‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 36 sur 150 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

géré les différences. Qui voit, en effet, les conséquences physiologiques pareilles de ces deux états d'esprit ne peut s'empêcher de croire qu'ils sont tous deux accompagnés de quelque sensation.

A la vérité, parmi les idées dont se compose une image, il faut compter en première ligne l'idée même de la sensation initiale; par exemple, l'image d'un arbre contient l'idée de la couleur verte, et les autres idées se groupent autour de celle-là dans l'image, comme elles se groupaient naguère autour de la sensation. On pourrait donc soutenir que c'est à cette idée^ sorte de sensation affaiblie, qu'il convient d'attribuer les effets physiologiques précédemment signalés. Mais, à dire le vrai, une telle explication ne paraît guère plausible : l'idée a un siège organique, la sensation un autre, et l'on conçoit malaisément que des courants nerveux (i), partis de centres différ^ts, puissent provoquer directement, dans les mêmes organes, les mêmes effets physiologiques. Il y a bien de l'apparence que les 'idées n'agissent que par l'intermédiaire des sensations qu'elles provoquent, si toute-

(i) Ou tout ce qu'il plaira d'imaginer, des esprits animaux si l'on veut.

fois elles sont capables de provoquer des sensations. C'est la question qu'il faut maintenant examiner, fort importante comme Ton voit, car si l'on peut la résoudre affirmativement, les effets physiologiques des images s'expliqueront de la manière la plus simple. D'autres conséquences suivront : ainsi l'on devra distinguer deux espèces de sensations, les unes naissant des excitations extérieures, les autres des idées, cellesci beaucoup plus faibles en général, mais ne laissant pas de produire aussi quelques mouvements et quelques effets physiologiques.

Il y aura donc également deux espèces de perceptions : les unes, celles auxquelles nous sommes accoutumés, où la sensation est le point de départ et provoque les idées; les autres, extrêmement rares, où les idées provoquent la sensation, qui devient alors le ppint d'arrivée.

Il faudra enfin modifier légèrement la définition de l'image à peu près comme il suit : L'image est un ensemble d'idées séparées de la Sensation ou accom-^ pagnées seulement de sensations provoquées par les idées elles-mêmes.

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