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d’ictère émotif vrai. Nous croyons qu'il faut faire aussi une part assez importante aux prédispositions spéciales du malade. Il est des personnes plus sujettes à souffrir d’un organe que d’un autre. « Le foie est un des viscères pour lesquels cette prédisposition est le plus marquée. »
L'influence du système nerveux est indubitable dans le cas actuel. Que celui-ci agisse sur la sécrétion biliaire par l'intermédiaire du plexus hépatique ou par un spasme de voies biliaires, son rôle se manifeste là comme dans toutes les autres sécrétions salivaire, intestinale, sudorale ou lacrymale, qui, on le sait, sont augmentées par les émotions.
Dans ce même organe n’a-t-on pas voulu faire jouer un rôle aux affections psychiques dépressives dans la production du cancer du foie.
Des influences prédisposantes particulières comme limpaludisme, les maladies infectieuses peuvent être citées. Mais il faut surtout signaler l'influence considérable et prépondérante de l’état gastrique antérieur ou actuel du malade. C’est dans le retentissement sur les organes digestifs et particulièrement sur l'estomac que l’on trouvera l'explication de nombre d'ictères rangés sous la dénomination d’ictères émotifs et qu'une étude plus sérieuse des faits pourra peut-être faire rentrer dans le cadre de l’ictère
catarrhal bénin.
Symptomatologie
Quelle que soit la cause, lorsque le syndrôme ictère s’est manifesté un cortège symptomatique, toujours le même, ‘que nous croyons devoir énumérer rapidement se manifeste. Nous signalerons ensuite les différences et les particularités
que peut montrer l’ictère émotif.
1° Coloration ictérique. — Avant d'atteindre la peau, la coloration anormale frappe d'ordinaire certaines muqueuses, les conjonctives et la muqueuse linguale surtout à la face inférieure au niveau des veines ranines. Elle se répand ensuite sur tout le corps, sa teinte varie du Jaune clair au jaune foncé. Les liquides organiques, les sécrétions, la sueur, peuvent prendre la coloration ictérique : jamais où très exceptionnellement on ne la signalée dans la salive et
dans les larmes.
Mentionnons seulement la xanthopsie et l’héméralopie (Parinaud).
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La peau est le siège de démangeaisons assez vives, ne s’accompagnant pas de lésions cutanées : si l’on excepte les plaques jaunes ou xanthélasma signalées pour la première fois par Roger. |
20 Troubles de l'appareil digestif. Les troubles digestifs antérieurs et ceux dus à l’ictère s'associent. La langue est. presque toujours épaisse, saturrale, les digestions lentes, les matières fécales sont souvent décolorées, blanches : dans d’autres cas elles restent normales. On a noté ces deux
alternatives dans l’ietère émotif.
3° Troubles de la circulaticn. Le pouls est ralenti et l’on constate au niveau du cœur un souffle qui a été diversement interprété et localisé ; extra-cardiäque, mitral, ou tricuspide, suivant les auteurs.
Enfin mentionnons les troubles du système nerveux, troubles de sensibilité générale, l’arthralgie, la myopathie ictérique (Quinquaud), quelques plaques d’anesthésie, et les altérations du sang sur lesquelles nous aurons à revenir.
Tels sont rapidement esquissés les symptômes qui se rencontrent dans l’ictère en général. L’ictère émotif a un début qui peut être absolument brusque. La coloration jaune apparaît immédiatement. Il en était ainsi dans le cas
de ces deux étudiants qui se battent en duel ; l’un des deux
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laisse tomber son épée, effrayé d’avoir vu son adversaire devenir subitement jaune. D’autres fois le début est moins rapide, c’est quelque temps après l'émotion due à la frayeur que la coloration jaune apparaît. Le patient, surpris en pleine santé apparente par une émotion, devient agité, anxieux, en proie à un léger mouvement fébrile et à quelques accidents gastriques. Ce n’est que plusieurs: heures après; quelquefois plusieurs jours que l’ictère apparaît. Dans ces conditions peut-on dire qu'il y a ictère infectieux bénin. Ce n’est pas, il est vrai, l’opinion des auteurs qui se sont occupés de la question. Cependant nous ferons remarquer qu'il suffit d’un état gastrique, même léger, pour déterminer un état infectieux suffisant pour produire l’ictère. L'infection des voies biliaires, consécutive à l’embarras gastrique, entraîne une tuméfaction de la muqueuse et peut déterminer parfois la formation d’un bouchon muqueux au niveau de l’ampoule de Vater. Il y aura donc là, ictère secondaire, ictère infectieux bénin, l'embarras gastrique est primitif et c’est lui qui sera sous la dépendance directe. de l’émotivité. Mais il restera à chercher dans ces cas comment agit l’émotivité pour produire l'embarras gastrique. Nous verrons plus loin les explications données à
cette hypothèse par M. le professeur Potain.
