Richer. Loc. cit. p. 37a
Peugmez
d’étudier l’hypnotisme dans le jeune âge pour pouvoir faire un parallèle entre les deux, suivant qu’on l’observe chez l’enfant ou chez l’homme ou la femme. Voici cependant une expérience que nous avons faite sur un jeune sujet hystérique dont nous rapportons en même temps 1 observation.
Observation XIV
Hystérie chez un enfant de treize an,. - Vertiges épileptiformes.- Zua ues de cloJsmes. Troubles de sensibilité. - Points rogènes. - Rétrécissement concentrique du champ visuel. - Hyp
Luc. P..*> ans.
Gourme dans l’enfance. Pas de convulsions. L’enfant a eu la coqueluche a cinq ans. Il a toujours été un peu émotif et nerveux Quelques jours avant sa première attaque, en juillet 1884, il a été battu pendant près d’un quart d’heure par ses camarades de classes Les jours suivants, il était inquiet, avait peur, et cest au milieu de la classe que sa première attaque a éclaté. Elle a commence par une sensation de constriction à l’épigastre, s’irradiant legerement en haut sans que cependant le phénomène de la « boule » soit bien net il est alors tombé et ne s’est rappelé de rien. Ses camarades lui ont'dit qu’il criait très fort et se débattait en faisant de grands mouvements. Il ne s’est pas mordu la langue.
Au mois d’octobre, il a eu une seconde attaque qui dure un quart d’heure et qui, d’après les personnes qui y on, assisté, ressemWeà a première. 11 est tombé, s’est mis b pousser des cris, à se débattre frappant le sol de sa tête et de ses bras. Quand il est revenu à lui i avait des contusions violentes sur toute la région occipitale Ses poings étaient meurtris. Il a encore eu plusieurs attaques semblables Lx précédentes jusque, il y a un mois, où il a senti pour la première fois avant de tomber et perdre connaissance, des battements et des
sifflements dans les tempes. Dans cette attaque, il s’est débattu plus fort que dans les précédentes, la durée en a été plus longue (30 minutes environ) elle s’est terminée par une période de délire.
Le malade se plaint, en outre, d’avoir de temps en temps d’autres attaques caractérisées comme il suit.
11 perd tout à coup connaissance sans en avoir lui-même la notion. S’il est assis il ne tombe pas mais, reste immobile : quand il revient à lui, il reprend son travail où il l’avait laissé sans s'apercevoir que son existance vient d’être interrompue pendant quelques minutes. En classe, un jour qu’on faisait une dictée, il a sauté 3 ou 4 phrases. Quand il est revenu à lui, il a continué à écrire et il a fallu qu’un de ses camarades lui fasse remarquer qu’il venait d’être deux ou trois minutes sans écrire, que sa dictée devait être incomplète.
Lorsque ces vertiges le prennent debout, il tombe subitement, reste immobile quelques minutes, revient à lui et ne se souvient de rien.
Etat actuel. — Nous voyons l’enfant au mois de mai 1885. 11 est bien constitué, sa physionomie ne présente rien d'anormal. Les testicules, tous deux à leur place ne sont pas plus, douloureux à la pression que chez l’homme sain. Les réflexes crémastériens sont très développés des deux côtés.
Il nous raconte, que depuis longtemps, il est tourmenté la nuit par de fréquents cauchemars durant lesquels il voit des animaux, surtout des souris trotter sur son lit. Il n’en a, du reste pas peur, nous dit-il, et s’amuse à courir après.
La mortalité est intacte.
Il n'en est pas de même de la sensibilité, mais les troubles de sensibilité sont disposés sur tout le corps d’une façon irrégulière. Il existe toute une zône d’hypéresthésie s’étendant aux membres inférieurs dans toute leur étendue et remontant dans toute la région du dos.
En avant, on constate une bande d'anesthésie intéressant toute la partie externe de l’avant-bras gauche, la région de l’éminence hypothénar de la tnain du même côté, ainsi que la face palmaire des doigts.
En arrière, tant. 1» région occipitale gauche es. aUeiote d’anol- <Z taudis ,u'k 1. région lombaire, le malade sen. très manifestement le fioi I beaucoup mieux que do cèle droit.
Zones tmling'ms. - An dessus du mamelon droit, dans portion lombaire de la colonne cer.io.le, il existe des
douloureux a la pression, que lorsqu'on appuie à «•«*“'«> 1:5 pirationdu malade s'accélère, les jeux se convulsent en ban. .1
pousse des cris de douleur, sans cependant perdre »
existe deux points semblables dans les fusses iliaques k endroit q , chez la femme, correspondrait aux ovaires.
Le malade voit bien les couleurs 11 existe côtés, un notable rétrécissement du champ ..suel. Les autres sens spéciaux sont intacts.
Voici au reste, une note de M. Parinaud, sur l’état de l'appareil de la vision chez ce petit malade,
Âm Uyo,ie hystérique-— Contracturé de l'accommodation simulant
^sèment très prononcé du champ visuel. Pupilles et muscles normaux.
Phénomènes de presbjtie : le malade lit mieux en éloignant, et nn améliore la vision avec un verre convexe.
Diplopie quand l'objet est très rapproché de l’œil : il disparai a
15 centimètres. ,..,
On fait disparaître la diplopie avec un verre convexe fa ble Même état pour la réfraction et pour la diplopie monoculaire. Champ visuel rétréci k Î0° à droite, k 40- k gauche.
Distingue les couleurs.
Nous avons essayé une fois d’hypnotiser le jeune L... par la fixa lion d’un objet brillant. Au bout de 5 minutes de fixation, les yeux se sont fermés, mais quelques secondes après, le malade les a rouverts.
Lucien Obs XXIV
Rétrécissement concentrique du champ visuel
Nous les lui avons refermés avec la main et après quelques pressions légères exercées avec les doigts oculaires sur les globes, lesyeux sont restés definitivement clos. Dans cet état, nousn’avôns pas constaté d’hypérexcitabilité neuro-musculaire, mais le malade ne réagit plus au pincement ni à la piqûre. Si on lui dit de se lever, ilreste assis, ne paraissant pas entendre, mais après plusieurs injonctions faites d’un ton bref et impératif, il finit par se lever en poussant un petit grognement de mauvaise humeur. On lui commande de marcher : il marche en titubant un peu, les yeux fermés comme un automate, toujours droit devant lui, chavirant les chaises et les tabourets, allant jusqu’au mur qu’il cogne de la tête et contre lequel il s’arrête.
Il répond aux questions qu’on lui pose, à la condition que celles-ci soient faites sur un Ion de commandement, qu’elles aient l’air pressantes : on dirait qu’il lui coûte de parler et aux questions faites d’un ton calme, il reste muet.
Nous essayons de lui donner une suggestion, celle d un oiseau qu’il tient dans la main. 11 résiste d’abord, niant voir ou tenir un oiseau; puis, tout à coup, les yeux qu’on lui a ouverts prennent une expression d’étonnement, il ferme la main sur l’oiseau imaginaire, le caresse de l’autre main, et cela aussi longtemps qu’on lui laisse l’hallucination. On lui commande de le mettre dans sa poche, puis on le réveille en lui soufflant brusquement dans les yeux.
Il fait un soubresaut, se réveille et ne se rappelle de rien. On lui dit de fouiller dans sa poche; il en retire les divers objets qui y étaient avant qu’on ne l’endormît. Mais l'hallucination a disparu avec le sommeil.
Rappelons aussi le petit malade de 1 observation précédente qui pouvait être hypnotisé par une pression exercée sur les globes oculaires, et dont la marche pendant le sommeil, rappelle celle du jeune P.... que nous venons de décrire.
Voilà, esquivés à grands traits les principaux symptômes
que l’on observe dans le cours de l’hystérie infantile. Il est essentiel de remarquer que un ou plusieurs de ces symptômes peuvent se rencontrer chez les malades atteints d hystérie non convulsive. Outre la symptomatologie que nous avons décrite au chapitre hystérie non convulsive, toutes les complications que nous venons d’étudier dans ce paragraphe peuvent venir frapper les malades que nous envisagions alors. Ils sont te plus souvent atténués dans ces cas, et les désordres intellectuels tiennent toujours le premier rang. Aussi ne faut-il pas, croyons-nous, attendre leur apparition pour diagnostiquer l’hystérie, et ne doit-on pas conclure de leur absence à la non existence de la névrose. Les troubles mentaux seuls et les quelques désordres physiques que nous avons signalés alors doivent suffire a un observateur exercé. Plus tard, l’adjonction de ce cortège nombreux de symptômes que l’hystérie traîne avec elle pourront être d’un appoint considérable pour l’affermissement du diagnostic ; mais en matière d’hystérie infantile, il faut s’efforcer de voir venir le mal de loin, car plutôt le praticien entrera en lutte avec lui, plus il aura de chances pour en triompher. L’hystérie à son début peut être enrayée : lorsqu'elle s’est profondément enracinée dans l’organisme, étendant, de par sa symptomatologie si variée, ses ravages à tous les systèmes de l’organe, il faut de la part du malade.de son entourage et du médecin, une telle dose de patience, de volonté et d’énergie que bien souvent, fatigués de la lutte on l’abandonne, laissant la maladie maîtresse du terrain.
