‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 76 sur 150 · CHAPITRE Vlili · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlili

d*un instrument. Qu'un dessinateur habile prenne un crayon et trace machinalement quelques traits, l'association des mouvements lui fera achever le dessin sans qu'il le veuille et en songeant à toute autre chose. Les mouvements par lesquels l'enfant suce le lait de sa nourrice ne semblent pas plus instinctifs que les mouvements qu'il faut faire pour prendre les aliments avec la fourchette et les porter à la bouche ; les deux opérations se font avec la même sûreté; et cependant la seconde ne devient ainsi naturelle et infaillible qu'après un assez long exercice; les petits enfants s'en tirent d'abord avec beaucoup de peine et un médiocre succès, si bien qu'ils ne peuvent concevoir pourquoi les hommes se sont imposé une gêne inutile ; puis, avec le temps, ils font mieux, et bientôt l'acte devient si facile qu'ils oublient la peine qu'ils ont prise d'abord pour le mener à bonne fin.

On peut se placer à deux points de vue pour étudier l'association des idées : on peut en effet recher-*

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cher les conditions mentales du phénomène, ou bien la disposition des choses extérieures la plus propre à faire que les idées de ces choses se rencontrent justement en de telles conditions. Si je dis que deux idées relatives, telles que père et fils, grand et petit, ne sauraient être pensées Tune sans l'autre, et, par suite sont associées aussi étroitement que possible, j'énonce une des conditions mentales de l'association des idées ; si j'ajoute que la contiguïté dans l'espace est aussi une cause d'association, on voit bien que je signale seulement une des circonstances qui font que l'on pense deux choses 'à la fois.

Il y a donc des causes subjectives et des conditions objectives de l'association des idées, et l'on ne saurait sans inconvénient les étudier ensemble; aussi ne doiton pas accepter sans réser\'e la classification commune qui les réunit dans une seule liste: la ressemblance, le contraste, la contiguïté dans le temps ou dans l'espace, le rapport du signe à la chose, de la cause à l'effet, du moyen à la fin. Il est certain, par exemple, qu'il n'y a point de contraste entre les objets, mais seulement entre les idées, tandis que la contiguïté des choses dans l'espace ne dépend en aucune façon de

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