CHAPITRE XII
Résumé. — Conclusions.
Avant de clore ce travail, que je n'ai eu ni l'adresse ni le loisir de faire plus court, il ne sera peut-être pas inutile de recueillir, en quelques brèves formules, les principaux résultats auxquels il nous a conduits, et de présenter ainsi une vue d'ensemble des faits trèsnombreux et très-divers qu'j^m certain air de famille a permis de ranger sous le nom commun de faits d'imagination. De cette façon, il sera plus aisé de comprendre les lois qui les régissent et de se faire une juste idée de leur rôle et de leur importance.
Si l'on s'arrête un instant à contempler le cours de la vie psychologique, en faisant attention bien moins aux phénomènes eux-mêmes qu'à l'ordre suivant lequel ils s'enchaînent, on s'aperçoit tout d'abord que
3o6 DE l'imagination.
ces phénomènes appartiennent à deux classes fort différentes. Les uns s'arrangent en une suite régulière presque continue, dont toutes les parties s'appellent et s'unissent selon des lois déterminées ; les autres, soudains et imprévus, se détachent vivement sur ce fond uni et un peu terne que leur éclat fait encore pâlir. Ils ne trouvent point leur explication dans l'état mental précédent, avec lequel ils forment, au contraire, un contraste plus ou moins violent. L'on ne peut ni les appeler, ni les repousser à son gré, encore moins en changer l'ordre. De ces deux espèces de phénomènes, les premiers s'appellent conceptions, images ou idées, les seconds perceptions.
L'impossibilité d'expliquer les perceptions par l'activité spontanée de Tâme conduit nécessairement à les attribuer à une cause extérieure, c'est-à-dire à l'action continuelle que l'univers exerce sur nous. On ignore à peu près complètement de quelle nature est cette action. Tout ce que l'on sait, c'est qu'elle ne s'exerce que par l'intermédiaire du corps qui traduit l'action des forces simultanées en une série de résultantes successives, simples et par conséquent compatibles avec l'unité de l'esprit qui les perçoit.