En résumé, nous voyons que la symptomatologique de l’hystérie infantile est la même que celle de l’adulte qu’on
Ja considère chez l’homme ou chez la femme. La maladie est bien toujours identique à elle-même et les quelques modifications qu’on rencontre ça et là dans cet exposé symptomatique ne proviennent que de la différence des terrains ou évolue la nevrôse. Chaque sujet réagit un peu suivant ses tendances individuelles : au fond, que l'hystérie évolue chez la femme, chez l’homme ou chez l’enfant, elle est toujours la même et la description détaillée qui en a été faite par M. Charcot et son école peut s’appliquer aussi bien au jeune âge qu’à l’âge adulte, au sexe masculin qu’au sexe féminin.
Pour bien faire saisir toutes ces analogies, nous plaçons ici deux observations de M. Bournevillequi se rapportent à des jeunes hystériques chez lesquels tout l’ensemble symptomatique, hystérie non convulsive, attaques et symptômes intermédiaires sont très complets et rappellent detous points les observations rapportées par cet auteur dans l’iconographie, observations qui concernent toutes les adultes.
Observation XXV
Père et grand père paternel nerveux et migraineux. — Mère, convulsions et torticolis spasmodique dans l'enfance. — Tante maternelle idiote, consaugvinité. — Frère et sœur morts de convulsions. Convulsions à neuf mois. — Impressionnalité très vive, cauchemars. — Histéro-épilepsie (février 1880).—État du malade en mars : hermianesthésie sensarielle. — Zones hystérogènes (clou hystérique, etc.), prédominant à gauche. — Description des attaques ; marche. — Traitement par F hydrothérapie. — Guérison.
Ron... Fernand, âgé de 13 ans, demeure au Kremlin, prèsBicêtre. Renseignements fournis par son père. — Père, 42 ans, garçon
de bureau à la ville depuis 10 ans ; auparavant il était coiffeur. Il n a jamais fait d’excès de boisson, ni de femmes, et ne présente pas d antécédents morbides diathésiques, sauf des atteintes de migra,ne de dix à quatorze ans. Vers l’âge de 10 ans, il a eu des accidents pulmonaires qui ont nécessité un séjour au lit de six ou huit mon,, a 22 ans fièvre typhoïde. Très nerveux et très impressionnable, il était sujet à des accès de colère, principalement lors des premiers temps de son mariage, c'est-à-dire à l’âge de 30 ans Aujourd hu, il L montre très préoccupé de l'État de son fils. Pere, 81 ans, sabotier, bien portant. Il n’a jamais eu d’accès d’aucune sorte ; il a eu des attaques de migraine entre 30 et 40 ; de plus ü est enclin à des accès de colère tels que, dans l’un d’eux il a failli, un jour tuer un de ses frères. Mère, 79 ans, asthmatique, a conserve toute son intelligence. Pas d’excès, ni de manifestations névropathiques. Un frère bien portant a été atteint d’un eczéma du pied qui reparaît encore de temps à autre. Aucune affection mentale ou nerveuse dans
^ Enseignements fournis par sa mère. - Mère, 40 ans, institutrice bien portante, assez impressionnable. Elle a eu des convulsions à un an; un torticolis spasmodique qui s’est reproduit sept à huit fois pendant la deuxième et la onzième année avec une duree variable d’une ou deux heures, une fièvre typhoïde grave, à forme ataxique avec convulsions à l’âge de sept ans. Elle s’est mariee à vingt-six ans ; elle a souffert de névralgies de la tête qui sont aujourd’hui en voie de diminution (Père, mort à soixante-sept ans, d’une fluxion de poitrine: ni excès ni troubles nerveux). Mère morte à quarante-neuf ans à la ménopause, d’une affection qui a duré six mois, accompagnée d cedeme des extrémités. Deux sœurs, l’une morte à dix-huit mois, d un choc sur la tête; l’autre à quatre mois et demi; celle-ci était t comme idiote > état qu’on attribuait aux peurs qu’avait éprouvées sa mere lors des événements de 1848. Pas d’autres accidents nerveux dans la famille.
Consanguinité.-U père et la mère sont cousins ger.mams. issos do frère et de la sœur.
Cinq enfants : 1° notre malade ; 2° fille morte d’une méningite à 9 mois; 3° garçon âgé de 9 ans, de constitution délicate, très nerveux, né pendant la guerre de 1871 ; 4° garçon âgé de 7 ans, bien portant, paraît moins nerveux que le précédent ; 5° garçon mort à 2 mois 1/2 de convulsions qui avaient débuté dès le deuxième mois. La grossesse avait été troublée par des émotions dues à des querelles de famille.
JSlotre malade. — Grossesse assez bonne. Toutefois, entre le troisième et le quatrième mois, la mère a éprouvé une vive contrariété à l’occasion d’une querelle avec sa belle-mère. Naissance à terme; accouchement au forceps après 27 heures de travail. L’enfant fut élevé au sein pendant les trois premiers mois, puis au biberon jusqu’à trente mois. A neuf mois, il a eu des convulsions qui se reproduisirent pendant deux ou trois mois. Les premières étaient violentes et duraient parfois une nuit entière.
Dans la première enfance, avant cinq ans, notre malade fut atteint de rougeole et de variole bien qu’ayant été vacciné. Avec la croissance, et avant le début même de l'affection, se développèrent les troubles psychiques : l’enfant devenait irascible, très impressionnable, s’effrayant pour un rien. C’est ainsi que, même plus âgé, il refusait d’aller seul aux cabinets, la nuit, bien qu’il ne dût pas, pour cela, sortir de l’appartement. Le sommeil était agité et deux ou trois fois, on constata des cauchemars (terreurs, cris, crainte des voleurs).
Depuis le début de la névrose, le sommeil est resté mauvais, c Hier encore, nous dit la mère, il a eu une crise dans la soirée ; il voulait ouvrir la fenêtre pour se jeter dans la rue et demandait un couteau pour s’ouvrir la poitrine ; comme on le voit, dans son délire, il a souvent des idées de suicide. Tout le reste de la nuit, il a été agité, poussant de temps à autre quelques cris d’effroi, quelques plaintes, ou bien se mettant sur son séant dans le lit. Il n’y a pas eu de sommeil à proprement parler. Au réveil, il ne se souvenait pas d’avoir demandé un couteau pour se frapper. »
Notre malade n’a pas présenté d’autres antécédents morbides que
Feugniec
ses accidents névropatiques jusqu'à ce jour. En 1875, il est entre en pension et y est resté jusqu’en février dernier.
L’hystérie a commencé à se manifester sous forme d attaques en février 1880. La première a eu lieu le 6 février et a. surpris 1 enfant pendant son travail à l’école de Vitry; elle aurait débuté par une sensation « de tournoiement de tête . et, après une durée de deux, heures, se serait terminée par des chants, des pleurs et des rires. La seconde s’est manifestée le 8 février, à la fin d’un repas et a débuté par un étourdissement. On a constaté alors, la perte de connaissance, les convulsions cloniques, le grand arc de cercle; il y a eu plusieurs reprises, mais pas de cris ni de pleurs pendant cette crise qui a dure une heure et quart. Le 17 février, troisième attaque durant une heure et demie, même mode de début et mêmes phénomènes que pour la précédente.
Etat actuel- (I e ' mars). - Les fonctions digestives sont normales, sauf une tendance très marquée à la constipation. L auscultation du cœur décèle un léger souffle au premier temps, à la base, l’impulsion cardiaque est forte, il y a parfois des palpitations. Quelques poils au pénil ; un peu d’ictyhose sur le ventre.
La sensibilité générale, dans ses divers modes, est conservée et elle parait égale des deux côtés. Il n’en est pas de même pour les sens spéciaux A gauche, le malade ne perçoit pas le tic-tac de la montre, tandis que la sensation est parfaite à droite ; l’œil gauche ne peut reconnaître les couleurs qu’on lui montre (exception faite pour le jaune de saturne : « il y a quelque chose qui le trouble. » Il ne peut non plus distinguer les lettres, même celles qui forment le titre d’un journal. La vue est normale à droite.. Le sens de l’odorat est légèrement affaibli à gauche. Le goût est obtus du même côté. La sensibilité de la muqueuse buccale, au toucher, est un peu plus obtuse du côté gauche) il en est de même pour la muqueuse oculo-palpébrale.
Les facultés psychiques sont intactes : le caractère est don* et affectueux; l’enfant montre de l’aptitude au travail. Il n’aurait, pas-d’habitudes d’onanisme.
Examen des zones hystérogènes. - Il eriste différentes zones.
chez notre malade, au niveau desquelles la pression digitale est très douloureuse.
