‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 25 sur 150 · CHAPITRE III. 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 6l

plus considérable de l'encéphale) le siège des facultés intellectuelles, n'ont fait que confirmer ce que l'expérience la plus vulgaire avait de tout temps permis de deviner. Il y a longtemps que l'on dit par métonymie qu'un homme a une bonne tête, pour dire qu'il est fort intelligent. Après un travail d'esprit insolite par la durée ou l'intensité, on ressent distinctement une fatigue dans la partie de la tête occupée par les lobes. Une impression trop vive, un travail d'intelligence excessif, altèrent notablement la substance cérébrale, si bien que l'on trouve alors en plus grande abondance dans les excrétions les produits de l'usure de la substance nerveuse (par exemple, les phosphates ammoniaco-magnésiens éliminés par les reins). Enfin, personne n'ignore que l'altération du cerveau entraîne la perte ou l'affaiblissement de l'intelligence, et que l'idiotisme est la conséquence fatale d'un développement par trop incomplet de cet organe.

Priver un animal de ses lobes cérébraux, même en lui laissant tous les organes des sensations, c'est supjwimer en lui, d'un seul coup, avec les perceptions, toutes les autres manifestations intellectuelles. Il ne reconnaît plus sa nourriture et ne fait aucun effort

pour la prendre ; il ne l'avale que si on la lui introduit dans le gosier (i). Il conserve d'ailleurs toutes ses facultés locomotrices et continue à marcher et à courir, mais s'il vient à rencontrer quelque obsucle sur sa route, il ne sait ni l'éviter ni s'en détourner (2). Il n'accomplit aucun mouvement spontané que l'on puisse attribuer à un acte quelconque d'intelligence ou de volonté. Il ne s'effraye plus, ne s'irrite plus (3); tous ses instincts ont disparu (4). C'est vraiment l'animal machine de Descartes, où tout se fait par rouages et par ressorts.

Il reste à voir si les diverses perceptions ou images sont localisées dans les différentes parties des lobes cérébraux ou bien si les phénomènes intellectuels ont toiis le même organe. Il importe d'abord de bien poser

(i) Flourens, ouvrage cité, p. 125.

(2) Id., ibid., p. 125.

(3) Id., ibid., p. 130-13 1.

(4) Id., ibid., p. 129.

Voir aussi MùUer : Manuel de physiologie, t. I, p. 762.

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