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Il restait à considérer à dans sa relation avec les mots Xoucros, ‘Insove, etc. C'était étudier la formule 2- Xou61G "Inooù.
M. Deissmann pense que cette formule, en raison de sa fréquence, «exprime la notion fondamentale de la langue religieuse de l'apôtre». Celui-ei à voulu enseigner quelque chose de spécial: pour cela il s’est servi d’une forme de langage déjà en usage parmi les Grecs. Mais l'application qu'il en faisait lui-même constituait un « terme technique » absolument nouveau. Et qu'était-ce que cette chose particulière ? Rien de moins que la relation du chrétien avec le Christ.
Pour avoir une idée précise de l'originalité de la formule. une simple comparaison avec lés synoptiques suffit. Quand ils veulent exprimer la relation avec Jésus, les svnoptiques se servent de la préposition were. Exemples :
‘O un Gr der uot 07 EUOT EOTUr, Matt 12,50 Duc tte
L'uspor uet euo® êor êr 1Q napadeéon, LUC, 23, 43.
Jamais Paul n'emploie uerx pour désigner un rapport avec J.-C.: d'autre part, les Synoptiques n’ont jamais 2 dans ce même cas.
Mais comment expliquer cette relation avec Christ dont Paul veut parler ? Quelle est la signification de à Xovorÿ "Inoot 2
Pour cela, 1l faut retenir les deux points suivants, qui forment les deux résultats principaux de l’enquête de M. Deissmann : |
1° za, dans Paul, le sens local, comme dans le grec profane.
Il ne convient donc pas de confondre cette préposition Avec une autre (par 6X.: déx — 3), La meilleure tradue-
tion française qu'on puisse en donner est dans. marquant le lieu: lexpression entière est fort bien rendue par : dans le Christ Jésus.
2° Le nom de personne qui suit la préposition à doit désigner. dans la grécité profane. une personne vivante.
Er Xoovo Inoot désigne donc la relation du chrétien avec le Christ vivant.
Cette interprétation, à laquelle s’est arrèté M. Deissmann, écarte absolument les explications abstraites de certains théologiens rationalistes.
Hs! ont vu dans la formule la personnification de l'Eglise, de la religion chrétienne : et cependant ils ont senti qu’il S'agissait bien d’une «cintima alicujus cum aliquo conjune- {0 ».
L'apôtre à caractérisé un rapport, mais un rapport avec un être vivant. Le Christ de Paul est historique, assurément. Mais la communion (zowwria) dans laquelle le chrétien vit avec lui, n’est point relative au seul Jésus des Evangiles. Il v à là une distinction à faire. Aujourd’hui,
quand on parle du Christ historique. on entend générale-
ment l’existence terrestre du prophète de la Galilée, c’est-àdire le temps qui s’écoula de sa naissance à sa mort. Pour l'apôtre Paul il n’en va pas de même. La vie ne cesse pas avee la mort. Le Christ, pour ne plus vivre dans les mêmes conditions et sous le même mode que l'humanité, n’en est pas moins historique. Le chrétien soutient avec lui une relation vivante. :
La question est de savoir si, par > Xo. ’Z. Paul à voulu dire que les chrétiens vivent dans le Christ comme dans
! Fritsche, Schleusner, Wah}, cités par Deissmann.
leur élément, comme par exemple les animaux vivent dans l'air, ou bien s’il à employé la formule à un point de vue rhétorique, pour exprimer la communion avec Christ. Pour résoudre celte question, il faut rapprocher 2 Xo. d’une autre formule, ê» avebuare ayiw. Sans S'identifier, elles se rattachent étroitement l’une à l’autre. Toutes deux sont liées aux notions fondamentales de la doctrine de Paul! : toutes deux sont en opposition avec la même expression
ÊV COOL.
Comme on l'a dit : «Toutes les sortes d'action du zvebua apparaissent comme des actions du Christ lui-même». «Le Seigneur, c’est l'Esprit», affirme l’apôtre dans IT Cor. IF, 17. Le zrebux est une force réelle qui s’exerce de par la volonté d’un être qui la possède. C’est cet être lui-même, vivant dans une sphère extra-humaine?.
Er Xo. ‘1 n'est done pas une image, comme le passage Gal. III, 27 pourrait le faire supposer (Xovorèr évedboac@e). Revêtir Christ comme un habit n’est pas une image seulement, mais l'expression d’une communion très intime.
En liant Xoros à nvevua, on Comprend la construction de &» avec un nom de personne au singulier. On n’est pas dans Moïse, dans Abraham, même dans le Christ des sy-
! Voir les exemples cités plus haut, page 5.