En procédant de haut en bas, on rencontre les suivantes :
1 0 Clou hystérique, sur une surface ayant les dimensions d’une pièce de cinquante centimes, siégeant à deux centimètres en avant du vertex. Il y a pas de douleur spontanée, mais la pression détermine une sensation pénible dans toute la tête. Le clou hystérique participe à la crise nerveuse en ce qu’il devient douloureux au moment de l’aura ; 2° rachialgie au niveau de f apophyse épineuse des cinquième et sixième et surtout septième vertèbres dorsales ; il n’y a pas d’hyperesthésie cutanée à ce niveau, ni de douleurs spontanées; la pression donne an malade la sensation d’un tapotement qui répondrait dans toute la poitrine. Cette zone envahit les gouttières vertébrales correspondantes, également des deux côtés ; 3° zones symétriques à droite et à gauche dans le cinquième espace intercostal à égale distance du sein etc de la ligne axillaire. H n’y a ni douleur spontanée, ni hyperesthésie cutanée, mais la pression du doigt donne lieu à des douleurs lancinantes qui s’irradient jusque dans l’abdomen; 4° point douloureux dans le cinquième espace intercostal gauche , à quatre ou cinq centimètres du rachis ; 5° zone au-dessus de la poignée d.u sternum sur une hauteur de quatre centimètres ; 6° points hystérogènes symétriques au niveau des flancs ; 7° zones au niveau des deux régions répondant à peu près au centre des fosses iliaques et correspondant aux zônes « ovariennes » ; celle de gauche est la plus nette. Dans la recherche de ces différents points hystérogènes, on n’a pas essayé de provoquer les attaques par une pression prolongée.
Aura. — L’enfant déclare avoir la sensation d’une boule qui partirait de la partie médiane du pénil (il ne sait dire si elle pari du testicule) remonterait verticalement à l’épigastre et de là au niveau du larynx. Cette sensation durerait 4 à 5 minutes. Puis il lui semble que les paupières se ferment ; il a des éblouissements, tous les objets tournent autour de lui; ils ont leur couleur et leur forme naturelles; il éprouve une douleur frontale, rien dans les tempes), il entend un
« tapage » des des télés, le clou hjslétiqae devient U* douloureux pi mmçitfit il nerd connaissance.
Les attaques revenant à des heures presque régulières et durant un asse long temps, nous convînmes avec les parents qu .1» vjendraumt c^c e aussi 6 qu’elles apparaîtraient M. d’Olier, alors interne du service^C’est ce qui fut fait et le k mars, M. d’OUer fut temom d une série d’attaques que nous allons décrire d’après ses notes consignées
^Description^d’une atta q ue complet,- (I -s). L’attaque débute à 7 h. 35 du soir après un dîner où l’enfant a peu mange et durant lequel il a été pris plusieurs fois d’un tremblement de la . mâchoire inférieure. A la fin du repas, il annonce un mala.se mal défini au niveau du bas-ventre et une sensation d étourdissement. On fe porte sur son lit et presque aussitôt .1 éprouve une sorte de strangulation et porte la main à la gorge pour se debarrasser d un obstacle.
On entend en même temps un sifflement laryngé. Surviennent alors des douleurs vagues abdominales, et, dans un dernier renseiguenmnt l’enfant nous dit qu’il sent sa boule lui remonter vers la gorge et, k ce moment, il perd tout à fait connaissance.
Rigidité passagère; puis, convulsions cloniques débutant par un
petit arc de^ercle, ensuite grands mouvements. Nouveau sifflement laryngien : l’enfant crie « oh la la 1 », U n’entend rien de ce quon
il se met à rire et délire. - Nouveaux grands mouvements cloniques, rires. - Hallucinations de 1. vue. On un,* de.»£
. Guignol . Il comprend, rit cl im.le, Répété « «h la Ih ! . a pl«
’tnXcnse, avec grands mouvements ; i, semble vouloir se jeter à bas du lit - Grand arc de cercle. Douleur vive à la press,on an „il de la zone h,s,érogène dorsale. - Grands m.uvemenls, nre “imitât,on. - Attitude passionnelle ; colère. Veut mordre ceux ,u. l’environnent. Reprise des convulsions cloniques ;1 enfant veut prenne mou cahier, mord un mouchoir t crie : . Em.l.l . Nouveaux grands mouvements. Rires. Repos.
Le malade essaie de mordre ; crache, ril, chante. Il ne répond rien aux questions qu’on lui adresse. Il pousse des cris de rage contre moi et ceux qui le maintiennent, frappe, insulte. Il rit quand on imite devant lui les marionnettes avec les doigts. On lui demande par écrit, s’il veut marquer sur le papier ce qu’il ressent ; il prend brusquement la feuille et le crayon et écrit « non. » Aussitôt après accès de rage, il mord; les marionnettes l’amusent.
Les autres soirs, il reconnaissait son père à la bague qu’il porte au doigt; il u’en est rien à ce moment, et il frappe son père comme les autres personnes. — Il se mord lui-même.
Attaque : 1° légère contracture du bras ; — 2° grands mouvements. Il fait mine de frapper et veut s’élancer sur moi ; un instant après, il profère des insultes grossières. Il boit avidement de l’eau qu’on lui présente, mais au moment d’avaler le sucre, il est atteint d’uu spasme œsophagien. Puis il rit et cherche à imiter les marionnettes, qu on fait passer sous ses yeux ; il répète plusieurs fois le mot « polichinelle » et pousse de grands éclats de rire. 11 déchire ses vêtements, crache et donne des coups de tête.
Ici, survient une rémission de plusieurs minutes. Une nouvelle crise se déclare, l’enfant en me voyant écrire, dirige vers moi un regard féroce et me crache à la figure. A ce moment, il reconnaît son père à sa bague et l’embrasse ; il sourit à sa mère.
Les membres inférieurs sont fléchis et toute tentative d’extension provoquée détermine une douleur vive. Cris de rage, coups, sanglots, regard féroce ; déglutition des liquides rendue très difficile par le syasme œsophagien.
A ce moment, les marionnettes le mettent en rage, il crie, regarde sa mère d’un air furieux et fait mine de cracher sur elle. Puis il s’amuse de sa mère « qui lui fait coucou »en se cachant. Hallucinations de la vue. Chantonnement.
Surviennent tout à coup de nouveaux cris de fureur ; il montre le poing, fait le geste de frapper et se couche sur le ventre en insultant quiconque le touche. 11 me jette un oreiller a la tête ; me fait signe qu’on lai a fait mal à la jambe.
Les zones hystérogènes se montrent beaucoup plus sensibles que •dans l’intervalle des attaques. La douleur est particulièrement vive à La pression dans la fosse iliaque gauche. Nouvelles exclamatious grossières : il prononce ces mots : « Je te f... des^coups de poing ». Il déchire un papier qu’on lui présente, puis rit à la vue des portraits qu’on met sous ses yeux et fait signe qu’il veut les embrasser. Nouvelles menaces avec le poing. Il semble souffrir alors qu’on lui maintient le cou-de-pied avec les mains.
Sous l’influence d’une aspersion d’eau froide, l’état d’agitation se calme un peu. Il entend ce qu’on lui dit, reconnaît son père à sa barbe et l’embrasse. Il veut se lever et s’en aller.
Nouvelle attaque : grand arc de cercle : à ce moment, pouls : 92. Réponses injurieuses ; il crache, s’amuse beaucoup des marionnettes. Violente colère contre un voisin qui est venu pour le maintenir.
U veut atteindre le ciel du lit et pour cela fait un amas d’oreillers sur lesquels il veut monter : joue au cheval avec son père \ s’agace contre son ombre qu’il ne peut atteindre. Il chante à tue-tête et comprend ce qu’on lui dit ; on lui donne papier et crayon, et aussitôt il se met h écrire. Après il annonce qu’il sent sa boule descendre, et montre du doigt le trajet quelle suit jusqu’au milieu du ventre. Puis il se recouche et s’endort deux minutes après. La série est finie, elle a duré une heure et un quart. A son réveil, le malade ne se souvient nullement de ce qui s’est passé. On lui présente le papier sur lequel il a écrit, ü ne le reconnaît pas. Il éprouve une sensation de brisement général avec céphalalgie.
A partir du 17 février jusqu’au 2 mars, date de la crise qui est rapportée plus haut, les attaques reviennent alternativement à midi et à sept heures du soir ; le 20, le 29 février et le 1« mars, elles ont lieu le soir vers sept heures. Les jours suivants, elles se succèdent h peu près avec les mêmes caractères, mais le moment de leur apparition varie régulièrement chaque jour avec environ une demi-heure d’avance sur celle du jour précédent. Une seule fois il a eu deux séries dans la même journée, dont l'une, dans l’après midi a été très courte. Il faut d’ordinaire deux ou trois personnes pour le maintenir.
La période de délire comprend deux phases : tantôt, il se met en colère, injurie, etc..., tantôt il chante, rit, cause avec un camarade imaginaire, lui dit qu’il est allé en ballon, etc.
10 mars. — Attaque à 4 heures du soir. Au début, on note un changement de physionomie, de la pâleur avec de petits mouvements spasmodiques de la face. Puis, surviennent la rigidité, les grands mouvements, l’arc de cercle. Le malade saute sur son lit et cherche à se glisser sous ses matelas.
L’insensibilité est très marquée à gauche, quoique incomplète ; de ce même côté, les réflexes sont moins accusés qu’à droite ; le mouvement giratoire se fait sur le côté gauche. Il existe un point très douloureux sous l’hypochondre droit. L’attaque cesse instantanément lorsqu’on souffle sur le visage du malade, pour reprendre quelques moments plus tard par les grands mouvements. L’attaque aujourd’hui dure deux heures. Survient une série de crises de deux à trois minutes chacune, dans lesquelles le phénomène prédominant est la rigidité, qui, dans les autres attaques, était tout à fait fugace.
