont disparu.

Cependant le ventre présente au niveau de la ligne blanche une petite hernie datant de la laparotomie antérieure et siégeant à son angle inférieur.

La malade, pressée de sortir, ne veut pas se laisser opérer de cette hernie..

Observation m (Le Moniet) Ovarite suppurée. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée R..., âgée de 37 ans, entre le 7 octobre 1890, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans, la menstruation, toujours régulière, parfois douloureuse, durait environ huit jours. Mariée à 3o ans. Six semaines après, fausse couche. Depuis, trois accouchements, les deux premiers sont normaux ; les deux enfants bien constitués sont encore vivants. Le troisième accouchement a vraisemblablement été le point de départ des lésions actuelles. Auparavant on n'avait jamais noté d'irrégularité menstruelle, ni d'écoulement leucorrhéiqpie permanent. De temps à autre, cependant, mais depuis l'apparition des règles, la malade avait eu un peu de leucorrhée.

Cet accouchement a eu heu le -jj février 1892. Présentation du tronc. Procidence d'un bras, paraît-il, version, extraction du fœtus très pénible et mort de l'enfant, venu à terme, au bout de vingt-trois jours. Les jours suivants, fièvre, frissons, ventre douloureux et vomissements.

La malade doit rester couchée six semaines. Deux mois après l'accouchement, rechute à la suite d'une promenade en voiture. Les mêmes symptômes réapparaissent mais un peu atténués.

Encore quinze jours de lit.

Depuis ce moment, la menstruation est très irréguhère, il n'y a que deux époques menstruelles du 29 février au 7 octobre, date d'entrée de la malade à la maison Dubois.

Le i5 septembre 1892, au moment de la seconde période menstruelle, apparition de la fièvre, de violentes douleurs abdominales, de vomissements avec ballonnement du ventre. Cette pelvi-péritonite est traitée en ville par des onctions d'onguent mercuriel belladoné et des vésicatoires sur le ventre.

La malade, au moment de son entrée à Dul^ois, est dans une période de calme. Les phénomènes aigus ont disparu, mais le ventre est douloureux, surtout dans la fosse iliaque droite, et cette douleur est assez vive pour rendre la marche impossible.

Il n'y a plus de fièvre ni de vomissements.

Examen. — Le ventre ne présente rien de particulier ; peu de ballonnement, mais partout sensibilité assez vive et à droite forte douleur à la pression. Au toucher, l'utérus de moyen volume est trouvé mobile et en antéfïexion légère. Les annexes gauches sont volumineuses, de la grosseur d'une mandarine, donnant la sensation d'une collection liquide, prolabées dans le cul-de-sac de Douglas. Elles sont un peu mobiles, très douloureuses.

Les annexes droites sont un peu moins grosses, mais très sensibles à la pression, très élevées et assez mobiles.

La malade est mise au rejjos alisolu pendant quinze jours avec injections vaginales antiseptiques très chaudes, glace sur le ventre et purgatifs légers, tous les deux jours.

Ciirettage le 20 octobre i8g2. — L'hystéromètre pénètre de 8 cent.; après le curettage, qui se l'ait sans abaissement de l'utérus, écouvillonnage à la glycérine créosotée et pansement intra-utérin qui est renouvelé plusieurs ibis les jours suivants. Pas d'amélioration. Le peu de succès des traitements antérieurs , la bilatéralité non douteuse des lésions tont décider l'hystérectomie.

Hystérectomie vaginale le 16 novembre 18 Q2. — Morcellement; après l'utérus, l'ovaire gauche est enlevé. Il est de la grosseur d'xme mandarine et rempli de petits abcès.

L'ovaire droit très haut situé est abaissé avec le doigt et maintenu pai" une pince de Museux. Avec cet ovaire vient une anse intestinale, à laquelle il adhère très intimement par une large surface. M. Segond dissèque l'ovaire aux ciseaux et respecte la partie immédiatement miie à l'intestin. Après désinfection au sublimé, l'anse intestinale est abandonnée dans la cavité abdominale.

Les deux trompes enlevées n'étaient pas purulentes, mais indurées et augmentées de volume.

Durée : trente-cinq minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Les suites de l'opération sont aussi simples que possible. Aucune complication ; comme d'habitude, on enlève les pinces le deuxième jour, les éponges iodoibrmées qui constituent le pansement vaginal le troisième jour. La température, qui était restée normale après l'opération, monte à 38°4 et à SS-ô le sixième et le septième jours, mais elle retombe aussitôt à 87°.

La malade se lève le quinzième jour, elle commence à marcher le seizième et sort le vingt-quatrième complètement guérie. Le ventre est souple, et la palpation ainsi que le toucher vaginal ne réveillent aucune douleur.

Revue en février 1894. Etats local et général parfaits. Poussées congestives du côté des seins. Guérison complète.

Observatioî} 112 (Le Moniet)

Pyosalpinx droit. — Abcès de l'ovaire gauche. — Opération de Péan.

Guérison.

M"" Mal. . ., âgée de 47 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 29 octobre 1892, service de M. le docteur Segond.

La malade, entrée d'abord chez M. Lecorché pour de l'enLérile chronique, vient ensuite dans le service du docteur Segond pour une lésion des annexes.

Antécédents. — Réglée à ii ans 1/2. Deux grossesses et une fausse .couche de six mois. •

En 1872, premier accouchement.

En 1874, deuxième accouchement.

A la suite, au dire de la malade, prolapsus utérin et porl d'un pessaire.

En 1880. Les règles avancent de dix à douze jours et doublent de durée, en même temps qu'apparaissent de violentes douleurs abdominales.

La malade est traitée à ce moment pour une métrite et une salpingite gauche.

En 1887. Ces symptômes s'aggravent et nécessitent un curettage à ^^ersailles. A la suite, amélioration très marquée.

L'été dernier, en avril, elle est reprise des mêmes accidents que précédemment, en même temps d'une entérite qui présente plusieurs rechutes. La marche est très difficile à cause des douleurs abdominales. Les règles sont très irrégulières et très abondantes.

Examen. — Le toucher montre un utérus petit en antéflexion avec un fond globuleux qui ressemble à un petit fibrome formant saillie.

Lés annexes gauches sont adhérentes, volumineuses. Les annexes droites, également assez grosses, sont prolabées dans le cul-de-sac de Douglas.

Hystérectomie vaginale le ig novembre i8g2. — i" Curettage. Hystéromètre = 0,08. Cautérisation avec du clilorure de zinc au i/ioe.

2» Hystérectomie. Au cours de l'opération, évacuation d'une collection purulente située dans le cul-de-sac latéral droit et donnant issue à deux cuillerées à soupe envii-on de pus. Cet abcès dépend des annexes droites que M. Segond n'enlève pas.

Ablation d'un fibrome fixé sur le fond de l'utérus et ayant à peu près le volume d'une mandarine. Ablation des annexes gauches. La trompe est augmentée de volume, l'ovau'e est réduit à une simple coque membraneuse enveloppant rme collection purulente.

Pansement habituel.

Durée : 35 minutes. Neuf pinces.

Suites opératoires. — Des plus simples. La température n'atteint qu'une fois 38° le cinquième jour.

Les pinces sont retirées seulement au bout de cinquante-trois heures, la malade les a très bien supportées.

Les éponges sont enlevées le troisième jour.

Très bon état général. La malade peut se lever le quinzième jour et elle sort le 19 décembre, complètement guérie. En février 1894, guérison absolue.

Observation ii3 (Personnelle) Hystérectomie complémentaire. — Pyosalpinx gauche. — Guérison.

]y[me Poup...,âgée de 82 ans, entre à la Clinique Baudelocque, le 12 novembre 1892, dans le service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, régulièrement, quelques douleurs au moment des règles.

Mariée en 1887, souffre de fortes douleurs dans la fosse iliaque droite.

En 1888, accouchement par M. Champetier de Ribes, avec l'aide du forceps. Au huitième mois de sa grossesse, à la suite d'une chute, elle reste quelques jom'S au lit et perd un peu de sang. A ce moment elle observe une tumeur. Retour de couches normales à six semaines. Constipation opiniâtre d'habitude. Le 21 novembre 1888, est opérée par M. Labbé qui lui retire, par laparotomie, une trompe ressemblant, dit la malade, à un petit éléphant?

Elle souffre toujours dans le côté droit, se plaint d'une sensation de poids sur le rectum.

Au mois d'octobre, péritonite.

Examen. — A son entrée dans le service (12 novembre 1892) elle souffre énormément du côté droit. L'utérus est gros. Pesanteur dans le petit bassin et sur le rectum. Les annexes droites forment une tumeur très adhérente à l'utérus.

Hjstérectomie vaginale le 1 4 décembre 1892. — Morcellement et évidement. Au niveau de la corne utérine, flbrôme du volume d'un petit œuf; la trompe gauche, du volume du pouce, contient du pus non fétide.

Durée : 20 minutes. Quatre pinces.

Suites opératoires. — Nulles.

A noter le troisième jour la production d'une eschare sacrée fh>oite, (decubitus aigu). Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le troisième jour.

Aucun incident. La malade se lève le vingt-et-unième jour et pai't, complètement guérie, pour Le Vésinet, au bout de six semaines. Revue en février 1894. Etats général et local parfaits.

Observation ii4 (Le Monicl)

Pyosalpiiix gauche. — Salpingite parenchymalense droite. Opération de Péan. — Guérison.

jVIme Art. . . , Agée de 26 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 4 octobre 1892, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 18 ans, d'abord très régulièrement. Après les premières époques, intervalle d'im an sans règles, puis retards très fréquents.

En 1889, accouchement normal. La malade se lève 8 jours après et commet des imprudences. Il reste de la leucorrhée mais aucune douleur.

En décembre 1891. Fausse couche de 3 mois provoquée. A la suite, série de méthrorrhagies. La malade doit rester ahtée 3 mois.

En mai 1892. Poussée de pelvi-péritonite, qui dm-e trois semaines : Fièvre violente, douleurs suraiguës, constipation. En même temps, symptômes de cystite et d'uréthrite.

Depuis, menstruation très irrégulière : plusieurs pertes par mois ; dans l'intervalle, écoulement rosé.

Douleurs dans les reins, le bas-venlre et la cuisse gauche. Il y a un mois, au commencement de septembre, nouvelle poussée de péri-niétrosalpingite, qui n'est pas encore terminée au moment de l'entrée de la malade à Dubois .

Examen. — Les symptômes généraux ont presque totalement disparu. Plus de fièvre.

Les symptômes fonctionnels sont très atténués. La douleur seule persiste encore assez marquée pour rendre la marche presque impossible. Le ventre est douloureux à la pression, surtout à gauche, et un peu ballonné.

Au toucher, l'utérus, assez gros, et encore mobile, présente tm col gros enlr'ouvert.

Les annexes gauches sont grosses, dures et adhérentes. Les annexes droites sont moins atteintes. Cependant lem* volume est augmenté, elles sont dures mais paraissent peu mobiles.

Hysléromètre = o, 08. Pas de déviation utérin^.

Curettaqe sans abaissement de l'utérus. — Un mois de repos au Ut avec injections intra-utérines de teinture d'iode et drainage utérin. Aucune amélioration locale. Toujours douleurs à gauche.

Mêmes lésions au toucher. Etat général très bon. Le curettage n'ayant pas donné le résultat attendu, M. Segond conseille l'hystéreclomie vaginale.

Diagnostic. — Salpingite parenchyniateuse double.

Hystérectomie vaginale le i5 décembre iSyj. — Examen souschlorotbrnie : Utérus mobile, en rélroversion légère. Annexes gauches, du volume d'une mandarine, adhérentes et assez élevées. Annexes droites, plus petites et adhérentes.

I" Curettage utérin et cautérisation au chlorm-e de zinc au i/io. '2° llystérectomie vaginale.

Utérus enlevé par morcellement sans diiïiculté. Annexes gauches adhérentes, sont décollées lacilement, mais une collection purulente siégeant au niveau de l'ovaire , crève pendant leur extirpation. Annexes droites sont également enlevées, ovaire scléro-kystique. Trompe hypertrophiée, avec épaississement des parois. Pas de purulence.

Dui'ée : 3o minutes. 5 pinces.

Pansement vaginal avec 4 éponges iodoibrmées.

Suites opératoires. — Très simples, sauf quelques attaques hystériformes. La malade ayant présenté de tout temps des phénomènes nerveux très marqués, notamment des mouvements choréiques du côté droit.

Le 17 décembre. On retu'e les pinces, petite hémorrhagie qu'un tamponnement suffît à arrêter.

Le 18 décembre, enlèvement des éponges. Aucune complication fébrile, un seul jour la température. a atteint 38° 4-

La malade se lève le quinzième jour et sort le 17 janvier, très bien portante.

Revue quinze jours plus tard, elle se disposait à partir poxu" le Midi. Nouvelles en mars 1894. Etats général et local excellents. Guérison absolue.

Observation ii5 (Personnelle) Pyosalpiiix double. — Opération de Péan. — Guérison.

M^^ Laur..., âgée de 35 ans, entre à la clinique Baudelocque, service du professeur Pinard, le 10 décembre 1892.

Antécédents. — Réglée à 17 ans 1/2, très abondamment, régulièrement.

Mariée à 20 ans, premier accouchement à terme, enfant mort; à 22 ans, accouchement, enfant mort; à 24 ans, accouchement à terme, au forceps, enfant mort. Péritonite consécutive, durée trois mois.

En 1882, à 25 ans, hématocèle rétro-utérine et pelvipéritonite. 60 vésicatoires en huit mois.

Règles toujours régulières et abondantes, niais douleurs vives à ce moment.

De 1884 à 1887,. est soignée pour un ulcère du col. Douleurs dans la fosse iliaque droite avec irradiation dans la jambe droite.

En 1888, 1889, 1890, 1891, 1892. Une péritonite chaque année (au dire de la malade).

Nouvelle péritonite au mois d'août, avec douleurs dans la fosse iliaque gauche. Métrorrhagie d'une durée de 10 jours.

Elle a de nouveau une poussée aiguë en septembre.

Total : 12 poussées aiguës de 1882 à 1892.

Elle entre à Baudelocque le 10 décembre 1892, envoyée par le docteur Hamon, qui l'a soignée depuis le 10 août 1892 (révulsifs, injections de sérum, etc.).

Examen. — Utérus en antéversion. A gauche, tumeur volumineuse fluctuante douloureuse,' immobile, remontant à deux travers de doigt au-dessus du pubis. A droite, tumeur plus rénitente du volume d'une grosse orange.

La malade est très aflaibUe; elle a tous les soirs de la fièvre, 38°,4 à 39®. L'inappétence est complète.

Diagnostic : Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale le 21 décembre, i8q2. — Morcellement et évidement. Ouverture de deux poches tubaires contenant, celle de gauche, un demi-litre de pus fétide; celle de droite, un grand verre. Ablation complète des annexes.

Suites opératoires. — Chute de la température le soir môme de l'opération. Aucune réaction du pouls. Ablation des pinces et des tampons après 48 heures.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le vingt-etunième jour et part guérie au bout d'un mois.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 116 (Le Moniet)

Fibrome utérin. — Pyosalpinx droit. — Opération de Péan. — Guérison.

M"* Hu . . . , Agée de 38 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le i"*décembre 1892, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Premières règles à 12 ans, régulières. Coliques à chaque époque. Durée, quatre ou cinq jours. Pas d'enfants. Pas de fausses couches.

En 1886, légère dyspnée. Métrorrhagie peu abondante pendant trois

semaines. A cette époque : ergotinc en injections sous-cutanées et en lavements. Puis traitement à l'électricité, pour corps fibreux diagnostiqués, trente à quarante séances.

En janvier 1892, crises douloureuses subites accompagnées de contractions utérines. Injections de morphine.

En août 1892. Début d'une métrorrhagie qui dure encore. Depuis le i5 novembre envii'on : douleurs abdominales s'exaspérant par crises fréquentes, durant jusqu'à trois et quatre hetires.

Dernières règles le i4 novembre.

Examen (10 décembre 1892). — Au toucher, on sent, indépendamment des corps fibreux, une tumeur dure, pas fluctuante, ayant à peu i)rès le volume d'une mandarine et bombant dans le cul-de-sac postérieur. Col de l'utérus rejelé en haut et à droite. Rien dans les culs-de-sac latéraux.

Incision du cul-de-sac postérieur. — Après l'incision, il sort environ un demi-litre de pus blanc-jaunâtre et extrêmement fétide. Lavage 'de la plaie et mise en place d'un drain en T en caoutchouc. Tamponnement vaginal avec gaze iodoformée.

Suites opératoires. — Après l'opération, les crises de douleurs abdominales diminuent de fréquence et d'intensité pendant sept à huit jours, en même temps que s'abaisse la température. Mais bientôt, elles redeviennent aussi fréquentes et aussi aiguës que primitivement, se font sentir surtout le soir et pendant la nuit.

Le 25, état de faiblesse assez prononcé, exaspération des doulem-s : Onctions belladonées calmantes.

Deuxième opération : le 29 décembre 1892. Au toucher, utérus gros, adhérent de tous les côtés, remontant jusqu'à trois travers de doigt au dessus de la symphyse ; dans le cul-de-sac droit: tuméfaction des annexes.

Eystérectomie vaginale. — 1° Curettage : hystéromètre pénètre de i3 centimètres. Beaucoup de fongosités utérines. EcouvUlonnage avec chlorure de zinc à i/io".

2° Hystérectomie : utérus difficilement abaissable, dès le début de l'opération : petites hémorrhagies difficiles à arrêter .

Ablation par morcellement d'vm utérus fibreux dont le tissu friable se déchire assez facilement sous les pinces et au miUeu duquel s'étaient développés trois corps fibreux à tissu blanc, dur et résistant, dont le plus gros avait le volume d'une orange.

Poids de la tumeur: utérus et corps fibreux = 670 grammes.

Ablation des annexes. — Peu de lésions à gauche. Les annexes droites sont purulentes avec de petits abcès et englobées dans des fausses • membranes qui fimitent la collection purulente évacuée par l'incision du cul-de-sac postérieur (du 10 décembre). Durée ; une heure un quart. Huit pinces. .

Suites opératoires. — Après l'opéralion, grande raiblesse accompagnée de doulenrs abdominales Irôs vives. (Injcclions de sérum et de caféine, Champagne). Le soir, la lempéraLure monle à SS'Q el s'y nuiinlicnl pendant deux jours. Deuxième jour, al)lation des pinces, et le iroisième jour ablation des éponges.

A partir de ce moment, l'état général s'améliore, les douleurs diminuent d'intensité. Jamais de ballonnement du ventre ni de vomissements.

La convalescence se continue très régulièrement et n'est entravée <[ue par une bronchite qui a duré sept à huit jours.

La malade est complètement guérie le i() janvier 1893. Morte de tuberculose pulmonaire le 20 juin 1H93.

Observation 117 (Le Moniet) Kj-sles sitpparés d^s deux ovaires. — Opération de Péan. — Guérisoii.

M"^ Jag..., âgée de 87 ans, est entrée dans le service de M. le docteur Segond, le 21 décembre 1892, venant du service de M. Nélaton (Maison municipale de Santé).

Antécédents. — Réglée à 16 ans. Menstruation toujours abondante, 5 à 10 jours, et jamais bien régulière, tantôt avan(;anl, tantôt retardant. Jamais d'accouchement à terme ni de lausse couche. Aucune trace de bleniiorrhagie.

Depuis deux à trois mois, niénorrliagie. Les règles durent dix jours, très abondantes. Dans l'intervalle, écoulement muco-purulent.

En novembre, métrorrhagie dans l'intervalle de deux péi-iodes menstruelles. Douleurs lombaires et abdominales, siégeant surtout à droite, très vives au moment des règles.

Aucun autre symptôme. Rien dans les urines (coliques néphrétiques il y a deux ans).

Examen. — Au toucher, à droite, tumeur du volume d'une tête de fœtus, fluctuante par places, remplissant le cul-de-sac latéral et refoulant l'utérus en avant et à gauche.

A gauche, tumeur pédiculée.

Hystérectomie vaginale, le 3i décembre 18 ya. — i' Curetlage et écouvillonnage intra-utérin au cldorure de zincaui/io°.

2° Ilystércctomie. Utérus peu abaissable. Après l'ablation du col, évidement. Au moment où apparaît le fond de l'ulérus, la tumeur droite est crevée et il sort deux verres de pus.

La tumeur pédiculée gauche descend en môme temps que l'utérus. On l'incise et il en sort également une grande quantité de pus, environ un verre ou un verre et denn. On enlève facilement cette poche.

Uaudron. —

QuauL il la i)Oche droite, elle csl fucilemcnl décorliquéc après ablalion du Ibnd de rulérus.

Durée, quaranlc ininulcs. Huit pinces cl {[ualre é])onges.

Suiles opératoires.— Aucune couiplicaliou. Aucune réaclion du pouls. Tenipéralurc, 'iS% les soirs des 3", 4" cl 5" jours.

On retire les pinces au bout de quarante-huil heures et les éponges au bout de soixante-douze heures.

La malade se lève le i5 janvier et sort, coniplèlenienl guérie, le a/J janvier i8(j3.

Revue . en mars 1894. Elats général el local parlails. Guérison. absolue.

OiiSEUVATioN iiS (Le Moniel) Pj'osalpiiix double. — Opéraliou de Péan. — Guérison. .

M*"^ Lew..., âgée de 47 ans, entre le ao décembre 1892, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à . 12 ans , régulièrement , avec quelques douleurs, écoulement durant de 5 à 6 jours.

Pas de fausse couche, une grossesse à terme à l'âge de 21 ans. Accouchement normal sans accidents ni complications, la malade est levée dès le quatrième jour.

Depuis la grossesse, les règles ont été régulières : un peu de leucorrhée dans leur intervalle.

II y a sept ou huit ans, douleurs abdominales, les règles deviennent plus douloureuses et durent huit ou dix jours. Ecoulement leucorrhéique, quelquefois rosé, dans leur intervalle.

Au mois d'août 1892, à la suite de fatigues, violentes douleurs dans le bas-ventre plus marquées du côté droit. Un peu de ballonnement. Fièvre. Frissons. Constipation opiniâtre. Pas de nausées ni de vomissements.

Six semaines après le début, à la suite d'une purgation, ouverture d'un abcès dans le rectum. Depuis cette époque, la malade rend toujours un peu de pus par le rectum tous les huit ou dix jours. Le repos au lit est presque Ibrcé, la moindre cause éveillant les douleurs et favorisant l'écoulement du pus.

Actuellenvent. Douleurs abdominales spontanées, surtout à droite. Règles toujours réguUères, très peu de leucorrhée, sauf dans les jours qui les précèdent.

Ventre souple, sensible à la palpation dans la fosse iliaque droite. Pas à gauche.

Urines normales.

Kxamen. — Utérus enclavé au milieu de deux poches ayant le volume : à droite .d'une téle d'adulte; à gauche d'une grosse orange.

Hj'Stérectomie vaginale le y janvier i8g3. — i° Curettage , écouvillonnage avec chlorure de zinc à i/io^.

2° Ilystérectomic. Pas d'abaissement. V" étape ordinaire. Dans le cul-de-sac postérieur quelques Ibngosités. Evidement. Au moment où le fond apparaît on crève une poche péri-salpingienne qui laisse écouler un demi-htre de pus blanc, crémeux.

2' petite poche qui esl crevée; elle contient un grand verre.de pus,

3' poche : même quanlilé.

L'utérus enlevé, on décortique les deux annexes très adhérentes et l'on constate qu'il s'agissait d'un double oophoro-salpingite suppurée du volume d'une très grosse orange chacune. Ablation totale.

Dui'ée : 5o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Très simples. Pas de fièvre. Pouls régulier. Le deuxième jour, ablation des pinces et le troisième jour des éponges.

La convalescence n'est entravée que par une poussée de broncliite aiguë qui, à un moment donné, avait lait penser à de la tuberculose. A partir du douzième jour, état général 'très bon. Sortie le 3i janvier i8()"3, guérie. Revue en mars 1894. Guérison parfaite.

Observation 119 (Personnelle)

Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

La nommée Ped.. , Agée de 34 ans, entre à la Clinique Baudelocque, service du professeur Pinard, le 16 janvier 1893.

Antécédents. - Réglée à 14 ans d'une façon normale. Pertes blanches depuis l'étabUssement de la menstruation.

Mariée en i883. Trois accouchements normaux en 1884, 1886, 1888. Souflre dans le ventre depuis son dernier accouchement. Graduellement la marche est devenue extrêmement pénible, la station assise môme est péniblement supportée. Les règles sont très abondantes, reviennent toutes les trois semaines, et la leucorrhée est abondante.

