‹ De l'Hystérie chez les enfantsChapitre 5 sur 34 · Traité de Vhystérie. Paris 1S · texte numérisé non relu

Traité de Vhystérie. Paris 1S

de M. Paris sur l’hystérie chez les petites filles, de M. Guiraud sur le même sujet, et celles de M. Klein et de M. Batauld qui, dans leurs observations d’hystérie chez l’homme rapportent plusieurs cas où le début remonte a 1 enfance de leurs malades.

ETIOLOGIE

Avant de nous demander quelles sont les causes prédisposantes ou déterminantes qui vont faire de l’enfant un hystérique, il peut être intéressant de rechercher s’il n’y a pas dans l’ensemble des conditions anatomo-physiologiques qui constituent ce qu’on est convenu d’appeler l’enfance, ubé relation possible avec le développement de la maladie.

La théorie faisant des organes génitaux le point de dé -1 part de l’hystérie, -qui n’est plus applicable poules adultes l’ëst évidemment enedre*&ien moïhs pour l’enfant. Ces w- ; ganes sont priiez lui T l’état rudimentaire et né peuvent exercér sur l’économie une action suffisante pour produire les désordres graves de l’hystérfe. Dh reste, un coup-d’œil jeté dans-la pathologie générale nous montrera Bien vite que grâce à la série considérable des observations publiées jusqu’à ce jour, la doctrine médicale contemporaine ne permet plus de rapporter ^d’autres organes que ceux^de l’appareil cephalo-rachidien, les symptômes qui n’ont pas

encore trouvé d’explication anatomo-pathologique, de substratum anatomique. C’est donc dans Appareil nerveux encephalo-rachidien de l’enfant que nous allons chercher une explication du développement de la névrosé.

Et d’abord, qu’iuvoque-t-on, lorsqu’on veut expliquer le développement plus fréquent de l’hystérie chez la femme que chez l’homme? L’examen matériel des organes ne donne pas de différences. C’est dans l’analyse de 1 état dynamique de la femme qu’on les rencontre. La sensibilité chez elle est bien plus vive que chez l’homme et elle manque du degré de réaction nécessaire pour dominer ses impressions. Les sensations plus facilement excitées, plus Tivement ressenties ont plus de retentissement dans toute l’économie que chez l’homme. « La femme, dit Georget sent plus qu’elle ne pense, et tout porte coup sur elle ; » Il est évident, dit Briquet, que la facilité de la femme a etre impressionnée et que le mode particulier de réaction qu excitent les impressions sont la mesure de la disposition a l’hystérie. La femme est faite pour sentir et sentir c’est

presque de l’hystérie.

Eh bien cette prédominance de la sensibilité chez la femme qui nous explique sa plus grande tendance. que l'homme à l'hystérie, nous la retrouvons chez 1 enfant 1 Ht bien plus ; ici, nous pouvons presque trouver oneexphcaUon anatomique. Etmttller disait que les femmes étaient plus sujettes à l’hystérie parce quelles avaient un système nerveux plus tendre, plus délicat et pins faible. Celle hypothèse gracieuse ne s'est pas encore vérifiée pour la lemme, mais il est incontestable que chez l'enfant, d’apres la remarque de Briquet, l’appareil encephalo-rachidien et

ses dépendances ont une activité vitale excessive. De l’époque de la naissance à la puberté, l’encephale quintuple de volume : les actions vitales s’exercent avec une énergie incroyable, les maladies inflammatoires et les affections convulsives y sont très communes.

Voilà une explication tirée pour ainsi dire de preuves stomatiques. Cherchons si dans l'état dynamique de l’appareil encephalo-rachidien de l’enfant, nous n’allons pas trouver d’autres indices expliquant jusqu’à un certain point la naissance de l’hystérie précoce. Au début de la vie, au moment ou les divers appareils sensoriels permettent à l'enfant de se mettre en relation avec le monde extérieur, chaque impression venue du dehors est ressentie avec une intensité d’autant plus grande que l’habitude n’est pas encore venue émousser ce que la perception de l’impression a de trop vif. Tout est sensation pour l’enfant, et toutes les sensations sont chez lui d’autant plus vives qu’elles sont nouvelles. Si l'on ajoute à cette donnée, celle que nous invoquions plus haut, à savoir, qu’à cette époque de la vie, l’appareil encéphalo rachidien est encore imparfait, on comprendra combien doivent être vives ces sensations toujours nouvelles s’adressant à un système d’organes à peine formé et dépensant déjà une partie de son pouvoir dynamique à son perfectionnement anatomique. Car on sait combien sont différents des cerveaux d’adultes, les cerveaux d’enfants nouveaux-nés. Chez les derniers, tout un ordre des cellules de l’écorce cérébrale fait défaut. Ce n'est qu’avec l’âge, avec l’éducation de l’organe que ces cellules se forment peu à peu et ces créations nouvelles exigent à n’en pas douter une dépense plus ou moins considérable de force.

