‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 66 sur 150 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Comment soutenir à cette pauvre femme qu'elle raisonne mal, qu'elle se hâte trop de conclure et qu'il ne faudrait qu'un peu d'attention pour dissiper son erreur? N'y a-t-il pas bien plus d'apparence qu'en pareil cas les sensations provoquées par des idées fixes et puissantes viennent se joindre aux sensations normales et les altèrent par le mélange, si bien que la conscience ne connaît, à vrai dire, ni la sensation excitée de dedans en dehors, ni la sensation venant en sens contraire, mais une résultante des deux? Il semble donc que l'on pourrait avec justesse définir l'illusion : une hallucination entée sur une perception véritable.

Pour achever la revue des principaux phénomènes qui résultent du conflit des divers états de conscience autres que les simples sensations, il ne reste plus à considérer que les relations des images entre elles, et l'action qu'elles exercent l'une sur* l'autre.

Il est aisé de voir d'abord' que l'ensemble d'idées dont se compose une image se subdivise en un cer-

tain nombre de groupes partiels qui constituent autant d'images particulières. Les idées qui forment ces groupes partiels ont plus d'affinité entre elles qu'avec les autres idées de l'image totale. Les images particulières, à leur tour, se décomposent en groupes moins complexes et la même division peut être continuée jusqu'à ces éléments, qui paraissent simples à la conscience et que nous avons nommés idées. Il y a donc toujours plusieurs images enveloppées, emboîtées pour ainsi dire dans une seule, sans cependant perdre tout à fait leur individualité propre.

On comprend bien que ces images partielles n'ont pas toutes la même importance ; elles se subordonnent hiérarchiquement, les plus compréhensives venant au premier rang, et la plus complexe de toutes donnant son nom et son caractère à l'image tout entière.

Les modifications qui surviennent dans un groupe partiel n'altèrent gravement l'image totale que si le nouveau groupe ne peut tenir la place de l'ancien ; autrement, la substitution se fait aisément, comme d'une pierre à une autre dans le même édifice. La même idée ou le même ensemble d'idées peut donc.

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