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Nous ne parlerons que pour les mentionner des crachements de sang que l’on peut observer dans l’évolution des kystes hydatiques des poumons, de la gangrène pulmonaire, de la syphilis et du cancer du poumon, de la dilatation bronchique — non plus de celles qui s’observent dans le mal de Bright, l’artériosclérose, l'hémophilie, le purpura, certaines maladies infectieuses graves, variole hémorragique, ictère grave, etc. Ils sont, en effet, accompagnés de signes permettant de nettement les différencier.
Une des observations que nous a permis de publier M. le professeur Rauzier comporte une interprétation assez embarrassante sur le genèse des hémoptysies survenues chez la religieuse: il est difficile, en eflet, de les rattacher à l'infection paludique dont elle était atteinte, plutôt qu’à la névrose hystérique, également manifeste chez elle. Quelle était la part exacte des deux affections dans l’origine de ce symptôme? A notre avis, la régularité et la périodicité des
‘crachements de sang, la présence d’une toux quinteuse,
sèche, agaçante, présentant tous les signes de la toux hystériques, enfin, la constatation de stigmates névropathiques manifestes, doivent faire incriminer la névrose comme cause réelle.
Le diagnostic devient particulièrement épineux quand l'hémoptysie se manifeste chez un hystérique en même temps tuberculeux : les deux maladies en effet ne sont pas incompatibles, elles s’associeraient même assez fréquemment, d’après M. le professeur Grasset, pour lequel l’hystérie ne serait parfois qu'une manifestation de la diathèse tuberculeuse. L'analyse de chacun des signes constatés ne suffirait pas à les différencier, à les rapporter à la névrose plutôt qu’à la phtisie.
L’hématémèse hystérique peut être très facilement confondue avec l’hémoptysie de même nature: les deux manifestations
ETAO TE peuvent d’ailleurs coïncider chez le mêmeindividu. Toutefois dans la majorité des cas l’hémoptysie hystérique est précédée d’un accès de toux, que celle-ci soit sèche, monotone et agaçante, ou qu’elle consiste en une simple quinte expiratoire, provoquée par l’arrivée du sang dans la gorge. Ce sang est rouge, parfois aéré, coagulable.
Dans l’hématémèse, le vomissement se fait généralement sans effort ou s'accompagne de contractions spasmodiques du pharynx et de l’œsophage. De plus, dans ce dernier cas, le sang a des caractères spéciaux, il est dilué dans son dixième de salive (hémosialémèse) et présente dans le crachoir un aspect caractéristique bien décrit par MM. Josserand, Gelibert et Mathieu. « Il s’agit, dit M. Josserand, d'un liquide rouge, moins coloré que le sang normal, à couleur de sirop de ratanhia, incoagulable », parfois mélangé de mucus ou de particules alimentaires et se divisant en trois couches bien distinctes dans un verre conique.
Chez la femme la menstruation vient souvent obscurcir le :
diagnostic : que les règles s'arrêtent et que les hémoptysies apparaissent on n'hésitera pas à expliquer celles-ci par le trouble menstruel. Et, de fait, la suppression du flux menstruel explique fort bien la tendance du sang soumis à un excès de tension, à faire irruption au dehors par des orifices et des
organes divers. Mais nous verrons dans le chapitre consacré
à la pathogénie la démonstration de l'existence d'un groupe
d'hémoptysies hystériques absolument indépendantes des règles.
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