PROPOSITION XIX
Une passion débilitante ou excitante, quoique trop faiblement prononcée pour exercer subitement son influence sur l’ensemble de l’économie, peut cependant, à raison de sa cause et de son origine, concentrer ses effets sur l'organe de la virilité, et être assez puissante pour paralyser momentanément cet organe, et suspendre ses fonctions.
Mais que peut-on ajouter aux tableaux vrais et effrayans que trace Tissot de l’onanisme , et Bienville de la nimphomanie ? Cependant en voici un qui mérite de trouver place ici. « Dans le clitorisme , ou mastubation des femmes, continue le docteur Fournier (1), que la saine raison, l'hygiène et l'intérêt des belles proscrivent, les suites inévitables de ce vice honteux offrent des appas flétris, la perte du velouté de la carnation, que remplacent un teint livide, des boutons hideux et purulens, la fétidité de l’haleine, la décoloration des lèvres et des gencives, le ramollissement des seins, et l’'émacia-
(x) Article clitorisme du Vouveau Dictionnaire des Sciences médicales.
tion de tout le corps, accompagnée d’une flaccidité prématurée ; bientôt la poitrine s’affécte, une toux sèche annonce le commencement de la consomption; le système nerveux, si souvent et si intempestivement ébranlé, perd'sa précieuse sensibilité, la contractilité diminue en raison de l’affaiblissement de la sensibilité ; un écoulement leucorrhéique abondant ajoute à l'épuisement général; la mémoire s'éteint, Ta raison même s’altère, et trop communément les tristes vésanies l’obscurcissent ou la remplacent. D’autres fois, une mort, qui devance de beaucoup le terme ordinaire , est le résultat du clitorisme. »
Toto corpore non solum dissolvuntur imbeculli que fiunt , sed etiam SiCCT', graciles, pal- Üidi, cavisque oculis cernuntur. ( Gallien, de Sanitate tuend&,\ib. VI, cap. XIV.)
Les émulsions de semences froides, rendues dieurétiques , apaisent ordinairement cette névralgie génitale. 3
Une des suites de la masturbation, qui énerve promptement les individus qui en sont atteints, c'est l'écoulement involontaire de la semence pendant le sommeil, connu sous le nom de
d'environ vingt-deux ans, bien constitué, et depuis peu seulement, très - réservé ‘pour les femmes, craignant, à Saint-Domingue, de contracter la fièvre endémique qu'il n'avait point essuyée, éprouvait de fréquentes pollutions nocturnes au milieu de rêves où son imagination ardente lui retraçait des peintures iaseives , et le jour un écoulement subit dès qu'il touchait une femme, ou pour peu qu'il fit le moindre mouvement extraordinaire. Les remèdes généraux, employés pour le délivrer de cette orave altération, n'avaient pas réussi, et pour rétablir d’une manière victorieuse les fonctions troublées de l’appareil génital, je lui prescrivis, d’après Hunter, vingt-cinq gouttes de laudanum à prendre en se couchant et le matin. Il continua ce traitement pendant un mois, en augmentant graduellement la dose pour obtenir son efficacité et il fut complétement guéri, mais il resta pendant long-temps inapte au congrès, en se repentant de ses erreurs passées.
Tout excès entraîne donc à l’anaphrodisie ; | c'est pourquoi les anciens, dit Venette, plaçaient toujours Mercure près de Vénus, quand ils pei-
Cuig ?) gnaient la Déesse de la volupté, pour nous faire connaître que la raison ( sous la forme de Mercure } doit toujours retenir nos passions.
Maladies aigues causes de l'anaphrodisie.