Peugniez 3

Dans un état d’éréthisme perpétuel, le système nerveux de l'enfant se trouve dans des conditions telles, que les causes extérieures vont l’influencer et le troubler plus facdement que celui de l’adulte. Ajoutez à cela que la raison manque encore chez lui pour contrebalancer cette disposition : aussi réagit-il avec une intensité hors de proportion avec les sensations perçues. Un rien va faire naître dans ce ,e„ne cerveau les manifestations de la joie la plus intense : e prétexte le plus (utile plongera l’enfant dansle chagrin le p us profond : un caprice non satisfait le mettra dans la plus affreuse colère: chez lui. tout sera l’objet du plus vif désir.

, Les enfants, ditWhytt. si on les compare avec les adultes, ont plus de sensibilité et de mobilité dans le système nerveux que ceux-ci. C’est cet état du cerveau et des nerfs

des enfants, celle constitution délicate et si faible, qui les

rend aussi sujets aux convulsions occasionnées par des causes qui ne seraient pas capables de produ.re les memes effets chez les personnes qui seraient plus avancées en âge. Aussi les enfants peuvent-ils être sujets aux symptômes nerveux ou hystériques les plus violents. »

Il semble, en lisant toutes ces considérations destmees à faire ressortir l’impressionnabilité plus grande, la faiblesse morale et le manque de réaction nécessaire a 1 enfant pour dominer ses impressions, il semble disons-nous, qu’on pourrait sans s’éloigner beaucoup de la vente les appliquer au caractère de l’hystérique adulte. U est certain qu’entre les deux, l’analogie est grande. L’hystenque au point de vue psychique est restée un peu une enfant : son cerveau manque d’équilibration, de pondération comme celui de l’enfant, toutes les impressions y déterminent

comme chez lui des sensations dont l’intensité est hcrs de proportion avec la cause qui les a produites et ce défaut d’équilibre qui va faire de la jeune fille une hystérique, fait du cerveau de l’enfant un terrain tout préparé pour y faire fructifier et prospérer le germe qu’y auront déposé toutes les causes qu’on est convenu d’appeler causes prédisposantes de l’hystérie.

Car on pourrait faire aux considérations qui précèdent l'objection suivante : tout ce que nous venons de dire sur l’appareil encéphalo-rachidien de l’enfant est applicable à l’enfant en général. Et cependant tous les enfants ne sont pas hystériques. C’est qu’en effet il faut, pour que l’hystérie se développe, qu’elle trouve un terrain préparé pour elle. L’économie animale présente, soit par le fait de son état dynamique, soit par celui du mode d’être de ses tissus une tendance à subir certaines modifications pathologiques de préférence à certaines autres. Certaines dispositions organiques rendent aptes à contracter certaines maladies; c’est ce qu’on est convenu d’appeler la prédisposition et c’est à ces dispositions organiques spéciales qu’on donne le nom de causes prédisposantes. Nous allons maintenant les étudier pour ce qui concerne l’hystérie chez l’enfant.

CAUSES PRÉDISPOSANTES

Age. — Occupons-nous d’abord de rechercher quelle peut être l’influence de l’âge sur le développement de l’hystérie chez l’enfant, et pour cela, notons à quel âge remonte l’apparition des premiers symptômes de la névrose dans les observations citées dans la science.

Laudourzy, sur 52 cas d’hystérie, en cite 4 avant 10 ans, et 48 de 10 à 15. Briquet (1), dans ses 87 observations, expose le tableau suivant, relatif à l’époque du début des accidents.

31 dans l’enfance.

3 à l’âge de . .

5 ans.

6 à 7 ans.

IL à 12 »

Briquet ajoute plus loin que les enfants hystériques représentent numériquement le 1/4 ou le 1/5 du nombre total des hystériques.

Georget relate un cas à 9 ans, un autre à 11 ans. Beau 6 cas de 10 à 15 ans. Paris (2).

à 1 âge de .

7 k 8 ans.

Greffier (3) sur 23 cas, rapporte :

3 à l’âge de.

8 ans.

lt et 11 ans 1/2.

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