‹ De l'Hystérie chez les enfantsChapitre 26 sur 34 · Clinique de M. Charcot · texte numérisé non relu

Clinique de M. Charcot

Eli sa F Obs XIX page se

Rétrécissement concentrique du champ visuel

Un cousin éloigné mort en étal de mal épileptique.

Antécédents 'personnels. — A eu la fièvre typhoïde à trois reprises différentes, à 4 et 12 ans. L’année passée, elle a souffert de vomissements qui apparaissaient tous les 2 ou 3 jours, elle se plaignait aussi de céphalagie intense, courbatures, battements de cœur. Les battements de cœur n’ont pas complètement disparu ; actuellement, lorsque la malade marche trop vite, ils reparaissent et elle est obligée de s’arrêter.

La malade était toujours très nerveuse, elle s’emportait facilement. Elle a toujours bu beaucoup de café, de 4 à 5 tasses par jour.

Le 1 er août 1884, à la suite d'une frayeur (sa sœur avait été brûlée), la malade est tombée sans connaissance. Cette première attaque a duré environ 1/4 d’heure : elle sautait, chantait, mais ne riait pas et ne prononçait aucune parole. Le lendemain matin, après une nuit agitée, elle s’est levée comme d'habitude et est allée à l’école. Elle ressentait dans la région lombaire des douleurs qui ne durèrent qu’un jour.

Pendant les huit jours qui suivirent cette première attaque, la malade ne s’aperçut de rieu, lorsque tout à coup, ayant été contrariée, elle s’est fâchée, et est tombée dans une seconde attaque. Elle commence par tourner sur elle-même et après deux ou trois tours, elle tombe. Dans cette attaque qui dura environ un quart d’heure, elle criait et « voyait un homme qui voulait la tuer. » Après cela, les attaques devinrent de plus en plus fréquentes (T à 8 fois par jour), elle avait la sensation d’une boule qui, partant du bas ventre remontait dans le larynx et l’étouffait.

Le 7 novembre 1884, elle entrait dans le service de M. le professeur Charcot, salle Duchenne de Boulogne. Le changement d’air parut amener uns certaine amélioration ; la malade resta quinze jours sans avoir d’attaques, puis les accès recommencèrent une ou deux fois par jour et, sous l’influence du traitement diminuèrent, pour ne plus apparaître que tous les cinq ou six jours.

Ovarite gauche.

Sensibilité conservée à gauche. Hémianesthésie droite.

Sens du goût intact, champ visuel rétréci.

Peugniez

Force dynamométrique : main droite 35, main gauche 25. Réflexes abolis à gauche, diminués h droite. Si l’on recherche les réflexes rotuliens à droite, après avoir excité le tendon deux ou trois fois sans résultat, h la quatrième fois, on obtient une secousse générale qui ébranle tout le corps.

Points hystérogènes le long de la colonne vertébrale. Les attaques . se présentent de la façon suivante : la malade sent une boule qui lui remonte dans la gorge, elle se sent faiblir et se couche. Alors elle fait des mouvements désordonnés, des bras surtout. Elle saute peu, décrit avec son corps des arcs de cercle; elle crie, chante, tousse, fait marcher les doigts comme si elle jouait du piano ; elle cherche à mordre et à déchirer tout ce qu’elle peut saisir. Entre ses attaques, elle est souvent prise d’accès de toux identiques à ceux des attaques.

23 janvier. — Les accès deviennent de moins en moins fréquents; elle n’a pas eu d’attaques depuis 7 jours.

4 février. — A l’examen du champ visuel, on a trouvé celui-ci rétréci. Pas d’attaques depuis 9 jours.

16 février. — La malade n’a plus d’attaques. Elle quitte l’hôpital.

La contracture peut être localisée à une articulation ou à un groupe musculaire. C’est ce que l’on a appelé 1 hystérie locale. Elle est très fréquente chez les jeunes hystériques. La jointure le plus fréquemment atteinte est la hanche. On a donné à l’affection le nom de coxalgie hystérique. Il n’y a là cependant aucune lésion articulaire : les. os, les ligaments sont intacts ; les muscles péri-articulaires, en revanche, sont le siège de contractures. L’affection ressemble à s’y méprendre à la coxalgie vraie. Il y a des douleurs, de l’immobilisation du membre dans une attitude vicieuse, du raccourcissement. En somme, les caractères sont les mêmes que ceux de la coxtlgie hystérique des adultes.

La lace peut être également prise de contracture, dans ce cas, le syasme est généralement limité à un côté. La langue, le voile du palais, les masséters peuvent être pris.

La contracture des muscles des yeux ou blospharpasme n’est pas rare. Elle s’accompagne souvent de phénomènes douloureux, de photophobie, de douleurs frontales et périorbitaires. Nous en rapportons plus loin une observation (Obs. XX).

Le torticolis s’observe quelquefois. Une affection qui n’est pas rare non plus dans cet ordre d’idées c’est le pied bot (pied bot varus equin).

En résumé, ces contractures, ces cas d hystérie locale, sont très fréquents chez les enfants; M. Batault en a rapporté plusieurs exemples dans sa thèse.

