‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 46 sur 150 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Maintenant il faut voir d'où viennent les sensations qui font partie de ces perceptions.

A cet égard, on a fait deux hypothèses. Suivant la première, le point de départ des hallucinations serait dans les organes des sens, et, par suite, l'hallucination ne différerait que très-peu de la perception ordinaire. Dans la perception ordinaire, une cause extérieure ébranle l'organe, les nerfs transmettent l'impression aux centres sensoriaux, la sensation suit ; cette sensation réagit sur les lobes cérébraux, elle provoque une image et la perception commence. C'est à peu près la même chose dans le cas de l'hallucination, à cela près que le trajet de l'impression est moins long; l'antécédent normal qui agit à l'extrémité périphérique du nerf est remplacé par une excitation accidentelle sur un point quelconque du parcours de ce nerf, ou bien sur le centre nerveux même; mais, dans un cas comme dans l'autre, la sensation naît de dehors en dedans'; elle est toujours l'antécédent de l'image, jamais le conséquent.

io8 DE l'imagination.

Voici les principaux faits que l'on allègue à l'appui de cette théorie.

Si l'on irrite n'importe comment les nerfs des sensations spéciales, on n'obtient pas de sensations de douleur, mais toujours des sensations en rapport avec la nature particulière de ces nerfs.

Les sensations sont donc le résultat de l'activité propre des diverses parties du système nerveux, quel que soit l'agent qui lui donne le branle. Usez de l'électricité , du scalpel ou du poison , toujours le nerf optique répondra par une sensation de lumière, le nerf acoustique par une sensation de bruit, etc. Si donc certaines sensations résultent d'une excitation accidentelle des organes sensoriels, pourquoi n'en serait-il pas toujours ainsi, même dans les cas où la cause de l'excitation nous échappe ? d'où vient que l'on repousse une explication qui semble s'offrir d'elle-même? L'électricité, la chaleur, le magnétisme, que sais-je, le fluide nerveux ou tout autre agent aussi mystérieux, ne peuvent-ils pas, en l'absence de tout ébranlement extérieur, provoquer dans les organes des altérations semblables aux altérations normales ?

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