Ne pourrait-on pas voir dans la concomitance ou l'absence de cet état gastrique, et dans la présence de ce bouchon muqueux, la cause qui préside à la rétention biliaire. On sait que dans un certain nombre de cas, malgré l’ictère, les selles restent colorées; dans ce cas les phénomènes d’embarras gastrique, d’obstruction des voies biliaires manqueraient; la bile passerait dans l'intestin et colorerait les fèces. Dans les autres cas, la coloration blanche serait due à l'existence du gonflement muqueux des canaux
biliaires.
En tous cas, il est un point que l’on peut affirmer, c’est l'influence des phénomènes gastriques sur la marche de la maladie; à ce point de vue, il y a deux variétés absolument distinctes: L’ictère émotif vrai, ämmédiat, primitif est léger, il dure ordinairement 4 à 6 jours, rarement plus et se termine par la guérison. [l peut se compliquer, il est vrai, d’embarras gastrique dû peut-être. aussi à l’émotivité et, ayant débuté comme ictère émotif, et se continuera avec tous les phénomènes d’ictère catarrhal; dans ces cas le pronostic sera nécessairement plus réservé; il faut se rappeler avec Cruveillier que les ictères les plus simples peuvent devenir nocifs.
L'ictère émotif secondaire, retardé, a toujours un
pronostic plus sérieux. Le retentissement de l'émotion sur
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l'estomac indique fréquemment au niveau de cet organe « lucus minoris resistentiæ » et dans ces cas surtout il faudra s'occuper de l’état général et des maladies antérieures.
Du reste dans l’ictère émotif comme dans tontes les autres variétés d'ictère, il faudra s'occuper avec soin des lésions rénales possibles. L'examen des urines ne devra pas seulement avoir pour but de renseigner sur le passage de la bile dans le courant sanguin: il faudra y rechercher avec soin la présence de l’albumine, des cylindres. Le rein est peut-être lésé par une maladie antérieure, il peut même être atteint comme cela s’est vu par le passage prolongé de la bile et l’on sait les cas d’ictères aggravés par l’insuffisance
rénale.
Diagnostic
Les commémoratifs, on le comprend, doivent être d’un grand secours pour le dignostic de l'ictère émotif. Les circonstances qui ont signalé l'apparition de la maladie et sur lesquelles les patients ne manqueront pas d'appeler l'attention seront très utiles à connaître. Cependant il faut toujours se défier un peu des renseignements de ce genre qui vous sont fournis. On sait en effet avec quelle facilité on est toujours porté à rechercher la raison d’une maladie dans un trouble physique ou moral. Si l’on s’en rapportait à l’étiologie fournie par les patients, on trouverait toujours une chute, un traumatisme, une frayeur comme cause de leur affection. Aussi croyons-nous qu'il ne faudra accepter le dignostic d’ictère émotif que lorsque la recherche de toutes autres causes d'ictère aigu aura été vaine ; le diagnostie d’ictère émotif ne peut être et ne doit être fait que par
exclusion.
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El faudra surtout faire attention aux phénomènes gastriques qui auront pu précéder la maladie. Le seul diagnostic différentiel se fera avec les ictères catarrhaux et infectieux bénins.
Dans cette recherche il faudra se baser surtout sur les phénomènes d'apparition immédiate de la teinte jaune aux conjonctives et à la peau et sur le bon état antérieur des
voies digestives.
Pathogénie
Les nombreuses théories pathogéniques auxquelles a donné naissance la production de l’ictère émotif, les expériences qu’elle a suscitées et la diversité des hypothèses auxquelles elles ont donné naissance rendent très intéressante
l'étude de la pathogénie de lictère émotif.
Avant d'aborder les principales hypothèses nous croyons devoir parler ici de l’idée pathogénique dont M. le professeur Potain s’est fait le promoteur, et, pour des cas déterminés, le défenseur. Nous avons vu que, dans un certain nombre de cas, l’on retrouvait l'embarras gastrique concomitant. Aussi M. Potain s’est demandé si quelques ictères émotifs retardés n'étaient pas la conséquence de cet embarras gastrique ét si l'émotion n’agissait pas directement sur l’estomac; l’ictère phénomène consécutif resterait alors
dans le cadre des ictères infectieux.
Ces considérations, dit le professeur Potain, n’auraient
pas seulement un. intérêt théorique, elles comporteraient