‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 32 sur 73 · PROPOSITION XXXVII · texte numérisé non relu

PROPOSITION XXXVII

La chaleur constante et élevée, qui généralement affaiblit le ressort des solides et diminue très-sensiblement les facultés motrices, semble ne pas étendre cette influence à la contractilité particulière des organes génitaux ; au contraire, dans les pays méridionaux et aux colonies surtout, la chaleur augmente la puissance des facultés vénériennes et

diminue d'autant celle des facultés motrices.

Quels concerts d'amour retantissent sous la verdure échauffée des colonies, où la nature n’est jamais en repos, et où tout ce qui environne concourt à la ranimer !

«J'ai, dit Campet (1), spécialement remarqué

GE) Traité des Maladies des pays chauds.

en Amérique , avec les Européens retenus tous comme moi, sur les lieux par leur état, que leur influence sur le physique de l’espèce humaine augmente sensiblement la puissance des facultés libidineuses de l’homme, et qu’elle diminue d’autant celle de ses facultés motrices ; que la diminution de celle-ci se dévoile dans les gens de peine, lesquels ne peuvent y porter de si pesant fardeau qu’en Europe, et l’augmentation de celle-là, en ce que les signes de virilité s’y manifestent presque sans relâche.

« On observe aussi que cette disposition y fortilie d'autant le penchant naturel qui entraine les deux sexes l’un vers l’autre, et leur fait sentir plus souvent le besoin de recourir à cette étroite et douce union qui seule peut calmer les feux de l'amour. »

Cet argument détruit la doctrine de Celse :

qui ordonne de se priver de coït en été, époque de l’année où les sensations sont exaltées , où tout est amour, et où toute créature ne respire que pour aimer. En général, pour maintenir l'équilibre des fonctions vitales , il faut conserver et entretenir les habitudes dont

on N'a pas à rougir.

(Voyez les $$ XXXVI, XXX VII, XXXVIIT et LXXXIX, au commencement de cet ouvrage. )

IE. APPLICATA.

Les vêtemens trop chauds affaiblissent ; ceux de laine, appliqués immédiatement sur la peau (1), excitent par le frottement, etconviennent aux sujets faibles, à ceux dont la fibre est inerte, tandis que ceux plus légers et plus larges conviennent mieux aux tempéramens robustes qui n’ont pas besoin de stimulans, en facilitant

(1) Ona vu, Ç LXXX VIII des Propositions sur l'A naphrodisie, placé au commencement de cet ouvrage, que « des vêtemens irritans, tels que ceux de laine, appliqués immédiatement sur la peau, en déterminant sur tout le sytème cutané un agacement et un chatouillement continuels, stimulent en particulier les organes de Ja génération. C’est sous ce rapport sans doute, et pout remporter une victoire plus complète sur les désirs de la concupiscence, que certains ordres voués à la chasteté, s’obligeaient à porter constamment des chemises de laine ! Lé inassage produit le même effet sur le système

sensitif.

la circulation et le dévelopement des fonctions vitales.

Les lits de crins, de laine, fortifient , permettant un repos réparateur; ceux de plume énervent.

L'usage immodéré des bains tiédes produisant un relâchement des systèmes musculaires et nerveux, appelle aussi l’anaphrodisie.

Les bains chauds ‘énervent, si on ne cherche pas à rétablir le ton et le ressort des fibres par quelquestoniques, des frictions et autres moyens excitans. « Quand le Mougik, ou esclave russe , dit M. Clerc (1), a sué à sa volonté dans le bain, après y avoir mangé de la glace ou de la neig pour favoriser sa transpiration, qui alors devient excessive, il sort du bain tout nu, le corps fumant, et rouge comme une écrevisse cuite, et va se jeter dans la rivière, qui est toujours à la proximité du bain.

Si les glaces de l’hiver s’y opposent, il se contente de s’arroser de la tête aux pieds à plusieurs reprises avec de l’eau qu’il puise dans des trous faits exprès; après. cette cérémonie, il endosse

(1) Histoire naturelle de l’homme malade , t. I.

un habit de peau de mouton, et va boire un gobelet ou deux d'esprit de grain très - fort. S'il n’est pas en état de s’en procurer, il boit d’une forte bière. Ce bain rend le Mougik gai, alerte, et tout prêt à s'acquitter des plus rudes travaux. C’est ainsi qu'on trempe l'acier. »

Les bains froids sont toniques; ils fortifient la fibre, et détruisent la myotilité nerveuse.

Les lotions stimulantes et astringentes préviennent ou remédient souvent à l’anaphrodisie causée par relâchement.

Les frictions rappellent les forces à l'extérieur, surtout lorsqu'on les administre aprés un bain.

Les parfums suaves flattent innocemment l'odorat ; ceux aromatiques, au contraire, agacent les nerfs, et provoquent les affections spasmodiques : c’est pourquoi ils deviennent utiles dans l’anaphrodisie. (Voyez le chapitre du traitement curatif; et les SS LXXX, LXXXIV, XXXVI, XXXVII, LXXX VIII et LXXXIX.

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