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DIAGNOSTIC

Le diagnostic de l’hystérie chez l’enfant n’est généralement pas très difficile : en revanche, il est d’une importance capitale, car nous l’avons dit, plus tôt le traitement sera institué, plus il aura de chance de réussir.

La première recherche à faire, en présence d’un enfant qu'on soupçonne d’hystérie, que ce soit un garçon ou une

petite fille, c’est celle qui porte sur ses antécédents héréditaires.

Nous avons insisté au début de celte étude sur l’influence capitale de l’hérédité. C’est ici qu’il faut mettre ces données à profil. Toute la vie pathologique des ascendants et des collatéraux sera fouillée avec soin ; on y trouvera des éléments puissants et sûrs pour guider le reste des recherches.

On inteirogera ensuite l’émotivité de l’enfant, on considérera attentivement son habitus extérieur, sa façon de se présenter, de répondre, sa tendance aux larmes ou aux rires.

On cherchera à savoir par ses parents, par son entourage quel est son caractère, comment il vit chez lui, quels sont ses rapports avec ses frères, ses sœurs, ses camarades. Le praticien doit toujours avoir devant les yeux toute la série des troubles affectifs que comporte l’hystérie infantile, il devra les rechercher chez son petit malade.

On procédera ensuite à l’examen physique. Les troubles de sensibilité, anesthésie, hypéresthésie seront minutieusement recherchés ; les régions oû siègent d’ordinaire les points hystérogènes seront interrogées avec soin. Les sensibilités spéciales ne seront pas oubliées et l’œil sera l’objet d’un examen attentif. Le malade voit-il bien clair? Comment voit-i! les couleurs? A-t-il de l’achromalopsie, de la dyschromatopsie ? Quel est le résultat de l’examen du champ visuel? Toutes ces questions sont capitales, la dernière surtout.

S’il y a des troubles de motilité, des contractures, ou des paralysies, il y est très important de déterminer leur

rature, car de la solution de ce problème va dépendre le pronostic souvent bien différent dans un cas ou dans 1 autre. O* s’informera alors du mode d’invasion de ces contractures ou paralysies. On recherchera les troubles de sensibilité. S’il en existe, ou verra quelle est l’influence de llaimant, des agents eslhésiogènes sur le trouble moteur. On interrogera les réflexes. Dans les cas de contracture, de fausse coxalgie, le chloroforme pourra rendre de grandsservices.

D’une façon générale, on groupera tous ces symptômes recueillis par l’examen, et on aura toujours présent à l’esprit que l’hystérie peut simuler symptomatiquement toutes les affections possibles, et que, en l’absence des attaques les meilleurs signes sont les désordres mentaux, les troubles de sensibilité et les résultats de l’examen fonctionnel de l’œil.

Certaines paralysies hystériques s’accompagnent d’atrophies musculaires. Il faut être prévenu de cette complication pour ne pas les confondre avec la paralysie infantile* Mais l’absence de fièvre dans le cas d’hystérie, l’apparition en quelques minutes de la paralysie, les troubles de sensibilité qui l’accompagnent le plus souvent et le groupement des autres symptômes que l’examen physique aura révélés suffiront presque toujours à faire la distinction.

Lorsqu’il y a des attaques, le diagnostic est plus facile, mais il y a ià un point très important, c’est la recherche de la nature de l’attaque. Est-ce une attaque d’épilepsie, estce une attaque d’hystérie ?

Si nous supposons, bien entendu que l’examen physi-

que a été fait, nous ne nous occupons que de l’attaque en elle-même.

Si c’est une attaque d’hystérie dans laquelle la première période seule évolue à l’exclusion des autres, le diagnostic est délicat, car le tableau symptomatique peut être identiquement le même pendant l’attaque d’hystérie et pendant l’accès d’épilepsie. Heureusement, il y a des signes distinctifs. Au bout de quelques accès, la température monte chez l’épileptique, elle reste toujours normale chez l’hylérique. C’est là un caractère excellent pour poser le diagnostic. Il y en a d’autres.

On pourra, le plus souvent, arrêter la crise d’hystérie en exerçant une pression sur les régions où siègent d’ordinaire les points hystérogènes. A défaut d’arrêt, il peut se produire une suspension momentanée dans la crise, une exclamation de douleur poussée par l’enfant. On n’observe jamais rien de pareil chez les épileptiques.

La crise terminée, l’hystérique reprend vite possession de lui-même, il ne ressent pas une fatigue bien considérable. L’épileptique est terrassé au moral comme au physique, il reste sombre, hébété pendant très longtemps, se plaint de courbature, ne retrouve, en un mot son équilibre, que bien longtemps après la fin de son accès.

Si dans le cours de la crise il y a une phase de grands mouvements si surtout le malade fait l’arc de cercle, ou bien s’il y a une phase d’attitudes passionnelles, le doute n’est plus permis, on est en présence d’attaques d’hystérie.

M. Chariot a signalé un moyen excellent de diagnostic. On donne le bromure de potassium à doses progressivement croissantes et on note soigneusement le nombre des

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crises. Si, sous l’influence de la médication bromurée, le nombre de celles-ci diminue, le malade a de grandes chances d'être un épileptique, le bromure restant sans action sur les crises d’hystérie.

Rappelons enfin que les deux névroses, hystérie et épilepsie, peuvent se rencontrer simultanément, évoluant chacune de leur côté sur le même sujet. C’est l’hystéro-épilepsie à crises séparées.

En résumé, l’hystérie peut être assez facilement diagnostiquée chez l’enfant. Il suffit pour cela d observer scrupuleusement, sans parti pris, sans idéesp réconçues, sans théories faites d’avance. Il est temps de faire table rase des préjugés qui ont si longtemps égaré le pathologiste. Il faut chercher la vérité et savoir la reconnaître là où elle existe.

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