13 mars. — L’attaque d’hier a eu lieu à 9 heures du soir, différente des précédentes en ce que le moment de son apparition s’est tourvé en retard au lieu d’avancer sur celui des journées précédentes. Traitement : quatre capsules de bromure de camphre du D r Clin ; bains d’une demi heure; gymnastique; vin de quinquina; dragées de protochlorure de fer.
14 mars. — A huit heures du soir, survient une crise unique de cinq minutes de durée. Il n’y a pas eu de convulsions cloniques ; l’enfant est resté raide quelques instants, puis a recouvré connaisnance.
15 mars. — Pas d’attaque. Le sommeil est agité; le malade se tourne constamment dans son lit, mais il n’y a ni délire, ni secousses convulsives.
16 mars. — Pas d’attaque. L’état général de l’enfant est excellent.
22 mars. — La semaine précédente, il y a eu une attaque deux jours de suite, avec une durée d’une heure. Pendant celle semaine
— uo —
même, les crises ont reparu tous jours avec les mêmes caractères, mais ont été d’une durée variant de dix minutes à une heure.
16 avril. — Douches.
21 mai. — Les points hystérogènes paraissent un peu atténues et se montrent moins sensibles à la pression. Au niveau de la zone dorsale, la sensibilité à la ch .leur paraît diminuée à droite.
l«r décembre. - Pendant tout l’été jusqu’à ce jour, l’enfant a régulièrement pris des douches, d’abord une seule, puis deux par îour. Les attaques sont devenues beaucoup plus rares ; c’est amsi que dans le mois de novembre, il n’y en a eu qu’une de trente minutes.
On note ce matin une hémianesthésie de la moitié droite du corps. Le chatouillement, la piqûre et la projection de l’eau froide ne sont pas perçus. L’examen s’étant prolongé, on constate que la sensibilité a en partie reparu, depuis l’épaule jusqu’à la fesse ; mais l'anesthesie persiste néanmoins à la face et au cou de ce côté. La sensibilité a
reparu, surtout dans les points où on a produit une excitation énergique (piqûre, pincement, transfixion, etc.). Une heure et demie apres l’examen, là sensibilité se montre plus nette sur les points ou elle a reparu.
1881. - 25 avril. — La sensibilité est normale et égale des deux côtés; l’enfant n’a pas eu de crises depuis le 13 décembre 1880. U reprend les douches depuis deux jours.
13 octobre. — Les attaques ont complètement cessé. Le caractère s’améliore, bien que notre malade soit jaloux d’nn de ses frères sans raison. De plus, il montre peu d’ardeur au travail. Les fonctions digestives sont normales ; de temps en temps, cependant, on est obligé de lutter contre la constipation par de légers minora.ifs II y a deux semaines, on a craint le retour des attaques à la suite de deux nuits agitées avec rêves et cris de terreur qui jadis annonçaient les
CTI On continue le traitement par les douches administrées régulièrement, par la gymnastique, le fer et le vin de quinquina.
1882. - janvier-août. -- L’enfant a pris ses douches jusqu en
décembre. Il n’a pas eu d’attaques ; sa santé générale est très bonne. — Les attaques ont eu la marche suivante :
Mcis Dates Durée des attaque;
22 75 m. (en 1 série)
12 75 m. (en 1 série)
18 70 m. (en 2 séries)
19 80 m. (en 1 série)
i. (en 3 séries) . (en 2 séries)
7 30 m. (en 1 série)
9 30 m. (en 1 série)
12 55 m. (en 4 séries) 14 70 m. (en 3 séries)
16 30 m. (en 1 série)
18 28 m. (en 2 séries)
19 105 m. (en 3 séries)
20 30 m. (en 2 séries)
Dates Durée des attaques
23 18 m. (en 2 séries)
25 5 m. (en 1 série)
5 48 m. (en 3 séries)
6 10 m. (en i série)
25 m. (en 2 séries) 35 m. —
20 m. (en 1 série) 20 m. (en 2 séries) 10 m. (en 1 série) 10 m. —
42 m. (en 5 séries) 10 m. (en 1 série) 25 m. (en 2 séries) 10 m. (en 1 série) 22 m. (en 2 séries) 20 m. (en 1 série) 30 m. —
16 m. (en 2 séries) 10 m. (en 2 série)
Septembre 5
25 m. (en 2 séries) 5 m. (en 1 série)
35 m. (en 2 séries) i 30 m. (en 1 série) i 10 m. —
! 9 9 secondes
' 3 m. (en 1 série)
Le malade a été revu le 24 août. Sa santé physique est bonne, U a grandi, la puberté s’accentue, son caractère est redevenu ce qui était autrefois, enfin il n’a pas eu de nouvelles attaques.
Observation XXYI
4 ntécêdents névropathiques du côté du père. - Scrofule; séjour à Berck et à la Roche-Guyon. - Frayeurs, puis crises convulsives Entrée à Bicétre {novembre 1879). - Hémianesthésie droite portant sur la sensibilité générale et spéciale-, dychromatopsie. - Zones hystérogènes multiples. - Description générale des attaques. Prodromes. - Aura, convulsions présentant les trois périodes, épileptoïde, clonique et délirante de l’hystéro-êpilepsie : attaques
spontanées et provoquées, arrêt possible des attaques par la compression des zones hystérogènes. - Absence dCélévation de ta température et intégrité de l’intelligence. - Coïncidence d accès epileptioues. Transfert de l’hémianesthésie par les bracelets métalliques et les aimants. - Influence de la maladie sur le développement. Guérison par l’hydrothérapie.
Lam. Alfred, âgé de 13 ans, est entré à la section des enfants épileptiques de Bicétre (service de M. Bourneville) le 26 novembre 1879, pour des accès d’épilepsie.
Antécédents (Renseignements fournis par le père et la mere.
Décembre 1879). ,
Père, 46 ans, musicien ambulant ; devenu aveugle à 1 âge de 8 ans à la suite d’une ophthalmie purulente, est entré aux Quinze- -y in gts en 1874. Pas d’excès de boisson, ni de maladie de peau ; blennorrhagie à 18 ans. Il est entré à Bicétre comme aveugle en 1854 et est sorti parce qu’il s’ennuyait beaucoup. - Très nerveux, violent et méchant; chez lui on l’appelait <r mitaine » par abréviation de « croquemitaine » et ses enfants en avaient peur; pas d’attaques de nerfs ni de migraines, mais maux de tête fréquents. Il aurait eu la fièvre typhoïde, un érysipèle et la teigne ; intelligence moyenne (Pere mort d ’ U ne hernie étranglée; pas d’excès). - Mère morte d’une attaque-
d’apoplexie en 7 -à 8 heures. Pas de frères. — Trois sœurs dont une morte de périionile puerpérale ; uhe autre (Lam. Eugénie) est morte à la Salpêtrière en 1879 (1).
La troisième est presque aveugle par suite d’ophthalmies ; elle n’a pas d’attaques de nerfs, mais elle est violente. Un oncle (Guillaume Lam., est depuis son enfance à l’asile de Dijon : il n’a jamais su se guider seul. Pas d’autres épileptiques ni de difformes, ni de suicides dans la famille).
Mère, 43 ans, fait des ménages depuis qu’elle n’a plus son mari à conduire ; peu intelligente, il faut la guider comme un enfant; n’a pu rien apprendre à l’école. C’est son mari qui lui a appris à lire à peu près en lui faisant épeler les enseignes. Quand il l'a connue, un maçon avait déjà abusé d’elle et lui avait donné la maladie (?). Elle avait des boulons aux parties génitales et des pertes blanches, mais lui, serait toujours resté indemne ; elle aurait eu quelques douleurs névralgiques dans les mâchoires, mais pas de maladies de peau, d’adénites inguinales, de plaques muqueuses ni d’alopécie; mariée à 18 ans (Père devenu aveugle à 61 ans par suite d’ophthalmie purulente. Sobre et doux, on l’appelait « le mouton » ; il habite les Quinze-Vingts). Pas d'aliénés, ni de difformes de ce côté.
Onze enfants : 1° garçon, 23 ans, marié, intelligent, n’a jamais eu de convulsions; — 2" garçon, 17 ans, intelligent ; pas de convulsions. Coxalgie double à la suite d’une chute; — 3° garçon, 15 ans, fièvre typhoïde à 3 ans, à la suite de laquelle il aurait gardé un strabisme, opéré avec succès par M. Fieuzal. Néanmoins, on n’a
1. Cette fille était devenue épileptique dans les circonstances suivantes : vers l’âge de 18 ans, comme elle s’était avisée de voler un sou à sa maîtresse, le fils de celle-ci tenta d’abuser d’elle, la menaçant de la dénoncer, si elle refusait de céder à ses désirs. Rentrée chez elle, le soir, elle était très préoccupée de cet incident, lorsqu’une voisine entra tout à coup dans la chambre, elle crut que c’était sa maîtresse et fut prise d’une violente frayeur ; néanmoins, elle n’eut pas encore d’accès ce jour-là ; mai 15 jours après, en se levant, elle eut un vertige.
