CHAPITRE III
I. Résultats généraux des recherches physiologiques. — II. Les organes des sensations sont distincts de Torgane des perceptions et des images. — III. Les perceptions et les images ont, au contraire, le même organe. — IV. Les diverses perceptions ou images ne sont pas localisées dans les différentes parties du cer\'eau.
On vient de rappeler les principales différences que Ton découvre entre les perceptions et les images en s'observant seulement soi-même; voyons à présent si l'analyse physiologique en découvrira d'autres plus cachées, ou bien si elle fournira de nouvelles preuves de l'étroite parenté de ces deux espèces de phénomènes, et de la diflFérence profonde qui les sépare des sensations.
Si l'on demande quelle lumière de telles recherches peuvent jeter sur la question, il est aisé de ré-
pondre : qu'au contraire des physiologistes, qui partent de la connaissance des fonctions pour rechercher les organes, les psychologues peuvent tirer de la connaissance des organes un argument en faveur de la ressemblance ou de la différence des fonctions.
Pour ceux qui refuseraient de recevoir le témoignage des physiologistes, en prétextant les incertitudes et les contradictions qui les divisent encore, on peut ajouter que ce qui est douteux ne projette point son ombre sur ce qui est certain. Il s*en faut bien, dites-vous, que les maîtres de la science soient toujours d'accord ; qu'importe, pourvu que, sur les questions principales, leurs expériences soient décisives et leur doctrine unanime. A qui sied-il moins qu'à des philosophes de triompher avec trop de hauteur du désaccord des savants ? Les représailles ne sont-^lles donc point en vérité trop faciles ? Loin de nous cette curiosité hautaine et dédaigneuse qui méprise une satisfaction incomplète, et tient que rien n'est fait tant qu'il reste quelque chose à &ire; maxime souvent nuisible en politique, toujours en philosophie; car enfin, si l'on veut toujours Êiîre le dernier pas, on ne fera jamais le premier.