La malade se confie en avril 1892 aux soins du docteur Stapfer qui constate une rétroversion adhérente et une double lésion des annexes Il commence des séances de massage qui amènent un soulagement notable. Mais au mois d'octobre, obligée de monter fréquemment six étages elle recommence à souffrir et réclame à tout prix une intervention. M. Stapfer l'envoie alors à Baudelocque.

Examen. — Utérus très gros, en .mténexion ; de chaque côté les annexes Ibrnient une petite tumeur du volume d'un petit œuf, assez mobile, peu douloureux.

Diag-nostic' — Salpingite parenchymateuse double.

Hj-stérectomie vaginale le 1 8 Janvier i8g3. — rrocédé de Doyen pur : Al)laiion complète des annexes dont les . adhérences épiploïques bilalérales sont détachées sous les yeux.

Les deux trompes contiennent du pus. Les ovaires sont bourrées de kystes.

Durée : i5 minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Hémorrhagie abondante dans l'après-midi. Se renouvelle le soir; on l'arrête en resserrant loules les pinces d'un cran et en tamponnant.

Injection, dans les vingt-quatre heures, de aSo grammes de sérum artificiel.

Température vespérale à 38° les soirs des deuxième, quatrième et cinquième jours. Pouls petit pendant trois jours. Ablation des pinces après quarante-huit heures, des tampons le sixième Jour seulement.

La malade, très afîaibhe par l'hémorrhagie, est remontée par des injections de sérum (900 grammes en douze jours).

Elle se lève le vingt-cinquième jour et quitte l'hôpital, guérie, le i"'' mars.

Revue en février 1894. Etats général et local parfaits. Pas de boun'ées menstruelles. Aucune modification de l'état génital. Guérison absolue.

Observation 120 (LeMoniet)

Pj-osalpinx gauche. — Kyste de l'ovaire droit. - Opération de Péan. — Guérison.

M"'« An. . Agée de 34 ans, enlre à la Maison municipale de Sanlé, le 24 janvier 1894, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. - Premières règles à i3 ans. Régulières, assez abondantes, peu douloureuses, durée : 7 à 8 jours. Pas d'enfants, pas de fausses couches.

En 1878 (au moment du mariage), elle est prise de douleurs abdominales et irradiées vers les cuisses. Douleurs rachialgiques surtout. Menstruation toujours réguhère mais leucorrhée dans l'intervalle des règles. On aurait constaté dès cette époque une antéversion de l'ulérus et du catarrhe utérin.

Eu 1S82, suppression coM»plèle .les règles pendanl 2 uiois. Puis elles redcvienueul régulières, mais uiénorrlmgies très abondaulcs.

Depuis 5 ou 6 ans, auguicnlalion des douleurs raclualguiues, abdominales et lombaires. A plusieurs reprises, œdème des mend^-es inférieurs.

Il y a 2 ans, on a Irouvé de l'albumine dans les urines.

Depuis 4 mois, menslrualion toujours régulière. Diminution de la leucorrhée, mais augmentation des douleurs. Depuis cette époque éo-alemeht la miction est très douloureuse.

S'est alitée depuis le i"' janvier : Troubles dyspeptiques IVéquenls. Vomissements.

Dernières règles terminées le 17 janvier.

A son entrée à Dubois, la malade présente les mômes symptômes ; elle est très faible et sa température est très élevée: 89-8. L'urine contient une forte proportion d'albumine.

Examen. — 28 janvier 1893. Utérus faisant corps avec une grosse tumeur qui lait saillie dans le cul-de-sac latéral gauche.

A droite les annexes forment une niasse dure, très douloureuse.

Hystérectomie vaginale le 28 janvier jSqS. — i" Curettage, puis écouvillonnage au chlorure de zinc à 1/10°.

2° Hystérectomie vaginale (Procédé Doyen pur) sans incidents.

Arrivé au fond de l'ulérus, impossibiUté d'abaisser franchement les annexes, alors libération de l'utérus par des pinces placées de haut en bas et ablation successive, suivant le i)rocédé habituel, des annexes gauches (trompe remplie de pus et ovaire scléro-kystique) . Puis ablation d'un kyste de l'ovaire droit, gros comme le poing au moins, conienant du liquide roussfttre, sans trace de suppuration.

Annexes très adhérentes.

Au niveau du segment externe de la trompe, adhérences avec abcès tubo-ovarien.

Durée : 3o luinules, 8i)inces.

Sidies opéraloires. — Malade très faible cl agilée, délire assez intense la première nuit. Langue sèche. La température reste le soir à 39"4 pendant les trois premiers jours, le j^ouls est à 120. Au bout de 48 heures, ablation des ])inccs. État général scnd)le meilleur, la température est presque normale, mais la langue est toujours rôtie, et il existe encore un peu <le délire. Du i"'' au S février, symptômes d'agitation, j)robal)lement d'origine Tirémicpie.

La malade sort le 19 février, son état esl très satisfaisant.

Revue en février 1894. Guérison absolue.

Observation 121 (Malherbe)

Pyosalpinx double. — Périmétro-salpingite suppurée. — Opération

de Péan. — Giiérison.

M'"'G..., âgée de 29 ans, entre le 17 janvier i8()3, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Premières règles à 18 ans, régulières, peu douloureuses; durée, quatre ou cinq jours.

Premier accouchement il y a quatre ans. Sans accidents ni complications. A la suite, la menstruation redevient régulière, mais plus douloureuse.

Première fausse couche de trois mois, le 3o novembre 1892. Après la fausse couche, métrorrhagie assez abondante, qui a duré vingt-quatre heures, arrêtée par tamponnement. Cinq à six jours après la fausse couche, la malade a été prise d'un écoulement vaginal qui dure encore. Pus blanc-jaunâtre, épais, non strié de sang et non fétide.

En même temps, fièvre vive, pas de douleurs abdominales ni lombaires. Pas de vomissements.

Constipation opiniâtre. Mictions très douloureuses. Urines fortement colorées et fétides.

Il y a 10 jours, curettage de l'utérus. Depuis, la fièvre a continué. La température s'élève le soir à 89°. Douleurs abdominales, ventre un peu dur, mais pas de vomissements. Ecoulement de pus existe toujours.

3i Janvier. — Depuis son entrée à Dubois, état général peu satisfaisant. Température toujours élevée et douleurs abdominales.

Traitement suivi dès l'entrée : Injections continuelles de sérum artificiel. Injections vaginales chaudes.

Examen — Au toucher, sous le chloroforme, vagin étroit, utérus abaissé, complètement immobilisé, enclavé, impossible à distinguer des masses inflammatoires qui le cimentent de tous côtés. Col mou, légèrement entr'ouvert. Situé tout à fait en arrière.

Il semble que la poche fluctuante corresponde surtout au cul-de-sac antérieur.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale le 11 février 1 8 g 3 . — Incision du vagin, sans abaissement possible de l'utérus. Décollement au doigt en avant.

Première étape classique. On ouvre une cavité purulente en avant. Reprise sur le fond de l'utérus qui se déchire avant qu'il soil possible de poser des pinces de haut en bas sur le bord supérieur du ligament, mais

qu'on ressaisit lacilemcnl. L'iiU-nis enlevé, on crève deux énormes pyosalpinx t\ pus l'élide. 11 esl inji)ossible d'enlever les annexes. Ablalion exlra-périlonéale de l'ulérus seul.

Durée, cinquanle uiinules. Cinq pinces courtes, trois à gauche, deux à droite.

Suites opératoires. — Enli-venient d.'s pinces le i3 lévrier. Lavages.

L'état de la malade est assez salislaisan' , bien qu'elle continue à perdre du pus en assez grande abondance.

L'élal reste le môme jusqu'au commencement de mars. A ce moment, la malade reconunence à avoir de la fièvre et à prendre un aspect caclu;clique. Elle perd du pus en abondance.

La malade sort le 27 mars i8i)3, sans vouloir se soumettre à un nouvel examen.

Revue en avril 1894. Guérison absolue.

Observation 122 (Le Masson).

Infection puerpérale. — Infiltration purulente de tout le tissu cellulaire pelvien. — Pj^osalpinx double. — Opération de Péan. — (complications infectieuses multiples. — Fistule recto-vaginale. — Guérison.

La nommée R. . . ., Marie, Agée de 19 ans, entre le 10 janvier 1893, à la Clinique Baudelocque, service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Premières règles à 10 ans, régulières. Ecoulement peu abondant. Peu douloureuses. Durée, deux jours. Pas de fausse couche. Une grossesse gémellaire de sept mois. Accouchement le 10 janvier 1893 sans accidents, ni complications (Clinique Baudelocque).

Le- i3 janvier, c'est-à-dire trois jours après l'accouchement, la malade est prise brusquement d'une fièvre intense (4o°5). En même temps, douleurs vives d ms la fosse iliaque dioite et métrorrhagies assez abondantes.

Traitement. — Pavillon d'isolement. Aj)pIication de douze sangsues. Irrigations continues (Biiodure de Hg).

L'état subaigu continue jusqu'au 7 février. A ce moment, la température redevient normale, l'état général est satisfaisant. Pendant celte période, le toucher révèle l;i présence d'un utérus immobile, enclavé; les culs-de-sacs latéraux et surtout postérieur seml)lent être remplis par une collection purulente assez abondante.

L'intervention est remise pour permettre à la malade de remonter son étal général.

Diagnostic. — Pyos.Upinx double. Pelvipéritonite suppurée.

Hrstérectomievaginalele i.^ février 1 8 o3 . — Friabilité exceptionnelle de l'utérus. A aucun moment de l'opération, il n'a été possible de suivre

un procède opéraloirc quelconque. L'ulérus se déchire sous lu inoindre traclion. Ablation coinplùle des annexes gauches, lesquelles sont représentées par une sorte d'épongé i)urulente sans beaucoup de pus (une cuillerée à cal'é). Ablation des annexes droites malades enlerniées dans de fausses nieinbranes. Opération extrapéritonéale absolue. Immédiatement après l'opération, injection de 60 grammes de .sérum artificiel.

Durée : une heiu-e. Neuf pinces.

Suites opératoires. — Le i5 au soir, état général satisfaisant. Pas de fièvre. Pouls : 100. Injections de caféine (Évacuation de matières fécales par le vagin. Fistule recto-vaginale).

16 février. Température monte à 38°6 matin et 3cf(j soir. Pouls : 160, langue sèche. Etat voisin de la septicémie. En présence de cet état, M. Segond fait remplacer la gaze iodolorniée qui entoure les pinces hémostatiques. Traitement: Sérum 60 gr., caféine, deux injections à 0,25 centigr., Champagne, glace.

17 février. Amélioration de l'état général. Fièvre moins intense. Cependant encore i5o pulsations. Ablation des pinces hémostatiques et de la gaze iodoformée. A partir de ce moment la malade est mise aux injections de biiodure (six par jour). Môme traitement que la veille.

Du 18 au 22. Température vespérale : 39°4- Pouls : entre i3o et 120. Rien de particulier à noter.

22 février. Formation sur la cuisse droite et la fesse gauche d'abcès multiples, au niveau des piqûres produites par les injections de sérum et de caféine. Parmi ces abcès les uns se terminent par simple résolution sous l'influence de quelques pansements humides. Les autres, au nombre de trois, sont incisés (pansements humides). Une eschare fessière est combattue par des pansements humides et le matelas d'eau.

28 février. — Le soir frisson, point de côté ; le lendemain i" mars : Pneumonie. La malade est transportée au pavillon d'isolement.

7 mars. La malade est prise de douleurs vives au niveau du pied et de la partie postérieure de la jambe. Œdème assez considérable. Phlébite de la jambe gauche.

i3 mars. En même temps que s'améliore la jambe gauche, la droite se prend à son tour : un peu d'œdème périmalléolaire. Lésions moins étendues.

Du i5 mars au 9 avril. L'état reste à peu près stationnaire. Grande faiblesse de la malade. Anorexie à peu près complète. Anémie. La température oscille le plus souvent autour de 38». Les matières fécales continuent de passer partie par l'anus, partie par le vagin.

10 avril. A partir de ce moment, l'état général devient meilleur, la

icmpéralurc csl normale el s'y niainlieiil. La plilcbile a disparu ma la lislule reclo-vaglnale existe toujours.

20 avril. La nialarlc se lève et commence à marcher. Etat génér Irùs satisfaisant. Convalescence.

Du 25 avril au i3 mai. Amélioration continue. Cependant, L matières lecciles continuent de passer en partie par le vagin.

La malade part guérie perdant encore des matières par le vagi Elle n'a pu être revue.

Observation 128 (Personnelle).

Pyosalpinx double. — Fibrome de la paroi postérieure de l'utérus. Opération de Péan. — Guérison.

Mme veuve Th. R..., âgée de 87 ans, opérée le 28 février iSgS. Antécédents. — Ascendants goutteux. Parents tuberculeux et très rhumatisants.

Enfance très maladive. Fièvre typhoïde des plus graves. Plusieurs angines, dont une diphtérique, variole, scarlatine, rougeole, etc., etc. A 7 ans rhumatisme dans le bras gauche ; maux de tête habituels violents, saignements de nez, palpitations, anémie jusqu'à l'époque de la menstruation, survenue à i4 ans 1/2, dans une crise très douloureuse, au moment de nouvelles douleurs rhumatismales au bras. Dès lors plus d'hémorrhagies nasales, mais des règles abondantes et assez douloureuses. Cependant l'état général s'améliore peu à peu et la santé devient parfaite.

Mariée à 18 ans ; dès les premiers mois, malaises, douleurs vagues dans le bas-ventre, puis une péritonite, dont la malade semble se remettre vite, mais qui laisse la santé troublée. Les époques deviennent plus douloureuses à 20 ans, des hémorrhagies surviennent et durent des mois entiers, puis une nouvelle péritonite se déclare très violente. La période aiguë passée, la malade resie huit mois au lit, avec de la pclvi-péritonitc chronique. Depuis lors, après des périodes de rétablissement relatif, rechutes fréquentes et douleurs persistantes du côté droit. Quelques pertes blanches.

Fausse couche de sept semaines à 22 ans. A la suite, des accidents de péritonite se déclarent. Après la convalescence l'état reste station naire, puis s'améliore un peu, malgré des règles abondantes et très douloureuses et des rechutes.

A 27 ans, apparition d'une première crise de dysménorrhée pseudomembraneuse. Depuis, les crises de dysménorrhée se reproduisent de loin en loin. Pertes très fortes.

Vers 32 ans, les troubles pelviens s'atténuent.

A 34 ans, endocardite, avec lésion niilrale et violente crise de dysménorrhée avec de l'urticaire (apparaissant à chaque maladie). Le docteur Bouilly diagnostique une salpingite suppurée et conseille d'attendre une année ou deux pour essayer d'éviter une opération à laquelle la malade ne se résigne pas, opération qu'il ne juge pas liécessaire d'ailleurs pour le moment. La malade se relève, engraisse et pendant une année elle se croit presque guérie. Mais à 36 ans les hémorrhagies deviennent intolérables, la dysménorrhée devient li d)iluelle et horriblement douloureuse. Après une perle de quatre mois tenant la patiente au lit sans arrêt, le sang cesse pendant quelques jours. La uuvlade en prolite pour aller à Salies-de-Béarn', mais deux jours après son arrivée les hémorrhagies reconnnencent. Le docteur Cli. Lejard constate la présence d'un fibrome dans l'ulérus et d'une salpingite double. Après être restée alitée pendant un mois, le traitement de Salies peut élre suivi pendant six semaines et la malade se trouve mieux, pour quelque temps seulement, car peu de jours après son retour à Paris, les pertes recommencent. La malade ne peut ni dormir ni s'alimenter, troubles douloureux du côté de la vessie.

M. Segond est appelé auprès de la mtdade, il diagnostique une doidjle salpingite, peut-être kystique, et un fibrome gros comme une mandarine de la paroi postérieure de l'utérus.

Hystérectomie vaginale le 23 février i8g3. — Morcellement et évidement sur la paroi antérieure : morcellement du fibrome adhérent dans le cul-de-sac de Douglas. Ablation totale des annexes. Les trompes du volume du pouce contiennent du pus, bien lié, non fétide. Elles ont des parois dures, lardacées, très épaissies; les ovaires sont très altérés, kystiques et œdémateux.

On résèque après ligature à la soie un fragment d'épiploon de l'étendue de la main, très adhérent à la paroi postérieure de l'utérus.

Durée: une heure; dix pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la températm^e. Les pinces sont enlevées au bout de quarante-huit heures, les tampons le quatrième jour.

Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le vingtième jour et part guérie le vingt-troisième jour.

Revue en février 1894. Quelques douleurs vagues dans la région des annexes droites. D'ailleurs souplesse de toute cette région. Digestions toujours pénibles. Mais, dit la malade, je suis très bien portante.

Obseuvation 1:24 (Personnelle) (i)

Fyosalpinx double ; le gauche fistuleux dans le vagin. — Opération de Péan émcuatrice. ^ Guérison. — Laparatomie exploratrice au bout de six semaines. — Guérison.

M"^« Bellv..., âgée de 3o ans, entre chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé, le 20 février iSg'i.

Antécédents. — Réglée à i5 ans d'une façon toujours régulière, elle fait successivement trois fausses couches de trois . mois à aS, 26 et 27 ans. La première est suivie d'une pelvi-péritonite qui disparaît par le repos et le trailement médical. La deuxième se passe sans incident. La dernière, en septembre i8yi, est suivie d'une 'pelvi-péritonite que le traitement niédical n'améliore pas.

En janvier 1892, une collection purulente est incisée par le vagin. La malade est soulagée mais il persiste une fistule purulente vagingile. En mai 1892, la malade consulte, à Vienne, Chrobak, qui constate une double lésion des annexes, propose la laparotomie et, en présence du refus de la malade, se contente de dilater la fistule vaginale et de la toucher à la teinture d'iode.

.Tusqu'en septembre 1892 la malade fut très amélifirée, quand survint une nouvelle crise. Le D' Jonnesco voit la malade en novembre 1892, diagnostique un pyosalpinx double et, dilatant le trajet vaginal, vide la trompe gauche ; sur ses conseils, la malade vient à Paris et consulte le D"" Segond, qui propose l'hystéreetomie vaginale.

Hystérectomie vaginale le a/f février i8q3. — Utérus inabaissable enlevé par morcellement et évidemcnl. Ouverture dii pyosalpinx gauche fistuleux qui contient encore un peu de pus. La trompe droite contient un verre à Bordeaux de pus ; elle est crevée. Au moment où, l'utérus enlevé, on va procéder à l'extraction des annexes, une jiince se .déclanche et il se produit une hémorrhagie épouvantable qui est arrêtée rapidement à l'aide d'une pince. Les annexes sont laissées en place.

Durée : 4o minutes. 7 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures ; les tampons le quatrième jour. La' convalescence marchcdt sans incident quand la malade (qui est sage-fenune), apprend qu'on lui a laissé les trompes et les ovaires. Elle réclame alors une laparotomie pour l'en débarrasser : en vain on lui objecte qu'elle aura une guérison complète;

(1) Rédigée d'après les notes obligeamment cornmuniquées par mon collègue et ami le D'' Joiinesco, prosecteur à la Faculté.

que, du moins, elle doit allendre pour ju^■cl• du résultai. Elle déclare ne pas vouloir retourner dans son pays, sans avoir subi une laparotomie. Devant une pare^le résistance, M. Scgond l'ail une laparolomie le 3i mai 1893. 11 lui est lout-à-fail impossible de reconnaître cl d'enlever les annexes. Il se conlenle de détruire des adhérences épiploïques et de réséquer plusieurs l'ranges d'épiploon dégénéré. Le ventre est refermé sans drainage. Au bout de 8 jours les fils sont enlevés : la réunion est parfaite. Le 2i« jour la malade se lève: elle est enchantée, ne souffre plus. Elle retourne dans son pays à la fin d'Avril. Des nouvelles reçues en Février 1894 sont excellentes.

Observation laS (Malherbe).

Pj'osalpinx gauche. — Abcès de l'ovaire droit. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" D. . ., âgée de 40 fi^ns, entrée à la Maison municipale de Santé, le i5 février iSgS, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — A i3 ans érysipèle de la face ; à 18 ans, pleurésie, fièvre typhoïde. Réglée à 16 ans, 3 enfants, une fausse couche.

Il y a dix ans, à la suite de cette fausse couche, douleurs dans l'aîhe gauche et pertes rouges, ayant duré six mois. Depuis les règles ont été abondantes et ont duré plus qu'auparavant (8 jours), toujours précédées de douleurs dans l'aîne gauche.

La maladie actuelle a commencé, il y a trois mois, par une métrorrhagie survenue brusquement la nuit, à la suite d'une fatigue ; cette perte a duré un jour et s'est accompagnée de vives douleurs dans le ventre, irradiées à la vulve. Le lendemain, les douleurs étaient devenues insupportables et av-aient leur maximum dans l'aîne du côlé gauche. Elles se sont calmées depuis, mais l'état général s'est affaibli : inappétence habituelle, amaigrissement. De plus, l'écoulement menstruel s'est accompagné depuis ce laps de temps du rejet de caillots énormes. Sa durée est devenue de 10 jours.

Examen. — Au toucher, col petit, ulérus immobilisé ; dans le culde-sac gauche on sent très netlemenl la Irompe, grosse connue le pouce, douloureuse, facilement limitée cuire le doigt et la nmin appliquée sur le ventre. Dans le cul-de-sac droit, innuédiatement appliquée sur le côté de l'utérus, on sent une petite tumeur dure, de la grosseur d'une noix, (lui semlde être l'ovaire. Eu dehors, on seul une lumeur du volume d'une mandarine formée par la lronq)e.

DiagnosUc. — Salpingite kystique double.

Hrstérectowie vaginale le 25 février iSgS.— Premier temps clas-

— 3oi —

siquc Deuxiciue lemps : inorcellcmcnl de l'ulérus par évidcincnl conoïde. Troisiùmc Icmps : du côlc <lroil on enlève deux lu.neurs : l'une est Ibrmée par la Ironipc épaissie el indurée, l'aulre par un abcès de l'ovaire, elle csl ponclionnée, et il s'en écoule un verre de pus; du coté gauche, on enlève l'ovaire el la trompe qui contient une cuillerée

à cale de pus.

Durée : a5 minutes. Neul" pinces.

Suites opératoires. - Ablation des pinces au bout de 4» heures. Rien de parliculier jusqu'au 7 mars.

Le 7 mars au matin, écoulement abondant de sang. Au spéculum, on voit, du coté gauche du vagin, saigner une artériole, dont les battemcnls sont perceptibles à la vue et au toucher. Impossible de la pincer. Tamponnement à la gaze iodolbrmée, les jours suivants l'écoulement ne se reproduit pas. La malade se lève le vingtième jour et part le 20 mars 1893.

En février 1894, guérison absolue.

Observation 12G (Malherbe)

Hjstérectomie complémentaire pour un pjosalpinx droit chez une femme antérieurement laparotomisée pour un kyste de Vovaire gauche. — Guérison.

M"<= M...., âgée de 36 ans, entre le i^'' mars 1893 à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i4 ans. Rien à noter, pas de pertes blanches, ni eiilanls, ni fausses couches.

11 y a un an, au mois d'août 1891, la malade s'aperçut que ses règles augmentaient en quanlilé et en durée; au mois de septembre les pertes devinrent conlinuelles, la malade ne rcssenlail aucune douleur mais présentait seulement xm état d'anémie assez prononcé ; à ce moment on fit à la malade un curettage à la suite duquel les perlés cessèrent pendant un mois.

Au mois de novembre suivant les pertes reprennent en très grande quantité et en même temps la malade commence à ressenlir de violentes douleurs. Bientôt elle est amenée à ne pouvoir quitter le lit. Cet étal persista jusqu'au mois de janvier 1892.

Le 3o janvier 1892. Laparotomie, ablation d'un kyste de l'ovaire gauche ; hystéropexie. — A la suite de l'opération l'état de la malade est assez satisfaisant, bien que les douleurs n'aient pas complètement disparu. Au mois de juillet les douleurs augmentent et se localisent principalement à droite. Depuis le mois de septembre les pertes ont recommencé en très grande abondance et n'ont plus cessé jusqu'au moment où la malade entre dans le service.

— 3oa —

Examen sous le clilororornie. Col normal. A droite on sent une tumeur très augmentée de volume et très douloureuse.

Hystérectomie vaginale le 4 mars 1892. — 1° Curettage après dilatation extamporanée au moyen de dilatateurs gradués.

