HISTORIQUE
L’hystérie chez l’enfant a existé probablement de tout temps. Mais malheureusement une théorie erronée datant de plus haute antiquité et acceptée jusqu’au siècle dernier par tous les médecins anciens devait laisser dans l’ombre pendant près de mille ans tout ce côté de la question. En effet, depuis Hippocrate jusqu'à Louyer-Villermay, l’utérus étant considéré comme le point de départ incontestable des convulsions hystériques, il en résultait fatalement que la maladie ne pouvait atteindre que les femmes, et les femmes d’un certain âge. « L’hystérie attaque de préfé- « rence les vieilles filles, les veuves, les femmes d’un * certain âge plutôt que les jeunes, parce que chez les « premières., la matrice est beaucoup plus légère, » dit Hippocrate (1).
Depuis Hippocrate jusqu’à l’ouvrage de Landouzy (2) sur l’hystérie, quelques auteurs. Rivière, Hoffmann, Cullen, Raulin, rapportent bien quelques cas d’hystérie chez les enfants, mais fascinés par les idées théoriques de l’époque et bien plus désireux de tenir compte des faits en harmonie avec les théories en vogue que de raconter simplement ce que l’observation leur apprenait, ils mirent les cas qu’ils avaient observés sur le compte d’une précocité étrange
1. OEuvres complètes traduites par Littré (Maladies des femmes, Liv. I).