QUE
vertes précises, les notions pathogéniques vagues, comme le froid, le traumatisme, la frayeur, tendent de plus en plus
à être reléguées en second plan.
Nombre de jaunisses dont la cause pathogénique eût été attribuée autrefois à un tourment moral, à une frayeur quelconque seront rapportées aujourd’hui sans conteste à des origines plus réelles, à limfection par exemple pour un certain nombre d’entre elles. Nombre d’ictères infectieux bénins, consécutifs à un léger état gastrique, bien connus et bien étudiés aujourd'hui, eussent été auirefois mis sur le compte de l'ictère émotif. Mais 1 est des cas, encore assez nombreux aujourd'hui où on n’a trouvé comme explication que la violence du choc moral.
C'est là l'ictère émotif vrai dont l'existence est aujourd’hui encore acceptée par tous les auteurs ; et nous verrons qu'il peut exister avec ou sans état gastrique préalable. Peutêtre dans l'avenir une connaissance plus complète des faits viendra-t-elle diminuer encore le nombre de ces ictères en enlevant pour les mettre à leur véritable place un certain nombre des cas qu'aujourd'hui encore on peut faire rentrer dans le cadre de notre étude.
Nous ne voulons point étudier ici l'historique de la maladie. Tous les auteurs qui se sont occupés des maladies
du foie ont eu à parler dé lictère émotif. Les noms de
ceux qui se sont plus particulièrement attachés à cette variété viendront mieux à leur place quand nous étudierons la pathogénie de lictère émotif. C’est sur ce chapitre assurément le plus important et le plus intéressant de l'étude de cette maladie qu'ont porté les efforts des auteurs.
Après avoir étudié rapidement les symptômes de Ja maladie, elassé les formes différentes que l’on peut y distinguer et rapporté les observations qui justifient ces formes, nous étudierons la pathogénie, le diagnostic et le
traitement de lictère émotif.
-Etiologie
Le nom même d’ «ictère émotif » en indique l’étiologie. La connaissance de l'influence de l'émotion est même si connue du public que nombre de malades indiquent au médecin comme cause de leur jaunisse «te vive émotion morale ; mais celui-ci doit être en garde contre cette cause d’étiologie trop faiblement acceptée ; nombre de cas d'’ictère autrefois rangés sous la dénomination de nerveux ou spasmodiques peuvent être attribués à des ictères catarrhaux bénins.
Dans tous les cas vrais, il Sagit d’un ébranlement nerveux, violent, qui a brusquement secoué l’organisme et provoqué par des moyens que nous aurons à rechercher lintoxication biliaire. C’est surtout la frayeur qui doit être la cause la plus fréquemment incriminée ; c’est elle que l’on retrouve indiquée dans la plupart des observations. Une
vive douleur peut être incriminée ensuite, Puis viennent
là colère et un certain nombre d'états d’âme qui surexcitent violemment l'organisme et peuvent permettre le passage dans le sang des éléments biliaires.
C'est dans cet ordre d'idées que l’on a voulu invoquer comme cause étiologique une grande joie, un bonheur subit et inespéré. On a également parlé du coït comme cause d’ictère ; et Hoffmann rapporte le cas d’un « homme qui était pris d’un léger ictère toutes les fois qu’il abusait du coït. « Toutes ces causes sont certainement importantes et méritent d'être retenues, mais nous croyons qu'il faut faire une large part étiologique à l'état général de lindividu, à ses antécédents, à ses prédispositions morbides,
générales et momentanées.
Il est certain que les individus faibles, énervés, que les gens désignés autrefois SOUS l'épithète générale de lymphatiques, seront plus sujets que les autres à contracter la maladie et cela en raison même de leur état de débilité et surtout parce qu’ils ressentent plus violemment les impressions intérieures. {ls sont craintifs, un peu pusillanimes, présentant parfois des signes de dégénérescence physique, ils se laissent facilement émouvoir par les pius légères contrariétés ; à plus forte raison une violente émotion, une grande frayeur, un moment de colère seront-ils vivement ressentis. Voilà les seuls malades capables d’être atteints