‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 29 sur 150 · CHAPITRE lîl · texte numérisé non relu

CHAPITRE lîl

dé mémoire. Ajoutons qu'il est diflScile, mais don tout

à fait impossible, de savoir au juste ce qui se passe dans

l'esprit d'un homtiie qui ne peut parler. Enfin, pourquoi ne l'avouerai-je pas? je ne suis point tout à fait édifié sur la valeur de quelques observations qui ont bien l'air de n'avoir point été faites avec tout le soin désirable. Plus elles paraissent remarquables et curieuses, plus je m'en défie. Par exemple, j'ai peine à croire aux cas d'aphasie restreinte à une des parties du discours. Tel malade ne peut dire aucun adjectif, tel autre aucun substantif. Conclurons-nous donc que les adjectifs sont localisés quelque part dans un lobe du cerveau.»* Je ne sais trop comment les philologues recevraient une assertion aussi singulière.

D'ailleurs, cela soit dit pour prévenir tout malentendu, les psychologues n'ont absolument aucune répugnance à admettre cette localisation, pas plus que toute autre, du jour où elle sera parfaitement démontrée. Leurs hésitations ne viennent point d'un vain scrupule métaphysique, mais de ce qu'ils pratiquent la maxime de Descartes et ne veulent reconnaître aucune chose pour vraie avant de l'avoir vue évidemment être telle. Une fois admise cette propo-

sîtion : le cerveau tout entier est Torgane de la vie psychologique prise dans son ensemble, le plus fort est fait, et il ne reste plus aucune difficulté à admettre celle-ci ; telle partie déterminée du cerveau est l'organe de telle partie de la vie psychologique.

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