CHAPITRE III
Quant à la configuration extérieure, on peut y reconnaître plusieurs parties : la moelle épinière, le bulbe rachidien, la protubérance annulaire, les tubercules quadrijumeaux, le cervelet, les pédoncules cérébraux, les couches optiques, le corps strié, les lobes cérébraux.
Les physiologistes déterminent le rôle de ces divers organes en les retranchant ou en les désorganisant un à un sur un animal vivant et en observant quelles fonctions disparaissent à la suite de ces mutilations.
Il est difficile de déterminer précisément le siège des, diverses sensations. Les sensations, qui paraissent simples à la conscience, ont sans doute des conditions physiologiques très-complexes et qui exigent le concours de plusieurs organes. A vrai dire, les savants n'ont jamais été tout à fait d'accord sur ce point. Cependant une opinion avait fini par prévaloir, et Ton considérait généralement la protubérance annulaire comme le siège des sensations organiques et des sensations du goût et de l'ouïe (i), et les tubercules
(i) Voir Vulpian : Leçons sur la physiologie du système nerveux, p. 541-548.
Longet : Traité de physiologie, t. II, p. 241.
quadrijumeaux comme le siège des sensations optiques ; mais cette dernière localisation avait toujours rencontré des contradicteurs (i).
D'autres physiologistes sont venus, forts de nouvelles expériences, remettre tout en question, et revendiquer pour les couches optiques le rôle principal dans les sensations. Ce n'est point qu'ils refusent d'admettre le rôle de la protubérance annulaire et des tubercules quadrijumeaux ; encore moins contestentils les expériences sur lesquelles leurs prédécesseurs ont fondé leurs théories ; seulement ils interprètent ces expériences un peu différemment. Ils soutiennent que le travail physiologique, commencé dans la protubérance et les tubercules, s'achève seulement dans les couches optiques et ne devient conscient qu'après avoir subi en cet endroit une nouvelle élaboration. « La couche optique, dit M. Poincaré, représente la limite supérieure du système nerveux sensoriel. Elle touche immédiatement à la sphère psychique, et elle seule a le pouvoir de relier le système nerveux intel-
(i) Voir Vulpian : ouvrage cité, p. 557.
Flourens : Recherches expérimentales sar les propriétés et les fonctions du système nerveux che:( les animaux vertébrés.