2* Hystérectomie. Première étape classique, évideiuent conoïde de la moitié antérieure, bascule antérieure. Hémostase de haut en bas. Au cours de l'évidement on enlève vm petit fibrome. L'ovaire droit, gros comme une noix, est scléro-kystiquc, la trompe contient deux cuillerées à bouche de pus.

Durée : i() minutes. G lîinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures.

La malade se lève le vingtième jour et sort guérie le trentième jour. Revue en avril 1894. Etats général et local parfaits.

Observation 127 (Malherbe).

Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" Fer. . . . , Marcelle, âgée de 21 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 2 mars 1893, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans; une seule grossesse à 19 ans, accouchement à terme. Pas d'accidents consécutifs. Malade très nerveuse.

La maladie actuelle a débuté il y a dix-huit mois environ. Doulem-s du côté gauche, irradiées dans l'aine et la région lombaire du même côté. Règles quelquefois douloureuses, peu abondantes, apparaissant toutes les trois semaines. De temps à autre, douleurs dans la miction. Gurettée en mars 1892.

Examen. — Au toucher : col petit, conique; utérus en antéversion, mobile, les mouvements qu'on lui communique sont douloureux. Dans le cul-de-sac gauche, annexes assez volumineuses, douloureuses au toucher, facilement délimitables par le toucher et la palpation abdominale combinés. Le cul-de-sac droit est rempli par une tumeur du volume d'une mandarine, très douloureuse.

Hystérectomie vaginale le 4 mars i8g3. — 1° Abaissemenl de l'utérus ; décollement des insertions vaginales ; 2» Incision bilatérale, évidement conoïde ; 3° Bascule du fond de l'utérus et des annexes. Celles-ci sont successivement saisies dans des pinces à cadre, placées perpendiculairement au bord supérieur du ligament large et incisées. Les 2 trompes contiennent du pus. Les ovaires sont scléro-kystiques

Durée : lî minutes. 7 pinces. 4 niùclies de gaze iodolbrmée.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces le 6 mars. Dans les huit à dix jours qui suivent l'opération, la malade se plaint de vives douleurs dans le ventre. Ces douleurs disparaissent progressivement.

La malade sort guérie le mars i8()3.

Observation 128 (iVlalherbe)

Grossesse tubaire droite de 2 mois ija. — Salpingo-ovarite gauche. Opération de Péan — Guérison.

Madame H..., âgée de 33 ans, entre le 4 mars 1893 à la Maison nmnicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée seulement à kj ans, sans souffrances et régulièrement. Pas de pertes blanches. Fausse couche de 5 mois, ne ressent rien à la suite. Deux ans après un enfant né à 7 mois 1/2, suites de couches ordinaires. Il y a 4 ans, nouvelle fausse couche de 3 mois. A la suite de cette dernière, la malade perdit abondamment en blanc, mais cependant elle se remit bien et ne ressentit aucun trouble d'aucune sorte jusqu'à il y a 3 mois ; les règles étaient régulières et indolores.

Il y a 3 mois, la malade eut des pertes abondantes pendant i5 jours. Ces pertes cessèrent et depuis il y eut un arrêt complet des règles.

Un mois environ après ces pertes, l.i malade commença à ressentir de violentes douleurs, principalement du côté droit. La malade s'affaiblit rapidement, de sorte que, depuis 6 semaines, elle ne peut quitter le lit; ces douleui's étaient considérables. Elle entre dans un service de médecine au commencement de février. Traitement par les pointes de feu et application d'onguent mercuriel sur l'abdomen. Au moment de son entrée dans le service : fièvre tous les soirs, 38°5 à 39% faiblesse générale.

Examen. — Abdomen distendu ; sous le chloroforme, on sent ])ar le toucher le col gros, entr'ouverl. Utérus volumineux, enclavé au milieu de masses rénilentes qui l'appliquent contre la symphyse. Masse plus volumineuse et plus dure à droite qu'à gauche. A droite elle remonte jusqu'à deux travers de doigt au-dessous de l'ombilic.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale, le 1 1 mars i8g3. — 1° Gurettage, après

dilatation au moyen des dilatateurs gradués ; hystéroniètrc = 7 centimètres.

2° llystércctomie vaginale. — Incision du vagin et décollement en avant et en arrière sans ouvrir le péritoine. Première étape ])ar résection transversale. Évidemenl conoïde de la paroi antérieure du corps. Hémostase par pinces placées de haut en bas.

L'utérus morcelé est mou et présente des parois épaisses de deux travers de doigt. Tas de décollement postérieur, on sent que l'utérus se continue avec la tumeur sentie à droite. C'est la poche de la grossesse extra-utérine. Ouverture de cette poche, ablation du fœtus et du placenta. Nettoyage de la poche d'où sortent de nombreux caillots. Le lœtus, long de 10 centimètres, paraît ;\gé de 2 à 3 mois.

Les annexes gauches sont prises au milieu de pelvi-péritonite.

Durée : 4o minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. Aucun incident de convalescence. La malade se lève le 20' jour et part guérie au bout d'un mois.

Meurt au bout de 3 mois d'une affection pulmonaire aiguë.

Observation 129 (Personnelle)

Pj-osalpinx double. — Utérus contenant des petits fibromes interstitiels. Opération de Péan. — Guérison.

Madame P..., âgée de 34 ans, entre le i4 mars 1893, chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, elle n'a jamais eu d'eniants. Depuis une chzaine d'années elle a de fréquentes poussées de salpingite qui, toujours, ont rétrocédé par le repos et le traitement médical. Depuis quelques années, ces poussées sont devenues plus fréquentes, plus rebelles au traitement, et le professeur Pinard a fait le diagnostic de pyosalpinx àovàAc avec utérus fibromateux. Il conseille l'hyslérectomie vaginale, qui est acceptée et pratiquée par M. Segond.

Hj'stérectomie vaginale, le ly rnars iSgS. - Morcellement et é^idement laborieux à cause de l'enclavement de l'ulérus. Le* deux trompes, du volume d'une mandarine, sont enlevées en tolalilé ainsi que les ovaires.

Durée : i heure ; 8 pinces.

Suites opératoires. - NuUes. Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons

le 3" jour. . , ,

A noter, à partir du 5* jour, un écoulement vagmal àereux très abondant qui dure un mois. On songea à une fistule vésicale, à une

fistule urélcrale ; mais outre que la quantité d'urine expulsée par l'urèthre était uormale, ce li(iuide, minutieusement analysé tous les jours par un des chimistes les plus éminents de Paris, n'avait aucun des caraclC'ros de l'urine.

Celte midade se leva au bout de 20 jours, et actuellement (mai 1894), sa guérisou est absolue.

Observation i3o (Malherbe)

l'j-osalpinx doiiblc, nd/iérenl à droite à l'appendice c.œcal. Opération de Péan. — Guérison.

M"* Bar Af^éc de 45 ans, entre le 19 mars 1893, à la Maison

numicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans, trois couches normales, pas de * fausse couche. Jamais malade.

La maladie a débuté il y a trois ans. Douleurs dans l'aine, assez vives, reviennent et disparaissent par intermittences. Léger écoulement leucorrhéique. Depuis trois semaines les douleurs sont devenues insupportables.

Examen. — Utérus mobile. Dans le cul-de-sac droit, tumeur. Cul-desac gauche souple. En raison des douleurs et de l'âge de la malade, bien que la lésion ne soit pas nettement bilatérale, on décide l'hystérectomie vaginale.

Hystérectomie vaginale, le 25 Mars 18 q3. — Procédé classique : Section transversale du col, évidement conoïde du corps. Ablation des annexes gauches, sans incidents. Ablation des annexes droites malades (ovarosalpingite suppurée) un peu compliquée par des adhérences avec l'appendice cœcal qui est amené au dehors, disséqué et réduit.

Durée : trente-trois minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures.

Pas d'incident de convalescence. La malade part guérie le 24 avril 1893. En mars 1894, guérison absolue.

Obskrvation i3i (Personnelle)

Pjosalpin.x gauche. — Périmétro-salpingite suppurée. — Corps Jîbreux énorme. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" Bry,.., ftgée de 45 ans, entre à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond, le 2 avril 1893.

Baudrou. — 20.

— 3oG —

Celle malade, réglée à i4 ans, d'une l'açou iionuale el régulière, s'est mariée à 20 ans el à eu trois fausses couches, dont la dernière il y a i5 ans. Depuis celle l'aussc couche , elle se plaint de douleurs pelviennes conslanles, exaspérées au moment des règles. Celles-ci sont très abondantes, durent de 8 à 10 jours, et à plusieurs reprises la malade a eu des métrorrhagies dans leur intervalle. Les douleurs et les perles ont pris une telle inlensité qu'en novembre 1891, la malade voit M. Périer, qui diagnostique un volumineux librômc de l'utérus el conseille la castration. Cette opération permet d'enlever seulement l'ovaire droit ; le gauche ne peut être trouvé. La malade n'est pas soulagée par cette intervention, dont la convalescence se complique d'une phlébite du membre inférieur gauche. Elle garde le lit presque constamment et son état général s'all'aiblit notablement. Elle consulte le doctem* Apostoli qui, en présence de l'intolérance du traitement électrique, diagnostique une lésion des annexes et conseille de voir un chirurgien. La malade voit alors M. Péan, qui trouve l'état général trop mauvais pour tenter une opération radicale.

M. Segond, appelé, diagnostique un énorme corps flbreux remontant à mi-chemin du pubis e< de l'ombilic, compliqué d'un volumineux pyosalpinx gauche.

Hystérectomie vaginale, le 5 Avril i8g3. — Morcellement laborieux et évidement conduits sans incidents. Ouverture d'une énorme collection purulente non fétide dont la poche est en partie enlevée.

L'utérus, enlevé en 65 morceaux, pèse 1200 gammes.

Durée : 2 heures et demie, 8 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le troisième jour. Le sixième jour, poussée de phlébite dans le membre inférieur gauche, autrefois atteint déjà de plilébite, actuellement à peu près disparue, mais dont la malade souffre encore ; elle ne se lève qu'au bout de 2 mois et demi..

Revue le 16 mai 1894. Se plaint encore de grande faiblesse dans la jambe gauche, de crises douloureuses du côté de la vessie. Elle a beaucoup engraissé et se trouve très améliorée. Guérison incomplète.

Observation i32 (Mallierbe)

Pjosalpiiix double adhérent à droite à l'appendice cœcal. — Opération

de Péan. — Guérison.

M"" F , âgée de '36 ans, entre le 24 "lars 1893, à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans. Règles toujours normales. Trois enfants ; couches normales. Il y a quatre ans, fausse couche à deux mois. A la sviile de la fausse couche, la santé de la malade s'altère. Les règles appai'aissenl sans date fixe, en avance ou en retard. Elles sont douloureuses, durent huit jours en moyenne. Dans leur intervalle, écoulements variables (leucorrhée ou. écoulement séro-sanguinolent). Constipation hahituelle. Pas de fièvre le soir. Douleurs inguinales lombaires, avec irradiations dans les cuisses.

Examen. — Utérus en situation normale. A droite, les annexes forment une masse adliérente douloureuse, grosse comme une manda rine. A gauche, une tumeur un peu moins volumineuse, mais très douloureuse.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double.

Hystérectomie vaginale, le 3 avril i8q3. — l'Incision transversale du col, décollement des insertions vaginales; 2" Évidemment conoïde du corps, rendu difficile pai' la friabilité du tissu utérm. Des pinces sont placées sur le bord supérieur des ligaments larges, préalablement basculés avec le fond de l'utérus

3° Ablation des annexes du côte gauche, la trompe contient deux cuillerées à bouche de pus épais. L'ovaù-e est bourré de kystes.

4" Les annexes du côté droit forment, avec le ligament large du même côté, un magma infiltré de pus et relié à l'appendice cœcal par des adhérences, que l'on déchire avec les doigts. Elles sont enlevées complètement.

Durée : 4o minutes. 9 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Au bout de 48 hem-es, ablation des pinces. L'ablation de l'une d'elles (à gauche en arrière), est immédiatement suivie d'un écoulement de sang assez abondant, que l'on parvient pourtant à arrêter par simple compression ; tassement de mèches iodoformées dans le vagin, L'hémorrhagie ne se reproduit pas les jours suivants.

La malade part au bout d'un mois. En avril 1894, guérison absolue.

Observation i33 (Le Masson).

Salpingite interstitielle double. — Ovaires scléro-kystiques. — Prolapsus complet. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" G , âgée de 5o ans , entre à la Chnique Baudelocque,

le 3 avril 1893, service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Premières règles à 16 ans r/2. Pendant quatre mois, suspension de la menstruation ; à partir de ce moment elles devinrent

régulières, pas douloureuses. Une grossesse normale. Pas de fausses couches. A la suite de l'accouchement, à l'âge de 21 ans, la menstruation est redevenue régulière. 11 y a huit ans, à la suite de grandes latigues (la malade est porteuse de pain), début du prolapsus utérin. Cette malade dit qu'elle avait alors « la matrice entre les jambes » ; elle consulta une sage-femme qui lui fit porter un pessaire (probablement pessaire de Gariel). Port du pessaire pendant quatre ans environ. A ce moment, pas de douleurs abdominales ni lombaires. Il y a quatre ans : ménopause. A peu près à cette époque, la malade supprime son pessaire. Elle n'a pas de douleurs proprement dites, mais seulement un peu de courbature, de lassitude dans les jambes.

11 y a huit mois, leucorrhée abondante, sans métrorrhagiê ; en môme temps quelques vomissements bilieux. Douleurs abdominales, lombaires et dans les jambes assez vives, quelquefois crampes. Pas de troubles urinaires. Rien au cœur.

Examen. — Dans les efforts de la toux sans douleur ni gêne pour la malade, l'utérus descend et le col sm'git entre les grandes lèvres. Prolapsus complet dans les efforts plus considérables. D'ailleurs, la réduction est facile, mais douloureuse.

Les ovaires sont très nettement sentis ; il ont le volume d'im petit œuf et sont très douloureux. En résumé, c'est une femme à laquelle un laparotomiste pratiquerait une double salpingectomie et une hystéropexie.

Hjstérectomie vaginale, le 12 avril i8q3. — Pas de curettage préalable. L'abaissement de l'utérus est excessivement facile. Morcellement du col. Le reste de l'utérus est enlevé par un simple décollement du corps. L'utérus enlevé présente un allongement considérable du col et une atrophie manifeste du corps. L'hystéromètre introduit donne i5 cent., ainsi répartis : col de l'utérus, 11 cent., corps, 4 cent. (Les deux ovau-es ont la grosseur d'mi œuf de pigeon. Les deux trompes sont atteintes de salpingite interstitielle).

Durée : i5 minutes. 9 pinces. '

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls et de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4° jour.

Aucun incident de convalescence. La malade part guérie le 3 mai

S'est très bien portée jusqu'en septembre 1893. Elle meurt de pneumonie le 27 septembre 1893.

Observation i34 (Malherbe)

Kj^stes hématiqnes des deux ovaires. — Salpingite interstitielle double. Opération de Péan. — Guérison.

M"" F...., âgée de 49 ans, entre le 10 août 1898, à la Maison munieipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 18 ans 1/2, régulièrement, mais toujours des règles très douloureuses. Pas de pertes blanches. Deux enlants. Le premier : couches diifîciles, nécessitant l'emploi du forceps. Le second, il y a seize ans, insertion vicieuse du placenta, mort-né. Pas de suites de couches. Il y a sept ou huit ans, la malade commença à avoir d'abondantes pertes blanches, mais elle ne reporte qu'à deux ans la date du début exact de sa maladie. Depuis ce moment elle perd en blanc abondamment et ressent des douleurs assez violentes. Ces douleurs ne sont pas continues mais existent principalement lorsque la malade s'est l'atiguée plus que d'ordinaire, ou vers la fin de la journée.

Le volume de l'abdomen n'a pas sensiblement augmenté. Douleurs ^ dans le ventre et dans les reins. Comme autres antécédents on remarque que la malade a eu de fréquentes bronchites et est très nerveuse.

E.xamen. — On sentie col gros. Dans les culs-de-sac latéraux, on sent à di'oite, une tumeur assez volumineuse pouvant appartenir à la trompe ou à l'ovaire. A gauche, tumeur située comme la précédente, mais de plus petit volume.

L'utérus, mesuré à l'hystéromètre, a huit centimètres.

Diagnostic. — Salpingite kystique double.

Hystérectomie vaginale, le i5 avril i8g3. — Gurettage après dilitation extemporanér. Utérus hypertrophié, bourré de petits fibromes. Trompe légèrement augmentée de volume. Deux poches constituées par des kystes hématiques de l'ovaire. Poche droite de la grosseur du poing. Poche gauche plus petite. A l'ouverture des poches, il s'écoule un liquide noirâtre sanguin, mais non purulent. Ablation complète des annexes. Toute la face postérieure de l'utérus est rugueuse et très adhérente au rectum. Pas d'incidents.

Dm'ée : i5 minutes. Huit pinces.

Suites opératoires. — Deux heures après l'opération, la malade a une hémorrhagie qui nécessite le placement de deux nouvelles pinces et un nouveau tamponnement.

Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, pas de température. Aucun incident de convalescence. La malade part guérie le 9 mars 1893. Meurt d'apoplexie pulmonaire le 12 décembre 1898.

Observation i35 (Malherbe)

Abcès des deux ovaires. — Fihrômes interstitiels multiples. — Opération

de Péan. — Guérison.

M™' Guill , âgée de Sa ans, entre le i5 avril iSgS, à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à lo ans, régulièrement tous les mois, durée 3 ou 4 jours, sans douleurs. Ni entants, ni fausses couches. Jamais de pertes blanches. Ménopause à 5i ans. Après six mois pendant lesquels la malade n'a ressenti de troubles d'aucune sorte, la malade recommence à avoir des métrorrhagies abondantes. D'abord espacées, elles revinrent ensuite tous les lo jours, de façon que la malade perdait presque continuellement. Ces pertes furent d'abord absolument indolores, mais elles devinrent de plus en plvis douloureuses et obligèrent la malade à s'aliter.

Examen. — L'utérus remonte à rai-chemin de l'ombilic, il est bosselé, irréguUer, absolument immobile. Les culs-de-sac latéraux sont très douloureux.

Diagnostic. — Fibromes utérins. Salpingite kystique double probable.

Hystérectomie vaginale, le 22 avril iSgS. Curettage préalable. Morcellement très laborieux, l'utérus étant fixé partout par des adhérences courtes et serrées. Après l'ablation dé l'utérus bourré de petits fibromes, on tombe sur deux vastes poches purulentes développées aux dépens de l'ovaire. Enlèvement des poches.

Durée : 4o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Ablation des pinces le 24. La malade se plaint de perdre ses urines. Ce symptôme paraissant s'atténuer, on attend jusqu'au i5 mai; à ce moment on pratique un examen qui démontre l'existence d'une petite fistule vésico-vaginale.

Deuxième opération le 10 juin 1898. Après avoir avivé les bords de la fistule, on les suture avec cinq fils d'argent. État très bon. Ablation des fils le 22 juin; jusqu'au 26 l'état reste bon. A partir de ce moment la malade se plaint de nouveau de perdre ses urines.

Troisième opération le 17 juin 1893. On ferme de nouveau la fistule au moyen de trois fils d'argent. Ablation le 10 juiUet.

État parfait à la sortie, le i5 juifiet.

— 3ii —

Observation i36 (Malherbe)

Fyosalpinx double. — Fibrômes interstitiels multiples. Opération de Péan. — Guérison.

M""» C , âgée de 3q ans, entre le 19 avril 1898, à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, sans douleurs. Les règles sont toujours venues régulièrement, sans avance ni retard; jamais elles n'ont été dotiloureuses. Mariée à 24 ans. Quatre enfants, couches normales. Le dernier enfant il y a neul ans. Jamais de fausses couches. Depuis trois ans, pesantem* conlinuelle dans le bassin ; par intermittences, douleurs lancinantes dans l'aîne droite. Pas d'écoulements, ni sanguin, ni leucorrhéique.

Au début du mois de mars dernier (le 3 mars), la malade a perdu une quantité considérable de sang pur; cette hémorrhagie s'est accompagnée de douleurs extrêmement vives dans l'aîne droite. Les accidents se sont calmés le jour même, mais des douleurs sourdes ont persisté. Huit jours après, réapparition des pertes, qui, depuis, sont survenues par intermittences. Constipation habituelle. Miction normale.

Examen. — Au toucher, on sent dans les culs-de-sac les annexes très volumineuses ; à droite elles forment une masse du volume d'une mandarine, très douloureuse. L'utérus est assez mobile, a le volume d'une tête de fœtus, il est irrégulier, bosselé. Hystéromètre = 10 cent. 1/2.

Diagnostic. — Fibrômes utérins. Salpingite kystique double.

Hystérectomie vaginale, le 38 avril i8g3 . — L'utérus est morcelé et évidé sans incident. Après bascule du fond de l'utérus, on procède à l'évacuation d'une poche purulente du côté gauche, puis à son extirpation, ainsi qu'à celle des annexes gauches , enclavées dans ses parois ; enfin à l'ablation des annexes droites dont la trompe contient un verre à Bordeaux de pus. L'utérus et les fibromes pèsent28o grammes.

Durée: 35 minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la températm-e. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures. La- malade se lève le vingtième jour et pai't guérie, le 19 mai 1893. En avril 1894 guérison absolue.

Observation 187 (Malherbe) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M""» M , âgée de 44 ans, entre le 21 avril 1898, à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i-j ans. Toujours très bien ; trois enfants. Accouchements normaux et à terme. Le dernier il y a 19 ans. Une fausse couche de trois mois il y a 10 ans. Quelques rares pertes blanches, peu douloureuses.

La malade n'a commencé à soullrir réellement qu'au mois de janvier. A ce moment elle eut une perle de sang très abondante. Gurettage le 19 février, pas d'amélioration. La malade n'a guère quitté le lit depuis. Douleurs très violentes, surtout à di'oite.

Examen. — On sent le col gros et dur; l'utérus semble dévié à gauche par une poche du volume d'une grosse orange, que l'on sent à droite. A gauche, les annexes forment une masse dure grosse connue une mandarine.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le, 2g avril i8q3. — L'utérus forme une coque dure et résistante , complètement enclavé et inabaissable. Evidement conoïde. Au niveau du fond de l'utérus on ouvre encore à droite une poche tomenteuse d'où s'écoule une très petite quantité de pus. On laisse en place une partie des parois de la poche à cause de ses adhérences. Ablation des annexes gauches. La iromiie contient un verre à bordeaux de pus.

Durée : Trente-cinq minutes. Six pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Température et pouls normaux. Ablation des pinces le i^"" mai. Pas d'incidents ; ablation des tampons le 2 mai et injections au sublimé.

Le 7 mai, la malade présentant un peu de saUvation mercurielle, on substitue pendant trois jours les injections phéniquées faibles aux injections au sublimé.

La malade sort le 3o mai ressentant encore quelques tiraillements; En avril 1894, guérison absolue.

Observation Î38 (Personnelle).

Pjosalpinx tuberculeux double. — Opération de Péan. — Guérison opératoire. — Mort de tuberculose généralisée au bout de 3 mois.

M""" Bar , . . , âgée de 34 ans, est opérée à Cannes, le 3o avril 1893.

Antécédents. — Réglée à i3 ans. Menstruation régulière mais peu abondante, sujet très délicat.

Les premiers accidents se sont manifestés à la lin de l'été de 1891 ; une salpingite se développa sourdement à droite, avec accompagnement de névralgies intermittentes générales.

A ce nioiueiil, le Irailement fut purement sédalir, lavages utérins, rectaux, bains, révulsifs cutanés, malgré l'avis du docteur Queirel, de Marseille, qui déclarait que la malade atteinte de salpingite suppurée,

devait être opérée.

La situation s'améliora, on crut l'opération inutile, mais quelques mois après, vers la lin de l'iiiver 1892, la maladie reprit son évolution ; une nouvelle poussée eut lieu dans la région malade.

On trouvait alors dans le ventre une grosse tumeur fluctuante, remontant jusque dans la fosse iliaque di-oite, occupant tout le côté droit de l'utérus et le petit bassin.

La malade étant en proie (i une fièvre intermittente régulière atteignant 39° tous les soirs, elle était affaiblie, amaigrie et dyspeptique.

