HAUTE
est incompréhensible, si lapôtre ne veut pas parler d’une communion intime avec le Christ actuellement vivant!, On pourrail voir dans à Xe. ‘7. une sorte de formule de serment : par Christ, au nom de Christ. Il n’en est rien: Paul aurait écrit dans ce cas : 2roxor ror Novcro. devant Christ?.
AVI. 7. 'Aordouche Ardoérizor xa lovrter…. of za noù êuo® J'éyorar èr Xowr. Ces deux hommes ont été chrétiens avant Paul, c’est-à-dire qu'ils ont goûté avant lui le bienfait de cette intimité d’un croyant avec son Seigneur. en entrant avee lui dans une relation où l'être tout entier se trouve engagé. Il ne S’agit done pas d'une croyance seulement, ainsi qu'on la traduit (0st.): la croyance à Christ ne sous-entend pas nécessairement tous les éléments de la vie en Christ. Elle n'implique pas en particulier cette foi. qui est un abandon de l'être à la personne du Christ”.
e T r > 5 7 Se à ‘ È æ \ 2 XVI, 12. Acnécacoe Totéar rar ai Tovoboar Tès zomwous êr
zvoiw. Si les saintes femmes dont parle iei lapôtre se donnent tant de peine, c’est qu'elles travaillent en communion avec le Seigneur. L'œuvre qu’elles font, elles laccomplissent dans la conviction qu’elles servent Christ. Voilà pourquoi elles affrontent les difficultés marquées par le
‘ «Je ne mens pas en affirmant que c'est sous le regard de Christ que je déclare ce que je dis là», C'est donc sur cette déclaration : «Je parle dans la communion de Christ», que porte le témoignage de Ja conscience de l’apôtre ; ce témoignage même, comme trop humain, ne suffit pas. Paul déclare qu’il ressent en ce moment même, par le Saint- Esprit, toute l'intimité de cette communion. (Godet).
2 H, Oltramare, ép. aux Rom. Il, 231. — Nous n'admettons donc pas la version de Stapfer : «Je parle en vérité, devant Christ»,
3 Oltramare est plus précis : «Ils se sont attachés à Christ même avant moi», «cils ont été en communion avec Christ ».
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verbe zow&. On voit d'ici l'insuffisance de traductions telles «dans la cause du Seigneur», «dans la religion chrétienne »!. Que viennent faire ici ces abstractions ? Pourraient-elles davantage expliquer l’effrayant labeur de nos missionnaires modernes ? Qu'on lise les réeits d’un Mabille ou d’un Coillard ; on s’assurera que c’est dans le sentiment de la présence de Dieu et dans la communion personnelle avec le Christ vivant que ces pionniers de l'Evangile persistent à travailler dans des conditions parfois incroyables.
PARAGRAPHE ÎT.
Prennère épitre aux Corinthiens.
1, 2, Éyraousrors èr Xovors: Lt yéoute toù Oeoù tv) dobetor, ner er XourS ‘Incoù: D ove er narti snhoutiobnte 8 &vr®. Dans ces trois passages, le sens de notre formule ne fait pas le moindre doute. Si nous rattachons ces textes à leur contexte, nous voyons que Paul emploie lui-même le terme de communion avec Jésus-Christ (v. 9), laquelle xowovéx sert de conclusion en même temps que d'explication à tout ce qui précède. Pour l’apôtre, nous l’avons vu, le tout est d'être en Christ, d'arriver à cette communion parfaite avec le Seigneur glorifié. Son ministère tendait à ce but et sa joie était grande quand il avait pu amener une âme à
! Cf. Stapfer : Dans l’œuvre du Seigneur. — En général, nos traductions françaises ont rendu ê» par la préposition pour.
Christ. C'était le seul moyen d’une sanctification réelle : et cela est si vrai que l’apôtre établit plusieurs catégories de sens consacrés à Dieu. Il distingue entre les xA7ro äyuor, puis ceux qui invoquent en tout lieu le nom du Seigneur J.-C., enfin ceux qui sont sanetifiés dans le Christ (v. 2) : mais il est évident qu'à ses yeux ces derniers seuls sont les vrais chrétiens. Pourquoi? parce qu'ils sont parvenus à ce degré de christianisme où le Christ n’est pas connu du dehors, pour ainsi dire, comme un être qui n’est plus ou comme une puissance qui leur demeure extérieure. Ils sont entrés en communion avec lui, et c’est ainsi qu'ils ont acquis du Sauveur du monde une connaissance personnelle et par conséquent plus profonde. En lui’, ils ont eu conselence des richesses merveilleuses autant qu'immenses que Dieu à dispensées à l'humanité par son intermédiaire ; en lui, ils ont pris possession de ces richesses, et leur vie entière en a été renouvelée. Mais la conséquence la plus immédiate de la. vie en Christ, c’est cette sanctification qui ne se réalise que «par l'union avec le Sauveur et aboutit à l’état de sainteté. » (Reuss).
