‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 32 sur 150 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« Un enfant de deux ans et demi^ de ma connaissance, passe une partie de ses journées à jouer le rôle de cocher ; ses chevaux sont deux chaises dont il fait un attelage au moyen de rubans; lui-même, assis derrière sur une troisième, les rênes dans une main, un petit fouet dans Tautre, mène ses paisibles coursiers. Un léger balancement de son corps montre qu'il les croit en marche ; peu à peu ce mouvement se ralentit, il tombe dans un repos voisin du sommeil, et pourtant l'illusion dure encore ; mais si quelqu'un vient à se placer devant les chaises, l'immobilité de l'obstacle, en le désabusant, détruit son plaisir. Alors il tempête, il se désole : on empêche ses chevaux d'avancer.

« Le même enfant s'occupe assez régulièrement à nourrir,. avec des graines imaginaires, des oiseaux de

équipage et un grand cortège ; qu'ils conduisent des armées, livrent bataille et jouissent du plaisir de la victoire ; qu'ils parlent aux rois et aux plus grands princes ; qu'ils sont rois euxmêmes, ont des sujets, possèdent des trésors qu'ils peuvent faire de feuilles d'arbres ou de grains de sable, et, ce qu'ils ignorent dans la suite de leur vie, savent à cet âge être les arbitres de leur fortune et les maîtres de leur propre félicité. (La Bruyère : Caractères, ch. xi. — Ed. Hémardinquer, p. 269.)

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basscf-cxïur, inmginakes aussi ;. il cîenaande qu'on laisse onmezte k porte de la chambre où il les tient, et si pai hasacd oa la fsrme, il se prend aus^tôt. à pleurer ; Gin empoche de: sortir ses paasvires camauds et ses pau-* vires poides*.

(c Un père entend. de' sar fenêtre qiie.ses oi&iits^ tirent de l'arc dadas le jaxdin^ L'un est juge des conps> d'antres en appellent de ses décisions ;. on se dispute, on crie, on applaudit aux vainqueurs, on insulte: aux maladroits ;. le père conçoit quelque inquiétude. Où ont-ils plis des arcs? Peuvent-ils tirer à leur âge? Ne se font-ils pas de mal ? N'y pouvant plus teotir, il descend dans le jardin et. les observe ; il les voit rouges, animés, pleins de cette ardeur sérieuse qui a£conapagne les giands plaisirs. Toute la pantomime était parfaite, mais il n'y avait ni arcs, ni flèches, ni but; un mur formait tout le matériel de l'exercice (i). »

(i) M. Necker de Saussure : VÉducation progressive, t. I, pages 189-190.

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