CHAPITRE XII
ces questions délicates, où deux sciences séparées et presque rivales sont contraintes d'unir leurs forces et ne peuvent avancer Tune sans l'autre. On s'accorde cependant à attribuer les sensations à certaines modifications delà protubérance annulaire, des tubercules quadrijumeaux ou des couches optiques; et presque tout le monde admet que les idées sont jointes à d'autres modifications de la couche corticale des lobes cérébraux.
Bien que les deux séries d'organes soient indépendantes et capables d'agir séparément, cela pourtant est assez rare, et le plus souvent l'excitation des uns provoque par contre-coup l'excitation des autres. Dans la perception ordinaire, l'ébranlement part des centres sensitifs, mais le contraire arrive quelquefois, et l'on peut conclure d'un grand nombre de faits que presque toutes les idées provoquent quelque excitation dans les centre» sensitifs. Comment expliquer autrement les effets physiologiques pareils des perceptions et des images et les mouvements qui suivent les unes aussi bien que les autres } Les sensations qui résultent de ces excitations sont à la vérité trop faibles pour parvenir jusqu'à la conscience, mais quelquefois
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elles acquièrent assez de force pour produire de véritables perceptions. C'est ce qui arrive dans l'hallucination, espèce de perception retournée, dans laquelle l'image est la cause de la sensation au lieu d'en être l'effet.
Si les images peuvent exciter des sensations, d'où vient que , d'ordinaire , elles n'en excitent pas ? Cela tient sans doute soit à leur faiblesse, soit à la résistance qu'elles rencontrent de la part de5 perceptions. En effet, les sensations qui arrivent sans cfsse du dehors s'opposent aux sensations plus faibles que les images tendraient à provoquer et affaiblissent les images elles-mêmes en leur suscitant à chaque instant des rivales. Aussi, remarque-t-on que tout ce qui affaiblit les sensations accroît d'autant la vivacité des images.
Les sensations ne détruisent cependant tout à fait que les images qu'elles contredisent absolument. Quand l'incompatibilité n'est pas complète, la sensation modifie seulement l'image de façon à s'y accommoder. C'est ce que l'on observe surtout dans les rêves. Le songeur sait avec une habileté, une prèstesse vraiment merveilleuse, ajuster ses idées aux pe-