; amais pu rie., l'aire de cel enfant qui a été mis dans dix-huit apprentissa J Son esprit était porté au mal; kléptomame, v.olences, rixes aicct; camarades. 0. I'» envoyé pendant «ta «ta « ■
aux Douaires, près deGaillon, et il s’y est beaucoup amélioré aujourd’hui, il travaille dans une imprimerie où l’on est content de |„j • — 4° notre malade.
5-el 6° Filles jumelles, toutes deux alteinles i ï eus d une méningite à le,«elle l'une a succombé ; l’aulre, qui a aujourd h»,
5 ans est intelligente, mais s'esl développée lentement, tous les autres enfants (filles), soûl morts au-dessous de deux «ns, et naoraient nas eu de convulsions.
Notre malade. - Grossesse bonne, accouchement facile à terme élevé an sein par sa mère jutqu'à 2 ans ; «marche à 19 mots et parle d'assez bonne heure, a été propre à deux ans, mats jusqu a 10 a eu fréquemment de l'incontinence nocturne d'urine Impeugo da ou» chevelu ; adénites sous-maxillaires et cemeales pour lesqne les il a fait un séjour de 16 mois à Berck. Notons qu'tl eut plus,eu,s fors à cette époque de mandes frajeurs 1» nuit. Les re censes de rétablissement, pour empêcher les enfants de dortoirs, y faisaient quelquefois passer un homme affuble d un drap blanc simulant un fanlémc. Ce renseignement fourni pari enfant explique, comme nous le verrons plus tard, divers» paroles ,u tl prononce pendant la phase du délire à la fin de ses atlaq.es. Ophthalmies chroniques, il aurait été aveugle pendant 8 mots ; pas d on es. Eczéma aux jambes depuis un an. Rougeole à 4 ans, mars pas d antres
fièvres éruptives ; pas de convulsions.
Ct enfant a toujours été très peureux; il fallait toujours quon l’éclairât pou, le luire coucher dans un cabinet contigu au logement e ses patents ; il rêvait fréquemment, parlait tout haut de ses camarades, de son patron (il es, apprenti cartonniez) etc. Dépôts en».,on deux ans, il se plaignait de temps en temps de douleurs dans le céte gauche du ventre. Eu même temps il devenait par,, toutefois, .1 n a- *ait », vertiges, ni pertes de connaissance. - Il a ele envoyé de Sainte-Eugénie il. Rocl.e-Gujon pour le traitement de son eczema
des jambes, c’est de là qu’il écrivit pour la première fois à sa mère qu’il avait des crises nerveuses.
Pendant les mois de novembre et décembre 1879 il a eu quotidiennement trois attaques survenant ordinairement de 11 h. à 5 h. Le passage à la préfecture a été très pénible : l’enfant a eu grand’peur, ne comprenant pas pourquoi on le mettait en prison ; c’est là qu’il aurait eu sa plus longue crise, deux heures. Au dire du garçon qui l’a vu à ce moment, il ne prévient pas, se débat beaucoup, mais sans se blesser, et semble avoir des visions ; il parle de choses et d’autres, notamment d’une religieuse qu’il n’aime pas, parce quelle veut le mettre à la couche (punition qui consiste à laisser l’enfant 8 jours au lit). Les crises se terminent généralement par des pleurs. Pas de folie, les nuits sont calmes: l’intelligence ne paraît pas s’être modifiée. Pas de kléptomanie. Sentiments affectueux assez développés.
Examen physique. — Tête régulière, sans prédominance des parties postérieures; front assez haut| et large, oreilles bien conformées et symétriques. Rien de particulier du côté de la voûte palatine ni des arcades dentaires. Il n’existe pas d’asymétrie faciale appréciable. Lèvres un peu volumineuses, surtout la supérieure, qui est légèrement proéminente. Physionomie exprimant la douceur, le contraire en quelque sorte des faciès des épileptiques.
Rien de spécial à noter du côté des appareils (ligestif, respiratoire, circulatoire et génito- urinaire. Tous les organes paraissent normaux et jes diverses fonctions s’accomplissent régulièrement.
Sensibilité .— L’état actuel de la sensibilité s’est modifié à plusieurs reprises, sous l’influence des attaques et des divers agents thérapeutiques employés.
A l’époque de la première exploration (27 janvier) on observa une hémianesthésie droite. Le surlendemain 29, après de nombreuses attaques, on constata que la fosse iliaque gauche présentait une sensibilité particulière à la pression, en même temps, qu’il existait une hémanalgésie gauche complète avec des plaques d’anesthésie disséminées du même côté. Ainsi, l’hémianesthésie .''était déplacée. A celte époque, la perception des couleurs était à peu près normale.
11 février. — A un nouvel examen, on constate une hémianesthésie droite : insensibilité au pincement, au chatouillement et au froid. Lorsqu’on explore la sensibilité avec une épingle sur 1 abdomen, on voit que l’anesthesie dépasse un peu la ligne médiane du côte gauche en avant; en arrière, elle y reste exactement limitée. On constate, en outre des zones d’hyperesthésie dans les points suivants .
au niveau delà cinquième apophyse épineuse dorsale ; la douleur à la pression est surtout marquée dans la gouttière vertébrale k gauche de l’apophyse plutôt que sur l’os même ; 2“ au niveau des troisième et quatrième apophyses épineuses lombaires ; la douleur est là encore plus marquée dans la gouttière du côté gauche ; 3° dans la fosse iliaqüe gauche vers le milieu d’une ligne qui join rai l’ombilic au milieu de l’arcade crurale.
Du côté des organes des sens, on observe que l’ouïe est conservée des deux côtés, mais notablement diminuée à droite où il existe de la dichromatopsie pour certaines couleurs ; ainsi pour le vert qui est vu noir et pour le rose clair que le malade prend pour le violet fonce. Les autres couleurs sont perçues normalement. La conjonction droite est sensible. Le goût est aboli du côté droit; l’anesthésie porte sur a moitié droite de la langue et de la muqueuse buccale. L’odorat est
légèrement aboli à droite. .
21 février — On découvre une nouvelle zoue d hyperesthesie située sur le crâne au niveau du bregma ; la moindre pression et même le simple frôlement des cheveux à ce niveau détermine les phénomènes de l’aura, puis une attaque présentant les caractères de attaque spontanée, telle qu’elle sera décrite ci-dessous. Nous avons pu ainsi en produire à plusieurs reprises et les arrêter à volonté en exerçant avec le doigt une forte compression sur la zone hystérogène {clou hystérique).
Cet état de la sensibilité persista sans se modifier notablement jusqu’au mois d’août. Les derniers renseignements recueillis en jumsout les suivants : persistance de l’bémianeslhesie droite comprenant les muqueuses ; rien de nouveau du côté des organes des sens.
Zones hystérogènes. - Zones iliaques de la grandeur d’une p.ece
de 5 fr. ; l’enfant dit que la pression en ces points lui produit une sensation d’oppression et de constriction au cou ; la zone du flanc gauche (côté sensible) présente la dimension d’une pièce de 5 fr. et est insensible ; la rachialgie persiste au niveau des quatrième et cinquième dorsales, mais son point maximum qui était dans la gouttière vertébrale gauche, est passé à droite de sorte qu’en ce point et d’ailleurs dans presque toute la hauteur de la colonne vertébrale, l’hémia. nesthésie droite n’arrive plus tout à fait jusqu’à la ligne médiane. Enfin, on constate deux nouvelles zones, d’environ un centimètre de diamètre et placées symétriquement de chaque côté, dans le troisième espace intercostal , au niveau d’une ligne verticale passant par le mamelon. Celle du côté droit, côté de l’hémianesthésie est insensible, au niveau des autres, la peau a conservé sa sensibilité. La pression sur un de ces points détermine une douleur lancinante, s’irradiant transversalement- vers le point symétrique.
Nous- reviendrons plus loin sur l’état de la sensibilité en rendant compte des expériences que dous avons faites sur ce malade avec divers agents esthésiogènes, bracelets métalliques, aimants, hydrothérapie, etc.
Description des attaques. — Nous avons pu observer nousmême un assez grand nombre d’attaques spontanées et quelques attaques provoquées ; une note plus ou moins complète a été ajoutée chaque fois à l’observation. Il serait évidemment fastidieux de relater à la suite les unes des autres les descriptions d’attaques qui toutes peuvent être rapportées pour la marche à un type invariable et ne différant les unes des autres que par l’absence ou la prédominance de phénomènes d’importance secondaire et par la durée de diverses périodes, parfois très fugaces et presque insaisissables. Il nous a donc paru préférable, pour fixer les idées et éviter les redites, de présenter d’abord en un tableau général, sorte de synthèse de toutes les descriptions partielles, la description de ce que pourrait être une attaque complète. Nous pourrons ensuite rétablir l’ordre naturel des faits en donnant la relation de quelques attaques spontanées ou provoquées.
