‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 116 sur 150 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

qui , aujourd'hui , prétendrait maintenir cette distinction, témoignerait par là qu'il est un ignorant ou un sot.

la recherche de ces problèmes est faite pour consumer la vie de l'homme et le détourner d'une foule d'autres études utiles. Il recommandait d'apprendre assez d'astrologie pour reconnaître les divisions de la nuit, du mois et de l'année, en cas de voyage ou de navigation ou de garde, et afin d'avoir des points de repère pour tout ce qtii se fait la nuit, dans le mois ou dans l'année, grâce à la connaissance du temps affecté à ces divisions ; il ajoutait qu'il était facile d'apprendre ces points auprès des chasseurs de nuit, des pilotes, de tous les gens enfin qui ont intérêt à le savoir. Quant à l'astronomie et aux recherches qui concernent les globes placés en dehors de la rotation de notre ciel, à savoir les astres errants et sans règle, leur distance de la terre, leurs révolutions et les causes de leur formation, il en dissuadait fortement, disant qu'il n'y voyait aucune utilité. Cependant il n'était point étranger à ces connaissances ; mais il répétait qu'elles étaient faites pour consumer la vie de l'homme et le détourner d'une foule d'études utiles. En général, il empêchait de se préoccuper outre mesure des corps célestes et des lois suivant lesquelles la divinité les dirige. Il pensait que ces secrets sont impénétrables aux hommes, et qu'on déplairait aux dieux en voulant sonder les mystères qu'ils n'ont pas voulu nous révéler : il disait qu'on courait le risque de perdre la raison en s' enfonçant dans ces spéculations, comme l'avait perdue Anaxagore avec ses grands raisonnements pour expliquer les mécanismes des dieux. Lorsque celui-ci, en effet, prétendait que le soleil est la même chose que le feu, il igno-

Il faut lire à ce sujet les réflexions de Fontenelle : « Les anciens ont connu l'aimant, mais ils n'en ont connu que la vertu d'attirer le fer, soit qu'ils n'aient pas fait beaucoup de cas d'une curiosité qui ne les menait à rien, soit qu'ils n'eussent pas assez le génie des expériences, ils n'ont pas examiné cette pierre avec assez de soin. Une seule expérience de plus leur apprenait qu'elle se tourne d'elle-même vers les pôles du monde, et leur mettait entre les mains le trésor

rait que les hommes regardent facilement le feu, tandis qu'ils ne peuvent regarder le soleil en face, et, de plus, que les rayons du soleil noircissent la peau, effet que le feu ne produit pas : il ignorait aussi que la chaleur du soleil est nécessaire à la vie et à Taccroissement des productions de la terre, tandis que celle du feu les fait périr : quand il disait que le soleil est une pierre enflammée, il ignorait encore que la pierre, exposée au feu, ne donne pas de flamme et ne résiste pas longtemps, tandis que le soleil ne cesse pas d'être de tout temps le plus brillant de tous les corps. Socrate conseillait d'étudier la science des nombres ; mais il recommandait, comme pour les autres sciences, de ne pas s'engager dans de vaines recherches, et il examinait et discutait avec ses disciples jusqu'à quel point toutes les connaissances peuvent être utiles. » (Xénophon, Mémoires sur Socrate, livre IV, chap. vu.)

Platon prête à Socrate des idées plus relevées, mais il semble bien parler en son propre nom. (République, liv. VII.)

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