Tome Il. a
(54) core la chaleur du climat. Même influence de la zone torride, lors des massacres de Saint Domingue , où la vengeance inventa des supplices inouIs.
La haine cause la fièvre lente , la consomption , les convulsions , et beaucoup d’autres maladies : un de ses principaux effets, c’est de paralyser les fonctions digestives et génitales, d’altérer les sécrétions. d’aliéner les facultés mentales, et de troubler toute l’économie.
L’envie, déité allégorique que les anciens représentaient avec des yeux hagards et ternis, une face livide , le visage sillonné de rides, la tête coiffée de couleuvres, portant irois serpens d’une main , une hydre à sept têtes de l’autre, et un serpent qui lui ronge le sein : tel est le fidèle tableau des souffrances que cause cette passion pénible, ainsi décrite par Voltaire :
........ Nos tyrans sont nos vices (1).
Le plus cruel de tous dans ses sombres caprices,
Le plus lâche à la fois et le plus acharné,
Qui plonge au fond du cœur un trait empoisonné,
Ce bourreau de l'esprit, quel est-il? c'est l'envie,
L'envie aux doigts crochus, auteint pâleet livide.
(1) Voltaire, Discours sur l'Envie.
« L'envie (1) est la plus nuisible et la plus cruelle de toutes les passions. Composée de la tristesse , de la haine et de la colère , elle varie suivant le degré de chacune de ces dernières , et peut successivement présenter leurs divers caractères. L'envieux est sans cesse consumé de soucis et de peines ; il est triste, sombre , réveur; jamais le sourire ne vient se placer sur ses lèvres ; il semble que des serpens , en rongeant son Cœur, préparent dans son sein le venin que sa bouche distille : la pâleur, l’amaigrissement, l'inquiétude , linsomnie, la fièvre, sont les attributs de cette affection ; dont Ovide a si fidèlement esquissé l'image. »
Comment, avec cette passion pénible, éprouver les douceurs et les feux de l'amour ! et com ment être disposé à célébrer ses mystères !....