‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 6 sur 73 · PROPOSITION XX · texte numérisé non relu

PROPOSITION XX

Quelques affections de l’äme ont une influence plus directe et plus immédiate sur la production de

limpuissance, telles sont :

1° l’antipathie de deux individus l’un pour l’autre. L'impuissance cesse ordinairement en rencontrant un objet aimé, et se prolonge par J'antipathie. On voit tous les jours des femmes n'ayant point eu d’'enfans avec leur premier mari, devenir mères avec un second qu’elles préferent.

Rondelet cite l'exemple d’une jeune femme, tombant en catalepsie toutes les fois qu'elle

voyait son mari qu'on l'avait forcée d’épouser et qu'elle n’aimait pas. Elle cessa d’être assujétie à cette maladie nerveuse dès qu’elle put obtenir une séparation,

2° Le dégoût inspiré par la laideur. L'impuissance peut être produite par des causes opposées , c’est-à-dire en plus par le tumulte des passivns, et en moins par l'absence des sensations, ou , si l’on veut , dans le premier cas, par trop d’ardeur que peut inspirer une belle femme; et dans le second, envers une laide qui n’est pas capable d’émouvoir. Dans ce cas, où toute illusion cesse, l'indifférence se change bientôt en aversion.

5° La malpropreté, la mauvaise odeur de la sueur ou de l’haleine. En appréciant le pouvoir de l’olfaction, on croira facilement que certains luxurieux ne peuvent entrer en jouissance et s'acquitter convenablement du coït qu’en respirant les émanations de la bouche, des aisselles et des autres parties du corps de la femme qu'ils caressent. C’est pourquoi, si ces vapeurs sont agréables, il en résulte une excitation héroïque, un plaisir pur et sans trouble ; mais aussi malheur à la femme qu’un amant aveugle croit pa-

(15) rée des charmes de Cypris et des grâces de cette déesse, si une exhalaisonnausé abonde vient péniblement affecter le sens de l’odorat du chevalier qui la courtise, car soudain ie bandeau torabe , l'illusion cesse, et le froid dédain éteint

entièrement les feux de la concupiscence.

4° Une santé délabrée, des affections hideuses de la peau ; l'écoulement abondant des flueurs blanches ; l'existence de certaine maladie, la crainte d'en contracter de contagieuses, sont autant de causes qui peuvent disposer a l’'anaphrodisie. La blenorrhée, en salissant une couche destinée à recevoir une offrande pure , corrompt aussi les plusenivrans plaisirs jusque dans

leur retraite la plus cachée.

5° La honte qui nait d’une pudeur excessive.

Parexemple, un Adonisnovice encore en amour, doué de la vigueur de la première jeunesse, mais extrêmement sensible et pur dans ses feux, est-il outragé ou raillé par une femme sans pudeur? Indigné de cette offense, il devient soudain hors d'état de prouver qu'il est homme; tandis que les femmes sont toujours passives en ce cas, et qu’elles peuvent feindre des passions

(162) expansives d'amour au milieu de la plus froide indifférence.

Si un timide amant repousse avec dédain linsatiable luxure d’une Messaline effrontée , de même une jeune personne verra avec horreur les agacemens impudiques d’un vieillard dépravé dans ses goûts obscènes.

La cause physique de cette sorte d’impuissauce s'explique facilement. Il est aisé de concevoir que le mouvement péristaltique des viscères de l’abdomen étant interrompu par la honte, la pudeur, ou toute autre passion débilitante, il ya subversion, suspension des sécrétions qui ne peuvent se rétablir qu’après la détente du spasme organique passager, occasioné par la constriction des capillaires et du sphincter de la vessie. L’un de mes malades, homme de lettres, M. H..., à la vue de tout être vivant ne peut satisfaire aux fonctions urinaires, s’il n’est débarrassé de la présence de l’importun , ou s’il n'a pris la précaution de se retirer à l'écart et à l’abri de tout regard indiscret , preuve irréfragable d’une susceptibilité extrême qui le met le plus souvent sous l’influence d’une syncope génitale lorsqu'il veut se livrer au plaisir.

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