‹ De l'hystérie consécutive à la grippeChapitre 6 sur 11 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Observations.

Avant de rapporter nos observations, il nous reste un devoir à remplir, car des neuf observations que nous possédons, deux seulement nous sont personnelles. Trois nous ont été données par notre maître, M. J. Voisin, auquel nous sommes heureux de renouveler ici nos remerciements.

Nous remercions également notre excellent ami, M. Armand Guibert, interne de M. J. Voisin et pour l’observation qu’i] nous a communiquée et pour les conseils qu’il nous a donnés au début de ce travail.

Enfin nous adressons à M. le docteur Rambaud l’expression de notre reconnaissance pour la belle observation qu’il a si gracieusement mise à notre disposition.

OBSERVATION I (Inédite).

Communiquée par M. le docteur Jules Voisin.

Céphalalgie hystérique avec hémiparésie et hémianesthésie

sensitivo-sensorielle de même origine, survenues à la suite

de la grippe.

iM"'“ X..., 30 ans.

Grande, Jd tonde, a déjà été traitée à l’âge de 15 ans pour la chorée, a présenté, à plusieurs reprises, des attaques d’hystérie.

Mariée à l’âge de 22 ans, elle est prise de vaginisme et va suivre un traitement à Néris.

Enfin, au mois de janvier dernier, fut atteinte de la grippe.

Au huitième jour de la maladie, céphalalgie, vomissements et phénomènes de paralysie du côté gauche. L’entourage, craignant une méningite, fait demander M. le docteur Jules Voisin.

Voici l’état dans lequel notre maître trouve la malade : fièvre modérée, température 38°5, pouls 100, visage vultueux, yeux brillants. La malade accuse une céphalalgie très vive, frontale et circulaire, disant que sa tête est serrée comme dans un étau; contracture douloureuse du sterno-cleidomastoïdien du côté droit, se trouve dans l’impossibilité de tourner la tête ; le bras gauche est insensible à la piqûre, de même que le membre inférieur correspondant ; le sens musculaire et articulaire est presque aboli. M™® X.., présente en outre un point ovarien gauche douloureux, un point mamaire, un point interscapulaire et un point bregmatique ; de plus, des hallucinations de la vue, elle croit voir des animaux courir du côté anesthésié.

Le diagnostic porté est : céphalalgie hystérique avec hémiparésie et hémianesthésie sensitivo-sensorielle de même origine.

Traitement : sulfate de quinine, quinquina et alimentation tonique.

Quelques heures après, notre maître est rappelé auprès de la malade, qui vient d’avoir une ébauche d’attaque d’hystérie, qui a beaucoup effrayé l’entourage. M. J. Voisin comprime les globes oculaires et, parla suggestion, fait disparaître le torticolis et les vomissements et rend à la malade un sommeil qui avait disparu depuis le commencement de la maladie.

Les phénomènes hystériques durèrent une quinzaine de jours et un traitement hydrothérapique dut être ordonné à cette époque.

Deux points sont à considérer dans cette observation. D'abord la grippe suscitant des phénomènes hystériques chez un sujet certainement prédisposé par ses antécédents (chorée, vaginisme et attaques d’hystérie) ; en second lieu, les accidents d’apparence méningitique (vomissements, contracture, céphalalgie, paralysie). Dans le cours de l’épidémie, en effet, l’attention avait été plusieurs fois attirée par des symptômes, simulant jusqu’à un certain point la méningite, ainsi qu’en témoignent les rapports faits à la Société médicale des hôpitaux (séance du 14 et du 27 mars 1890) par MM. Gaucher, Gérin-Roze, Juhel-Remoy, Gomby et Sevestre. Plusieurs fois, en effet, il semble avoir fallu attendre la guérison pour établir le diagnostic d’une façon définitive et encore, tandis que les uns attribuaient à cette pseudo-ménin-

gite une origine grippale, les autres, plus sceptiques vis-à-vis de ces méningites, si vite guéries, leur attribuaient une origine hystérique. Dans le cas précédent, c’est à cette dernière opinion qu’il convient de se rallier.

OBSERVATION II (inédite)

Communiquée par M. le docteur J. Voisin.

Phénomènes d’hystérie consécutifs à Vinfluenza.

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