? Dans le paulinisme, l'Esprit est «l'agent divin de la régénération produite par l'Evangile», «une force réelle qui part d’en haut pour transformer l’activité du fidèle», ailleurs, Rom. VIIL 9-44, « l'Esprit est à la fois Esprit de Dieu, Esprit de Christ, et c'est même simplement Christ. Il ne saurait être question de distinguer Christ de l'Esprit comme on le fait de deux personnes, si étroitement unies soientelles ». (Bovon, Théologie du N.T. tome Il, pp. 198-199).
noptiques, mais oui dans le Christ pneumatique vivant de Paul®.
Voiei la conclusion générale du professeur Deissmann : « La formule eréée par Paul, quoique ayant des attaches avee un langage profane, caractérise la relation du chrélien avec Jésus-Christ, relation qu'il faut entendre dans le sens d’une localisation dans le Christ pneumatique »?,
PARAGRAPHE [II Les prépositions pauliniennes.
Il était utile, nécessaire même de montrer que sous le rapport du style lapôtre Paul n'avait pas subi le joug du grec sémitique. L'’analogie de la syntaxe avec le grec profane facilitait en particulier l'intelligence de la formule y Xo. I.: non que cette analogie expliquât tout, loin de là, mais elle offrait à l’apôtre un moyen de faire comprendre la chose spéciale qu'il annonçait aux Gentils, savoir la relation intime des erovants avec le Christ actuellement vivant.
Laissant de côté la question de lorigine de la formule
{Ici une question se pose, Comment l'apôtre s'est-il représenté ce mode d'existence pneumatique? Le nyetua est-il accompagné d’une substance lui servant d’enveloppe (matière céleste, extra-sensible)? II n'y à pas à en douter. «La spiritualité du Christ glorifié n'exclut pas la possession d’un corps, fait de doéa céleste (Phil. I, 21); il conslitue la forme nécessaire de l'existence personnelle du Christ glorifié : mais, en tant que corps céleste, il ne limite pas Factivité du Christ à l'égard de son Eglise ». (Deissmann, p. 90).
2 « Die von Paulus unter Benutzung eines vorhandenen Profansorachgebrauches geschaffene Formel £ê Xocot® ‘’Iooù charakterisiert das Verhältnis des Christen zu Jesus Christus als ein lokal aufzufassendes Sichbefinden in dem pneumatischen Christus. Dieser Gedanke,
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et n’envisageant que sa signification essentielle, nous allons | voir que la conclusion du professeur Deissmann est confirmée par un examen comparé des prépositions pauliniennes.
« Les particules permettent d'exprimer les nuances les plus délicates de la pensée par le moyen de la parole vivante ; elles donnent à chaque langue, à chaque dialecte, à chaque genre de style, leur coloris spécifique »!. Dans les épitres de Paul, où elles sont parfois accumulées”, elles forment un véritable système qui rend la pensée de l’apôtre avec autant de précision que de clarté. Elles servent toutes à décrire l'attitude du chrétien à Fégard du Christ. Loin d’empiéter les unes sur les autres, chacune d'elles, au contraire, à une mission spéciale. Il est impossible de les confondre. Ce sont :
due race. L'COr2IV 10:10 Cor: IV,:5:
dx gén, Gal, 1:14 Cor: XV: 977 IEC0E 20 Ve Rom. Il; 165: V5 47, -91:= NII 795 XV 90 XNEE TE
ses Gal: H: 16. HIER 26: M Cor LL 21.
êne Rom. X, 11: Actes XVI, 51.
für welchenes in jedem sonstigenVerhällnisse des Menschen zum Menschen an einer Analogie vôüllig fehlt, künnen wir uns verdeutlichen durch die Analogie der den Wendungen êr arevuareund êr re 0e zu grunde liegenden Vorstellung des Verweilens in einem der Luft vergleichbaren Pneuma- Elemente. Die Frage, 0h man den lokalen Grundgedanken der Formel im eigentlichen Sinne oder nur als rhetorisches Hülfsmittel aufzufassen hat, kann nicht mit Sicherheit entschieden werden, doch hat die ersterc Müglichkeit den hüheren Grad der Wahrscheinlichkeit. In jedem Falle, ob eigentlich oder uneigentlich zu verstehen, ist die Formel der eigentümlich paulinische Ausdruck der denkbar innigsten Gemeinschaft des Christen mit dem lebendigen Christus ». (Deissmann, p. 97-98).
1 Deissmann, 0. €. p. #.
? Voir Gal. IL, 15-416: £€ é0rwr, &Ë£ éoyor. da autews, és Xouotor ‘Incovr, Êx muoTewS.