Î, 30. 2€ avroù dè œueis êore 2 Nouor ‘Mjooë. Que l’on considère la péricope 17-31; les derniers mots, qui sont ceux où la formule se trouve précisément contenue, ne sont là que pour éclairer les déclarations précédentes, ainsi que nous l'avons déjà constaté en d’autres occasions.
! «En luy; j'ai mieux aimé laisser cette particule (en) que de touruer : par luy, parce qu'à mon jugement elle a plus de poids ainsi ; car nous sommes enrichis en Christ, parce que nous sommes membres de son corps et communiquons avec luy, et en tant que nous sommes incorporez et comme entrez en luy; voire même, pour mieux dire. estant faits un avec luv, il nous appelle à communiquer avec Iuy à toutes les choses qu'il a receues du Père. » (Calvin).
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Sans vouloir entrer dans l’exégèse détaillée de ce fragment, un des plus admirables des épitres pauliniennes, nous tenons cependant à marquer l’antithèse qu'il renferme. Le monde recherche la vérité; mais il n'arrive pas à la connaitre en dépit de sa philosophie et de la sagesse de son langage. Dieu, voilà la vérité: mais les hommes ne connaissent pas Dieu. Cette connaissance, nécessaire en ellemême, Dieu la leur à procurée par la folie de la prédication. Cette folie est la vraie sagesse : cette faiblesse est la: seule puissance. Or, en quoi consiste la prédication? Quel en est l’objet? Une personne, savoir le Christ, présenté dans toute son activité de Sauveur, mais surtout dans sa erueifixion, qui la résume.
De cette vérité-là, les hommes ne veulent pas. Tous ? non pas : il en est qui la recoivent. C'est à ceux-là que l'apôtre s'adresse particulièrement. IT leur rappelle le chemin qu'ils ont parcouru dans la connaissance du salut en Jésus-Christ: il finit en expliquant à quelle condition ils ont acquis cette connaissance : c’est qu'ils sont entrés en communion avec le Christ, et qu'ils ont pénétré jusqu’au cœur de l'Evangile. La justice, c’est Christ: la sainteté, c'est Christ : la Rédemption, c’est Christ. Hors de la communion avee Christ, tout cela n’est qu'abstraction et obseurité. La vie en Christ est la clef du mystère: elle sauve du danger de l’opus operatum et d’un salut compris au seul point de vue intellectualiste !.
Dans le verset 31 de ce même chapitre, 6 xauzéueros y zv0{o xavyéob®, Paul marque encore une antithèse
! L'expression étre £r désigne deux faits moraux: le premier.
l'acte de la foi par lequel Fhomme saisit Christ : le second. la communauté de Vie contractée avec lui en vertu de ce fait de la foi. » (Gode).
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entre la glorification du monde et celle des chrétiens. Celui-à, malgré Fimpuissanee où il est d'arriver à la connaissance de Dieu, se vante tout de mème, les Grecs de leur philosophie, les Juifs de leur loi. Les chrétiens, eux. manifestent une joie plus humble : il se glorifient dans le Seigneur : «ce qu'ils sont devenus par l'Evangile, ils le doivent au Seigneur seul. » (Godet) !.
1: 2286 Jûo ër zvol xb160817 doùoz àanehetheooo zvotov êctr, Dans l’ensemble du fragment 17-23, Paul recommande à ses lecteurs de demeurer dans la position où ils se trouvalent quand Dieu les à appelés à l'Evangile. ou mieux à Christ. Pourquoi cela ? parce que ces différences dans {la position sociale n’ont aucune valeur au point de vue de la vérité évangélique. Les modes de lexistence extérieure. qui varient à l'infini. ne sont rien en regard de Christ et des avantages qu'il procure. S'agit-il de la circoncision ? Ge signe que les Juifs considéraient comme une preuve de supériorité perd toute son importance. S'agit-il de l'eselavage? Qu'est-il en comparaison de la vraie liberté que Christ apporte à ses élus? Seulement, pour comprendre cette liberté dans toute Son intensité, 1! ne suffit pas d’un aequiescement superficiel à l'Evangile, ce qui ne produit ouère que de fugitives émotions religieuses. Il faut arriver à être dans le Seigneur.