Prodromes et aura. — Les prodromes sont exceptionnels et l’en-
fui ne peut jamais dire plusieurs heures d'avance s’ilJ. avoir «™> attaque, mais il lui est arrivé plusieurs fuis d'être obsédé de cauihemars pendant la nui, e, d'être réveillé à 8 heure, du matin par une attaque Le plus souvent, il est prévenu quelques secondes a avance par «ne aura qui consiste en une douleur assez violente, siégeant vêts la tempe droite et s'accompagnant de sifflements dans les oreilles surtout à droite; dans les premiers mois de sa maladie enfan n accasait pas d’autres phénomènes prémonitoires, ni troubles de la v , ni laryngisme, ni constriction épigastrique; c’est en janvier qu il a mentionné pour la première fois la sensation d'une Sottie qui, se urmanl derrière le rebord des fausses côtes gauches, remonte jusqu a hauteurde la fourchette sternale oit elle cause «ne grande oppression, eu même temps, la vue se brouille et l'enfant voit comme des Hammes rouges, surtout de l’œil gauche; de plus, il éprouverait une sensatmn de brûlure au niveau de la zone bregmatique. A ce momentt ses ore.Iles sifflent, les idées se troublent, il ne voit plus, et s ,1 es.. deboo . tombe tantôt en avant, tantôt en arrière ; il ne s est jamais blesse d rites ; enfin, pendant la durée très courte dé l'aura, ,1 ne peu. narler el n’a jamais le temps de prévenir.
P Attaaue — 1° Elle débute invariablement par un état de rigidité générale, par du trismus, et par de petits mouvements convulsifs nmif ésà u face; les paupières clignent rapidement et il existe du nys- ST, • dans d’autres cas, la face se dévie à droite et les yeux s trouvent dès le début convulsés en haut du même côté, quelquefois les
P rieTqrrran”sp d lufurd,la rigidité augmeole, I» se porté da „s Pevlension, les membres inferieurs sont étendus et rigides le tembres supérieurs en «tension et pronation forcée se rapprocha ,1e la ligue Lédiaue. Le, mains, déjà fermées, les pouce, en dedan durant la phase précédente sont violemment contractées.
Bientôt les mouvements des paupières augmentent d etendue, face devient grimaçante, les commissures labiales sont à plusieurs reprises violemment attirées en arrière, puis les convulsions s. propavent auv membres ou elles sont ordinairement constituées par
quelques; petites secousses létaniformes d’uu côté. Dès cette période de rigidité, nous avons quelquefois vu le malade présenter un opistholonos assez marqué pour qu’on pût facilement passer la main entre la colonne lombaire et le plan du lit. Cette première période ne s’accompagne pas d’écume ni de stertor. La durée totale est d’une minute environ, puis elle est suivie d’un repos très court pendant lequel la rigidité persiste à un degré suffisant pour qu'on ne puisse que diffirilelement relever les bras qui restent appliqués le long du corps (.Période épileptoïde).
2° Période clonique (clownisme). — Ensuite les grands mouvements commencent : ce sont d’abord des mouvements de moulinet exécutés par le bras à plusieurs reprises; les poings brusquement portés au dessus de la tête vont frapper l’oreiller, puis sont reportés le long du corps. D autres fois, le malade exécute rapidement une série de mouvements d’extension et de flexion du tronc et des jambes ; le tronc et la tète se redressent et s'inclinent en avant simultanément, les membres inférieurs sont fléchis et les genoux ramenés sous le menton ; puis, la tête violemment rejetée en arrière, va s’enfoncer dans l’oreiller en même temps que les memhres inférieurs s’étendent et que les pieds vont frapper l’autre extrémité du lit secoué par cette agitation désordonnée. C’est à ce moment que l’on observe dans toutes les attaques un certain nombre d’arcs de cercle plus ou moins complets. La tête et les pieds reposent sur le lit, le corps se soulève en arc à une hauteur variable que nous avons trouvée une fois égale à 0 m ,40 (1). Quel quefois, il arrive que le malade ne garde pas l’équilibre dans celte situation et tombe de côté sur le lit, mais sa position en arc de cercle n’en persiste pas moins; elle peut durer jusqu’à 10 ou lo secondes et se reproduire plusieurs fois avec des intervalles de grands mouvements.
3° Période de délire. — Enfin, le malade retombe définitivement sur le lit; la rigidité a diminué, mais existe encore aux membres supérieurs. Tout à coup, L.... pousse des cris violents « non, non !.... »
1. La taille de l’enfant n’étant que de l m ,27 centimètres, cette hauteur est proportionnellement considérable.
Peugniez
en même temps que sa physionomie exprime tour à tour la douleur, la joie ou la terreur ; les globes oculaires roulent dans les orbites les lèvres sont agitées d’une sorte de frémissement, la respiration est frequente et bruyante; l’enfant gémit, pousse des cris de rage, se redresse, frappe le lit, puis retombe. Dans une autre attaque, i s’écrie : « Maman, je veux me tuer, » puis il cherche à se mordre, et un'instant après : « Je le vois! je le vois! » et il fait le geste du doiot Puis gémissement sourd et mâchonnement continuel entrecoupés de grands cris d’effroi. Une autre fois, il parle de soufrer*
« qui veut le tuer avec une chaise » puis d’une religieuse qui a un grand voile blanc jeté sur la tête et veut lui faire peur (souvenir du fait de Beck). Pas de visions d’animaux. À cette période, 1 enfant paraît comprendre ce qu’on lui dit, mais il ne peut répondre; à la fin toute rigidité a disparu, la face est vultueuse.
Terminaison. - Lorsqu'il Vagi. de la dernière attaque d une série, le délire esl snivi de quelques lestants de calme, purs le malade navre les jenx, demande à boire e. se plaint du ma de teie. La résolution musculaire es. complète, il peu. avaler quelques gorgees d'eau e. comprend ce qu on lui dit. Les pupilles son. légèrement d,lat ée S — T. R. 37°,2. Généralement, après ce premier reveil, le malade s’endort d’un sommeil très calme pendant environ un quart d’heure 11 se lève ensuite et peut aussitôt marcher sans ressent,r autre chose que de la fatigue et quelquefois des sifflements dans les oreilles. Reprise deux ou trois heures après l’attaque, la température ne dépasse pas 37°,5. Lorsqu’il esl tout à lait revenu à lu,, 1 enfant se souvient nettement de ses rêves et les raconte.
Tel est le tableau général des attaques présentées par notre malade. Il n’est pas besoin d’insister pour faire reconnaître dans les périodes que nous venons de décrire, les trois périodes épileptoïde, clonique,, et délirante de la grande attaque hystérique chez la femme. Il nous faut maintenant montrer en quoi les diverses attaques observées se rapprochent ou diffèrent de la description précédente.
A - Attaques sponlanées. - 26 janvier. - Série d attaquesse succédant à environ une demi-minute d intervalle : 1° elles debu-
lent par des convulsions de la face qui s’étendent bientôt au corps entier. Les bras sont ramenés près, du tronc, les avant-bras fléchis, e l sont presque aussitôt portés au-dessus de la tête pour exécuter un mouvement de moulinet ; 2° ce mouvement précède immédiatement la position en arc de cercle. La compression successive des deux testircules, essayée à plusieurs reprises, n’a pas eu d’action immédiate sur les attaques ; néanmoins elles ont cessé quelques instants après. Les yeux n’ont présenté aucune direction fixe ; la durée totale de la série a été de trente-cinq minutes ; 3* pas de délire.
. 27 janvier. — Début des attaques à une heure de l’après-midi.
Première •période. — Chute, puis rigidité générale, surtout marquée aux membres supérieurs; nystagmus et clignement des paupières; pupilles unjpeu dilatées; pouls fréquent et dur. C’est ainsi qu’a débuté la première attaque de la série et le même état se représente uansi les intervalles des attaques ; l'enfant paraît alors comprendre ce qu’oa lui dit, mais il ne répond pas. Au moment où une nouvelle attaque commence, on voit les mouvements des globes oculaires et des paupières devenir plus étendus et plus rapides ; si on veut écarter les paupière*, on éprouve une assez grande résistance de la part de l’or— biculaire. Quelques instants après, le corps tout entier est en état de rigidité complète ; les membres supérieurs sont allongés en extension, et en pronation forcée, les mains fermées, pouces en dedans. Cet état de tétanisme généralisé dure environ une minute.
Deuxième période {clownisme) . — Après un moment de cal • me, très court, commence une période de grands mouvements, pendant laquelle l’enfant agite ses membres d’une manière désordonnée et fait des bonds sur son lit ; la langue pend au dehors de la bouche, mais elle n’est pas mordue.
Troisième période {délire). — Après ces contorsions, l’enfant, exécute une série de grimaces exprimant la joie ou la terreur.
Bientôt commence une nouvelle attaque : de nouveau, les yeux sont agités, les lèvres et les ailes du nez animés de mouvements continuels; enfin les mâchoires sont serrées au point qu’il est impossible d’ouvrir la bouche. Ainsi, nous sommes ramenés à la première pé-
riode (rigidité, clignement des i arriéres, etc.) cl une nouv.Ile période clonique ne tarde pas à se produire.
L’intervalle entre chaque attaque est ordinairement de 3 à 4 minutes. Celle série s’esl terminée de la manière suivante : à la fin de la derniere attaque, l’enfant a ouvert les yeux, s’est plaint du mal de tête et a pu boire un peu d’eau qu’on lui offrait. Toute rigidité avait alors disparu, mais le pouls restait encore fréquent et dur. Pupilles un peu dilatées. T. R. à ce moment 37°,“2. Après un quart d heure
de sommeil calme, il s’est réveillé définitivement et s’est lève ne -se
plaignant plus que de quelques sifflements d’oreilles. Soir : T. R. 3/°2.