On enveloppa le ventre d'épaisses couches de collodion élastique. On continua les lavages intra-utérins et l'immobilité. L'abcès se creva en octobre dans le rectum. Il se fit alors une grande sédation. On redoubla la compression élastique, on fit des injections sous-cutanées de phosphates, on alimenta vigoureusement la malade: Tout en faisant l'antisepsie du vagin et du tube digestif; la fièvre disparut momentanément. Malheureusement peu à peu la tumeur se reformait avec accompagnement de troubles généraux graves ; à un moment donné, elle se vidait de nouveau pour se reproduire encore bientôt, de telle façon que par suite du travail local de la suppuration» des réactions générales fébriles et de la perte complète de l'appétit, la malade était arrivée au printemps de 1893 à un degré d'émaciation extrême.

M. Segond est alors mandé en consultation. 11 trouve une malade très amaigrie, se nourrissant à peine, ayant chaque soir une température voisine de ^0°. Le bassin est rempli par deux énormes pyosalpinx, comme deux très gros pomgs, qui enclavent absolument l'utérus. Au sommet gauche il existe des signes de tubercules en voie de ramolHssement.

Le diagnostic de pyosalpinx tuberculeux double est posé.

Hystérectomie vaginale, le 3o avril i8q3. — Morcellement et évideraent. Ablation complète des annexes très adhérentes. Chaque trompe contient un grand verre de pus fétide.

Durée 45 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Dès le soir, la température tombait à la normale ; le pouls était à 100. Les pinces furent enlevées avec les tampons au bout de 48 heures. Un subdéhrium assez intense dura du 3° au Séjour.

Le 5 mai, mon collègue Malherbe resté auprès de la malade écrivait : Retour notable des forces, limpidité d'esprit, appétit excellent, sommeil réparateur ; toutes les fonctions se font admirablement. Cette améhoration continue pendant quinze jours d'une façon progressive. Puis apparaissent des phénomènes pulmonaires, toux, expectoration abondante ; au bout d'un mois la suppuration vaginale, presque tarie.

reparut. Concurremment l'on vit se développer une poussée de tuberculose périlonéale et de tuberculose pulmonaire et la malade succomba le 5 septembre 1893.

Observation iSg (Malherbe)

Hydrosalpinx double. — Utérus fibreux. — Opération de Péan.

Guérison.

M"° P..., âgée de 35 ans, entre à la Maison municipale de Santé, service de M. le Docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans. Pas d'enfants ni de fausse couche.

La malade est envoyée de Nevers par son médecin, avec diagnostic de kyste de l'ovaire. Le ventre est en effet considérablement augmenté de volume avec saillie médiane. La malade raconte que son ventre s'est nùs à grossir depuis 5 ou 6 mois, et qu'il a atteint assez rapidement le volume qu'il présente actuellement ; elle n'a jamais remarqué la moindre diminution passagère. Douleurs lombaires se propageant aux membres inférieurs qui présentent un peu de parésie. Œdème des jambes. Pas de mélrorrhagies ; règles normales. A la fm de février, rétention complète et passagère d'urine ; la malade vient alors à Paris. Rien du côté du système nerveux.

Examen. — A la palpation, on constate la présence d'une tumeur volumineuse dépassant l'ombilic de deux travers de doigt et s 'étendant un peu plus à gauche qu'à droite. A la percussion, raatité ne se déplaçant pas suivant les différentes positions qu'on fait prendre à la malade. Sonox-ité au niveau des flancs.

Le toucher vaginal n'est pas pratiqué sur la demande de la malade, qui s'y refuse absolument. Le diagnostic porté est donc maintenu provisoirement. Légère constipation, douleurs lombaires, les lu-ines contiennent du pus et de l'albumine.

Le i5 mars, la malade est endormie , le toucher vaginal combiné à la palpation fait Sourdre un jet d'urine entre les doigts, et l'idée d'xme vessie distendue vient à l'esprit; la sonde amène l'évacuation de 3 litres 5o centiUtres d'urine ; le ventre a considéralement diminué de volume; le toucher vaginal permet de faire le diagnostic de fibrome utérin enclavé dans le petit bassin en arrière de la vessie et de lésion bilatérale des annexes.

La malade, reconduite à son lit, est sondée régulièrement et on pratique des lavages boriqués de la vessie, deux fois pai- jour. L'analyse de Tm-ine décèle la présence d'environ 12 grammes d'albumine par Utre. Régime lacté.

Le 5 mai, l'albumine a complètement disparu.

Hystérectomie vaginale le 6 w.ai i8g^. — Morcellement et évidement conoïde combinés de la tumeur fibreuse dont le poids, y compris celui de l'utérus, est de 45 grammes. Les deux trompes sont distendues par le liquide séreux. Les deux ovaires sont polykystiques.

Durée : 4» minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Ablation des pinces au bout de 48 heures. La malade urine seule à partir du troisième jour. Laparésie des membres inférieurs diminue peu à peu, et elle part, guérie, le 5a juin 1893.

Observation i4o (Malherbe) Ovaires scléro-kystiques . — Opération de Péan. — Guérison.

M""' P..., âgée de 34 ans, entre le 6 mai 1898, à la Maison municipale de Santé, service de M. le D' Segond.

Antécédents. — Premières règles à i5 ans, après dix-huit mois de douleurs continues dans le ventre. Dès le début les règles sont abondantes et viennent toujours avec un retard de cinq jours au moins, quelquefois de dix à douze jours. Elles s'accompagnent de douleurs pendant ces deux premiers jours.

Pendant les intervalles des époques menstruelles, pertes blanches, abondantes surtout dans les premiers jours qui les suivent. Certaines années, les règles ne sont venues que huit ou neuf fois, une fois au contraire (il y a six ans), elles se sont montrées trois fois en deux mois.

Première couche à 18 ans 1/2. Pas d'incidents pendant l'accouchement , suites pénibles, faiblesse générale. Douleurs dans la région inguinale gauche; ces douleurs sont continues et s'exacerbent à la moindre fatigue, en s'irradiant dans la région lombaire. Pai' moments douleurs aussi du côté droit, irradiées dans la cuisse droite. Cet état dure 4 mois. Deuxième couche à 28 ans. Mômes suites, pendant 3 mois. Troisième couche à 33 ans (il y a 10 mois). Les mômes accidents qui ont succédé aux premières se sont reproduits cette fois, et depuis lors, la malade n'a plus de repos. De temps à autre, crises de gastralgie; ni constipation ni diarrhée. Tempérament extrêmement nerveux.

Examen. — Au toucher, combiné avec la palpation abdominale, on trouve l'utérus volumineux, en rétroversion. Il paraît adhérent aux annexes gauches , prolabécs et fixées dans le cul-de-sac de Douglas. A droite, la Irompe a le volume de l'index et est très douloureuse. L'indication de l'ablation des annexes, posée par M. Léopold Landau, de Berlin, est basée moins sur ces signes physiques que sur l'ensemble du tableau clinique, l'importance fonctionnelle, etc.

— 3ir> —

Hystérectomie vaginale le g mai l8g3. — Morcellement el évidemenl conoïde, ablation complèle des annexes. Ovaires scléro-kystiques, trompes atteintes de salpingite interstitielle.

Dm'ée : ii minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Nulles ; aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. Pas 'd'incident de convalescence. La malade se lève le aS' jour et part guérie le 3 juin 1893.

Revue le 21 octobre. Etat général bon. La malade est toujours dyspeptique, sujette aux migraines. Quelques vapeurs au moment de.s règles. Etat local parfait.

Observation 141 ,

Pyosalpinx droit. Abcès de V ovaire gauche. Opération de Péan. — Guérison •

Madame D...., âgée de 32 ans, entre à la Maison municipale de Santé le 11 mai 1893, service 'de M. le docteur Segond.

Antécédents.— Réglée à 11 ans 1/2. Règles d'une durée de cinq jours, régulières. Jamais de perles blanches. Deux enfants nés à terme, couches normales et sans suites. Dernier enfant en 1881. Depuis cette époque, trois fausses coiiches (provoquées), toutes les trois d'un mois à six semaines. La dernière, il y a six ans, en i885. A la suite de ces fausses couches, la malade s'est bien remise et n'a ressenti de troubles d'aucune sorte immédiats. L'année qui a suivi la dernière fausse couche, c'esl-àdire il y a 5 ans, la malade a eu une première poussée de pelvi-péritonite : Douleurs abdominales violentes, impossibilité de quitter le lit. Pas de traitement chirurgical ; traitement médical chez M. Dumontpallier. Les accidents ont duré six mois ; au bout de ce temps, la malade, rétabUe en partie, a pu reprendre la vie ordinaù-e pendant six mois. Au bout de ce temps, nouvelle poussée plus violente que la première comme réaction générale, mais d'une durée moindre. La malade peut se lever au bout de deux mois. Nouveau traitement médical chez M. Dumontpallier. Cinq mois après, une légère poussée peu violente, soignée chez M. Landrieux.

La malade n'a pas été arrêtée depuis cette époque, c'est-à-dire depuis à peu près trois ans, jusqu'au mois de juin 1892. Cependant elle souffrait toujours, surtout à gauche, principalement dans la période qui précédait les règles. Celles-ci étaient très douloureuses mais n'ont jamais cessé d'être régulières. En juin 1892, phlegmon du ligament large. Au bout de 18 jours, ouverture dans le recluiii. Depuis ce temps, la malade a continuellement perdu du pus par le rectum, d'abord d'une façon continue, puis l'écoulement n'a plus

lieu qu'au luoiucuL des règles. Depuis 3 mois, cel écoulenieuL a presque disparu complèlement.

Examen. — Douleurs violentes actuellement. Au toucher, on sent à gauche une masse dure, du volume d'une mandarine. A droite, les annexes ont le volume d'un œuf et sont très douloureuses. L'utérus est immobilisé, adhérant en avant à la vessie, en arrière au rectum.

Hystérectomie vaginale le i6 mai iSgS— Opération très laborieuse. L'utérus est extrêmement adhérent au rectum. Evidement conoïde. Bascule antérieure du corps. Nécessité d'enlever les annexes droites avant de détacher l'utérus de la concavité du sacrum. Ablation complète des annexes droites. La trompe contient du pus, l'ovaire est scléro-kystique. A gauche, on laisse la moitié de la poche très adhérente. Les fragments de poche enlevés à gauche permettent de voir que l'on a affaire à un abcès de l'ovaire. Latrompe, devolumenormal,étaitenroulée autour de la poche.

Durée : quarante-cinq minutes. Huit pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. Aucun incident de convalescence.

La malade part le i5 juin, perdant encore du pus par le vagin.

Revue le 22 novembre iSgS : état général excellent, la malade a pris des forces et de l'embonpoint. Etat local parfait, plus d'écoulement de pus par le vagin dont la cicatrice est souple, sauf àgauche, où elle est un peu indurée. Au moment des règles, poussées congestives du côté du foie (dont la malade se plaignait bien longtemps avant l'opération), qui déterminent son médecin à lui faire une saignée.

Observation 142 (Le Masson).

Salpingite parenchymateuse double et ovaires scléro-kystiques. Prolapsus complet. — Opération de Péan. — Guérison.

Madame B. . . ., Agée de 5i ans, entre le 8 mai i8g3 à la Clinique Baudelocque, service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Pas d'antécédents héréditaires. Pas de maladies antérieures. 1"' règles ài3 ans, pas douloureuses, écoulement abondant, durée : 7 à 8 jours. 7 enfants. 2 fausses couches. Des deux fausses couches (de six semaines) la a eu lieu en i8(i8, la 2° en 1874- Le premier accouchement en 1869, le dernier en 1880.

Il y a 16 ans environ , après le cinquième accouchement, à la suite d'un effort, la malade s'est aperçu pour la première fois du déplacement de la matrice qu'elle avait, dit-elle, entre les jambes : les efforts,

la fatigue, la toux l'avorisaient ce déplacement. La malade faisait ellemùme Irùs lacileiuent, la réduction, qui se maintenait au repos et pendiinl la nuit. En môme temps, douleurs abdominales et lombaires augmentant progressivcmenl d'intensité diaquc année. Menstruation régulière quand môme. Pas de leucorrhée dans l'intervalle.

Cet état de chose a duré jusqu'en i88y, j)endant toute cette première période, la malade n'a jamais suivi de traitement, ni porté de pessaire, seulement nne ceinture id)dominale pour calmer les douleurs de ventre. Depuis 4 fins, apparition de tous les symptômes. En môme temps lassitude générale et inappétence. Mais pas de troubles dyspeptiques proprement dits, pas de nausées ni de vomissements.

Examen — Utérus de volume normal et parfaitement mobile. Col gros, largement entr'ouvert. Annexes des deux côtés douloureuses et augmentées de volume. Un laparotomiste ferait à cette malade une double ablation d'annexés et une hystéropexie.

Hystérectomie vaginale, le ij mai i8g3. — L'abaissement de l'utérus ne présente aucune difficulté. Incision circulaire du col et évidement suivant le procédé ordinaire. Création de deux valves et ablation du col ; le morcellement n'est pas nécessaire : décortication facile de l'utérus et ablation complète des annexes (ovaires sclérokysliques, trompes parenchymateuses).

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures ; les tampons le troisième jour.

Aucun incident de convalescence. La malade part guérie le 10 juin. Le 3i janvier 1894 large colporrhaphie antérieure pour une énorme cyslocèle. Actuellement va très bien.

Observation i43 (Personnelle).

Pj'osalpinx double et pelvi-péritonite adhésive chez une malade antérieurement laparotomisée. — Opération de Péan. — Mort par accidents dyspnéiques le Séjour.

M"" de Bal. . ., âgée de 3o ans, entre chez les sœurs Augustines de la rue de la Santé, le 29 mars 1893.

Cette malade fut laparotomisée, en 1891, à Toulouse pour une lésion bilatérale des annexes, diagnostiquée pyosalpinx double. Les adhérences intestinales furent reconnues telles qu'on dut se contenter d'une simple laparotomie exploratrice.

Les suites de cette intervention furent des plus inquiétantes. La malade, atteinte d'hypertrophie cardiaque sans lésions d'orifice, fut

prise de phénomènes dypsnéiqucs graves avec tendance à la syncope, et pendant cinq jours le pronostic dut ôtre réservé.

Une éventration considérable allant du pul)is à l'ombilic se montra deux mois .après la laparotomie et augmenta encore ses souffrances.

Le 3i mars iSg'i, M. begond pratique la cure radicale de cette éventration, décidé à faire en mame temps l'ablation des annexes. Mais devant l'étendue des adhérences pelviennes, il referme le ventre sans rien enlever.

Le soir mùmc, la malade était prise d'une crise de dypsnée violente et pendant quatre jours ces crises se répétant de trois à quatre fois en vingtrquatre heures, firent redouter une issue fatale. D'ailleurs, la température restait normale, le ventre souple et indolore.

Une fois remise de cette deuxième laparotomie, la malade, continuant à souffrir de ses lésions annexielles, demande à tout prix à en être débarrassée.

Hy stéréotomie vaginale, le 22 mai 1 8q3. — L'utérus, complètement enclavé, fut enlevé par morcellement et évidement. Aucun liquide ne s'écoula. Deux poches purulentes furent crevées avec le doigt. On tombe alors dans ime cavité tomenteuse complètement extra-péritonéale.

Suites opératoires. — Le soir même, crise de dypsnée qxii dure deux heures. Deuxième crise au milieu de la nuit. L'état dypsnéique devient presque continuel vers le milieu du 2° jour, malgré le traitement (ventouses, acétate d'ammoniaque, injections d'éther, de caféine, de sérum, etc), et la mort survient brusquement, par syncope, le matin du troisième jour.

La température est restée normale , le pouls bat 120. Pas de vomissement, ventre souple indolore.

Observation i44 (Malherbe) Pyosalpinx double. — Opération de Péah. — Guérison.

M°" B.. ., âgée de 48 ans, entre le 26 mai iSgS, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond. .

Antécédents. — Réglée à i4 ans. Régulièrement jusqu'à 18 ans, tous les mois, sans douleurs. D'une durée de trois à quatre jours. Au début de son mariage, les règles continuent à être régulières pendant un an; mais à partir de cette époque elles ont été très douloureuses. Il y a 21 ans de cela. Les douleurs se montrèrent d'abord à l'occasion des règles seulement, puis peu à peu demeurèrent continues. Elles prédominaient à droite, mais dans ces deiniières années la malade a souffert davantage du côté gauche.

Au mois de février dei'iiier, la malade a eu une perte abondante, l'ayant immobilisé au lit pendant vingt jours. A ce moment, elle aurait subi un traitement ayant pour but de dilater le col, et, depuis les douleurs ont beaucoup augmenté.

Examen. — A son entrée dans le service, la malade est lortemeiit déprimée, elle présente des exacerbations de la température. Pendant la nuit surviennent parfois de violents phénomènes d'agitation.

Hystérectomie vaginale, le 3 juin i8g3. — A l'examen, sous le chloroforme, on sent une grosse poche située à gauche et en arrière, mais qui ne semble pas adhérente. A droite, les annexes semblent aussi légèrement augmentées de volume.

1° On commence par inciser la grosse poche, d'où il s'écoule au moins un verre et demi de pus infect et jaunâtre. On s'assure par la brèche vaginale que les annexes droites sont malades.

2° Hystérectomie vaginale par évidement conoïde avec bascule antérieure. Ablation des annexes droites dont la trompe contient un demi-verre de pus. Résection d'un petit lambeau d'épiploon.

Durée : 35 minutes. 6 pinces à demeure.

Suites opératoires. — Nulles au point de vue de la température et du pouls.

Ablation des pinces au bout de 48 hemres.

Dans les jours qui suivent l'opération, la malade présente encore des phénomènes d'agitation. L'état s'améliore peu à peu et est très bon à la sortie. En février 1894, guérison absolue.

Observation i45 (Malherbe) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"*» R...., âgée de 28 ans, entre le 18 mai 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. - Réglée à i5 ans, les règles durent en général de quatre à six jom-s. Elles ne sont pas douloureuses. Entre les règles, pertes blanches : écoulement blanc-jaunàtrç. Mariée à 20 ans, m enfants, ni fausses couches. Depuis ce temps (3 ans), la malade se plaint, de temps à autre, de douleurs très vives, tant dans l'aîne droite que dans Faîne gauche, irradiées vers l'ombihc ; douleurs survenant en dehors des règles et s'espaçant à intervalles u-réguliers. Il y a 6 mois, la malade dut s'aUter à cause d'une broncliite aiguë ; l'amaigrissement survenu depuis lors, des sueurs nocturnes, de la toux, etc., font penser à la tuberculose. 11 y a quatre mois, éruption spécifique, dont U demeure encore aujourd'hui des traces de couleur cuivrée. Depms deux mois les douleurs inguinales ont augmenté, la leucorrhée est devenue plus abondante.

Examen. — Ulérus mobile. Dans les culs-de-sacs latéraux, on sent, à l'aide du palper binianuel, les deux trompes irrégulièrement épaissies, dilatées, flexueuses et dures au toucher. Les ovaires, non aujjmentés de volume, sont durs aussi au toucht^r. Trompe et ovaire, quoique reconnaissablcs, semblent l'aire partie d'une môme masse empâtée. La douleur provoquée par le toucher est fort vive.

Hj'stérectomie vaginale, le 3 juin i8g3. — L'utérus est facilement abaissé. Le col est incisé sur ses deux bords, puis détaché de ses insertions vaginales. Après quoi, section transversale. Evidement çonoïde du corps. La bascule fait reconnaître quelques adhérences péritonéales. Celles-ci sont rompues. On place des catguts sur les lambeaux péritonéaux, qui sont excisés après ligature et abandonnés. Pince sur le bord supérieur des ligaments larges. Ablation successive des amiexes. Les trompes contiennent un demi-verre de pus.

Durée : aS minutes. 4 pinces.

Suites opératoires. — Nulles au point de vue du pouls et de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures.

Pas d'incident de convalescence. La malade sort le 27 juin 1898 en parfait état. Revue en février 1894 : Etat local parfait ; se plaint, au moment des règles, d'étourdissements, de vertiges, de bourdonnements d'oreilles, mais guérison complète.

OBSERVA.T10N 146 (Malherbe).

Pyosalpinx droit, hématosalpinx gauche. — Opération de Péan.

Guérison.

M"* R.. ., âgée de 35 ans, entre à la maison Municipale de Santé, le 23 mai 1893, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 12 ans. Règles durent huit jours, un peu douloureuses les premiers jours. Pendant l'intervalle des règles, pertes blanches. De 12 à i5 ans, la malade est anémique. La leucorrhée, qui avait commencé lors des- premières règles, continue aussi longtemps que l'anémie, et M survit jusqu'à l'époque où la malade se marie, à 21 ans ; pendant tout ce temps d'ailleurs, les règles sont réguUères. A 22 ans 1/2, grossesse à terme, suites de couches normales. A 23 ans 1/2, fausse couche de 3 mois. Pas d'accidents consécutifs. A 24 ans 1/2, second enfant à terme : suites de couches normales. Quelquefois, la malade remarque que ses téguments ont une teinte subictérique.

La maladie actuelle débuta en i885. Les règles s'arrêtèrent brusquement ; en môme temps, la malade ressentit dans le bas-ventre une douleur intense, marquée surtout dans le côté gauche , le ventre était ballonné, la constipation opiniâtre ; il y avait de la lièvre. Le médecin de la malade diagnostiqua une métro-péritonite. Après un

Baudron. — 21.

mois et demi, les accidents qui avaient diminué graduellement, disparurent lout-à-fait , el la malade put se lever. Les règles revinrent régulières comme par le passé. Leucorrhée dans l'intervalle. De temps à autre, en dehors des règles, la malade ressentit dans le côté gauche, des douleurs sourdes mais Cugaces. Celles-ci, en 1887, lurent assez violentes pour obliger la malade à garder le lit, pendant plusieurs semaines. Depuis cette époque, jusqu'au mois de mars 1893, tout allait bien, quand les douleurs reparurent aussi vives que précédemment, elles s'irradiaient dans les cuisses et vers l'anus. Amendement rapide ; depuis, les règles, douloureuses au début, sont très peu abondantes les premiers jours, puis vient un écoulement très abondant de sang liquide et de caillots, durant huit jours.

Examen. — A la palpation bimanuclle, on sent l'utérus enclavé, entre deux masses, du volume d'une pomme d'api.

Hystérectomie vaginale, Le 8 juin i8g3. — 1" temps classique. Pendant les manœuvres de décollement des insertions vaginales, il s'écoule la valeur d'un verre de pus, qui paraît provenir soit des annexes droites, soit du cul-de-sac de Douglas. Evideraent conoïde du corps, qui est très friable et se déchire sous les pinces à abaissement. Bascule du fond. Pince sur le bord supérieur du ligament large gauche. La trompe gauche, du volume d'une mandarine, renferme du sang noir et des caillots. Pince sur le bord supérieur du ligament large droit. La trompe droite contient du pus, c'est elle qui a été crevée au début de l'opération. Ablation complète des annexes.

Durée : 3o minutes ; 9 pinces.

Suites opératoires. — Les 2 jours qui suivent l'opération, vomissements bilieux et hoquet. Malade très agitée. Ablation des pinces le 10 juin ; un quart d'heure environ après cette manœuvre, légère hémorrhagie, arrêtée par le tamponnement. Les jours qui suivent, douleurs. Les douleurs ne tardent pas à cesser et le 21e jom- après l'opération, la malade se lève en excellente santé.

Elle sort le 29 juin 1893.

Observation i47 (Le Masson).

Salpingite parenchymateuse double. — Ovaire droit kystique. Opération de Péan — Guérison.

M'"» V. . Irma, âgée de 33 ans, entre le ; juin i863, à la Clinique Baudelocque, service de M. le j^rofesseur Phiard.

Antécédents. - Premières règles à 11 ans: ÙTéguUères, toujours

en avance, variant de 5 à 8 jonrs, douloureuses. Ecoulement assez abondant, durant 4 à 5 jours. Leucorrhée dans l'intervalle. Une seule grossesse normale. Pas de tausse couche. En i883 (l'année de son mariage) la malade a eu quelques douleurs abdominales et lombaires. A cette époque on lui l'ait porter un pessaire, une ceinture abdominale. En même temps injections, badigeonnages de teinture d'iode. Légère amélioration consécutive. Cette amélioration a persisté jusqu'en iSlSy. En 1887, après l'accouchement, la menstruation est devenue irrégulière et profuse. Dans l'intervalle, leucorrhée abondante. En même temps douleurs abdominales et lombaires accusées au côté gauche. L'hiver dernier exagération de ces phénomènes, un médecin a fait des pointes de feu sur l'abdomen.

Malade nerveuse, a des insommies fréquentes. Troubles dyspeptiques. Vomissements au moment des règles. Dans l'mtervalle, pesanteur au niveau de l'estomac. Digestions lentes et pénibles. Inappétence. Constipation ordinaire. Troubles de miction : pesanteur abdominale précédant la miction.

