‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 17 sur 150 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A quels signes? car toute distinction suppose un critérium.

Sans doute^ les percutions contiennent un élément qui manque aux images, la sensation; mais, comme on n'est jamais sans quelque sensation, il faut savoir pourquoi, dans certains cas, on regarde cette sensation comme la cause des idées qui lui sont simultanées, et pourquoi, en d'autres rencontres, on juge qu'elle leur est étrangère.

Les raisons de ces jugements divers sont fort nombreuses. Je ne prétends point en dresser une liste complète, encore moins rappeler celles qui sont purement accidentelles, ou que tout le monde connaît. C'est, par exemple, chose évidente que les images sont d'ordinaire beaucoup moins vives et distinctes que les perceptions (i). Chaque perception forme en quelque sorte un tout bien défini, et presque toujours on sait avec exactitude quand elle commence et quand elle finit. Au contraire, les images ont des contours vagues et fuyants, commencent insensiblement et

(i) Cependant le contraire arrive quelquefois, sans que pour cela nous prenions l'image pour une perception. Ce critérium est donc insufSsant.

finissent de même ; ce sont bien moins des états de conscience séparés que des divisions à peu près arbitraires dans une chaîne dont chaque anneau tient fortement à l'anneau qui précède et à l'anneau qui suit.

J'insiste davantage sur les diflférences suivantes qui tiennent de plus près à la nature des images^ si bien qu'on pourrait presque les déduire à priori de la définition même.

1° Rappelons-nous que l'image est ce qui reste de la perception après que la sensation en a été retranchée. C'est un agrégat d'idées dans un état particulier de combinaison, agrégat qui survit à la sensation qui l'a formé, mais qui ne se fût jamais formé sans cette sensation. Toute image ,a donc été précédée d'une perception. Avant de concevoir les images de certains Ueux, de certaines personnes, de certains événements, nous avons perçu ces lieux, ces personnes ou ces événements. A la vérité, il arrive quelquefois qu'une image est suivie d'une perception qui semble en être la copie, par exemple lorsque l'événement justifie une prévision, ou qu'un peintre, contemplant son tableau, reconnaît l'image précédemment conçue. Mais si ces

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