‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 48 sur 73 · LXXII · texte numérisé non relu

LXXII

Parmi les substances alimentaires, on en distingue aussi que l’on juge plus propre à stimuler les organes génitaux, et à favoriser les fonctions vénériennes : de ce nombre sont les sucs et les gelées de viande, les œufs, les crustacées, les écrewisses, les champignons, et surtout les oronses et les truffes, les substances farineuses et féculacées sucrées, et contenant beaucoup d'huile essentielle , les vins généreux, mais plus astringens qu’alcooliques, les liqueurs médiocrement fortes, mais parfumées et aromatisées ; certains orchys et satyrions, les artichaux , le céleri, le cacao, la vanille, le café, la cannelle,

fraîchissans, l'habitude journalière de l'ivresse par des liqueurs fortes , enfin la répression absolue de tout penchant à l'amour par la pratique longue et sévère de la chasteté, affaiblissent, oblitèrent les organes sexuels, les mettent dans un état d’impuissance , et rendent indirectement eunuques » (nou. Dict. des Sc. méd.), c'est-à-dire anaphrodites, puisque dans ce cas limpuissance n’est qu'accidentelle et momentanée, sans com-

hication d'agénésie.

Le)

le sucre, les fruits parfumés , tels que l'ananas, la framboise, et en général toute la série des épices. |

Parmi les alimens destinés à fortifier les systèmes, j'indiquerais de préférence dans ce casles truffes , les champignons, les oronges, le poivre et les artichaux; les orchis, dont on fait des conserves que Dioscoride regarde comme de puissans aphrodisiaques; le chocola, tréunissant des propriéts analeptiques et aphrodisiaques en raison des substances aromatiques avec lesquelles on l’associe.

« Les plantes cryptogames (1) ont une renommée que plusieurs d’entre elles justifient à certains égards; la truffe parfumée, l'excellente morille, la délicieuse oronge, et diverses autres espèces d’agaric, de bolet, de phallus, produisent réellement des titillations voluptueuses, et rallument quelquefois des feux amortis. Les Romains connaissaient parfaitement cette vertu des champignons, et Martial l’a célébrée dans ses épigrammes par ces mots :

Cum sit anus conjux, et stnt tibi mortua membra, Nil aliud bulbis quam satur esse potes.

(1) Mot aphrodisiaque du Vous. Dict.des Sc. Méd.\

«Il n'est point d’aliment plus substanciel que les œufs, continue le docteur Chaumeton ; une prodigieuse quantité de matière nutritive s’y trouve rassemblée sous un très-petit volume.

Un œuf frais à la coque suflit quelquefois pour réparer les forces épuisées par une longue marche ou par de fréquentes jouissances. Un jaune d’œuf, délayé et parfaitement incorporé dans une tasse de chocolat bien sucré et aromatisé, fournit un breuvage dont je ne puis trop louer la saveur agréable et analeptique. »

Les vertus aphrodisiaques du cacao aromatisé et du café sont trop évidemment prouvées pour qu'il soit besoin de les répéter ici. Cependant le café a trouvé des détracteurs; et, independamment des Duncan, Gayaut, Hilscher, Zaunichelli, Ittner, Eloy et autres, qui, dit le docteur Chaumeton, ont essayé de prouver que l'usage habituel de cette boisson est très-nuisible , M. de L...(1) affirme, « qu'on soutint, en 1695, une thèse aux écoles de médecine de Paris, dans laquelle on entreprit de prouver que l'usage journalier du café rendait les hommes

CHE er 202%)

et les femmes inhabiles à la génération (1).» S'il en était ainsi, dans les îles, ou l'usage du café se renouvelle jusqu’à cinq ou six fois par jour, que deviendrait la postérité des colons, et des Africains surtout, qui en sont si avides, et dont la progéniture est si féconde et si multipliée? (Voyezl’Histoire médicale du café dans Flore des Antilles) ,t. VIT, p, 190, pl. 564).

LXXHL e..

Cause. — Organes assoupis. RL

Nous voyons que parmi toutes les substances | réputées aphrodisiaques et spermatopées, on place toujours au premier rang celles qui sont pourvues d’une grande quantité de principes odorans et aromatiques; et il semble rationnel de chercher la cause de leurinfluence dans l’étroite et puissante sympathie qui unit entre eux les organes générateurs et le sens de l’odorat.

(1)Lesorientaux trouvent dans le trop fréquent usage du café un anti-aphrodisiaque capable de les refroidir; car, en portant son action sur le système nerveux cérébral, il dessèche et débilite les autres facultés. (J.-J. Virey, des Médicamens aphrodisiaques en général, Bull. de pharm., n° 5, ve. année, mai 1813., p. 193.)

mn,

LME

à Dr à A

(has 0e)

Reuèpes. — Odeurs, etc.

Nous avons déjà fait connaître (section IT, chapitre [T)la connexion qui existe entre Îles organes sexuels et ceux des sens. Nous rappellerons seulement ici le rapport de l'organe olfactif avecles parties de la génération, par l'exemple de ce vieillard énervé qui se ranimait, et recouvrait ses facultés viriles en flairant la sueur musquée d’une femme brune; d’autres individus avee des goûts moins déprâvés, en respirant l’odeur d’une rose ou de l’ambre, sentir renaître

des désirs depuis long-temps assOUpIs.

Page 1