‹ De L'Hystérie PulmonaireChapitre 6 sur 24 · REV · texte numérisé non relu

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Trois fois pendant les cinq mois que nous vimes la malade, les crises s’accompagnèrent d'attaques de sommeil somnambulique, pendant lesquelles Louise, s’imaginant redevenue jeune fille, causait avec celui qui était auprès d’elle, qu’elle prenait pour un de ses frères : ce dernier pouvait converser d’une façon très sensée avec elle, et, par des questions adroitement posées, se faire raconter de la malade tout ce qui l’intéressait. Toutefois, nous avons constaté que certaines questions étaient laissées sans réponse ; nous en avons conclu que Louise ne disait que ce qu’elle voulait. La durée de ce sommeil était variable, une fois Louise resta douze heures dans cet état et se r'éveilla toute seule.

Un jour elle nous fit constater qu’elle crachait du sang, et nous apprit en même temps que ce phénomène s'était déjà présenté à son premier veuvage : le matin et le soir, mais plus souvent dans l’après-midi, ces hémopiysies survenaient sans cause, sans gêne, jamais d’une façon abondante, et le sang quiles composaitétait rouge et acre : parfois une petite quinte de toux les précédait, toux sèche, agaçante et monotone : — ces quintes furent bientôt remplacées par des crises de hoquet survenant après l’ingestion des aliments ou des boissons, ces spasmes des muscles inspirateurs duraient de quinze à trente minutes, et n'étaient calmés que par du sirop de menthe: le hoquet ne disparut qu’au bout d’un mois, mais l’hémoptysie persista : à la percussion ni à l’auscultation nous ne pûmes trouver une explication à ces crachements hémoptoïques que nous attribuâmes à l’état franchement hystérique de la malade; au bout de trois mois ils avaient disparu.

Pendant l'apparition de ces divers phénomènes, la santé de Louise ne s'était pas modifiée, et lui permettait la vie mondaine avec ses diverses excilations. L’appétit lui-même

se modifia avantageusement.

Quant aux troublesnerveux que nous constatâmes, ils étaient

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l'indice d’une hystérie à allures franches : il y avait sur certaines parties du corps, notamment sur les jambes, des plaques d’anesthésie dont la malade n'avait aucune perception et qu’elle fut fort étonnée de nous voir piquer assez profondément sans qu’elle souffrit nique le sang coulât: pareille anesthésie siégeait sur la plupart des muqueuses, excepté sur les lèvres, sur la langue, et sur les fosses nasales : les organes des sens était normaux.

A la région ovarique, au-dessous du mamelon gauche, le long: de la colonne vertébrale, il y avait des points d’hyperesthésie qui agacaient d’ailleurs souvent la malade.

Louise a eu depuis un état de santé satisfaisant : seules les crises ont persisté.

Actuellement rien n’est à signaler, et, malgré quelques événements malheureux survenus dans l'intervalle, les crachements de sang n’ont plus reparu.

Observation II

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