29 janvier. — Attaques au moment de la visite, rigidité générale. Membres inférieurs et supérieurs dans l’extension et un peu dans 1 abduction. La tête est dans l'extension forcée. Paupières closes ; si on les écarte, on voit les globes oculaires dirigés en haut et un peu à droite. A un moment donné, la rigidité augmente, la face se porte vers la droite, les lèvres sont comme pincées, les mâchoires plus serrées, les bras, tout en restant dans l’extension, se rapprochent de l’axe du corps, les mains continuent à rester fermées les pouces en dedans. Au bout de quelques secondes, surviennent des grimaces de la face, des mouvements rapides des paupières, puis quelques petites secousses dans les membres. 11 n’y a pas d’écume ni de slertor.
Ainsi se trouve constituée la période épileptoïde qui est suivie d’un repos très court.
2“ Période clonique. - Caractérisée par de grands mouvements dans lesquels le malade bal le lit : mouvements violents et rapides de flexion et d’extension du tronc et des membres inférieurs. Repos. La figure de l’enfant devient souriante.
- Dans une autre attaque avec période épileptoïde suivie également d’une période clonique à grands mouvements, l’enfant exécute une série d’arcs de cercle dans lesquels le tronc est soutenu en avant à une hauteur d’au moins 0 ra ,40 cent, au-dessus du plan du lit et reste quelques secondes dans celle position.
— Dans d’autres attaques, la période de délire est très nettement indiquée : la physionomie exprime la douleur : cris de rage, d’effroi,
mâchonnement ; respiration accélérée. Attitudes passionnelles variées ; gestes, hallucinations, interpellations et paroles entrecoupées.
Ces quelques citations, tirées textuellement des notes recueillies au moment même des attaques, suffiraient à en montrer le caractère ; toutefois nous rapportons encore, pour compléter cette description, la relation de deux attaques provoquées.
21 février. — Une attaque est produite involontairement en portant la main sur la tête de l’enfant pour explorer la zone d’hyperesthésie située au niveau du bregma ; à peine les doigts ont-ils frôlé les cheveux en ce point, qu’un état de rigidité générale se produit instantanément. La chute est prévenue et l’enlant porté sur le lit. On observe alors des battements des paupières et un état singulier de la langue qui exécute une série de mouvements de va et vient d’avant en arrière et finit par se contracturer dans la rétraction, la pointe touchant le palais et dirigée en arrière, quelques mouvements cloniques et des arcs de cercle se produisent ensuite, puis le calme se produit et tout se borne à une seule attaque. Il n’y a pas eu de période de délire.
Une autre attaque produite dans les mêmes conditions a pu être arrêtée par la compression énergique de la zone bregmalique (clou hystérique).
Après ces attaques, lorsque l’enfant est revenu à lui, il rend parfaitement compte de ce qu’il a ressenti au moment où la zone hystérogène a été excitée; il décrit alors les irradiations douloureuses, la sensation de boule et les autres phénomènes prodromiques sur lesquels nous avons insisté dans notre description générale.
Comme on le voit, les attaques provoquées ne diffèrent en rien d’esssentiel des attaques spontanées.
Il nous reste à parler de la marche qu’ont suivie ces attaques et de l’épilepsie dont le malade était, croyons-nous, atteint concurremment. La durée des séries est très variable et oscille entre une demi-heure et trois heures, selon le nombre des attaques, qui peut aller jusqu'à 20 et plus. Elles ont été surtout fréquentes dans les mois de janvier et février. A cette époque, l’enfant ne passait guère deux ou trois jours
.ans attaque. Peu à peu, elles ont diminué de fréquence, vraisemblablement sous l’influence des divers moyens thérapeutiques employés contre l’hémianesthésie. Depuis que celle-ci a disparu définitivement (2 septembre), aucune attaque ne s’est produite.
Quant aux attaques, voici la marche qu’elles auraient su,v.e depuis l’entrée à Bicêtre, d’après le contrôle journalier exercé par les infirmiers de service, selon la coutume de l’établissement.
Novembre 1879 . • •
Décembre — • • •
Janvier 1880.
Février ..*••••
Mars.
Avril.
Mai.
Juillet. . . ..
Août . ..
Septembre et octobre
20 attaques.
Traitement. - L’enfant a été envoyé, dès son arrivée, à la gymnastique, dont il a régulièrement suivi les exercices. Aucun traitement interne n’a été suivi au début. On s’est contenté, en fait de médicaments d’employer, à diverses reprises, le nitrate d’amyle pour faire cesser les attaques, et ce moyen a quelquefois réussi. G est seulement au mois de juin qu’a été commencé l’usage des agents esthesiogenes.
10 juin — Hémianesthésie droite. On applique à dix heures du matin un bracelet formé de plaques de cuivre sur la jambe droite au niveau du mollet, et un second bracelet forme de plaques de zinc sur l’avant-bras droit. Au bout d’un quart d’heure d application, la
sensibilité revient dans toute l’étendue du côté droit, mais inégalement- elle est très marquée au-dessous et autour des plaques métalliques’ au pied, au tronc et à la tête, les piqûres sont nettement sen, es mais à un degré moindre. La sensibilité au froid est très marquée dans tout ce côté. Du côté gauche, la sensibilité persiste, bien qu un peu diminuée; les réflexes produits par le chatouillement de la plante
du pied sont aussi beaucoup moins intenses qu’à droite ; en somme, le transfert est resté incomplet. Les bracelets métalliques ayant été enlevés après cette constatation (10 h. 15 m.), on note à 10 b. 22 que la sensibilité est retournée à son état primitif ; le côté droit est de nouveau absolument insensible, même à une transfixion de la peau au niveau de la cuisse. A 10 b. 37, c’est-à-dire un quart d’heure après, aucun phénomène nouveau n’est survenu ; la sensibilité reste intacte à gauche, abolie à droite. Les zones hystérogènes n’ont paru subir aucune modification pendant l’expérience. Aucune oscillation ne s’est produite dans le transfert. —Cette expérience a été répétée, mais l’hémianesthésie est encore revenue à droite dès qu’on a retiré les plaques de zinc ou de cuivre.
12 juin. —Hémianesthésie droite complète. Les pôles d’un aimant en fer à cheval de grande dimension sont appliqués sur la partie externe de la cuisse droite à 10 h. 13 du matin ; à 10 h. 18 les piqûres d’épingle commencent à être perçues aux environs de l’aimant tandis que la sensibilité devient obtuse du côté gauche ; à 10 h. 30 le transfert est produit : hémianesthésie gauche complète. La transfixion de la peau par une épingle, pratiquée en plusieurs points, ne détermine non seulement aucune douleur mais même aucune sensation, Jes yeux du malade étant tenus fermés. A la longue, la sensibilité a également passé de gauche à droite. Mêmes remarques pour la sensibilité à la température. L’aimant était alors retiré (10 h. 32), on constate dès 10 h. 35 que la sensibilité commence à devenir obtuse du côté droit : quelques minutes plus tard, l’hémianesthésie y est revenue et l’enfant se plaint des piqûres qu’on lui a faites à la cuisse gauche pendant qu’elle était insensible.
Les troubles dans la vision des couleurs n’ont pas été recherchés parce qu’il n’existait pas de dyschromatpsie bien nette avant l’expérience.
Diverses tentatives ont été faites pour produire le sommeil hypnotique par la fixation du regard, mais malgré une grande persistance dans la durée des expériences toutes sont restées infructueuses.
De- nouvelles applications d’aimant ayant été faites sans amener de
modifications durables dans l’état de la sensibilité, l’enfant fut envoyé tous les malins à la douche à partir du 1 er août ; c’est vraisemblablement à l’influence de l’hydrothérapie qu’il faut attribuer la disparition définitive de l’hémianesthésie qui fut constatée le 2 septembre. Ainsi qu’on peut le voir dans le tableau que nous avons rapporté plus haut, il n’y a pas eu traces d’attaques depuis le début de ce traitement. Toutes les zones hystérogènes ont disparu et on peut maintenant comprimer de toute sa force la zone bregmatique sans déterminer aucune sensation anormale. Les couleurs sont exactement perçues des
deux côtés. . ,
L’enfant n’ayant eu aucune attaque en août, septembre ni octobre, quitte Bicêtre le 20 de ce mois en parfaite santé. Pendant son séjour (nov. 1879 à oct. 1880) il a grandi de 0 m 03 cent. (l m 27 h l m 30) et son poids a augmenté de 300 gr. D’après les tables de Quelelct (anthropométrie, p. 171 et 418), l’accroissement de taille physiologique a cet âge serait d’environ 46 millimètres et l’accroissement de poids de 4 kilogr. par an (Ann. d’hygiène publique. Pans 1833. Tom. IX p. 12). La maladie paraît donc avoir exercé une influence assez fâcheuse sur la nutrition générale et le développement (1).
PHYSYOLOGIE PATHOLOGIQUE.