Cœur : quelquefois palpitations et essoufflement, mais pas de lésions organiques. Urines normales.

Examen. — Le palper abdominal est excessivement douloureux surtout sur la ligne mécUane et à gauche. Au toucher, utérus gros, en anté version presque immobile. Col gros, mou et entr'ouvert. Les annexes des deux côtés sont grosses, douloureuses, surtout celles du côté gauche.

Hystérectomie vaginale le 28 juin i8g3.— Curettage : l'hystéromètre pénètre de ii cent. Ecouvillonnage.

Hjstérectomie. — Suivant le procédé habituel création de deux v.alves cervicales et ablation. Ensuite, incision médiane de Doyen et bascule de l'utérus. Décortication des annexes droites. Hémostase assez difficile à obtenir. Ablation des annexes gauches. Au moment de l'ablation de l'écarteur de Péan qui protégeait la paroi recto-vaginale, apparaît, gros environ comme une petite orange, un kyste. Ponction du kyste, évacuation de liquide jaune citrin. Décortication et ablation.

Examen des pièces. — Utérus notablement hypertrophié (11 cent.de cavité) sa coupe ne présente rien de particuUer. Les annexes droites sont doublées de volume, la trompe est parenchymateuse, l'ovaire est kystique. L'ovaire ponctionné en dépendait. Annexes gauches également doublées de volume, mêmes lésions de la trompe et de l'ovaire.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température, sauf le soir du deuxième jour, où le pouls est à 120 et la teuipcrature à 38''4. Ablation des pinces au bout de 48 heures des

tampons le troisième jour. Apparition d'une eschare sacrée comme une pièce de cinq Irancs, le cinquième jour.

Guérison complète le 26 juillet, jour où la malade quitte l'iiôpital .

Observation 148 (Malherbe) Pjyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M™° L. . ., âgée de 3o ans, entre le 20 juin iSgS à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans, sans particularités à noter. Deux enfants, accouchements normaux à terme, très bien portante jusqu'à 25 ans. Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis 5 ans, règles très douloureuses. La malade perd beaucoup de caillots. Entre les- règles quelques pertes blanches, mais pas de douleurs. Au mois d'avril iSgS, violente poussée de pelvi-péritonite dans les jours qui précèdent les règles. Ballonnement du ventre, fièvre, durée 3 jom-s. A ia suite les règles ont été très abondantes et en caillots. Au mois de mai-, nouvelle crise s.emblable à la première, ayant duré quatre jours.

Examen. — Au toucher on sent à gauche une masse constituée par les annexes. A droite on sent aussi les annexes augmentées de volume mais un peu moins qu'à gauche. Le loucher est très douloureux. L'utérus mobile présente cependant des adhérences en arrière.

Hystérectomie vaginale le i'^ juillet iSgS. — Curettage préalable. Ablation de l'utérus par le procédé classique. Au cours de l'évidement, rupture d'une poche à gauche. Écoulement d'environ deux cuillerées de pus, à gauche on enlève les débris d'une poche volumineuse. Cette poche est constituée aux dépens de la trompe. L'ablation totale est impossible. Ablation complète des annexes droites, dont la trompe contient une cuillerée de pus.

Durée : 35 minutes. 7 pinces.

Suites opératoires. — Nulles, aucune réaction du pouls ni de la température pendant les 18 premiers jours. Ablation des pinces le 3 juillet.

Le 19, la malade a 38°, le soir. Le 20, la température se mamtient élevée avec malaise général.

Le 21, le toucher indique la présence d'une collection développée dans les'débris qui n'avaient pu être enlevés. Rupture et évacuation d'un verre à Bordeaux de pus.

A partir de ce moment, la guérison se complète, et la malade part le 12 août en trc>s bon étal.

En lévrier 1894, guérison complète.

Observation i49 (Personnelle)

Pévimétro-salpingite suppurée. — Pjosalpinx gauche énorme. Salpingite parenchymateuse droite. — Opération de Péan.

Morte le 8^ jour.

M"" M. . ., âgée de 36 ans, entre chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé, le 16 juillet iSgS.

Cette malade, atteinte depuis plus de deux ans d'une suppuration pelvienne grave d'origine puerpérale, malgré le traitement médical le mieux conduit et le plus consciencieusement suivi, était arrivée au dernier terme de la cachexie quand M. Segond fut appelé auprès d'elle. En présence de l'ancienneté et de l'étendue des lésions et devant l'impossibiUté de tenter avec succès une intervention palliative, il propose l'hystérectomie vaginale dont il ne dissimule pas les dangers en raison de l'altération profonde de l'état général.

Hystérectomie vaginale, le 18 juillet iSgS. — Le morcellement et l'èvidement sont conduits sans incident. Au cours du morcellement, deux énormes poches de pus létide sont ouvertes. Ablation complète des annexes très adhérentes. A gauche, énorme pyosalpinx. A droite, trompe énorme parenchymateuse ; ovaires bourrés de kystes.

Durée : vingt-cinq minutes. Sept pinces.

Suites opératoires. — Pas de réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures, des tampons le troisième jour. Malgré toutes les tentatives d'alimentation, les injections de sérum, etc., la malade s'affaiblit de jour en jour et s'éteint le huitième jour sans réaction péritonéale.

Observation i5o (Le Masson) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" G..., âgée de 3i ans, entre le 8 juillet 1898, à la Clinique Baudelocque, service de M. le professeur Pinard,

Antécédents. — Mère nerveuse ; 3 sœurs mortes de méningile. La malade elle-même très nerveuse a été soignée vers l'âge de ans, et, pendant 18 mois environ, pour de la chloro-anémic. Premières règles à 10 ans, avance de 2 jours à chaque époque. Douleurs abdominales et coliques très vives, surtout la première année. Ménorrhagies abondantes ; durée : 8 jours, accompagnées de migraines. Pas de leucorrhée dans l'intervalle. Cinq enfants. Avant la première grossesse, une fausse couche de cinq semaines, suivie de métrorrhagies abondantes, qui ont duré environ 3 semaines.

Le premier accouchement a eu lieu en i883. Le cinquième en 1889. Tous ont été laborieux, suivis de métrorrhagies abondantes. Pendant les 3 ou 4 premiers mois de la dernière grossesse, douleurs vives accompagnées de pertes fréquentes. L'accouchement a été suivi de métrorrhagies qui ont duré 8 mois, puis la menstruation est restée irrégulière et abondante. Dans l'intervalle, leucorrhée très abondante. Douleurs lombaires et abdominales, lancinantes, plus accusées à droite, avec ii'radiations vers la racine des cuisses.

Troubles dyspeptiques, pesanteur au niveau de la région épigastrique, digestions pénibles, nausées, mais pas de vomissements. Troubles urinaires, cuisson intense avant et pendant la miction, surtout au moment des crises douloureuses. De 1889 au mois de novembre 1892, la malade a suivi le traitement suivant : injections, cautérisations, pansements iodoformés. Aucune amélioration.

Entrée dans le service de M. Péan, à Saint-Louis, où l'on pratique, le 26 novembre, le curettage de l'utérus. Après le curettage : fièvre, continuation des pertes et affaiblissement général. Vers la fin de décembre, la malade sort, sur sa demande et non guérie, de l'hôpital Saint- Louis. Chez elle, se déclare une pelvi-péritonite. Traitement purement médical. En avril elle entre en convalescence. Amélioration notable, disparition à peu près complète des douleurs et des pertes,. De temps en temps, ballonnement du ventre. Cet état persiste jusqu'à la fin de mai. En juin, à la suites des règles, réapparition des douleurs du 12 au 27 juin : métrorrhagies avec caillots, puis écoulement leucorrhéique glaireux et fétide. Dernières règles du 3 au 9 juillet.

Examen. — Le palper abdominal est excessivement douloureux, surtout svu* la ligne médiane et à droite.

Au toucher : col dur, entr'ouvert, avec ectropion de la lèvre antérieure. Utérus peu mobile, assez gros, en antéûexion. Annexes gauches hypertropliiôes, mais peu douloureuses ; on sent une tumeur dure, ayant environ le volume d'un petit œuf de poule, occupant une pai-tie du cul-de-sac antérieur et le cul-de-sac latéral droit.

Rien dans les urines. Cœur normal. «

Hystérec.tomie vaginale, le 19 juillet iSgd. — 1° Curettage : l'hystéromètre donne 9 centimètres. Peu de fongosités, écouvillonnage.

2" Hyslérectomie : Utérus facilement abaissable, le premier temps de l'opération se fait suivant le procédé habituel. Après l'excision des deux valves cervicales, la paroi antérieure de l'utérus étant saisie avec ime pince de Museux, bascule assez aisément. A ce moment de l'opéraUon , destruction d'adhérences qui unissent le paquet intestinal au lond de l'utérus et aux annexes des deux côtés. Ablation complète des annexes. L'ovaire droit, à la coupe, présente deux poches bien distinctes, l'une plus grande, du volume d'une grosse noix, contient du pus assez épais et de coulem- lie de vin ; l'autre, un peu moins grande, contient un liquide séro-sanguinolent. Les parois de cet ovaire sont formées pai- un tissu nettement scléreux. Les deux trompes sont remplies de pus (une cuillerée à bouche).

Durée: 20 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quarante-huit heures. Légère hémorrhagie.

Pas d'autre incident de convalescence. La malade part guérie le 10 août.

Revue en novembre iSgS. États général et local parfaits. Rapports sexuels très douloureux. En mars 1894, guérison absolue.

Observation i5i (Malherbe").

Pyosalpinx tuberculeux double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" L...., âgée de 23 ans, entre le 12 juillet iSgS, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 12 ans, très bien, pas de douleurs. Jamais enceinte. Bien portante, à part quelques rares pertes blanches jusqu'à il y a environ deux ans. A ce moment, les règles deviennent douloureuses; môme dans leur intervalle, la malade ressent des douleurs dans les régions lombaires et hypogastriques. Pertes blanches plus abondantes, mais règles toujours régulières.

Il y a un an, l'état empirant, la malade voit un médecin qui constate des lésions des annexes peu accusées.

Examen. — Douleurs assez vives, surtout après des fatigues et aux périodes menstruelles. Peu de pertes, troubles digestifs peut-être plutôt sous la dépendance de l'état général que des lésions utérines. La malade présente, en effet, des signes non équivoques de tuberculose pulmonaire au sommet gauche: submatité, craquements. Au sommet droit respiration xm peu soufflante. Le début de ces accidents remonte à trois ans environ. Maigreur extrême, sueurs nocturnes. Au toucher :

col sain. Utérus peu mobile. Les annexes prolabées dans le cul-de-sac de Douglas i'orment une masse dure, bosselée, du volume du poing, qui entoure l'utérus comme un croissant.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale le 22 juillet i8g3. — Gurettage préalable. Hystérectomie selon le procédé classique, ablation complète des annexes. La trompe droile, du volume du pouce, contient du pus épais, l'ovaire est rempli de petits kystes hématiques. La trompe gauche, de même que la droite, est remplie de ibngosités.

Durée : 17 minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls, ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le troisième jour.

Aucun incident de convalescence. La malade part guérie le 16 août 1893.

En février 1894, guérison complète. Souffre d'une cystite bacillaire.

Observation 162 (Malherbe).

Ovaires scléro-kystiques. — Salpingite interstitielle. — Opération

de Péan. — Guérison.

M°" J..., âgée de 41 ans, entre le 12 juillet 1898, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 17 ans. Pas de fausses couches, 2 enfants, l'un il y a 19 ans, l'autre il y a 12 ans. Bonnes suites de couches.

La maladie actuelle a débuté il y a 5 ou 6 ans. A cette époque la malade, sans cause apparente, a perdu du sang durant six semaines consécutives. Ces hémorrhagies s'accompagnaient de douleurs dans le bas-ventre, douleurs accusées surtout dans l'aîne gauche, irradiées vers les reins et les membres inférieurs. Ces douleurs survécurent aux hémorrhagies, et pendant les cinq dernières années, apparurent de temps à autre, lancinantes. Les règles étaient normales.

Depms un an, les règles se sont prolongées avançant et durant si longtemps, que la malade n'avait guère que trois ou quatre jours de repos par mois. De temps à autre, pertes blanches. Douleurs de plus en plus vives. Œdème des malléoles le matin.

Examen. — L'utérus est très volumineux, dépasse le pubis de deux tï-avers de doigt. La cavité = 9 cent. 1/2.

Les annexes forment de chaque côté deux masses du volume d'un œuf, très douloureuses et très adhérentes.

Diagnostic. — Salpingite double, probablement kystique.

Hjstérectomie vaginale le 22 Juillet iSg3. — Morcellement et évidement classiques. Ablation complète des annexes. Les trompes sont atteintes de salpingite interstitielle et les ovaires scléro-kystiques. L'utérus pèse i6o grammes.

Durée : 25 minutes. 8 pinces.

Suites opératoires.— Aucune réaction du pouls ni de la température, ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4™' jour.

Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le 20'"' jom* et part guérie le 3o août 1898.

En février 1894, guérison absolue.

Observation i53 (Persoimelle) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M""» R. . . , née aux Antilles, qu'elle habite, est âgée de 4o ans.

Antécédents. — Réglée à 11 ans, ses époques ont toujours été assez régulières, avec des oscillations de six ou huit jours, mais très peu abondantes. ,

Mariée à 16 ans, n'a jamais eu de grossesse ni fait de maladie grave. En 1878, douleurs au bas-ventre, accompagnées de leucorrhée abondante. On conseille des injections d'eau chaude et une cure à Spa, qui parut tout remettre en bon état. Vers 1882, la malade fut prise de douleurs très violentes dans le bas-ventre, avec ballonnement, fièvre et suppression complète des règles. La malade garde le lit pendant cinq mois, une violente métrorrhagie survient et la guérison paraît complète.

En 1888, après mie traversée fort pénible de France en Amérique, les douleurs reparurent dans le bas-ventre, surtout à gauche, avec ballonnement, anorexie, fièvre, etc. ; en un mot tout le syndrome d'une inflammation subaiguë des organes du petit bassin .

En 1891, la malade revient en Europe, elle était pâle, amaigrie. Les époques étaient réguMè^es, mais très pauvres et fort douloureuses, suivies et parfois précédées d'une période fébrile qui durait de 8 à i5 jours. Le ventre tendu et douloureux à la pression, beaucoup plus sensible à gauche qu'à droite. Au toucher, on trouvait le col de volume normal rejeté en arrière, l'utérus en antéversion, solidement soudé à une tumeur du volume d'une orange, dure et douloureuse, à surface fisse et régufière, qui occupait tout le côté gauche du petit bassin. Les annexes droites paraissaient saines.

La malade rendait du pus dans ses seUes en quantité variable, quantité qui augmentait au moment des époques, jnais qui ne dépassait jamais trois cuillerées à soupe environ.

La malade fit une cure à Salies de Béarn, cure bien supportée qui exerça sur l'état général une très heureuse influence. L'état local ne lut

pas modifié. Le repos absolu au lit fut gard6 pendant une période de 18 mois consécutifs, pendant lesquels des injections de ([uatre litres de liquide antiseptique, à une température variant de 45 à 5o degrés, lurent régulièrement administrées malin et soir. Malgré ces soins, l'état s'aggrava lentement mais d'une ra(;on régulièrement progressive.

Au mois de juin 1893, la situalion devenant menaçante, la malade consulta plusieurs gynécologistes de Paris qui tom furent d'avis que l'hystérectomie vaginale était la seule intervention pouvant donner des réelles chances de guérison complète.

Hjstérectomie vaginale le 26 Juillet i8g3.— Morcellement etévidement laborieux : l'utérus ne s'abaissant pas. Ouverture d'une collection purulente fétide rétro-utérine, contenant un demi verre de pus : Les annexes sont enlevées complètement. La trompe gauche contient un verre à Bordeaux de pus, la trompe droite une quantité un peu moindre. Les ovaires sont scléro-kysliques.

Durée 45 minutes. 5 pinces.

Suiteti opératoires. — Température normale dès le premier soir. Pas de réaction du pouls. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le 4° jour.

Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le 20* jour et

part le aS' jour.

Elle écrit du Brésil, le 20 janvier 1894, qu'elle se porte admirablement, n'a plus la moindre doulem- ni le moindre trouble vicariant. Son état général est excellent.

A noter un détail intéressant : la malade qui, selon son expression, avait toujours le mal de mer d'une façon abominable, a été à peine incommodée lors de son retour au Brésil, six. semaines après son opération.

• Observation i54 (Malherbe)

Kj-ste dermoide de l'ovaire gauche. — Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"°R... âgée de 40 ans, entre le 21 Juillet 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le Docteur Segond.

Antécédents. — Les règles ont commencé à i4 ans, revenant • régulièrement tous les mois, très peu douloureuses, durant en moyenne 3 à 4 jours. Pas de pertes blanches. Ni enfants ni fausses couches. La malade a commencé à souffrir il y a à peu près 10 ans, vers l'âge de 3o ans. Ces douleurs se faisaient sentir principalement dans la région lombaire et à un degré moindre dans l'abdomen. Les règles continuaient d'ailleurs à être régulières et la malade ne commença à ressentir une

gêne considérable qu'en Janvier 1892. A ce moment, elle eut une crise si violente qu'elle lut obligée <le garder le lit pendant i5 jours. Après cette, crise, la santé de la malade resta salisl'aisante jusqu'en Janvier dernier. A ce moment, nouvelle crise, moins violente que la première mais ayant obligé la malade à garder le lit pendant une semaine. Depuis quelque temps la malade perd abondamment en blanc. En outre, depuis environ six semaines, les douleurs sont continuelles et as.sez vives.

Examen. — Le volume de l'abdomen n'est pas augmenté, au toucher on sent une tumeur du volume d'une très grosse orange qui refoule l'utérus à droite et en arrière. A droite, les annexes ont le volume d'une mandarine.

Diagnostic. — Kystes des deux ovaires.

Rystérectomie vaginale, le 2g juillet i8g3. — Curettage préalable. Ablation de l'utérus par le procédé classi(iue. On arrive alors sur la poche qui est développée aux dépens de l'ovau'e gauche. La poche est crevée et il s'en écoule environ un verre et demi de matière sébacée épaisse, gluante et jaunâtre ; c'est un kyste dermoïde de l'ovaire gauche. Une fois vidée, la poche est décortiquée et enlevée. Chemin faisant on résèque un lambeau d'épiploon adhérent. Les annexes droites sont enlevées. La trompe du volume du pouce est atteinte de salpingite hypertrophique parenchymateuse. L'ovaire est kystique.

Durée : 45 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls, ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures. Pas d'incidents de convalescence. La malade part guérie le 26 août 1893.

En février 1894, guérison absolue.

Observation i55 (Le Masson)

Hématocèle suppurée. — Pyosalpinx double. — Abcès des deu.x ovaires. Opération de Péan. — Fistule intestino-vaginale. — Guérison.

M^^ L . . . , âgée de 24 ans, entre le 24 juillet 1893, à la Clinique Baudelocque, service de M. le Professeur Pinard.

Antécédents. — Héréditaires : un frère mort delà poitrine à 27 ans. Personnels : jamais de maladie aiguë antérieure, seulement depuis l'âge de 18 ans, elle se plaint de troubles dyspeptiques, douleurs épigastriques, vomissements alimentaires, etc.

Premières règles à seize ans, toujours irrégulières, peu douloureuses. Ecoulement assez abondant durant 5 ou 6 jours. Depuis leur apparition jusqu'à l'époque actuelle, les règles se sont toujours

produites dans les mômes conditions. Un accouchement en inai 1893, à terme, sans accident ni complications. Cinq semaines après, la malade eut ses règles. Le mois suivant elles subirent un retard de 19 jours. Pendant toute celte p«mode, douleurs abdominales sourdes, sans douleurs lombaires ni dans les cuisses.

Le 24 juillet, elle entre à Baudelocque, où l'on constate une double lésion des annexes. Le 2 août (les règles étaient alors terminées), la malade prend un lavement, et, à la suite, eUe est prise de douleurs violentes dans le bas-ventre. En même temps, la fièvre monte et pendant 3 jours elle oscille autour de 38°. M. Lepage constate une hématocèle.

Hystérectomie vaginale, le g août i8g3. — Incision du cul-de-sac postérieur. Il s'écoule un demi-litre de pus fétide. Les annexes sont reconnues malades des deux côtés. Morcellement très laborieux à cause de la friabilité excessive de l'utérus. Ablation complète des annexes (trompes remplies de pus, petits abcès de l'ovaire). En voulant saisir, sans y voir, une fausse membrane avec une pince à dents, M. Segond déchire l'intestin grêle.

Durée : l\0 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Injection, pendant trois jours de suite, de 40 grammes de sérum. Le lendemain de l'opération, la malade a V le soir et 160 pulsations. Au bout de 48 heures, ablation des pinces ; le troisième jour, ablation des lanières. Les matières fécales passent en grande partie par le vagin. Elles sortent moulées par le rectum, liquides par le vagin.

Le troisième jour, apparition dans la région sacrée d'une eschare comme une petite paume de main. Jusqu'à la lin d'août, la température oscille entre 3; et 38 degrés. En septembre, elle tombe à la normale.

Le 7 octobre, l'eschare est guérie, la malade part pour le Vésinet gardant une fistule. En mai 1894, cette femme était absolument rétablie et M. Segond se disposait à fermer sa flstulette, quand elle meurt subitement d'occlusion intestinale, le 11 mai 1894.

Observation i56 (Cazin) Pyosalpinx double. - Opération de Péan. — Guérison

M"« S..., âgée de 20 ans, entre le 7 août 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 ans. Les règles avaient une durée habituelle de neul" à dix jours, étaient très abondantes, quelquefois expulsion deciùUots; les douleurs, très vives le premier jour, obligeaient la malade à garder le lit. Règles ordinairement en avance de huit à dix jours.Vers i8 ans, leucorrhée abondante (blennorrhagie?) Ni grossesse ni fausse couche.

La maladie actuelle a débulé depuis quelques mois, la malade ressentait, sm-lout quand elle se fatiguait, des douleurs vagues dans l'aîne gauche. Les règles, cependant, demeuraient normales comme par le passé. Le 24 juillet 1898, la malade fut prise subitement d'une douleur extrêmement vive, ayant son point de départ et son maximum dans l'aîne gauche et s'irradiant vers la région lombaire. Peu d'instants après elle pâlit et eut une syncope. Les jom-s suivants, les douleurs continuèrent, bien qu'un peu adoucies, le ventre n'était pas ballonné, il n'y avait point de fièvre.

Le 3o juillet, la malade ressentit, dans l'aîne droite, quelques petits élancements, assez douloureux, mais fugaces. En même temps, apparut la fièvre.

Le 7 août et les jours suivants, sous l'influence du repos, les douleurs se calment, l'état général s'améliore. Les accidents, bien atténués, reparaissent passagèrement du i5 au 18, époque des règles, puis ils s'amendent. A la fin d'août, les douleurs ont totalement disparu. Le rectum et la vessie fonctionnent bien.

Examen. — 1° A l'entrée : Utérus immobile, culs-de-sac de carton. L'empâtement se sent jusqu'au dessus du pubis.

2° A la fin d'août : l'utérus est plus mobile, les culs-de-sac vaginaux plus souples. Les annexes gauches forment dans le cid-de-sac de Douglas une masse, du volume d'une mandarine, très douloureuse. A droite, elles sont du volume d'un œuf, dures, bosselées et doxdoiu-euses.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hystérectomie vaginale le 16 septembre i8g3. — L'utérus descend peu, il est enlevé par morcellement et évidement. La trompe gauche contient im verre à Bordeaux de pus épais ; la trompe droite environ xme cuillerée à bouche. Les annexes sont complètement enlevées.

Durée : Trente-cinq minutes. Neuf pinces.

Suites opératoires. — A noter une élévation de température à 38''4 les soirs des sixième et septième jours. Les pinces sont enlevées ,au bout de 48 heures, les tampons le quatinèmc jour. Aucun incident de convalescence. La malade part guérie le i5 octobre 1898,

En avril 1894, guérison absolue.

Observation 167 (Cazin)

Abcès pelvien à gauche. — Pyosalpinx droit. — Opération de Péan. — Au bout de six semaines, incision sus-inguinale d'une tumeur pelvienne gauche. — Mort le 4* jour.

M"" N. . . . , ilgée de 27 ans, entre le 11 septembre iSg'i, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 11 ans 1/2. Les règles ont toujours été en retard de 8 à 10 jours, n'apparaissant que 9 ou 10 fois par an. Durée ordinaire: 2 jours. Pas douloureuses. Jamais de pertes blanches. De 16 à 20 ans, attaques fréquentes de coliques hépatiques.