M. Yossé relate chez an garçon de 15 ans un cas de coxalgie consécutive à une chute sur la hanche. La guérison arriva subitement deux mois après 1 accident, au moment où le malade essayait, sur le conseil de son médecin, de faire un peu de gymnastique. Malheureusement le jeune homme ayant fait une nouvelle chute trois jours après, la contracture reparut dans la même articulation. Le sixième jour, il était aphasique. La sensibilité n’a pas été bien examinée, et l'observation n’est pas terminée, mais l’hystérie est bien générale aussi dans ce cas.

M. Newton Jhaffer a observé un garçon de 12 ans, très studieux, aux goûts efféminés, qui fut atteint d’une arthrite hystérique à la suite d’une chute sur le genou. Il existait concurremment une atrophie musculaire de la cuisse et de la jambe qui aurait pu dérouter le chirurgien sur la nature de l’affection si la guérison n’avait eu lieu spontanément;.

M. Dessau cite chez un garçon de 13 ans une contracture du genou accompagnée de perte de la parole et de toux aboyante, sans autre cause connue qu’une anémie profonde.

Un pied bot hystérique avec contracture en varus chez un enfant de 11 ans, a été observé par M. lioberts. Il guérit spontanément.

Quelle est la marche habituelle de ces contractures? Les quelques résultats qui sont signalés dans les relations précédentes permettent de le prévoir. Elles disparaissent spontanément le plus souvent. Quelquefois, une émotion vive, une frayeur sert de prétexte à leur disparition. Jamais celle-ci ne se fait progressivement et leur départ est aussi sondain que leur apparition avait été hrusque.

Mais le plus souvent, celte guérison est plus apparente que réelle et lorsque chez un petit malade guéri on interroge les réflexes patellaires, on constate qu’il persiste une exagération considérable de ces réflexes, témoin indiscutable de l’état d’éréthisme qui reste encore dans le système nerveux de l’enfant.

Nous allons maintenant passer à l’étude des troubles dépendant d'une diminution ou d’une suppression des fonctions motrices de la moelle ou du cerveau.

Paralysie. — Gomme les contractures, les paralysies hystériques enfantiles ont le plus souvent un début brusque. Quelquefois, la paralysie apparaît à la suite d’une attaque, le cas est plus rare cependant que pour les contractures. Ce c’est à la suite d’une chute, comme dans l’observation

du jeune Maurice L.citée par M. Ratault dans sa thèse.

Dans d’autres cas, c’est une émotion vive, une frayeur qui a provoqué l’apparition de la paralysie. On la voit enfin s’établir parfois spontanément sans qu’aucune cause puisse être invoquée pour expliquer son invasion.

Gomme la contracture, la paralysie peut être accompagnée de désordres de la sensibilité et dans ces cas, c’est presque toujours l’anesthésie qui vient compliquer le tableau, complication qu’on pourrait presque appeler favorable puisque ici comme pour la contracture, elle est un indice que l’on pourra obtenir quelque chose de l’action des agents esthésiogènes. L’hyperalgesie est rare, enfin on peut rencontrer les troubles paralytiques et des lésions de la sensibilité.

Le trouble moteur peut aller de la simple parésie à la paralysie complète, mais lorsque c’est une parésie qui s’établit, elle le fait toujours d’une façon plus insidieuse que la véritable paralysie ; c’est d’abord une lourdeur qui envahit le membre ; puis peu à peu cette sensation de pesanteur augmente et le petit malade finit par ne plus pouvoir remuer le bras ou la jambe qu’avec la plus grande difficulté.

Les deux grandes variétés de paralysie hystérique sont la paraplégie et Y hémiplégie. Mais chez les jeunes sujets, la paraplégie est plus fréquente que l’hémiplégie.

La paraplégie peut être flasque ; les membres inférieurs refusent tout service. Le petit malade est confiné au lit ; si on soulève l’une ou l’autre jambe, elle retombe lourdement sur le lit. Dans d’autres cas, elle revêt les caractères de la paraplégie spasmodique, les réflexes patellaires sont alors très exagérés. M. Riegel a cité trois cas de paraplégie chez

de jeunes sujets, ches tous les trois la sensibilité n’avait

subi aucune atteinte. .

Dans l’hémiplégie hystérique, tort an côte dn P Dris . la lace reste le plus souvent mdemne. Les troubles de l’a motilité jpeavent varier comme intensité dèpm 1 simple parésie jusqu’à la paralysie absolue; l’hémiplégie revêt comme la paraplégie le caractère spo

^LaTace peut être atteinte à elle seule de paralysie. Ces cas sont très rares, mais certains muscles du visage jouissent de tout privilège d’être visités par Mènes,e de^pr f -

rente aux autres. Tels sont en première ligne les mus deTpaupières, le releveur de la paupière super,eure en

particulier.

En voici un exemple.

Observation XXI

V * ans- Ptosis - Contracture du bras

Hystérie chez une enfant de 13 concentrique du champ

droit - Blépharospasme. Retrecisseme

visuel.

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^Truelle se présente h 1. clinique ophthalmologidu D- Parinaud pour une chute de la paupière de 1 ml droit qui, 1 premier abord avait toutes les apparences du ptosis parai,uque. L paupière couvre complètement 1» pupille, la peau ne présente pas le»

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