‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 96 sur 150 · CHAPITRE IX. 2Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 2Ï

pourtant ne revient pas. Il faut donc voir les principales circonstances qui favorisent ou empêchent ce retour.

1° On doit compter d'abord la nature même des idées considérées chacune en particulier et indépendamment de toute association. L'esprit, en effet, ne les reproduit pas toutes avec une égale facilité , et l'on comprend bien que les images les plus durables sont justement composées des idées que l'on retient le mieux.

Les images optiques sont, de toutes, celles qui reparaissent le plus souvent et avec le plus de netteté. On peut raviver à tout instant et sans effort l'image du ciel bleu, de la neige, des arbres, etc., et rester en quelque sorte ébloui à la pensée d'une lumière éclatante comme celle du soleil. Telle est l'importance de cette sorte d'images, que le nom particulier qui servait à les désigner a fini par s'étendre à la classe tout entière (i).

Sans doute, la qualité propre de ces images, ou, si

(i) Certains écrivains ou philosophes, Addison, Reid, par exemple, exagérant cette vérité, ont soutenu, mais à tort, qu'il n'y avait pas d'autres images que les images visuelles.

2l6 DE l'imagination.

Ton aime mieux, la constitution même de l'esprit, est la cause première d'un tel privilège ; mais il n'est pas impossible que l'attention particulière que l'on prête aux sensations de la vue en favorise aussi le retour.

Il n'est certainement pas de qualité des objets extérieurs qui nous intéresse plus que leur position relative dans l'espace. On ne peut ni agir sur le monde extérieur, ni en acquérir une connaissance quelque peu précise ; on n'étend pas la main pour saisir un objet, on ne marche pas, on ne prononce pas une parole, sans mesurer des distances, bien ou mal ; sans cette mesure, comment régler les mouvements musculaires et la force de la voix? D'e tous les objets sur lesquels se porte l'activité de l'esprit, il n'en est donc point qui l'occupe plus souvent que celui-là.

Toute mesure étant une comparaison, par cela seul que tous les sens nous apportent des sensations plus ou moins comparables entre elles et qui varient suivant l'éloignement des objets, ce sont autant d'instruments propres à mesurer cet éloignement. On évalue assez exactement la distance à laquelle se trouve un corps sonore, pourvu que l'on se représente l'in-

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