DIAGNOSTIC
Les erreurs de diagnostic ont été fréquentes dans les divers cas qu'on a rapportés d’hémoptysies hystériques, celles dont avaient été victimes les malades de Debove surtout sont:
curieuses.
Un de ceux-ci a, en 1877, une bronchite déclarée spécif-
que par un médecin des plus distingués : guérison complète.
En 1879, nouvelle bronchite : erreur nouvelle de diagnostic. Rétablissement.
En 1882, le professeur X..., consulté, trouve des lésions
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LHROTOES considérables de phtisie au poumon droit. Désespéré et convaincu de sa condamnation à une mort prochaine, le malade se retire à la campagne. Quelques mois après, Debove le voit et le trouve guéri.
Une jeune fille, queles plus grands médecins de Paris et d'Allemagne avaient jugée phtisique, ne présentait à l’examen de Debove aucune lésion pulmonaire.
Chez une jeune fille soignée par Strümpel, on put penser à une actynomycose du poumon et de la colonne vertébrale, alors qu’il ne s’agisssait que d’hystérie,
Enfin, deux de nos malades, Jeanne surtout, avaient été proclamées tuberculeuses par les médecins qui les avaient examinées.
Pourquoi ces erreurs ? A notre avis, elles tiennent, non pas tant aux signes que présentent les faux tuberculeux, qu'à l’ignorance du syndrome que nous avons étudié, et qui pourtant n’est pas si rare qu'on le croit.
Il est certain que la première pensée du médecin appelé pour des hémoptysies est de les attribuer à l’affection tuberculeuse, même si elle n'est pas manifeste : il faut qu'il soit prévenu que la névrose peut, elle aussi, être incriminée, pour ne pas se prononcer à la hâte, et il doit songer que la seule différenciation possible se fera par l'examen de l’évolution de la maladie. |
Il est surtout trois signes qui peuvent fausser le jugement du médecin: ce sont les sueurs nocturnes, les hémoptysies et les signes d’auscultation.
Nous avons vu dans le chapitre précédent que leur analyse minutieuse , leur corrélation et leur coexistence chez un névropathe donneront des résultats d'autant plus concluants qu’ils seront associés à l’analyse bactériologique des crachats, à une persistance ou à une fugacité des lésions pulmonaires, et à l'étude attentive de l'état général du malade.
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Rappelons cependant la périodicité de l’hémoptysie nerveuse, son expuition assez facile, son abondance, l'absence de bacilles et de fibres élastiques, caractères qu'on ne retrouve pas dans l’hémoptysie tuberculeuse.
Rappelons aussi la fugacité des signes pulmonaires, et leur coexistence avec des stigmates manifestes de névrose.
Mais si l’auscultation et la bactériologie sont négatives, devons-nous et pouvons-nous éliminer la phtisie comme cause efficiente probable ? Nous n’hésitons pas à nous prononcer pour l’affirmative, car il nous semble qu’on a trop élargi le cadre de l’hémoptysie tuberculeuse, quand on a prétendu que celle-ci pouvait devancer de plusieurs années les autres symptômes et apparaître au milieu d’une santé en apparence excellente, sans lésion appréciable à l’auscultation, sans présence de microbes dans les crachats (Dieulafoy, Lépine). Cette idée d’une hémorragie survenant sans motifs perceptibles à nos moyens d'investigation, nous satisfait moins, nous l’avouons, que son assimilation à un de ces troubles vaso-mateurs qui apparaissent dans l’hystérie: cette interprétation nous paraîtrait rationnelle, elle expliquerait avantageusement ces hémoptysies d'individus qui ne deviennent jamais tuberculeux et nous donnerait plus souvent à nous autres, médecins, le droit de rassurer nos malades quand ïls ne sont que manifestement hystériques. Il n’est guère de médecin, dit Debove, qui ne pourra se rappeler observation de malades qui ont eu dans leur jeunesse des crachements de sang, ont été plusieurs fois condamnés et sont devenus par leur longévité un témoignage éclatant de l’imperfection de notre art.
Le diagnostic d'avec les hémoptysies d'origine cardiaque sera facile, car la lésion cardiaque ne s'accompagne de cette complication que lorsqu’elle est nettement perceptible à notre entendement.
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