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CHAPITRE XII

qui avait le pouvoir d'être modifié, façonné, transformé d'une certaine façon ; cette sorte de plasticité qui a permis à l'âme de s'adapter aux circonstances, cette docilité à recevoir les empreintes, cette ténacité à les retenir, ce pouvoir, enfin, de thésauriser les expériences, voilà des éléments à priori que l'on ne saurait nier et que nulle expérience n'explique.

Les conditions objectives de l'association, c'est-àdire les circonstances qui favorisent la présence simultanée d'idées dans l'esprit, sont aussi nombreuses qu'il y a de rapports possibles entre les objets de ces idées. Les principales sont : la contiguïté dans le temps, la contiguïté dans l'espace, et la ressemblance qui se résout elle-même en un double rapport de contiguïté.

Les images successives s'associent par l'intermédiaire des idées communes. Mais il faut remarquer que l'association entre ces images n'est pas réciproque, c'est-à-dire que l'aptitude de la première à rappeler la seconde n'entraîne point du tout l'aptitude de la seconde à rappeler la première.

La mémoire consiste dans le rappel et la reconnaissance d'une image.

3i6 DE l'imagination.

Le rappel est un résultat direct de rass«Dciation et dépend de deux conditions : la persistance de l'association entre les diverses idées qui composent une image, et la présence actuelle de l'une de ces idées dans l'esprit.

Les images de la vue sont celles dont la renaissance est la plus facile; ensuite viennent les images de l'ouïe, puis celles du toucher, enfin les images formées des idées de saveurs, d'odeurs, ou des sensations de la vie organique.

La vivacité des perceptions, qui dépend en grande partie de leur caractère étrange, la répétition fréquente, le grand nombre et la diversité des associations sont les principales causes qui favorisent le retour des images ; mais ce . retour dépend d'une foule d'autres conditions intellectuelles ou morales aussi bien que physiologiques, dont la plupart sont encore inconnues.

Le second élément de la mémoire, c'est-à-dire la reconnaissance, s'explique assez bien par la tendance plus ou moins forte des idées à demeurer unies dans le même ordre. On regarde en effet comme des souvenirs toutes les images qui résistent aux efforts

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