Le 24 janvier 1893, accouchement; on est obligé de pratiquer la basiotripsie. Le bassin rétréci mesurait 7 centim. 1/2 de diamètre. A la suite, cystite, fréquence des mictions, pyurie. Ces phénomènes s'amendèrent au bout d'un mois. Depuis lors, jusqu'au 18 juillet, rien. Le 18 juillet, fausse c<mche de 2 mois 1/2. Le jour même, pertes de sang très abondantes. Pendant les jours qui suivent, état général grave, fièvre (4o°), diarrhée profuse, douleurs atroces dans le bas-ventre, amaigrissement notable. Ces accidents s'amendent au bout de 10 à i5 jours; après quoi, il ne persiste que quelques tiraillements dans le bas-ventre et dans les lombes et une légère douleur à la pression, dans les deux aînés.

Examen. — Le 21 septembre. Utérus fixe. Masse dure en arrière descendant à trois travers de doigt au-dessous du col. Guls-de-sacs latéraux rempUs par deux masses, dont ceUe de gauche paraît avoir le volume du poing.

Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Hjstérectomie vaginale le 21 septembre j5c)5.— Incision du cul-desac postérieur. On arrive sur une masse dure, adhérente au rectum, rempUe de fongosités. Morcellement par le procédé habituel. Ouverture d'un pyosalpinx à gauche. Ablation des annexes droites, perdues dans des tausses membranes et notablement altérées. Opération extrêmement pénible. La masse dure du Douglas est reconnue. Son ablation exposerait à la perforation du rectum. Laissée en place avec les annexes gauches.

Durée : 35 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. - Ablation des pinces 48 heures après l'opération Pendant deux semaines pas d'incident. Etat général bon, mais la température est élevée et irréguUère, le pouls fréquent, avec des irrégularités, pas de symptômes locaux.

Du i" au 10 octobre, la tempéralure redevient normale. Le pouls demeure fréquent et régulier.

Le 21" jour apr^s l'opération, la malade se lève. La température vespérale les jours suivants s'élève à 39° et Sg'S, grandes oscillations. La malade se plaint de douleurs passagères, d'élancements dans l'aîne gauche. L'exploration, pratiquée dans les premiers jours de novembre, montre au-dessus du pubis et surtout au niveau de l'aîne gauche, une induration, un plastron d'une hauteur de 3 à 4 travers de doigt. Le toucher vaginal, fort douloureux du côté gauche, ne démontre rien de bien exact.

Opération le j novembre i8q3.

Incision parallèle à l'arcade de Fallope. Une exploration longue et minutieuse ne fait point découvrir trace de pus. On ramène un segment de trompe, abandonné au cours de l'hystérectomie. Drainage. Pansement iodoformé.

Le lendemain et le surlendemain de l'opération, la malade présente im aspect typhoïde. Pouls petit, incomptable, irréguHer. Le soir, subdelirium, strabisme, stertor.

Mort le II novembre, à g heures du matin, dans le coma.

Observation 1S8 (Cazin).

Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

M™" L... Julie, âgée de 29 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le 27 août 1893, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bien réglée à l'âge de i3 ans. Mariée en 1879. 4 grossesses. La i" normale en 1880 ; 2* normale en 1881; 3' en 1884, deux jumeaux morts de débilité au bout de quelques jours, un peu de péritonite à la suite de cette couche et abondantes perles blanches pendant un mois ; 4' en i886. Accouchement difficile, se lève au i5' jour. Pendant un mois, abondantes pertes blanches.

En 1889, à la suite de grandes fatigues, métrite hémorrhagique, qui dure 4 mois. Violentes douleurs abdominales, puis tout disparaît pendant 20 mois.

En [891, au moment des règles, surviennent de violentes douleurs ariennes. Puis celles-ci deviennent plus fréquentes et la malade se plaint d'accès cpiotidiens, de douleurs expulsives, semblables à des douleurs d'accouchement. En même temps, des pertes de sang s'établissent progi'cssivement. D'abord les règles sont plus longues et plus abondantes, puis les hémorrhagies deviennent fréquentes et presque continuelles, elles s'accompagnent de douleurs sourdes avec élancements

dans les aînés. Les douleurs el les hémorrhagies reparaissent à la moindre fatigue, aussi la malade garde-t-elle presque toujours le lit et prend-elle 2 ou 3 cenligr. de morphine en piqûres.

En janvier 1893, un curettage arrête les perles, mais les douleurs continuent aussi violentes.

Actuellement les douleurs sont aussi violentes, mais les pertes ont beaucoup diminué. L'état général est moins mauvais. La malade est extrêmement nerveuse, à plusieurs reprises elle a eu des accès de grande hystérie. La moindre émotion provoque des crises nerveuses avec sensation de boule.

Examen. — Utérus en situation normale, un peu gros. Les annexes iorment des deux côtés une tumeur du volume d'une mïindarine, très douloureuse, très adhérente. Le palper combiné provoque des douleurs presque syncopales.

Diagnostic vérifié sous chloroforme. — Salpingite double, probablement kystique.

Hjstérectomie mginale le 23 septembre i8q4- — Morcellement du col, hémisection du corps, ablation complète des annexes, trompes atteintes de salpingite parenchymateuse hypertrophique. Ovaires scléro-ky stiques .

Dm-ée: i5 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires.— Pas de réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 4« jour.

Pas d'incident de convalescence, sauf une grande tristesse, quelques bizarreries de caractère.

Elle se lève le i8° jour et part le i4 octobre iSgS.

Morte d'une affection ptdmonaire aiguë, le 20 novembre 1893.

Observation 169 (Cazin).

Pyosalpinx double. — Périmétro-salpingite. — Opération de Péan. — Guérison.

M'°° R. .., âgée de 40 ans, entre le i3 septembre 1893 à la Maison 1 municipale de Santé, service de M. le D"" Segond.

Antécédents.— Réglée à 11 ans 1/2. Durée des règles de 4 à 8 jours. Ni enfants ni fausse couche. Depuis un an, règles un peu irrégulières, tantôt en avance, tantôt en retard. Rarement des pertes blanches.

Il y a un mois, après quelques jours où la malade ressentit un léger malaise, un peu d'inappétence, de la diarrhée, tout à coup elle fut prise, dans le côté droit, d'une violente doulem- qui la força à se coucher. Pas de tendance à la syncope, mais faiblesse extrême. Fièvre le soir. Cet état dure plusieurs jours, après lesquels tout semble se calmer. Il restait de l'inappétence, des nausées. Le 6 septembre, les

douleurs revienneal subilcnionl ulroccs, arrachant des cris à la malade, douleurs qui se câlinèrent bientôt par l'écoulement subit d'une quantité énorme d'un pus verdaire, l'éiide, par le rectum. Cet amendement des douleurs persista et durant quelques jours, la malade, très l'aible, continue à perdro-une certaine quantité de pus. L'écoulement dura quatre jours, après lesquels les douleurs reprirent, tantôt insupportables, ne cédant qu'à la moi"pliine, et supprimant le sommeil, tantôt moins aiguës. Pendant plusieurs jours, les matières lé cales ont été imprégnées dt^ pus.

Examen. — L'utérus est enclavé au milieu de masses fluctuantes qui bombent dans les culs-dc-sac latéraux et postérieur et dont la gauche remonte à deux travers de doigt au-dessus du pubis. Le soir la température oscille entre entre 38"4 et 3q°. L'état général est cependant bon, malgré l'inappétence, les nausées, la constipation.

Diagnostic. — Pyosalpinx double. Périmétro-salpingite suppurée, flstuleur.e dans le rectum.

Hjstérectomie vaginale, le 23 septembre i8g3. — Utérus enclavé, enlevé laborieusement par morceaux, sans règles précises. Au cours de l'opération, on crève trois poches à pus fétide : une dans le cuj-desac de Douglas, une autre en arrière et à droite ; une autre en avant et à gauche. Le toucher montre que ces poches ont des parois tomenteuses, relativement minces. Le péritoine est ouvert en haut et à gauche, où l'épiploon adhérent a suivi l'utérus. Dans une manœuvre à l'aveugle, l'intestin est légèrement piqué par le mors d'une pince à abaissement, mais n'est pas déchiré.

Durée de l'opération : 25 minutes. 3 pinces.

Saites opératoires. — La température reste normale, sauf les soirs des 2« et 4' jom-s, où elle s'élève à 38''2. Les pinces sont enlevées en même temps que les tampons au bout de 48 heures. Aucun incident de convalescence. L'écoulement vaginal se tarit peu à peu, et la malade part guérie le 24 octobre 1893.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 160

Pyosalpinx gauche. — Salpingite parenckymateuse droite. Opération de Péan. — Guérison.

Madame L..., âgée de 33 ans, entre le 26 septembre 1893, à la Maison numicipale de Santé, service de M, le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5ans, mariée à 20 ans ; cinq enfants dont 4 vivants. Poussée de pelvi-péritonile il y a quatre ans à la suite de couches. La maladie a débuté il y a 6 mois, la malade commença à soullrir au moment des règles ; elle était obligée de garder le lit plu-

iiaudron. — 22,

sieurs jours, elle perdait alors presque coiislaminenl en blanc. Au mois de septembre, les douleurs ont été plus vives et des métrorrhagies se produisirent trois l'ois dans le cours du mois. Les douleurs ont toujours été plus marquées à gauche.

Examen. — Actuellement l'appétit est nul, douleurs gastralgiques fréquentes, constipation habituelle. Palpitations. Réflexes normaux, sauf le réflexe pharyngien, qui est diminué. Pas de trouble de la sensibilité générale ni spéciale. Caractère un peu violent, la malade pleure facilement ; est très impressionnable. Pas de crises de nerfs. Etat général : amaigrissement très prononcé.

Utérus de volume normal, en antéversion et dévié à gauche. Salpingite double, lésions très marquées des annexes gauches.

Rystérectomie vaginale, le 3 octobre i8g3. — Utérus abaissable. Ablation du col. Morcellement de la face antériem*e. La trompe gauche contient un verre de pus. L'ovaire droit se trouve dans le cul-de-sac de Douglas et présente des lésions peu importantes. Mais la trompe, du volume du pouce, est parenchymateuse.

Durée : i heure. Douze pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de quai-ante-huit heures, des tampons le troisième jour. Aucun incident de convalescence, La malade part guérie le 28 octobre.

En février 1894, guérison absolue.

Observation 161 (Personnelle)

Kj-ste de Vovaire droit. — Hydrosalpinx gauche. — Opération de Péan.

Guérison.

M°" Schm. . ., âgée de 34 ans, est opérée, chez les Sœurs Auguslines de la rue de la Santé, le 4 octobre 1893.

Réglée à 18 ans d'mie façon normale et régulière, elle n'a jamais été enceinte. A 24 ans, elle contracte la syphilis pour laquelle elle s'est seulement soignée pendant six mois.

En juin i893j elle est prise subitement d une douleur abdominale qu'on diagnostique d'abord colique hépatique. Un examen plus attentif fait reconnaître une tumeur pelvienne. Cette tumeur, sentie par la malade elle-même, s'accroît peu à peu, détermmant des phénomènes de compression (douleurs modérées, pesanteur du côté de la vessie et du rectum).

M. Segond, consulté, diagnostique un kyste de l'ovaire droit, du volume des deux poings, et une salpingite kystique gauche.

Hystérectomie vaginale, le 4 octobre iSgS. - Morcellement du coL Hémiseclion du corps. Ablation totale des annexes. Le kyste droit

contient un liquide clair, llydrosalpiiix à gauche: rien à l'ovaire gauche.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la lempéralui'e. Les pinces et les tampons sont enlevés après 4^ heures.

Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le dix-huitième jour et part guérie le 3i octobre.

Revue le i4 février 1894. État général excellent. Etat local parfait. Aucun trouble vicariant. Pas de modification de l'appétit sexuel.

Observation 162 (Gazin)

Fibrome de la paroi antérieure. — Hématosalpinx double. Opération de Péan. — Guérison.

M™« B...., âgée de 46 ans, entre à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée depuis l'âge de i3 ans, toujours régulièrement, l'est encore actuellement. Quatre accouchements normaux. Il y a deux ans, fausse couche d'un mois (d'après le diagnostic de son médecin). Depuis cette époque, douleurs dans la région coccyg'ienne, principalement lorsque la malade est assise. Pas de raétrorrhagies ni de pertes d'aucun genre. Les règles avaient conservé leur dm^ée normale. Le traitement médical n'a donné aucun résultat.

Examen. — Le toucher indique une masse volumineuse dans le cul-desac postérieur, dépendant de l'utérus. Les annexes sont grosses, surtout à di'oite et très douloureuses.

Diagnostic. — Fibrome de la paroi postérieure . Salpingo-ovarite double.

Hjstérectomie vaginale le j octobre iSgS. — Hystéromètre donne n centimètres. Giu-ettage préalable. Hystérectomie vagmale suivant le procédé classique. Ablation bilatérale des annexes (hématosalpinx double). Poids du fd)rôme, 1-20 gr.

Durée de l'opération : 20 minutes, 12 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tarnpons le troisième . jour.

La malade part guérie le 2 novembre 1893.

OiiSEnvATiON i63 (Gazin)

Salpingite parencJij-mateufie double. — Opération de Péan. — Giiérison.

Mad. O. . . ., ûgée de 29 ans, entre le 2 octobre 189'i, à la Maison municipale de sanlé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i3 uns. Menslrualion régulière, mais douloureuse; mariée à 22 ans. Pas d'enfants, ni de fausse couche. Leucorrhée.

Depuis deux ans, douleurs pelviennnes plus intenses, irradiation lombaire. Application de teinture d'iode sur le col, caulérisation au nitrate d'argent qui n'amène aucune amélioration. Au mois de mars dernier, la malade vient à Lariboisière, chez M. Périer, qui, dit-elle, pratique une ponction au côté gauche de l'abdomen ; cette ponction aurait amené l'évacuation d'une certaine quantité de pus, ce qui aurait produit un certain soulagement.

Les douleurs devenant de plus en plus intenses, particulièrement à droite, la malade garde le lit. Elle se plaint de plus de vaginisme et cesse tout rapport sexuel. Le toucher vaginal ne peut être pratiqué que sous cliloroforme.

Actuellement : bon appétit. Digestion facile. Constipation habituelle. Palpitations fréquentes. Depiiis le commencement de ses souffrances, la malade est devenue très émotive ; elle s'emporte facilement. Crises de nerfs fréquentes, sans perte de connaissance. Sensation de boule. Douleur au sommet de la tête. Emission abondante d'urine claire après chaque crise.

Pas de troubles de la sensibilité. Réflexes normaux.

Examen sous le dilorojovme . — Toucher très difiîcile, utérus élevé, mobile, dimension normale. Annexes volumineuses, surtout à gauche, où la trompe semble kystique.

Diagnostic. — Salpingite kystique gauche, interstitielle à droite.

Hjstérectomie vaginale le 14 octobre i8g3. — Morcellement et évidement classiques. Ablation complète des annexes. Les trompes ont le volume du petit doigt. Les ovaires, triplés de volume, sont très adhérents.

Durée : 1/2 heure. 7 pinces.

Suites opératoires. — Nulles, pas de réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de ^8 heures, des tampons le troisième jour. Aucun incident de convalescence. La malade sort guérie le 11 novembre iSqS.

Guérison absolue en février 1894.

Observation i64 (Cazin)

Pyosalpinx' double très adhérent. — Opération de Péan. — FistuletLe intestino-mginale, fermée spontanément au bout de six semaines.. Guérison.

M'"^ T...., entre le 3o septembre 1893, à la Maison municipale de wSanté, service de M. le D'' Segond.

Aniecc'iie/iis.— Pendant l'adolescence, chloro-anémie. Réglée à 17 ans, règles très abondantes, douloureuses, pas de leucorrhée.

A 21 ans, curettage. La malade se lève au bout de quelques jours et n'éprouve aucun soulagement. La malade parle d'une opération mal déterminée qui lui aurait été laite à cette époque.

Ni enfants, ni fausse couche. Somme toute, règles toujours difficiles et doulourei^ses. Douleur même en dehors des règles.

Maladie actuelle : Le 8 août 1893, la malade fait une chute sur le siège, le jour môme elle perd un peu de sang. Les jours suivants les pertes augmentent de quantité. L'appétit se perd, la malade s'affaiblit. Il survient des douleurs dans le bas-ventre, surtout marquées du côté gauche. Les douleurs sont continues, aussi bien que les pertes.

Le 14 août, la malade s'alite; on pose des sangsues, le sang s'écoule par les plaies 14 ■ heures dm-ant, avec une telle abondance, qu'on est obligé de placer sur chaque piqûre une pince hémostatique.

Le 22 août, les règles apparaissent normales. Rien de particulier le mois suivant. Le i5 septembre, règles très douloureuses, très abondantes, depuis souffrances très vives, bilatérales.

La température, au dire de la malade, n'a point, avant son arrivée à l'hôpital, dépassé 38°.

Examen. — Utérus immobile, enclavé, non abaissable; hystéromètre : 6 centimètres. A gauche, grosse masse indurée, non fluctuante. A droite, masse plus petite, indui'ée, non flucluante.

Diagnostic. — Pelvi-péritonite. Double o varo-salpingite, probablement suppurée.

Hystérectomie vaginale le 14 octobre i8g3. — Morcellement et évidement très laborieux. Décortication assez facile des annexes droites : la trompe contient un verre à Bordeaux de pus. Les annexes gauches, également suppurées, sont incomplètement décortiquées, au prix des plus grands edbrts, de leurs adhérences intestinales.

Durée : 4o minutes, 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction de la température. Pouls à 140 les soirs du 2= et du 4" jour. Ablation des pinces après 48 heures,

des tampons le 3« jour. On s'aperf-oit alors d'une petite fistule intestinale qui laisse passer peu de matières liquides.

Aucun incident de convalescence : La malade se lève le 20" jour et part le 6 déeenibre 1893. La fistule ne donne plus qu'un suintement insignifiant. Elle se ferme spontanément à la fin de décembre. Le 20 janvier la malade, en parlait état local et général, constaté par mon collègue et ami Malherbe, part pour le Midi.

En mars 1894, guérison absolue.

Obsèrvation i65 (Cazin).

Ovaires scléro-kystiques. — Opération de Péan. — Guérison.

M"^ B. . . , t\gée de 27 ans, entre le 3 octobre 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le D"" Segond.

Antécédents. — Mère atteinte de fibrome utérin.

Elle a été réglée à i3 ans, mais la malade fut un an sans être réglée et ce n'est qu'à l'âge de i4 ans que la menstruation devmt régulière.

A 17 ans, douleurs au niveau du bas-ventre. Dysménorrhée, leucorrhée ; la malade est obhgée de garder le lit plusieurs jours chaque mois. Mariée à 25 ans, grossesse pénible, accouchement difficile. Peu de temps après, poussées de pelvi-péritonite à répétition. Depuis un an les douleurs n'ont fait qu'augmenter ; le moindre travail est impossible ; la malade se plaint surtout de douleurs pelviennes bilatérales qui l'obligent à garder le lit presque continuellement. Elle perd constamment beaucoup en blanc.

Etat actuel : Peu d'appétit. Amaigrissement assez marqué. Constipation opiniâtre. Digestion difficile. Envies fréquentes d'uriner. Palpitations. La malade est très nerveuse, plusieurs attaques de nerfs par jour pendant sa grossesse pendant lesquelles elle perdait connaissance. Ces crises sont devenues beaucoup plus rares : Sensation de boule et de clou au sommet de la tète. Pas d'hémianesthésie, réflexes normaux.

Examen sous-chloroforme. — Utérus petit. Annexes très dures formant deux petites masses du volmne d'un œuf dans les culs-de-sac latéraux.

En résumé, petites lésions surtout ovariennes (dégénérescence scléro-kystique) bilatérales. Intervention surtout dictée par les douleurs continuelles et l'impotence fonctionnelle.

Hystérectomie vaginale le 14 octobre 1S94. — Morcellement du col et hémisection du corps. Ablation complète des annexes (Salpingite interstitielle et ovaires scléro-kystiques), adhérences péri-annexielles assez fortes.

Durée : i5 minutes. 4 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Ablalion dos pinces au bout, de !\8 heures; des tampons le 4" jour. La malade se lève le i8" jour et pari guérie le 9 novembre 1893.

Pjosalpinx double. — Opératiorff de Péan. — Gaérison.

M'"« D , âgée de 34 ans, entre le 11 octobre iSgS à la Maison

municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i5 ans. Règles normales, durée 5 jours. Ni enfants, ni fausses couches. Pas de maladies antérieur es. La ijialadie actuelle a débuté il y a 8 ans. Règles en avance, prolongées, abondance inaccoutiunée, douloureuses (douleurs dans l'hypogastre, les lombes, les cuisses), pas de leucorrhée. Gela dura 2 ou 3 ans. Apparition de douleurs pelviennes, il y a 2 ans, continuelles, exaspérées par acQès. Constipation opiniâtre. Pollakiurie, dysurie. Dans les derniers mois, les écoulements sanguins ne cessent pliïs, la malade est toujours dans le sang.

Diagnostic. — Fibrome sous-péritonéal, couché à droite. Pyosalpinx gauche.

Hj'stérectomie vaginale, le ij octobre i8g3. — Incision préalable du cul-de-sac postérieur, ce qu'on avait pris pour un fibrome est une trompe kystique. Morcellement classique. On ouvre successivement la poche droite formée par la trompe et remplie de liquide séreux. La trompe gauche contient un demi-verre de pus. Ablation complète des annexes. Résection de deux fragments d'épiploon.

Durée : 35 minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le quatrième jour.

Aucun incident de convalescence. La malade sort guérie le 4 novembre 1893.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 167 (Cazin)

Salpingite interstitielle double. — Ovaires scié ro- kystiques. Opération de Péan. — Guérison.

M"' D. . ., âgée de 23 ans, entre le 29 septembre 1893, à la Maison nuuiicipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Dès son jeune ftge (7 à 8 ans; leucorrhée. Réglée à à 17 ans. Règles toujours en relard, peu abondantes, un peu douloureuses. Dans l'intervalle des règles, perles blanches, continuelles.

Ni enfants , ni fausses couches.

Maladie acluelle. Début en janvier 1892. Par momenls douleurs, tiraillements dans les lombes et dans les flancs. Dans l'intervalle des règles, la malade perd de petits caillots. Règles en retard de huit jours. A cette époque , la malade est forcée de s'aliter. Les douleurs reviennent par intermittences, sans relation avec les règles.

Règles très abondantes. Dans leur intervalle, la malade perd toujours un peu de sang.

Cureltage, en décembre 1892. La malade se repose pendant un mois, et est soulagée. A la suite de fatigues (séances prolongées el réi)élées de patinage), les douleurs reparaissent, ainsi que les uiélrorrhagies. Constipation habituelle; mictions fréquentes et douloureuses.

Deuxième cureltage, en juillet 1893. La malade s'alite définitivement el ne quitte pas le lit jusqu'à son entrée à Dubois, le 29 septembre ï89'3.

Examen. — Utérus mobile, remontant à trois travers de doigt audessus du pubis. Ovaires scléro-kystiques, très adhérents. Hystéromètre 10 cenlim. 1/2.

Hystérectomie vaginale, le ig octobre i8g3. — Opération classique. Ablation bilatérale de l'utérus et des annexes. Pas de fibrome. Adhérences molles et saignantes autour des annexes, boules gélatineuses appendues aux trompes. Des deux côtés, salpingite interstitielle ; ovaires scléro-kystiques. Dans la portion utérine des trompes, épaississement pariétal donnant une sensation fibreuse.

Durée : 20 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Température à 38''2 les sou'S des deuxième et quatrième jours. Pas d'incidents de convalescence. .

La malade se lève le dix-huitième jour et part le 18 novembre 1898. En février 1894, guérisori complète.

Observation 168 (Personnelle) Salpingite parenchymatease double. — Opération de Péan. — Giiérison.

M"'" Jules D..., âgée de 23 ans, entre chez les Sœurs Augustines de 'a rue de la Santé, le 16 octobre 1893.

Antécédents. — Réglée à i4 ans; les règles durent 5 ou 6 jours, avec dysménorrhée et vomissements le premier jour. Mariée à 17 ans ; la dysménorrhée cesse aprèsle mariage. Dix-neuf mois après le mariage, naissance d'un enfant : accouchement normal et dans de bonnes conditions. Quelques mois après l'accouchement, pertes blanches prononcées,

mais sans douleurs qui puissent attirer l'altenlion de la malade ; l'état général reste bon.

