CHAPITRE PREMIER
de connaître , puisque toute notre puissance sur la nature dépend de cette connaissance.
Les perceptions au contraire forment dans le temps une série unique, unilinéaire. Quelque nombreuses que Ton suppose les conditions qui les amènent, en elles-mêmes elles sont simples et dès lors incapables de représenter des suites complexes. Supposons des instants successifs 1 1' t" t'" , supposons qu'à chacun de ces instants se produisent simultanément un certain nombre de phénomènes a h c, etc. ; plaçons en regard des instants tt' t" t'" les phénomènes qui s*y passent, nous formerons le tableau suivant :
f. . efgh
r" no p q
Admettons que les séries verticales ae t n, bfko, c g l py dh m q, représentent des suites naturelles de phénomènes, c'est-à-dire, par exemple, que ût soit l'antécédent naturel de e, e de /, i den. Concevons maintenant que tous ces phénomènes puissent provoquer
des perceptions a' b' c d' e , lesquelles forment
une suite unique.
Ceci posé, c'est d'abord une chose très-évidente que cette suite, quelle qu'elle soit, n'en pourra représenter à la fois plusieurs différentes et simultanées. Voyons donc si elle peut du moins en représenter une seule. La perception présente à l'instant / sera l'eAFet de l'un des phénomènes ab c d; de même à l'instant /', elle sera l'effet de ef g ouh, et ainsi aux autres instants. Pour que la suite des perceptions représente une suite quelconque de phénomènes, il faut donc et il suffit qu« les perceptions correspondent à des phénomènes désignés par des lettres appartenant à la même colonne verticale, par exemple a e t n\ Si elles se présentent dans tout* autre ordre , tel que b' g' i' p*y il est certain qu'elles ne peuvent correspondre à aucune suite.
Or, le nombre des phénomènes simultanés étant extrêmement grand , il est bien peu probable que la série des perceptions représente une série naturelle quelconque.
Cela même n'arrivera jamais. Il n'y a pas en effet dans la nature de séries complètement indépendantes les unes des autres, comme nous l'avions supposé plus haut. Tout phénomène a des antécédents multiples,