La physiologie pathologique de l’hystérie était restée jusqu’à présent un mystère impénétrable pour tous. Dans une thèse récente sur l’hystérie chez l’homme M. Emile Batault, s’inspirant des idées de Haulrel sur la psychologie cellulaire, a proposé une théorie ingénieuse, basée sur un
1. Le malade a été revu en mai 1882. 11 n’a pas eu de nouvelles attaques, sasanté estexcellente.
principe de mécanique générale : la conservation et la communication du mouvement.
Nous allons essayer de résumer aussi clairement que possible les idées de M. Batault sur la Physiologie pathologique de l’hystérie, car les considérations dont il fait l’exposé s’appliquent aussi bien à la pathologie de l’hystérie infantile qu’à celle de l’adulte. L’essence de la maladie ne peut varier, elle est toujours la même, quel que soit le terrain dans lequel elle ait fait élection.
L’auteur de la thèse ne pense pas tout d’abord que l’on puisse un jour, même avec les instruments grossissants les plus perfectionnés, arriver à découvrir une lésion matérielle venant expliquer la symptomatologie si variée de l’hystérie. S’il y a une lésion, c’esi une lésion dynamique, purement fonctionnelle des cellules cérébrales et pour la chercher, il étudie d’abord la physiologie normale de la cellule.
Pour aller du simple au composé, il prend la cellule la plus élémentaire, la monère. Qu’est-ce qui différencie cet être vivant, d’un fragment de quartz, par exemple ? C’est son mode d’accroissement qui se fait par nutrition chez l’être vivant, par simple juxtaposition dans le minéral. De plus, le premier suit, réagit, se reproduit par scissiparité.
Mais il y a plus. Si on considère une molécule de la monère, on voit qu’elle est animée de mouvements qui lui permettent de s’approcher ou de s’éloigner de ses viosines, Ces molécules vivantes, Hæchel les appelle des plastidules et il nomme periginese le mouvement rhythmique des molécules.
Transportant ces données dans la physiologie cérébrale, M. Batault, s’appuyant sur les uoms d'Hartley, d’Herbert
spencer, suppose que c’est à des vibrations semblables, se passant dans les cellules cérébrales, qu’est dû le mécanisme de l’état mental ; et cette base physiologique posée ,il entre dans le domaine de la pathologie. Nous lui laissons la pa-
role. .
c Les cellules nerveuses sont les éléments les plus nobles de l’économie, ce sont les travailleurs intellectuels de la grande république cellulaire qui ^institue l’elre humain, ceux qui, par suite des différenciations successives sont arrivés aux plus hautes fonctions. C'est là aussi que la matière a atteint ce degré de perfection incroyable, qu’on lui refuse souvent parce qu’il dépasse noire comprèhenston pins que partout ailleurs, El pourtant, nous ne comprenons pas mieux la vie d’un amibe que le fonctionnement d’une
cellule cérébrale. Comment s’est produite la première vibration plastidulaire t La réponse révélerait le grand secret du processus vital.
Ces unités pensantes, par suite du rôle supérieur qui leur est dévolu, sont devenues plus délicates que toutes les autres- il suffit d’une cause minime pour les troubler. Le chronomètre le plus exact n’est-il pas plus susceptible de se déranger qu’une montre grossière de métal blanc? Les vibrations des plastidules doivent avoir atteint chez elle une complexité énorme, et la moindre différence quantitative ou qualitative de leurs ondulations aura comme conséquence des perturbations considérables. »
« Le rhythme anormal de ces mouvements plastidulaires dans les différents territoires de l'encéphale, peut expliquer, croyons-nous, les multiples phénomènes de l’hystérie. »
Examinant alors le mécanisme de celte physiologie, l’auteur fait remarquer qu’entre une cellule auditive et une autre du centre de la vision, la morphologie, même aidée du microscope le plus puissant, ne nous montre aucune différence. Que de divergences cependant au point de vue fonctionnel ! C’est à des différences dans les rhythmes vibratoires de ces deux cellules qu’est due leur divergence fonctionnelle. De même entre la cellule cérébrale d’un sujet sain et celle d’un hystérique. Le rhythme des vibrations plastidulaires n’est pas le même dans le premier cas que dans le second, et de même que celle différence amenait entre la cellule auditive et la cellule visuelle des modes divers de réaction, de même le sujet sain et l’hytérique auront chacun leur sensibilité spéciale, leur originalité. Et comme ce phénomène primordial, partout identique dans son essence, avait comme conséquence, les effets si variés qui séparent l’une de l’autre les deux cellules auditive et visuelle, il n’est pas illogique d’admettre qu’il aura pour conséquence chez les deux sujets que nous envisagions plus haut, les troubles si divers que font la symptomatologie de l’hystérie si riche.
Quelle est maintenant, la cause de cette anomalie de rhythmes chez les malades? Telle est la seconde question que se pose M. Batault,
Hæchel disait : * L’hérédité est la mémoire des plastidules, la variabilité est la réaplénite des plastidules. La première produit la stabilité, la seconde, la variété des formes organisées. Dans les formes très simples, les plastidules n’ont, si j’ose le dire * rien appris ni rien oublié » Dans les formes organiques très développées et très variables, ces plaslidules « ont beaucoup appris et beaucoup oublié. »
C’est donc à l’hérédité et à l’adaptation qu’il faut de-, mander la cause de cette variabilité des mouvements plastidulaires.
L’hérédité, par suite de la sélection naturelle ou plutôt souvent artificielle, mais involontaire, inconsciente, du mariage social, doit entrer en première ligne.
Quant à l’adaptation, elle dépend surtout des maladies générales qui changent la nutrition, par suite la composition originelle des plastidules, et en dernier ressort et comme conséquence finale leur mouvement rhythmique qui est en relation directe avec cette composition première.
En résumé, d’après M. Bertault, la névrose hystérique est une modification pathologique de vibrations plastidulaires des cellules du système nerveux central ; elle est soumise comme elles aux lois du darwinisme, et conséquemment, elle lutte pour l’existence par tous les moyens qui sont en son pouvoir. Et l’auteur conclut : « la cause morbide de Phystérie appartient à ce physio-pathologie plastidulaire. »
Nous avons tenu à exposer les idées de M.Batault parce qu elles nous paraissent Constituer une hypothèse très admissible pour expliquer la symptomatologie si variée de l’hystérie, en l’absence de toute vérification anatomique, constante jusqu’aujourd’hui. Cette hypothèse a de plus t’avàntage de rentrer tout à fait dans les idées des philosophes modernes; qui s’occupent du mécanisme du fonctionnement cérébral. Herbert'Spencer, dans ses Principes de psychologie, analyse les, conditions essentielles de fonctionnement du système nerveux et parle d’ondulations.
Üne objection qu’on pourrait faire à cette ihècHe est la suivante : 'si les maladies générales influençant la nutrition
modifient la vibration plastidulaire, comment se fait-il que la nutrition elle-même apportant sans cesse de nouveaux matériaux ne change pas le rhythme vibratoire par la rapidité excessive dé ces échanges? Et alors s’il en est ainsi, comment expliquer le fonctionnement normal de la cellule cérébrale que vous nous dites incompatible avec un changement perpétuel dans le mode de vibration des plastidulés ?
Nous trouvons dans un livre de Meurdelay (Physiologie de Vesprit) très curieux et très instructif Ta réponse à cette objection. « La nutrition n’est pas une simple réparation ; une simple intégration ; c’est une » réintégration : la substance est restaurée d’une façon spéciale s’il y a eu auparavant une modification spéciale, ce qui fait que la modalité qui s’est produite est pour ainsi dire incorporée ou incarnée dans la structure de l’encéphale. — Du reste J. Pagetdans ses * lectures on surgical Pathology », traitant précisément de celte modification indélébile que les maladies infectieuses impriment aux tissus vivants écrit : * Comment peut-on supposer que le cerveau soit l’organe de la mémoire s’il change toujours? Comment ce changement instructif de toute la molécule du cerveau ne détruit-il pas toute la mémoire? Parce que dans le processus nutritif, l’animélation se fait d’une manière parfaitement exacte. L’effet produit par une impression sur le cerveau (que ce soit une perception ou un acte intellectuel) y est fixé et retenu parce que la partie, quelle qu’elle soit, qui a été changée par cette impression est exactement représentée par la partie qui lui succède dans le cours de la nutrition. »
Voilà pourquoi les échangès'nutritifs ne modifient pas le
rhythme vibratoire des plastidules, tandis que les causes qui modifient cette nutrition modifient du même coup ces vibrations.
En résumé, celle théorie ingénieuse reposant sur les vibrations plastidulaires n’est pas inadmissible. Elle a au moins le mérite d'expliquer, d’une façon suffisamment plausible la symptomatologie à laquelle elle s’adresse. Attendons de l’avenir dé nouvelles confirmations, mais gardons-la en attendant. Les hypothèses, a dit Dumas, sont les béquilles dont se servent les savants : ils les jettent dès qu’ils peuvent marcher seuls. » Or, dans le domaine de l’anatomie pathologique des névroses, nous ne savons pas encore marcher seuls : conservons donc les hypothèses, nous les jetterons le jour où un chercheur perspicace nous aura appris à nous en passer en nous montrant, les preuves en main, les lésions matérielles ou fonctionnelles de l’hystérie.