C’est ce que nous croyons voir dans le verset 22, dont la coneision nécessite une traduction paraphrastique. IV à deux moments dans là marche de Fesclave vers la vérité
1 Voici quelques traductions des versets 30-31. « Wer sich rühinel, der rühme sich des Herrn » (Luther). — Par lui (Dieu) vous appartenez à Christ, » « que celui qui se glorifie se glorifie au sujet du Seigneur»
(St). On voit avec quelle désinvolture de telles traductions esquivent le sens de notre formule ; ê> n’est pas même traduit.
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chrétienne : «) un appel, qui est le point de départ, b) là communion avec le Seigneur, qui est le point d’arrivée. Tant qu'il en reste à la simple vocation, qui est loin d’être suffisante pour la connaissance intégrale de l'Evangile, l’esclave n’a pas conscience de la liberté intérieure que celui-ei lui tient en réserve. Dans le Christ il en fera l'expérience décisive.
Il faudrait done paraphraser ainsi : « Celui qui est dans le Seigneur, mais qui était esclave quand il à été appelé, est un affranchi du Seigneur !. »
19 ; 18-19 ; AO OÙ AOL OEVTEG £v X o1ot GrTÔAOTO : Et Er Ti) G) rabtr êv Nour notes èçuer uôror... C’est dans ce fameux chapitre XV que l'interprétation que nous avons adoptée de la formule &» Xocoro trouve une de ses plus belles applications.
L'apôtre répond aux adversaires de la résurrection des morts par un argument irrésistible qu'il adresse, il est vrai, à des chrétiens ; eux seuls pouvaient le comprendre, mais cela lui suffisait, car ce sont eux qu’il tenait à mettre en varde contre une erreur dangereuse pour leur foi.
S'il n’y a pas de résurrection, dit-il, Christ non plus n'est pas ressuseité ; et si Christ n’est pas ressuscité, tout est vain, tout n’est que mensonge. Beaucoup de gens, appelés au Seigneur par la prédication, étaient parvenus à Ja communion personnelle avec le Christ glorifié; ils avaient puisé dans cette communion une assurance, une conviction qui leur avait donné la force de vivre et la force de mou-
! Gette traduction est certainement défectueuse. Nous la croyons pourtant plus exacte que celles-ci: « L'esclave qui est appelé par le Seigneur est l’affranchi du Seigneur, » (Ost., Bonnet). — «Celui qui à été
appelé au Seigneur élant esclave est un affranchi du Seigneur. » (Or. Stapf.).
rir. Ils s'étaient endormis dans le Seigneur, sans que rien eut pu altérer leur radieuse espérance en leur propre résurrection : vivant en rapports constants avee le Seigneur ressuscité, ilS avaient l’absolue certitude, non seulement de Son existence spirituelle, ce qui allait de soi, mais encore de leur réveil dont le sien était la garantie... et Christ n'était pas ressuscité? Mais alors ces chrétiens avaient véeu dans la plus effroyable illusion ; bien plus, ceux qui. encore vivants, partageaient la même foi, n'étaient pas plus avancés que les incrédules, et ils étaient encore dans leurs péchés. — Non, affirme l’apôtre, ce n’est pas une erreur, mais la plus éclatante vérité, « Christ est ressuscité.
et il est les prémices de ceux qui sont morts. » (20).
Il est clair que foi n'est pas synonyme de croyance, « comme s'il S’agissait purement d'admettre la vérité historique de la résurrection de Jésus. L’adhésion de l’entendement à un fait matériel ne saurait par elle-même avoir un effet salutaire. » (Reuss).
PARAGRAPHE HE Seconde épitre aux Corinthiens.
3, À K.. To Gorù zdÂTuux EN TI, AvayrOoE Ts HAS drxO1x1S LEVEL, ui, GraxRAUITOUEVON ÜTI ér octo zatapyeire.