Le 9 Juin 1898, M""" D... consulte le docteur Budin : depuis quelques temps, en ellet, elle soull'rait du ventre et les douleurs étaient devenues telles, qu'elle ne pouvait plus supporter son corset. A ce premier examen le Docteur Budin ne constate qu'une érosion du col ; il rassure la malade et lui dit qu'avec quelques cautérisations elle sera guérie.

Le soir du même jour, Madame D. . étant en promenade, éprouve dans le rein et dans le ventre des douleurs telles, qu'elle se trouve mal et doit rentrer innnédiatement à la maison. Pendant une semaine elle garde la chambre, se levant le moins possible. Le docteur Budin est appelé; il constate un état congeslif des annexes, et donne des injections de cinq litres à 45°, et recommande de garder le lit dans* la position horizontale. Le docteur Budin revient plusieurs ibis, et fait placer deux vésicatoires sur le côté gauche, puis un troisième sur le côté droit du ventre, il promet qu'au bout de deux mois de repos absolu, la guérison sera complète.

Un examen fait le i5 août permet de constater que les annexes du côté gauche sont augmentées de volume et prolabées.

Le i5 septembre, le docteur Segond constate que l'utérus est le siège d'une endométrite très prononcée, avec ulcération du col sur les deux lèvres ; longueur de l'utérus, huit centimètres et demi ; que dans le culde-sac gauche on sent une tumeur de la grosseur d'un œuf de pigeon, tendue, à surface absolument Msse et adhérente à l'utérus ; que dans le cul-de-sac droit on ne trouve rieii mais qu'un peu plus haut, dans l'aîne, à l'examen bimanuel, on sent une masse adhérente formée par la trompe et l'ovaire droits, triplés de volume.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double.

Hystérectomie vaginale le no octobre — Morcellement ethémi-

section. Ablation complète des annexes : celles <lu côté di*oit sont très adhérentes. Les trompes ont le volume de l'index et sont atteintes de salpingite parenchymateuse hyperlrophique ; les ovau-es sont bourrés de kystes. Au-dessous de l'ovaire gauche, petit kyste du volume d'un abricot, à contenu citrin.

Durée : i5 minutes. 8 pinces .

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des trompes le 8' jour. Pas d'incident de convalescence.

La malade se lève le 20'= jour.

En avril 1894, guérison absolue.

Obskrvation 1O9. (Personnelle)

Péri métro-salpingite suppiir/'^e, à plusieurs reprises ouverte dans le rectum. — Opération de Péan. — Mort de s hoc k.

M'"^ Cam..., âgée d'environ 3o ans, entre chez les sœurs Augustines de la rue de la Santé, le 25 octobre 1893.

Cette malade est atteinte d'une périmétro-salpingite suppurée, d'origine puerpéro-blennorrhagique, depuis deux ans. A plusieurs reprises, la malade a évacué dn pus par le rectum. Son état général est des plus graves: l'appétit est nul, l'amaigrissement considérable.

Une seule opération peut offrir à la malade une chance de salut, c'est l'opération de Péan, purement évacuatrice.

Hj'stérectomie vaginale, le octobre i8g3 (Devant MM. les D'""* Monod et Wickham). — Morcellement des plus laborieux. Friabilité extrême de l'utérus qui, cependant, est enlevé en totalité. Ouverture au cours du morcellement de trois poches énormes à pus fétide. Opération absolument extra-périlonéale.

Durée : i heure 1/2. 6 pinces.

L'opération terminée, on casse dans la vessie mie sonde eu verre qui a servi à introduire la sonde de de Pezzer. M. Monod parvient à la retii-er au bout de 20 minutes.

Suites opératoires. — Malgré les soins les plus assidus, la malade ne parvient pas à se réchauffer et meurt dans la nuit du 28 au 29 octobre 1993.

Observation 170 (Cazin) Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

M""^ B..., âgée de 3o ans, entre le 23 octobre 1893, à la Maison municipale de Santé, service du docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à i4 ans, règles normales. Deux enfants, le premier à 20 ans, le deuxième à 24 ans. Grossesses normales ; bonnes suites de couches.

Pas de fausse couche.

Maladis actuelle. Début : Avril 1892. Les règles n'apparaissent pas durant trois mois. Leur reprise, en juin 1892, est suivie de pertes rouges extrêmement abondantes, accompagnées de violentes douleurs dans l'hypogastre, les aines, les lombes. Pas de fièvre ; la malade continue à vaquer à ses occupations. Ces métrorrhagies durent tout l'été de 1892. ne s'interrompant ([ue i)cndant de courts intervalles.

Pendant l'hivor do 1802-1893, les règles l'cdevicnncnl normales ; mais, entre temps, pertes blanches empesant le linge. Douleurs cohlinues dtms les régions précitées.

Même état de choses pendant l'année iSgS. La malade s'amaigrit peu à peu ; l'appétit diminue.

En octobre, les accidents redoublent d'intensité ; la malade commence seulement à prendre des injections chaudes au sublimé. Pas de fièvre.

Examen. — Utérus en antéversion. Col gros. Annexes droites du volume d'un petit œuf, très douloureuses, dures, peu mobiles. Annexes gauches un peu .moins douloureuses , mais plus adhérentes cl aussi volumineuses.

Diagnostic. — Salpingite parenchymateuse double.

Hjstérectomie vaginale le 38 octobre i8g3. — Guretlage préalable.

Morcellement et évidement. Ablation complète des annexes. Les ovaires sont bourrés de kystes, les trompes , du volume de l'index, présentent les lésions de la salpingite interstitielle hypertrophique.

Durée : 25 minutes. 5 pinces.

Suites opératoires. — Pas de réaction de la température. Pouls à 120 jusqu'à l'ablation des pinces. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le quatrième jour. Aucun incident de convalescence. La malade se lève le dix-huitième jour et part guérie le vingt, et unième jour.

Revue au bout de trois mois (janvier 1894), en parfaite santé. Quelquefois cependant, quand elle se fatigue trop, elle ressent de légères douleurs dans l'hypogastre.

Le 8 décembre dernier, époque des règles , bouffée de chaleur à la tête : migraine intense, éruption sur le front. Les accidents se calment en 2 ou 3 jours.

Observation 171 (Le Masson)

Abcès de Vovaire gauche. — Salpingite parenchj^mateuse droite. Opération de Péan. — Guérison.

M"" Iv..., âgée de 36 ans, entre le 25 octobre i8()3 à la CUnique Baudelocque, service du professeur Pinard.

Antécédents. — Pas d'antécédents héréditaires. Malade très nerveuse, présente à la région sacrée une légère déviation de la colonne vertébrale due à une chute faite à l'Age de 17 ans. i'" règles à 14 ans 1/2. Deux jours d'avance. Pas douloureuses. Durée : 3 ou 4 jours. Un accouchement normal, à 19 ans. Pas de fausse couche. Deux ans après

raccouchenienl, en 1878, sans cause apparente, apparurent des ménorrhagies abondantes durant une dizaine de jours, puis tout rentrait dans l'ordre jusqu'à la fin du mois. Ces ménorrhagies persistèrent 4 ou 5 mois pendant lesquels pas de traitement. Etat normal pendant i an environ.

De 1879 à 1889, la menslruulion a été régulière, mais s'est accompagnée de douleurs abdominales violentes plus accusées à droite, irradiées dans les cuisses et les reins. Ces douleurs, exaspérées surtout le premier jour des règles, se terminaient avec elles. De temps en temps dans l'intervalle, écoulement leucorrliéique et glaireux. Plusieurs médecins consultés, pendant cette période, ont mis cet état sur le compte de l'anémie et ont donné des Ibrtiûants. Peu d'amélioration. De 1889 à iSg'i, outre les douleurs de la x^ériode menstruelle, la malade a éprouvé une série de crises excessivement douloureuses (une dizaine environ) comparables, dit-elle, à celles de renlantement.La crise durait environ cinq minutes généralement et était indéj)endante des règles.

L'état s'est aggravé surtout depuis un an. Les douleurs dans le basventro sont devenues continuelles, plutôt agaçantes qu'aiguës. Ballonnement du ventre. Impossibilité de porter le corset. Pas d'œdème des membres inférieurs. Pas de troubles de la miction.

A la fin de septembre, la malade a eu la grippe, puis au bout de 2 ou 3 jours, les douleurs abdominales se sont accentuées. Elle a eu la iièvre, et un abcès, contenant environ 2 à 3 verres de pus, s'est vidé par le rectum.

Actuellement la malade a eu ses dernières règles du 14 au 18 octobre. Elle enlre à Baudelocque le 25 octobre. Pas de douleurs vives, pas de pertes. Urines normales. Cœur: à l'auscultation on entend un petit prolongement systolique à la pointe.

Examen. — Le palper abdominal n'est pas douloureux. Le toucher vaginal combiné avec la palpation permet de constater un utérus enclavé dans des lésio'is de pelvi-péritonite ancienne. Les annexes gauches sont grosses et douloureuses. On sent également dans le fond de l'utérus un corps fibreux ayant environ le volume d'une mandarine.

Hjstérectomie vaginale le 8 novembre iSgS.— i" Curettaçe, l'hystéromètre mesure 11 centim. 2° Hystérectomie, évidement conoïde. Utérus difficilement abaissable, sa face postérieure étant alors fortement saisie par une grosse pince en guise d'écarteur, est morcelé sans qu'on ouvre le péritoine. Morcellement d'un fibrôraé interstitiel situé dans la paroi antéro-sup'érieure gauche de l'utérus, et du volume environ d'une petite orange.

Ensuite, la traction exercée sur l'utérus détermine l'abaissement en bloc ; on retire alors du côté droit des annexes petites et très adhérentes cà l'épiploon ; rupture d'un petit kyste de l'ovaire droit. Les annexés gauches sont plus difficiles à. débarrasser de leurs adhérences épiploïques. Dans cette manœuvre, évacuation d'environ

un verre à Bordeaux de pus IV'lide, provenant de l'ancienne poche purulente qui est lorniée aux dépens de l'ovaire et une ligature perdue est appliquée sur . un fragment d'épiploon. Ablation complète des annexes.

Examen microscopique des pièces. — L'ensemble des pièces pèse ho grammes, lîbrôme gros, environ comme une pelile orange. Un autre petit fibrome, énucléé dans le cours de l'opération, a le volume d'une noisette. Annexes droites : trompe hypertrophiée, petit kyste de l'ovaire. Annexes gauches transformées en poche contenant le reste du pus évacué pendant l'opération, et un mois auparavant. Celte poche est constituée seulement aux dépens de l'ovaire.

Durée : 4o minutes. 8 pinces.

Suiles opératoires. — Aucune réaclion du pouls. Température normale, sauf 38° le soir du quatrième jour, et 38"6 le soir du cinquième jour. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le troisième jour. , .

A*ucun incidcnl de convalescence, la malade se lève le dix-huitièmc jour, et part guérie le 3o novembre iSgS.

Observation 172 (Personnelle).

Salpingite parenchymatease double. — Ovaires bourrés de kj'Stea,

Madame Cl..., âgée de 89 ans, entre le 9 novembre 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le Doctexir Segond.

Antécédents. — Réglée à 16 ans, menstruation douloureuse; mariée à 23 ans, 4 enfants et 2 fausses couches.

Depuis sa première couche, les douleurs sont plus marquées, on la soigne pour des ulcérations du col. Leucor^rhée habituelle.

On lui fait un curettage en 1889, qui amène une certaine amélioration de l'état local et général ; mais les douleurs survenant avec une nouvelle intensité, la malade consulte M. Marchand, à Saint-Louis, qui porte le diagnostic de salpingite double avec lésions plus marquées du côté gauche. La malade entre alors à la Maison Dubois, dans le service de M. Segond, où on lui fait un deuxième curettage et des pointes de feu qui ne produisent pas d'amélioration notable. C'est alors qu'elle se décide à rentrer à Dubois,

Examen. — Appétit nul. Digestion difiîcile. Diarrhée habituelle.

PalpiUilions. Elul j^énéi-al médiocre, amaigrisseiueiil. assez prononcé, leinl pî\le. Grises de nerls Iréquenles sans perte de connaissance, malade très irritable, pleurant l'acilement. Douleur au sommet de la tète. Pas de troubles de la sensibilité générale ni spéciale.

Utérus : Soulï'rances vives au moment des règles, surtout les jours qui précèdent. Pertes blanches continuelles ; la malade a fréquemment du ballonnement du ventre, qui est douloureux à la pression, au niveau des ovaires. Les douleurs s'irradient aux régions lombaires (;t épigaslrique.

Toucher vaginal sous le chloroforme. Utérus assez mobile remontant à 2 travers de doigt au-dessus du pubis et flanqué de 2 tumeurs annexielles très adhérentes, dont l'une, la droite, est de volume du poing, la gauche moitié moindre. Pas de fluctuation franche.

Diagnostic. — Salpingo-ovarite double kystique. Prédominance probable des lésions ovariennes.

Hj'Stérectomie vaginale le i/f novembre i8q3. — Résection du col. Hémisection de Doyen sur le corps utérin. Ablation complète des annexes. Ovaire gauche de la grosseur d'un œuf de poule, contient trois kystes hématiques. Trompe hypertrophiée. Ovaire droit contient un kyste séreux uniloculaire du volume d'une orange. Trompe hyper- IropJiiée.

Durée : i5 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des piiiees et des tampons 48 heures après.

Le i5° jour, ictère qui persiste encore quand la malade quitte Dubois le 16 décembre 1898.

En mars 1894, guérison complète.

Observation 1^3 (Personnelle).

Dégénérescence scléro-kystique des ovaires. — Salpingite interstitielle double. — Opération de Péan. — Guérison.

M'"« Lem..., âgée de 4o ans, entre le 22 novembre 1893 chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Réglée à i4 ans d'une façon normale et régulière. Ce n'est guère que depuis 5 ou 6 ans qu'elle a commencé à souffrir dans le bas-ventre des deux côtés sans prédominance des douleurs d'aucun côté. Ces douleurs ont pris depuis quelques mois une intensité considérable. Elles sont continuelles, obligent la malade à rester la plupart du temps au

lil. En ouliv, les ivt;k's sont (U-vemics extrOiiiciiKiiil aboiidiuiU-s (,'l,(laiis leur inlervallc, les mélrorrhagies sont devenues fréquentes. En présence de ces symptômes que le Irailement médical n'améliore pas, et des lésions très nettes des annexes des deux côtés,le professeur Pinard conseille la castration totale, qui est acceptée et pratiquée par M. Segond.

Hjstérectomie vaginale le 24 novembre i8g3. — Morcellement du col; hémisection du corps. Ablation totale des annexes très adhérentes. Ovaires volumineux bourrés de kystes, trompes épaisses, du volume du petit doigt.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Les pinces sont enlevées au bout de heures, les tampons le quatrième jour.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le 21' jom- et part guérie au bout d'un mois.

Guérison complète en février 1894.

Observation 174 (Le Masson)

Flbrômes utérins. — Salpingo-ovarite double. — Opération de Péan.

Guérison.

M'"^ G..., ftgéë de 48 ans, entre le 28 novembre i89'3, à la Glinique Baudelocque, service du professeur Pinard.

Antécédents. — Premières règles à 16 ans, régulières, peu douloureuses. Ecoulement ordinaire. Durée, 5 jours. 3 accouchements à terme (1866-1869-1872). Pas de fausses couches.

Début de la maladie actuelle en 1879. Les règles deviennent irrégulières; sans perdre abondamment, la malade était presque continuellement dans le sang. De 1886 à 1888, métrorrhagies abondantes et continues, accompagnées de douleurs lombaires vives. A cette époque, les douleurs abdominales étaient insignifiantes et il n'y avait aucune espèce de troubles fonctionnels. En 1888, sous chloroforme, M. le docteur Segond père enlève un polype fibreux ayant, dit la malade, environ le volume d'une grosse noix.

Quatre ans durant la malade reprend ses occupations ordinaires sans douleurs, sans pertes. Menstruation régulière. En février 1892, ménorrhagies, puis mélrorrhagies de plus en plus abondantes jusqu'à l'époque actuelle. Les douleurs se calment sous l'influence du repos.

11 n'y a pas de troubles fonctionnels concomitants, saut un peu de i'ré(juenc(; des mictions. *

Examen. — Aclucllcmenl, élal général très salisi'aisarit. Ne se plaint que de ses pertes. Urines normales. Rien au cœui'. Au toucher et au spéculum on constate la présence d'un polype fibreux ayant à peu près le volume d'une mandarine et qui est engagé dans les lèvres du col.

Opérations : A. Extirpation du polype le mercredi 22 novembre 1893. Celte extirpation est pratiquée sous le chlorolbrme. Le polype a un aspect douteux. L'odeur est assez fétide. En explorant ensuite la cavité utérine, on trouve l'utérus assez gros et farci de j)etits fdîrômes. De plus, double lésion des annexes. Tamponnement vaginal et intrautérin. Les suites sont très simples. Pas de fièvre. Le tamponnement est laissé jusqu'à l'opération définitive.

B. Hj'stérectomie vaginale, le 2g novembre i8g3. — Gurellage et écouvillonnagc avec le chlorure de zinc. Ilystérectomie très diflicUe. Utérus complètement enclavé au milieu d'adhérences qui le fixent tant à la paroi rectale qu'à la paroi vésicale. Procédé ordinaire. L'évidemcnt conoïde est très pénible à cause des adhéi-ences avec la. vessie surtout. Les annexes enclavées au milieu de vieilles adhérences et malades sont laissées en place. L'utérus enlevé est farci de nombreux, mais tout petits fibromes.

Durée : 35 minutes, 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le troisième jour.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le deuxième jour et part guérie le 20 décembre 1893.

Le 25 janvier, la malade écrit qu'elle se porte admirablement.

Observation (Cazin) Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M'i" M. . ., âgée de 42 ans, entre le 23 novembre 1893, à la Maison municipale de santé, service de M. le Segond.

Antécédents. — Père mort de maladie inconnue. Mère bien portante. Un frère mort de tuberculose pulmonaire à 36 ans.

Dans la première enfance, bronchite et fluxions de poitrine à répétition jusqu'à l'âge de i4 ans.

Réglée à i4 ans, régulièrement. Mariée à i8 ans. Fausse couche de 4 mois après 9 mois de mariage (vomissements incoercibles); délivrance artificielle. Convalescence longue.

Un an et demi après, accouche d'un fils à terme. Couches normales. Deux abcès du sein.

Redevient enceinte pendant qu'elle nourrit ; accouchement d'une

fille. Doux ou trois jours après, grandes douleurs dans le venlre, fièvre ; périloiiile soignée avee des cataplasmes, des vésicatoires, etc., qui dure deux mois.

Les règles reviennent ensuite régulièrement, un peu douloureuses. Perles blanches dans l'intervalle des règles. Depuis la dernière couche le ventre est resté gros, douloureux.

En 1880, poussée aiguë avec fièvre, la malade reste couchée pendant 3 mois (cataplasmes et vésicatoires) ; pertes rouges revenant presque continuellement. Amaigrissement, vomissements, ventre dou-, lom>eux, surtout à gauche.

Depuis cette époque, la malade a plus ou moins traîné, gêne de la marche, douleurs des deux côtés du ventre, dans les cuisses. Envies continuelles d'uriner. Constipation habituelle.

En août 1892, petite crise durant un mois, au moment des règles ; puis, pertes blanches. Enfin, en août 1893, la malade est de nouveau obligée de s'aliter pendant trois mois, avec les mômes douleurs qui deviennent de plus en plus aiguës : les crises durent quelquefois 12 heures, arrachant des cris à la malade (morphine, vésicatoires, injections au sublimé).

Sur les conseils des docteurs Coflin et Jalaguier, elle entre dans le service le 23 novembre 1893.

Examen. — Utérus gros en situation normale : 8 centimètres 1/2. De chaque côté tumeur du volume du poing, bosselée, dure, irréguUère. Diagnostic. — Pyosalpinx double.

Rystérectomie vaginale le 2 décembre i8g3\ — Curettage préalable. Morcellement du col. Hémisection du corps. Décortication complète des annexes. A gauche, la trompe contient un verre à Bordeaux de pus. A droite la trompe moins volumineuse est également purulente. Les deux ovaires sont bourrés de petits abcès miUaires.

Durée : 3o minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Température normale les sept premiers jours. Pouls reste normal, sauf 140 pulsations le sou- du 2' jour. Du 7" au 14" jom-, 38''2 tous les soirs, mais états général et local bons.

Ablation des pinces et des tampons au bout de 48 heures. L'écoulement vaginal est tari le 20° jour. La malade se lève le 19" jour, et part le 19 janvier 1894.

En mars 1894, guérison absolue.

Observation 176 (Cazin).

Fibrômes utérins,— Salpingite parenchjmateuse double.

M"" Dij...,, âgée de 36 ans, entre le 25 novembre 1893 à la Maison municipale de Santé, service de M. le D'' Segond.

Baudron. — 23,

Antécédents. — Réglée à i4 ans d'une façon normale el régulière. Elle se marie à i6 ans et n'a jamais eu d'enfanls.

Il y a quinze mois, elle a une niélrorrhagie qui dure trois semaines et s'accompagne de douleurs pelviennes intenses, accusées des deux côtés. La menstruation redevient régulière, mais les douleurs persistent plus violentes au moment des époques. Dans l'intervalle, il existe une leucorrhée assez abondante.

Au commencement de novembre iSgS, elle a une nouvelle métrorrhagie qui dure lo jours, et la décide à entrer à l'hôpital.

L'état général est satisi'aisant. Pas de constipation ni de troubles de la miction.

Examen. — Utérus mobile, gros, bosselé = lo centimètres. Le col est volumineux, ulcéré.

Les annexes des deux côtés forment une masse du volume d'un œui', très doulom'euses, assez mobiles.

Diagnostic. — Utérus fibreux (type métritique de Pozzi). Salpingoovarite double.

Hystérectomie vaginale le 2 décembre i8g3.— Gurettage préalable.

Incision exploratrice du cul-de-sac postérieur. Morcellement et évidement classique. Ablation complète des annexes.

L'utérus est bourré de petits fibromes interstitiels et sur le fond présente deux petits fibromes pédiculés du volume d'une noix.

Les ovaires triplés de volume sont rempUs de kystes. Les trompes ont la valeur de l'index .

Durée: 20 minutes. 5 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température .

Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 3' jour. Aucun incident de convalescence. La malade se lève le 20« jour et part guérie le 3o décembre 1893.

Observation 177 (Cazin).

Pyosalpinx droit. - Kjste hématique de Vomire gauche. - Opération

de Péan. — Gaérison.

M"" B. . ., âgée de 37 ans, entre à la Maison municipale de Santé le 2 décembre 1893, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. - Réglée à 13 ans, mariée à 27 ans ; 3 enfants et une lausse couche ; le dernier enfant à 4 ans. Menstruation régulière, mais s'accompagnant de migraine.

Depuis 3 ans, la malade se plaint de douleurs particulièrement intenses

au c(Ué droit de l'abdomen ; des injecUons chaudes lurent alors prescrites. 11 y a deux mois, la malade eut de vives douleurs a Ldoniinales accompagnées d'un écoulement verdàtre; le ventre était un peu ballonné, douloureux à la paJpation. Douleurs marquées à droite, s'irradiant à la jambe droite. Depuis, la douleur s'est amendée mais la malade ne peut supporter aucune latigue ; de plus, elle accuse du relâchement du sphincter vésical.

Examen. — L'utérus en antéversion est gros et un peu douloureux. Les annexes droites ont le volume d'une mandarine, très douloureuses, peu mobiles. A gauche on limite une tumeur Iluctuante un peu plus petite et moins douloureuse.

Hystérectomie vaginale le g décembre i8g3. — Epaisseur delà paroi antérieure : 2 centimètres. Gros kyste sanguin, uniloculaire de l'ovaire gauché qui est aplati sur ses parois. A droite, péri-annexite. Pavillon adhérent et fusionné avec l'ovaire. Ovaire scléro-kystique. Trompe remplie de pus (un demi-verre à Bordeaux environ).

Durée : 10 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires . — Température à 39° et pouls à 120 le soir du quatrième Jour. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le troisième jour.

Aucun incident de convalescence, la malade se lève le vingtième jour et part guérie le 21 janvier 1894.

Observation 178 (Personnelle).

Périmétro-salping'ite.suppurée. — Pjosalpinx double. — Opération

de Péan. — Gaérison.

M"'° Moy..., âgée de 41 aes, entre chez les Sœurs Augustines de la rue de la Sauté, le 7 décembre 1893.

Antécédents. — Réglée à 15 ans 1/2 d'une façon toujours normale et régulière, elle est devenue enceinte en 1883 et a accouché à terme le 10 avril 1886.

