III. — AMBROSIUS BENSON
ET
le Maître de la Deipara Virgo d'Anvers
{= Monogrammiste AB 1627 = le primitif soi-disant
% Mostaert » de Waagen).
Personnellement, nous ne connaissions de ce maître que deux œuvres importantes : d'une part, le tableautype : « la Deipara Virgo annoncée par les prophètes et les sibylles, » qui se trouve au Musée d'Anvers, dans la collection du B<^" van Ertborn, avec quelques Sibylles : — variantes de Tune des figures de ce tableau (entre autres le pseudo-portrait de Jacqueline de Bavière au même Musée, point de départ de la fausse identification de l'œuvre de Mostaert, par Waagen) — ou bien intimement apparentées à cette figure (telle la Sibylle de M"^^ Hainauer, à Berlin, qui figure à l'exposition de Bruges n® 220) ; — d'autre part, un retable à 5 feuillets, représentant la Vie de Sainte Anne, qui ornait jadis le couvent de Santa-Cruz, des dominicains de Ségovie, et se trouve actuellement au Musée du
à Madrid (n^' 2197, 2198, 2199, 2200 et 22ooti).
Friedlander, l'auteur de tant de rapprochements iblis, a réussi à grouper un nombre assez conle d'œuvres de la même main que le type s. 11 a reconnu comme tel, notamment un
qui, au Musée Germanique de Nurenberg, est comme : « Meister AB, oberdeutsch unter lom- 'lem Einfiuss von iSsy. » Ce tableau, peut-être ; de la place qu'il occupe, n'avait pas attiré ittention. C'est une Sainte Famille, signée du ■amme AB (réunis) et datée de 1527.
an autre côté, M. Justi a rattaché à l'auteur ble de Ségovie, un triptyque qui provient d'Avila, irtient aujourd'hui au comte de Valencia de Lian, à Madrid. Celui-ci porte également un ■amme tormé de A et B réunis. (Je dois aussi iformation à l'extrême obligeance de M. Fried-
ms avons* sur le maître les données suivantes, intre appartenant à l'école brugeoise : formé ifluence dominante de Gheeraert David, et ayant ine composition du Maître brugeois du Sainl- - chez qui on a remarqué des influences lombarflorissant dans le second quart du XVI= siècle, 1527; — dont un tableau est, depuis le XVI1= lu moins, à Anvers, tandis que d'autres œuvres intes se trouvent en Espagne. — Enfin, et surtout, ;s initiales sont AB.
Nous avons aussitôt songé à Ambrosius Benson, à qui toutes ces données conviennent adniirablement, et qui nous était bien connu par nos recherches dans les archives de Bruges (1).
Celui-ci était originaire de Lombardie, fut reçu franc-maître à Bruges le 21 août i5,ig, fut un peintre notable et considéré, car nous le trouvons membre du serment de la confrérie de St. Luc, en qualité de « vinder )> en i52i, iSSg, i545; gouverneur en 1540; et deux fois doyen {\ 53 j cl i543), honneur rare, qui au XVI^ siècle, n'était échu qu'à Gheeraert David et à Jan Provost. Ambrosius Benson paraît régulièrement aux foires de Bruges, et est cité dans divers actes.
Encore vivant le 6 août 1547; ^^ ^^^ ^^J^ décédé le 4 août i55o, date d'un acte dans lequel est citée sa veuve. Nous n'avons pas trouvé son nom dans le registre des peintres d'Anvers : ce doit être par suite d'une omission, car son fils, Jan Benson, y fut reçu comme fils de maitre.
Enfin ajoutons que Ambrosius Benson est le selil peintre brugeois de quelque importance, qui, à cette époque, ait porté les initiales AB
En présence de cet ensemble de coïncidences, nous considérons Tidentification que nous proposons comme
(l) Nous, remercions M. l'arcliiviste Gilliodts-van Scvercn, qui a bien voulu, avec son obligeance habiluellc, nous aider dans nos investigations sur la biographie des Benson.
devant inspirer une confiance voisine de la certitude. A l'exposition de Bruges ne figure qu'un seul tableau de ce maître : la Sibylle de M-n^' Hainauer, n" 220