Ce passage est un de ceux — trop nombreux — sur lesquels s’est exercée la fantaisie des traducteurs. Voici, par exemple, la version d'Ostervald : «le voile n’est ôté que par Jésus-Christ, » et celle de Stapfer : ils ne voient pas avec évidence que le Christ seul labolit » (il s’agit de l’ancienne alliance). Dans l’une et l'autre de: ces traduc-
tions la préposition 2 est ou supprimée ou changée. Il ne
faut pas s'étonner dés lors que le sens exact d'une parole très claire en elle-même disparaisse sous l'arbitraire de l'interprétation. Il suffit, pour qu'il devienne évident, de traduire & Xo. ainsi que nous lPavons toujours fait. Paul à voulu dire que sans Christ la Loi et les Prophètes demeurent obseurs, qu'ils sont comme recouverts d’un voile. Pour que ce voile tombe, il faut que les cœurs se tournent vers Christ (zvos Xovoror), il faut surtout être é&r oo; C’est alors, mais alors seulement, que l'intelligence cesse d’être aveuolée (14) et que la vérité apparait dans toute sa splendeur.
Ce fragment 42-18 nous montre de nouveau les divers stades à parcourir pour arriver à la possession de la vérité évangélique. IS sont très bien indiqués par les prépositions agoz et &. C'est à ce dernier stade que le croyant arrive à la connaissance définitive du Seigneur, qui est alors pour lui PEsprit (avetuu). A vit désormais en communion avec le Christ glorifié ; il devient [ui-mème cet « homme spirituel » (4 Cor. 2, 15) qui juge de toutes choses et connait « la pensée de Christ. » Tant qu'il n’est pas arrivé à cette communion, tout ce qu'il entend au sujet du Christ n’est pour lui qu'une connaissance intellectuelle. extérieure en quelque sorte. C'est pourquoi nous devons prendre garde d’éluder le sens profond et si chrétien que l'apôtre Paul à mis dans ê» octo.
D, 19, Oeùs ir êr Nota z6çuor xatalhäcowr éavrw. Le verset 17, «si quelqu'un est dans le Christ il est une nouvelle tréature », ne s'explique complètement que par une communion vivante avec Christ. Le verset 19 ne semble pas, au premier abord, impliquer cette communion. La réconciliation dont parle l’apôtre à été l'œuvre de Dieu par
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le moyen de Christ : «Dieu était en Christ » ; le sujet ici n'est donc pas l’homme, e’est Christ !. Mais qui ne voit que l'œuvre de la réconciliation, historique, ne devient évidente qu'au prix de la communion du eroyant avec le Médiateur ? L'attitude présente explique le fait passé, lequel. hors de Christ, demeure à jamais incompréhensible.
Le verset 21, rùr ui) yrérta ucotiar bn ur Guuoriur a0ÛGEr, tra Tueis yeroueba dixcoobrr OEoù êr «bte, réclame sans doute possible, notre interprétation. Christ a été le messager de la grâce et le consommateur de la foi; il à apporté aux hommes la justice de Dieu. Mais ils ne saisiront toute la portée de cette vérité qu'en étant êr zvoe. Par cette communion avec le Seigneur, nous faisons donc expérience: 4=de ce-que: Dieu. a fait .par-lui:20/de"ce. que nous devenons nous-mêmes en lui.
13, k, xui yao Wueis Goberotuer ër «ro. Le Seigneur olorifié est la « puissance de Dieu ». Celui qui vit en communion avec lui bénéficie de cette puissance. Comment done lapôtre dit-il qu'il est faible en lui ? Sans doute il entend par là ces infirmités dont il a déjà parlé (12, 5, 9. 10) : elles peuvent entraver son activité, mais elles n’empêchent en rien le déploiement de la puissance de l'Esprit : l'apôtre le montrera, S'il le faut, quand ïl ira chez les Corinthiens. Peut-être aussi veut-il dire que le chrétien, malgré la conviction qu'entraine une relation étroite et personnelle avec le Seigneur, est irrémédiablement faible en raison des imperfections et de l'impuissance de son corps. mortel, ainsi d’ailleurs que le fut Jésus lui-même : il fut faible, parce que dans une chair déchue. Quoi qu'il en soit, nous insistons sur la nécessité d’entendre 27 Xowre dans le sens d’une
‘| On remarque que €” conserve cependant son sens local.
etes
communion, et nous rejetons les versions du genre de celle-ei : « Nous sommes aussi faibles comme lui. » (Ost.. Stapfer). ;