Le début de l'affection actuelle remonte au mois de septembre 1893. Depuis quelques jours, la malade souffrait de douleurs lombaires, quand dans la nuit du 20 au 22 novembre, elle fut réveillée par une douleur abdominale, brusque, d'une violence inouïe, presque syncopale. Les jours suivants la douleur, un peu atténuée, persista avec des irradiations lombaires très pénibles. Au commencement de décembre elle se localise plus particulièrement dans la fosse iliaque gauche. On constate alors à cette région une tumeur Iluctuante du volume d'une tète d'adulte qui bombe dans les culs-de-sac vaginaux gauclie et postérieur. Le ventre est ballonné, le pouls petit, la température oscille autour de 39°G, la malade maigrit et s'affaiblit à vue d'œil.

M. Segond, appelé auprès de la malade par le D' Richard, diagnostique une double pyosalpinx avec périmétro-salpingile suppurée et conclut à l'hystérectomie.

Hystérectomie vaginale le 1 1 décembre i8q3. — A l'ouverture du cul-de sac postérieur, il s'écoule un Ilot de pus fétide. L'utérus est enlevé par morcellement et évidement central conoïde, mais le tissu en est tellement friable que le fond se déchire sous la traction des pinces et ne peut être énucléé qu'avec les doigts. Au cours du morcellement, trois collections purulentes fétides sont ouvertes. Pas d'ablation d'annexés.

Durée : 30 minutes. 0 pinces.

Suites opératoires. — Le soir même, la température tombe à 37°.'i et s'y maintient, en môme temps le pouls s.e relève.

Les pinces et les tampons sont enlevés au bout de 48 heures et des injections instituées dès le soir du 3'°° jour.

La convalescence marche sans incident.

Le 21° jour, la malade, dont l'appétit et les lorces étaient revenues, put se lever.

Elle rentrait chez elle au bout d'un mois ayant encoi;e un léger suintement vaginal.

Le 4 février 1894, son état général est excellent. Elle a repris de l'embonpoint, marche sans fatigue. Le ventre est souple, indolore et l'écoulement vaginal est tari.

En somme, succès complet.

Observation 179 (Cazin).

. Salpingite parenchymateuse double. — Opération de Féan. — Guérison

M"" J , âgée de 40 ans, entre à la Maison municipale de Santé, le

25 novembre 1893, service de M . le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 13 ans, mariée à 18 ans ; n'a jamais été enceinte. Depuis douze ans , la malade se plaint de douleurs siégeant dans la fosse iliaque droite et survenant toujours dans l'intervalle des règles. Mais depuis le mois de janvier dernier, cette douleur survient régulièrement chaque mois, dure plus longtemps. Au ^nois d'août, les souffrances deviennent plus intenses et existent dans toute la région abdominale. En septembre, la malade eut une véritable crise qui dura tout le mois ; les douleurs furent beaucoup plus marquées du côté droit; pendant cette période le ventre était douloureux, ballonné, la malade avait de la lièvre, des vomissements, de la constipation et un peu de dysurie ; ces douleurs surviennent habituellement quatre ou cinq jours après les règles.

Examen. — Appétit médiocre, constipation opiniâtre, amaigrissement prononcé. Règles normales, durant deux ou trois jours. Pas de métrorrliagies. Le toucher vaginal fait constater que l'utérus est en rétroversion. On Vrçoit nettement dans le cul-de-sac postérieur une masse dure, volumineuse, du volume du poing, accolée à l'utérus. A droite on limite une tumeur très douloureuse, du volume d'une mandarine. A gauche, les annexes ont le volume d'un œuf et sont moins douloureuses.

Diagnostic. — Fibrôme de la paroi postérieure. Salpingite double, probablemeot kystique.

Hystérectomie vaginale, le i4 décembre iSgS. — Morcellement et évidement sans incident. Le fibrôme est morcelé après bascule en avant de l'utérus. Les annexes sont complètement enlevées. A gauche, salpingite interstitielle, ovaire bourré de kystes. A droite, salpingite parenchymateuse du volume du pouce.

Durée : 30 minutes. 5 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction 'du pouls ni de la température. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le 3' jour, aucun incident de convalescence. La malade se lève le 20° jour et part guérie le 13 janvier 1894.

En février 1894, guérison complète.

Observation 180 (Cazin).

Pyosalpinx double. — Perimétro-salpingite séreuse.

M"* S..., âgée de 23 ans, entre le 23 novembre 1893 à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Bonne santé habituelle, bien réglée depuis l'âge de 13 ans. En janvier 1893, accouche d'une fille, à terme. Depuis, abondantes pertes blanches, douleurs dans le bas-ventre quand elle se fatigue, sensation de poids et élancements. En mai 1893, à la suite d'une grande fatigue, douleurs très fortes dans le bas-ventre, pertes rouges abondantes, 8 jours après la fin des règles. Les douleurs, les pertes blanches continuent avec des intensités diverses. Le 20 novembre, survient une douleur très violente, mais non subite, car elle n'acquiert son intensité maxima qu'après plusieurs heures. La marche exaspère cette douleur qui continue au lit, ce sont des élancements dans le bas-ventre. Les règles surviennent très peu abondantes, elles ne diminuent en rien les douleurs. Les douleurs continuent très violentes les jours suivants, avec des paroxysmes au moindre mouvement. La fièvre se déclare.

23 novembre, arrivée dans le service. Traces de 4 sangsues mises au bas-ventre, fièvre 38''o. Douleurs violentes à chaque mouvement et à l'exploration, ventre ballonné, faciès altéré, prostration, soif intense. La crise dure lii jours, les douleurs continuent, nuit et jour, avec des paro-

xysmes, empêchant tout sommeil. La malade ne peut garder aucune nourriture, môme le lait. Le 10 décembre 1893, à la suite de plusieurs purgatifs, survient une débâcle. Dès lors, la fièvre tombe définitivement à 3To, l'appétit reparaît, les selles sont régulières, les mictions normales. Le ventre est dégonflé, les douleurs disparaissent presqu'entièrement le jour pour reparaître le soir. L'état général devient satisfaisant.

Examen. — Sensation dans le cul-de-sac postérieur d'une masse assez dure, mi-fluctuante. Utérus mou, assez volumineux.

Incision du cul-de-sac postérieur le 19 décembre 1893. Ouverture d'une poche péritonéale à contenu séro-sanguin. Ouverture d'une deuxième poche salpingienne à contenu semblable.

Diagnostic de bilatéralité des lésions. L'hystérectomie est décidée. . Hystérectomie vaginale. — Impossibilité de s'amarrer sur le col qui cède sous les pinces. Après la mise en place de deux pinces à la base des ligaments larges, on finit par s'amarrer sur du tissu utérin solide en arrière. Évideraent conoïde et bascule rendus difficiles par la friabilité des tissus. Ablation totale des annexes. Les deux trompes sont suppurées, les ovaires remplis de petits abcès.

Durée : 25 minutes, 5 pinces.

Suites opératoires. — Température 38°4 le soir du 2« jour, pouls normal. Ablation des pinces après 48 heures, des tampons le 3« jour. '

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le 20' jour et part guérie le 22 janvier 1894.

Observation 181 (Le Masson).

Kyste suppuré de Vovaire droit. — Salpingite interstitielle gauche. Opération de Péan. Guérison.

M°" V..., âgée de 24 ans, entre, le 10 octobre 1893, à la Clinique Baudelocque, service du Professeur Pinard.

Antécédents. — Syphilis en juillet 1893. Pas d'autres maladies, ordinairement bien portante. Pas nerveuse. Premières règles à 15 ans : trois ou quatre jours d'avance. Quelques coliques. Ecoulement très abondant; durée : six jours ; un peu de leucorrhée les deux ou trois jours précédant les règles; mais pas dans l'intervalle. Mariée en 1891, une fausse couche de six semaines en février 1891. Un accouchement le 1" juillet 1893. Pendant la grossesse, douleurs lombaires continuelles assez vives et coliques. A la suite de ses couches et pendant trois semaines, elle présente des accidents graves du .côté du petit bassin: métrorrhagies, douleurs, 40° et 41° de température. Les accidents aigus passés, elle est examinée à Baudelocque avant son départ et on lui trouve les annexes droites malades (Tumeur assez grosse et douloureuse).

De retour chez elle, elle fait une double phlegmatia. Le 18 septembre, elle est prise de coliques violentes et jusqu'au vendredi G octobre, elle a des métrorrhayies abondantes et continuelles. Pendant cette période, elle garde le repos mais ne suit aucun traitement spécial.

Elle entre à Baudelocque le 10 octobre : on lui lait des injections très chaudes, qui arrêtent les métrorrhagies ; mais les coliques continuent.

Examen. — La malade présente au toucher un utérus de volume à peu près normal, mobile. Le col n'est pas très gros, mais entr'ouvert, avec léger ectropion de la lèvre antérieure. Les annexes droites sont assez grosses et excessivement douloureuses. Les annexes gauches sont volumineuses et douloureuses. Rien au cœur. Urines normales.

Du 10 octobre au 20 décembre, la malade est soiimise au repos absolu et aux injections très chaudes. Examinée de nouveau, au commencement de décembre, on trouve les mêmes lésions qu'au début, mais une augmentation des annexes surtout à droite. Celles-ci présentent une tumeur ayant à peu près le volume d'une mandarine, douloureuse et assez mobile A gauche, les annexes ont le double du volume normal et sont très douloureuses au toucher.

Diagnostic. — Double ovaro-salpingite, probablement suppurée.

Hj'stérectomie vaginale le 20 décembre i8g4- — D'abord, incision ■ du cul-de-sac postérieur, exploration digitale des annexes. Constatation d'adhérences plus accusées à droite qu'à gauche, l""" temps classique. Ablation successive des deux valves cervicales : procédé de Doyen. Après la bascule de l'utérus, décortication, sans beaucoup de difficultés, des adhérences annexielles gauches. A droite même manœuvre plus difficile pendant la destruction des adhérences. On crève avec le doigt une poche kystique dépendant de l'ovaire droit et d'où jaillit un liquide séro-purulent d'aspect louche et légèrement fétide. Résection d'une adhérence éplploïque après ligature.

Ablation complète des annexes. Annexes gauches : Ovaire sclérokystique, trompe doublée de volume, lésion de salpingite interstitielle. Annexes droites: La poche kystique ouverte au Cours, de l'opération est formée aux dépens de l'ovaire. Le kyste a à peu près le volume d'une mandarine. Les franges du pavillon de la trompe sont couvertes de fongosités et adhérentes à l'ovaire. La trompe est hypertrophiée ; sur une ouverture pratiquée suivant sa longueur, du pavillon à l'utérus, on trouve la muqueuse rouge et tomenteuse.

Durée : 20 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucuae réaction du pouls ni de la température, sauf 38"3 et 120 pulsations les soirs des 5° et 6^ jours. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 3° jour.

Les 3- et G* jours un |peu de douleur dans le ^ventre, ^quelques

nausées. Pas d'autre incident de convalescence, sauf des abcès consécutifs à des injections de sérum.

La malade se lève le 21* jour, et part guérie le 14 janvier 1894.

Observation 182 (Cazin).

Salpingite parenckymateuse double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"° L..., Berthe,- âgée de 30 ans, entre le 14 décembre 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le D' Segond.

Antécédents. — Réglée à 19 ans, régulièrement. Mariée à 24 ans. Deux accoucbements à terme : une fille en 1887, un garçon en 1888. Cette deuxième couche fut régulière, mais la malade eut une hémorrhagie et se plaignit assez longtemps d'élancements au niveau de l'utérus. Les règles continuèrent régulièrement et sans douleur. Eu 1891, fausse couche de trois mois, n'ayant amené aucun désordre. En septembre 1893, fausse couche de quatre mois, accompagnée d'une abondante hémorrhagie.

Depuis, la malade a eu de nombreuses métrorrhagies. Ces pertes de sang ont été assez peu abondantes. En outre, la malade a de continuelles pertes en blanc. Ses forces ont décliné peu à peu, elle a beaucoup maigri et peut à peine quitter le lit. Les douleurs dans le bas-ventre sont assez faibles et supportables, elles reviennent à la moindre fatigue sous forme d'élancements.

Examen. — Col dilaté dont l'oriûce admet le petit doigt. Annexes droites paraissent doublées de volume et prolabées dans le cul-de-sac de Douglas. Annexes gauches volumineuses et douloureuses.

Hystérectomie vaginale le 23 décembre i8q3. — Méthode habituelle. Hystéromètre, 7 centimètres. Utérus mou, parois épaisses de 2 centimètres. Sur la partie gauche du fond de l'utérus, fragment de placenta gros comme un Ceuf de pigeon. Trompes augmentées de volume (salpingite hypertrophique), ovaires bourrés de kystes, adhérences considérables. Ablation complète.

Suites opératoires. — Nulles, aucune réaction du pouls de la température. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, les tampons le troisième jour.

Pas d'incident. La malade se lève le 19" jour et part guérie le 20 janvier 1894.

Observation 183 (Cazin).

Fibrômes utérins. — Hématosalpinx double. — Opération de Péaii.

Guérison.

Madame L. . ., Jeanne, âgé de 36 ans, entre le 26 décembre 1893, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 14 ans, peu régulièrement. Mariée en 1880, pas d'enfants, fausse couche de 2 mois en 1883. Bonne santé habituelle, mais depuis 3 ans, les règles durent 8 jours et sont fort peu abondantes.

Depuis février 1893, tous les deux mois, surviennent des pertes rouges fort abondantes, ayant souvent de l'odeur et durant un mois entier. Le mois suivant, il n'y a aucune perte rouge, mais un peu de flueurs blanches.

En dehors des pertes, aucun trouble fonctionnel , mais celles-ci s'accompagnent de douleurs lombaires, d'étourdissements, de fatigues. Pas de douleurs dans les aînés ou l'abdomen. L'appareil digestif est normal ; selles et mictions régulières. Cœur : souffle à la pointe au 1" temps.

Examen. — L'utérus irrégulier, bosselé, remonte à trois travers de doigt au-dessus de l'ombilic. Sa «avité mesure 11 centimètres. De chaque côté, les annexes forment une tumeur du volume d'un gros œuf, très douloureux.

Diagnostic. — Utérus fibromateux, hématosalpinx double.

Hystérectomie vaginale, le 3o Décembre i8g3. — Curettage préalable. Morcellement et évidement. Ablation de l'utérus en 51 morceaux. Poids : 330 grammes. Ablation complète des annexes. Hématosalpinx double.

Durée : 35 minutes. 5 pinces.

Suites opératoires. — Nulles. Aucune réaction du pouls ni de la température. Les pinces sont enlevées au bout de 48 heures, les tampons le 3' jour. Pas d'incident. La malade se lève le 16° jour et part guérie le 27 janvier 1894.

Observation 184 (Personnelle).

Pyosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"'X..., âgée de 33 ans, entre le 2 janvier 1894, chez les Sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Réglée à 16 ans d'une façon toujours normale, elle n'a jamais été enceinte.

Elle commence à souffrir dans le ventre à la lin d'août 1893. Son médecin, appelé le 22 septembre, constate une vaginite intense, une rétroversion adhérente et une double salpingo-ovarite. Ces lésions s'accompagnent de douleurs bilatérales violentes, de lièvre, de ballonnement du ventre et de vomissements.

Grâce au repos, aux révulsifs abdominaux, aux injections de liqueur de van Swieten à 45°, cet état aigu disparaît. Mais, le23octobre, les règles sont l'occasion d'une nouvelle poussée douloureuse et fébrile qui dure 15 jours. Après quelques jours d'amélioration très grande, le H décembre, à la suite d'une fatigue et d'un excès d'alimentation, les douleurs reparaissent avec une violence inouïe. Depuis lors, elles ont toujours persisté aiguës, également intenses des deux côtés. L'état général est devenu mauvais; la malade a maigri, elle ne peut supporter aucun ali*ment.

M. Segond voit la malade et diagnostique une double lésion annexielle du volume d'une mandarine, probablement suppurée.

Hj'stérectomie vaginale, le 4 janvier iSg/f. — Morcellement et évideraent. Ablation complète des annexes. Les trompes, du volume du doigt, contiennent des fongosités et un liquide séro-purulent : les ovaires sont scléro-kystiques. Les adhérences péri-annexielles sont considérables et fortes.

Durée : 20 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 3"'° jour. Pas d'incident de convalescence.

La malade se lève le 16* jour et part guérie le 23 janvier 1894.

Observation 185 (Le Masson)

Grossesse tubaire droite. — Salpingite interstitielle. Opération de Péan. — Giiérison.

Madame T. . ., âgée de 40 ans, entre le 7 novembre 1893, à la clinique Baudelocque, service de M. le professeur Pinard.

Antécédents. — Il y a 7 ans, la malade a eu une péritonite consécutive à une maladie d'intestins, pour laquelle elle a été soignée pendant deux mois et demi dans le service du docteur Labbé, à Dubois. Jamais d'autres maladies.

Trois accouchements à terme, sans accidents ni complications, ont eu lieu en 1870, 1873 et 1876.

Une fausse couche de 6. mois a eu lieu en janvier 1892.

Le 15 septembre 1893, les règles surviennent avec 6 jours de retard. Elles se continuent par un écoulement de sang décomposé et fétide.

Au commencement d'octobre perte d'un gros caillot, ayant environ le volume du poing. En l'examinant,*la malade trouve « une petite poche

contenant de S'^os grains blancs comme des pois. » Pendant tout le mois d'octobTe, continuation des métrorrliagies.

Au commencement de novembre, apparition de douleurs dans lebasverftre, avec irradiations lombaires et vers la région anale. Pas ce prédominance ni à droite ni à gauche.

A son entrée à Baudelocque (7 novembre), continuation des métrorrhagies qui diminuent d'intensité sous l'influence du repos absolu et des injections. En môme temps, les douleurs diminuent également.

L'écoulement, dans le courant de novembre, prend un caractère spécial, il est épais et visqueux, de couleur cliocolat, extrêmement fétide; on y trouve comme des débris de placenta.

Cet ensemble de symptôrfies fait penser alors à une grossesse extrautérine.

Troubles passagers de la miction, pendant une huitaine de jours : sensation de cuisson en urinant. Parfois, ballonnement' considérable du ventre.

Jamais d'œdème. Pas de troubles dyspeptiques. Cœur normal. Rien dans les urines.

Examen. — L'utérus gros est repoussé en avant et à droite par une tumeur rénitente à sa partie vaginale, dure à sa partie abdominale qui remplit le cul-de-sac postérieur et le cul-de-sac latéral gauche. A droite les annexes très adhéretites et très douloureuses ont le volume d'une mandarine.

M. Pinard porte le diagnostic de grossesse extra-utérine gauche avec lésions des annexes droites.

Hystérectomie vaginale le ij janvier i8q4- — A l'incision du cul-desac postérieur il s'écoule un grand verre de caillots noirâtres- L'utérus est enlevé par morcellement du col et hémisection antérieure du corps. Ablation totale des annexes. La trompe droite, du volume d'un œuf de dinde, est remplie de sang noirâtre. La trompe gauche a le volume de l'index et offre des lésions de salpingite interstitielle.

Durée: 30 minutes. 8 pinces.

Suites opératoires. — Très simples. Aucune réaction fébrile. Pouls normal. Au bout de 48 heures : ablation des pinces. Le troisième jour : ablation des lanières.

Aucun incident de convalescence. La malade se lève le dix-huitième jour et part guérie le dix-neuvième jour.

Observation 186 (Personnelle).

Pyosalpinx gauche. — Salpingite parenehj-mateuse droite. Opération de Péan. — Guérison.

M"" Carill. . ., âgée de 34 ans, est opérée le 18 janvier 1894, chez les sœurs Augustines de la rue de la Santé.

Réglée à 11 ans, d'une façon normale et régulière. Elle se marie à 18 ans. Cinq mois après, elle vient d'Amérique à l'Exposition de 1878, s'y fatigue et fait une fausse couche de 3 mois. A la suite, elle a une pelvipéritonite qui dure 2 mois. De 1878 à 1884 elle a 4 grossesses norjnales. Au sevrage de son dernier enfant, le 19 août 1883, elle prend froid et fait une poussée grave de pelvipéritonite qui oblige la malade à rester couchée presque constamment pendant deux ans. Les professeurs Tarnier et Verneuil conseillent le repos et l'expectation. De 1887 à 1892, la malade est soignée par le professeur Pinard, son état s'améliore notablement. En 1892, elle va à Londres, et Barnes la traite par des cautérisations intrautérines. Elle fait une nouvelle poussée de pelvipéritonite qui la tient encore couchée quand le D' Segond est appelé.

Le diagnostic porté est pyosalpinx double. La malade a tous les soirs de la lièvre, est maigre et très affaiblie.

Hj'Stérectomie vaginale le i8 Janvier z8g4-— Utérus non abaissable. Col très friable, morcellement du col ; évidement conoïde du corps. Ablation très laborieuse des annexes gauches dont la trompe contient un verre à Bordeaux de pus. Les annexes droites sont enlevées incomplètement par lambeaux. La trompe ne contient pas de pus, mais présente des lésions de salpingite hypertrophique.

Suites opératoires. — Nulles.' Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le 3' jour. Pas d'incident de convalescence. La malade se lève le 18' jour et quitte la Maison de Santé le 23 février 1894.

Observation 187 (Cazin).

Kj-ste de l'ovaire droit. — Salpingite parenchjmateuse gauche.

M'"" Pl...., âgée de 45 ans, entre le 10 janvier 1894, à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents. — Réglée à 13 ans. Règles normales, o enfants. Le premier à 20 ans. Toutes les couches à terme. Après chacune, pertes très abondantes. La dernière (datant de 10 ans) a été suivie de péritonite : la malade est restée couchée 1 mois 1/2. Les trois années qui suivirent, douleurs par intermittences, dans le bas-ventre et dans les reins.

Maladie actuelle. Depuis deux mois, pertes rouges continuelles. Pas de douleurs. Constipation opiniâtre. Pas de troubles de la miction. Amaigrissement sensible.

Examen.— Utérus petit, égale 7 centimètres. A droite, tumeur fluctuante, remontant à trois travers de doigt au-dessus du pubis, à gauche, tumeur adhérente dans le cul-de-sac latéral, du volume d'une mandarine.

Diagnostic. — Kyste des deux ovaires.

Hjstérectomie vaginale le ig Janvier 1S94. — Morcellement et

évidenieut typique.

Ponction puis ablation d'un kyste uniloculaire de l'ovaire droit à contenu séreux. Ablation des annexes gauches.

Salpingite hypertrophique parencliymateuse très adhérente. Ovaire

sain.

Durée : 30 minutes. 6 pinces.

Suites opératoires. — Aucune réaction du pouls ni de la température. Ablation des pinces au bout de 48 heures, des tampons le troisième jour. Aucun incident de convalescence.

La malade se lève le vingtième jour et part guérie le 13 février 1894.

Observation 188 (Cazin).

Fibrome soiis-muqaeux de la paroi utérine postérieure. — Héniatosalpinx double. — Opération de Péan. — Guérison.

M"" L. .., âgée de 38 ans, entre le 14 janvier 1894 à la Maison municipale de Santé, service de M. le docteur Segond.

Antécédents.— Réglée à 14 ans. Durée des règles 2 à 3 jours. 4 entants. Le 1", il y a 10 ans. Après l'accouchement, ablation d'un polype de la grosseur du poing. Le dernier enfant, il y a 6 ans. Douleurs prolongées après l'accouchement.

Début il y a 3 ans, sans prodromes ni cause connue, douleurs généralisées à tout le ventre, phénomènes digestifs intenses (vomissements, constipation). La malade reste couchée pendant un mois. Après ce temps, les phénomènes s'amendent, mais les règles demeurent douloureuses, durent de 12 à 15 jours : pendant les règles, douleurs expulsives. Souvent les pieds sont enflés, le ventre ballonné. Jamais de constipation. PoUakyurie et polyurie ; dans le courant de l'année dernière, albuminurie.

Règles souvent en avance, pertes dans l'intervalle intermenstruel.

Examen. — Utérus mobile remontant à 4 travers de doigt au-dessus du pubis. Hystéromètre, 14 centimètres.

Hj'Stérectomie vaginale le 20 janvier z8g4- — Morcellement parévidement conoïde d'un fibrôme intra-utérin unique, implanté sur la partie moyenne de la face postérieure du corps, la surface d'implantation est large comme deux pièces de cinq francs. Aussi, au-dessus du fibrôme, dans la cavité utérine, s'est accumulée une sérosité noirâtre qui, pendant le morcellement, est venue souiller le champ opératoire.

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